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Que valent les cours de soutien scolaire ?

Que valent les cours de soutien scolaire ?
Février 2014
Le Particulier n° 1094, article complet.
Auteur : JANICOT (Pauline)

Si votre enfant a besoin d’un accompagnement scolaire, de nombreux organismes peuvent vous proposer des cours à domicile ou sur internet. Voici ce qu’il faut savoir avant de souscrire une telle offre.

En décembre dernier, le Programme international pour le suivi des acquis (Pisa) des élèves âgés de 15 ans classait la France en 25e position sur 65 pays, en pointant le creusement de l’écart entre les élèves très performants et ceux qui rencontrent des difficultés. Une mauvaise nouvelle qui renforce encore le sentiment d’inquiétude des Français pour l’avenir de leurs enfants. C’est le cas de Sophie qui n’a pas hésité, cette année, à faire appel à un organisme de soutien scolaire pour offrir des cours à Thomas, 17 ans, en classe de terminale, section économique et sociale (ES). « Ses notes sont trop justes en mathématiques et il faut l’aider pour obtenir son baccalauréat, voire espérer une mention. À raison de 2 heures de cours par semaine, ses résultats devraient s’améliorer, mais cela représente un coût non négligeable », explique-t-elle.
Malgré la crise, le succès du marché du soutien scolaire ne se dément pas. La France est, d’ailleurs, la championne d’Europe des cours à domicile. Une étude TNS Sofres estime que près d’un collégien sur 5 et d’un lycéen sur 3 suit des cours de soutien à la maison. Selon l’institut Xerfi, 40 millions d’heures de cours ont été dispensées en 2012 à près d’un million d’élèves. Un marché évalué à 1,5 milliard d’euros par an. S’il reste dominé par les cours non déclarés (78 %), le poids des organismes spécialisés atteint aujourd’hui 12 %. Le recours au soutien scolaire est de plus en plus systématique pour aider un enfant à faire ses devoirs ou à améliorer son niveau dans une ou plusieurs matières. Acadomia, Complétude, les Cours Legendre… tous ces organismes proposent de trouver un enseignant compétent qui vient à domicile pour aider votre enfant, qu’il soit au primaire, au collège, au lycée, ou même dans l’enseignement supérieur. Leur objectif ? Apprendre aux élèves – y compris les plus jeunes – à s’organiser mais aussi à acquérir des méthodes de travail grâce à un encadrement pédagogique individualisé dispensé par un enseignant chevronné.

Les enseignants sélectionnés sont, en majorité, des étudiants

Pas toujours facile de proposer un bon enseignant à tous les demandeurs de professeurs particuliers. Les organismes les sélectionnent en recrutant principalement des étudiants d’universités ou d’écoles d’enseignement supérieur. Ces derniers doivent avoir un niveau bac +3 (licence universitaire ou 1re ou 2e année de grande école). Le processus de sélection est identique dans tous les établissements : les enseignants doivent fournir leur dernier diplôme et passent un entretien individuel de visu ou par téléphone. Si certains organismes se contentent d’une discussion et de quelques questions basiques à l’oral, d’autres poussent la sélection un peu plus loin. « J’ai répondu à un questionnaire à choix multiples dans les matières que je voulais enseigner et j’ai passé un test de mise en situation pour évaluer mon niveau de pédagogie avec les élèves », confirme Marie qui donne des cours depuis septembre pour arrondir ses fins de mois, via le réseau Acadomia. « Chez Complétude, chaque candidat est systématiquement soumis à un test de connaissances informatisé dans les matières dans lesquelles il souhaite donner des cours », précise Hervé Lecat, président de Complétude.
Fondé en 1957, Cours Legendre est l’un des rares organismes à proposer une part élevée de professeurs en exercice (40 % de ses intervenants sont en poste au sein de l’Éducation nationale), titulaires du Capes ou agrégés, vacataires assurant des remplacements ou enseignants retraités. Les professeurs en activité ont, en effet, le droit de donner des cours rémunérés, mais leur nombre d’heures est limité et ils doivent les déclarer au rectorat. Avec les Cours Legendre, pour bénéficier de leur savoir-faire, vous devez impérativement opter pour la formule « Excellence », plus chère que la formule « Réussite » qui propose des enseignants préparant le Capes, l’agrégation ou des étudiants ayant validé, au minimum, un bac + 3.

