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Consommer éclairé avec le smartphone

Consommer éclairé avec le smartphone
Janvier 2014
Le Particulier Pratique n° 397, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Vous avez peut-être remarqué, depuis quelques mois, ces consommateurs qui arpentent les rayons des grandes surfaces leur smartphone à la main. Ils brandissent leur appareil successivement devant un paquet de yaourts, une boîte de cassoulet et une bouteille de soda. En s’informant ainsi sur ce que contiennent les denrées qui garniront leurs placards, ils comptent bien reprendre le contrôle de leur alimentation.

Tous les ingrédients passés à la moulinette

Open Food Facts, MesGoûts, Noteo ou Shopwise, les applications pour mobiles permettant d’obtenir des informations sur les produits agroalimentaires se multiplient. Grâce à elles, plus besoin de vous armer d’une loupe pour déchiffrer la liste des ingrédients sur les emballages. Il vous suffit de lancer une de ces applications sur votre smartphone, puis de photographier le code-barres apposé sur le paquet. Si l’article existe dans sa base de données, l’application le reconnaît automatiquement et affiche les renseignements le concernant : ingrédients, valeurs nutritionnelles, additifs, avis des consommateurs, etc. Certaines applications se limitent à mentionner les ingrédients et à permettre aux utilisateurs de rédiger un avis. D’autres (Noteo, Shopwise ou MesGoûts…) incluent, outre la composition, les effets sanitaires des produits et les conséquences environnementales induites par leur élaboration (nombre de kilomètres parcourus depuis le lieu de fabrication, part de l’emballage pouvant être recyclé, usage, ou non, de ressources renouvelables dans le processus de fabrication, etc.)…

Notation nutritionnelle et environnementale

Ces applications attribuent des notes en fonction de plusieurs critères et à partir desquelles le produit obtient une moyenne. “Les bonnes pratiques – par exemple, la présence de céréales complètes ou de lactobifidus, qui sont bénéfiques pour la santé – se traduisent par des bonus. Les mauvaises pratiques – comme la présence de graisses hydrogénées ou d’huile de palme – entraînent des malus”, explique Frédéric Leurent, cofondateur de Shopwise.
Pour élaborer ces critères de notation, Shopwise et Noteo ont mis en place des comités scientifiques. “Nous avons regroupé des représentants de l’Institut national de la recherche agronomique et du Centre national de la recherche scientifique, des chercheurs, des médecins et des diététiciens, à qui nous avons soumis notre méthodologie”, précise Frédéric Leurent. Noteo, de son côté, a réuni des membres d’organisations non gouvernementales, de centres de recherche et d’associations de consommateurs, comme Réseau environnement santé, Générations futures ou le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (Crioc). Ainsi, le Coca-Cola obtient la note moyenne de 5,5/10 sur MesGoûts (avec 3,7/10 pour la qualité en raison de la présence de colorant et d’arôme artificiel), 4,7/10 sur Noteo et 5,2/10 sur Shopwise.
Ces applications espèrent remporter, en France, le succès que GoodGuide a rencontré aux États-Unis. Leur objectif est de multiplier les références. Noteo en revendique 45 000, dont des produits cosmétiques et d’entretien. Shopwise en compte 35 000. “C’est un travail titanesque, car il a fallu construire entièrement la base de données”, souligne Frédéric Leurent. Pour enrichir leur catalogue, les applications mettent les utilisateurs à contribution. Ceux-ci peuvent y ajouter les produits qui en sont absents en photographiant avec leur smartphone les informations imprimées sur les emballages. Les images sont envoyées automatiquement aux start-up ayant mis au point les applications. À charge pour leurs équipes de les y intégrer.

Financement par la publicité ou base de données partagée

Toutes ces applications étant gratuites, elles doivent trouver des moyens de se rémunérer, et d’amortir ainsi les lourds investissements qu’elles ont dû réaliser. “Nous permettons aux marques de diffuser de la publicité contextuelle et de proposer des bons de réduction”, indique Thomas France, directeur général de Prixing, une application qui offre, à la fois, un comparateur de prix et des informations sur divers types de produits. “Le marché publicitaire sur mobile est encore bien trop étroit pour nous permettre d’atteindre l’équilibre, nuance Frédéric Leurent. Pour compenser, nous vendons notre base de données aux acteurs de la distribution, qui obtiennent ainsi un instantané du marché, mais l’activité reste tout de même déficitaire.”
Open Food Facts ne connaît pas ces difficultés financières. Le projet repose, en effet, sur un principe entièrement collaboratif : la base de données, ouverte, n’est constituée que par les utilisateurs, à la manière de Wikipédia. Les produits ne sont pas notés ni décortiqués, comme sur Noteo, MesGoûts ou Shop­wise, seuls des renseignements bruts sont disponibles. À la différence des autres applications, la reproduction et la réutilisation de la base de données sont libres et gratuites. “Rendre les informations publiques permet aux individus, associations, entreprises, organismes, chercheurs, etc., du monde entier d’imaginer et de concevoir des applications les utilisant auxquelles nous n’aurions sûrement jamais pensé”, expliquent, sur leur site, les responsables du projet.

Vincent Delfau


Mots-clés :

ALIMENTATION , INTERNET , PRODUIT ALIMENTAIRE , TELEPHONE MOBILE




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