Les organismes incitent souvent à commander un minimum d’heures de soutien

Pour réserver un cours, vous êtes mis en contact avec un conseiller commercial ou « pédagogique », qui va déterminer avec vous le nombre d’heures à prendre en fonction des besoins de votre enfant (classe, difficultés qu’il rencontre…). Si certaines entreprises imposent un minimum d’heures à ­acheter (10 heures chez Lauréat, 12 heures chez Keepschool, Ionis Tutoring ou aux Cours Legendre en Île-de-France), d’autres n’exigent rien dans leurs conditions générales. « Aucun nombre d’heures n’est obligatoire, mais nous conseillons généralement de prendre 20 heures par trimestre pour que les cours soient constructifs. Suivre 4 heures de soutien avant de passer un examen est, bien sûr, possible mais cela n’est généralement pas efficace », assure Philippe Coleon, directeur général du réseau Acadomia. Une fois le nombre d’heures déterminé, le conseiller vous met en contact avec un enseignant et vous avez toujours la possibilité d’en changer si ce dernier ne convient pas. Un suivi réalisé par téléphone est généralement proposé pour faire le point sur les cours et les progrès de votre enfant.
Pour payer l’enseignant, vous recevez des coupons, représentant chacun une heure de cours, que vous lui donnez à la fin du cours. Ce dernier envoie alors ses coupons à l’organisme pour être rémunéré. « Ce système évite les rapports d’argent avec l’élève ou ses parents, ce qui est plus agréable », témoigne Marie, enseignante, qui a préféré passer par un organisme pour donner des cours particuliers.

Dans la majorité des réseaux, vous êtes l’employeur de l’enseignant

La quasi-totalité des réseaux fonctionne en tant que « mandataire », cela signifie que le parent est l’employeur du professeur qui vient donner ses cours, au même titre qu’une femme de ménage ou qu’une nounou. Si l’organisme sélectionne l’enseignant, se charge des démarches administratives en recueillant le salaire et en payant les charges sociales, il n’en reste pas moins un intermédiaire qui met en relation l’intervenant et les parents. Un statut contraignant pour ces derniers. En étant employeurs directs de l’enseignant, ils sont ainsi responsables en cas de non-paiement du professeur, d’accident du travail ou encore de conflit. Le professeur peut, en effet, se retourner contre les parents. Contrairement au cas où l’organisme a le statut de prestataire, c’est-à-dire qu’il est lui-même l’employeur et donc le responsable en cas de problème. Les seuls à avoir ce statut de prestataire sont Domicours – fondé par la Macif, Matmut, le groupe Chèque Déjeuner et la Mutualité française –, les Cours Legendre et Ionis Tutoring, mais, pour ces 2 derniers, uniquement lorsque ces services sont proposés dans le cadre d’un contrat avec votre assureur ou votre mutuelle (assurance scolaire garantissant les cours à domicile en cas d’immobilisation de l’enfant après un accident, par exemple).

Les prix varient selon la classe de votre enfant ou le nombre d’heures commandé

Pour tous les organismes, le tarif horaire dépend, tout d’abord, de votre lieu de résidence. Les coûts sont généralement plus élevés à Paris et en région parisienne qu’en province. Par ailleurs, les organismes peuvent facturer des frais de déplacements complémentaires si le domicile est éloigné du centre-ville. Le tarif peut varier ensuite en fonction des heures commandées (les prix étant généralement dégressifs à partir d’un certain nombre), mais surtout de la classe de votre enfant. Pour des cours à domicile, comptez, en moyenne, de 30 à 35 € de l’heure pour un écolier jusqu’au CM2, de 35 à 40 € pour un collégien et de 40 à 50 € pour un lycéen. Les tarifs sont, en général, plus élevés pour les stages collectifs lors des vacances ou pour les cours destinés aux étudiants ou aux adultes. Il faut ainsi compter 1 510 €, en moyenne, pour 40 heures de cours particuliers dans l’année pour un élève de 3e et 1 750 € pour un élève de terminale. Sachez également que les coupons achetés sont très rarement remboursables (en cas de maladie, de départ à l’étranger…), à l’exception de Complétude. « Nous remboursons les coupons en cas de problème sans pénalité à payer », ajoute le dirigeant de Complétude. Attention, chez certains organismes (Lauréat, Anacours, Keepschool), ils ont une durée de validité limitée (un an ou l’année scolaire en cours).
À ce coût horaire peuvent s’ajouter des frais d’inscription s’élevant de 60 à 90 € et qui sont payés pour un an ou une fois pour toutes, selon les réseaux. Les organismes Lauréat et Keepschool n’en facturent pas, mais imposent un minimum d’heures à commander. Enfin, Acadomia est le seul à avoir opté pour un abonnement mensuel de 29 € qui inclut certains services comme un appel par mois d’une demi-heure à un enseignant, un accès à des exercices en ligne ou encore une réduction de 10 % sur les cours collectifs.

Vérifiez bien les conditions générales du contrat avant de signer

Reste que ces conditions tarifaires et, plus généralement, les contrats de ces organismes manquent souvent de transparence. En octobre dernier, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a d’ailleurs pointé du doigt certaines pratiques, parfois abusives, des sociétés de cours de soutien scolaire. La DGCCRF, qui a réalisé 1 450 vérifications de contrats entre 2012 et 2013, a ainsi détecté un taux d’anomalies de 20 %, « ce qui est plus élevé que dans tous les autres secteurs confondus, où le taux atteint généralement de 10 à 12 %, précise Marie Taillard, responsable de la communication de la DGCCRF. Les enquêteurs ont, par exemple, noté des défauts d’information sur les prix, des présentations trompeuses indiquant des tarifs incluant l’avantage fiscal sans préciser que cette réduction est soumise à condition ».
Surtout, la direction des fraudes a relevé certaines clauses, illicites, autorisant le professionnel à modifier unilatéralement les caractéristiques du contrat ou prévoyant le non-remboursement des frais d’inscription, même lorsque l’entreprise n’est pas en mesure de proposer de professeur à son client. « Dans ces cas précis, le consommateur peut aller devant une juridiction civile pour demander l’annulation de la clause ou de son contrat », précise la porte-parole de la DGCCRF. Cette dernière refuse de donner les noms des organismes ainsi épinglés, mais sachez que certains d’entre eux se défendent toutefois d’user de telles pratiques et en veulent pour preuve l’obtention du label Qualicert, qui garantirait l’absence de telles clauses abusives. À ce jour, seuls Acadomia, Complétude, les Cours Legendre et Anacours bénéficient de ce label.

Un crédit d’impôt qui permet de réduire ses dépenses de 50 %

Sachez enfin que les cours de soutien scolaire ouvrent droit à un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses totales occasionnées (frais d’inscription ou abonnement inclus), dans la limite de 13 500 € pour une famille avec un enfant et de 15 000 € pour une famille avec 2 enfants ou plus (pour plus de détails sur le crédit d’impôt, voir notre Spécial impôts 2014, p. 214). Si le montant du crédit d’impôt excède celui de l’impôt dû, vous êtes remboursé par le fisc du surplus. Attention, ce plafond inclut l’ensemble des salariés que vous employez à domicile (femme de ménage, nounou…).

Pauline Janicot


Mots-clés :

CREDIT D'IMPOT , ENFANT , SOUTIEN SCOLAIRE




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