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Les médicaments débarquent sur le web

Les médicaments débarquent sur le web
Décembre 2013
Le Particulier Pratique n° 396, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Les Français ont pris l’habitude, au cours des 15 dernières années, d’acheter sur internet. On ne compte plus les sites proposant des voyages, des vêtements ou des appareils multimédias. Plus réglementés, d’autres secteurs – l’optique (voir LPP n°s 374 et 363) et les taxis (voir LPP n° 395), notamment – ont tardé à prendre le virage du Web. C’est encore plus vrai de celui des médicaments, dont la vente en ligne n’est autorisée que depuis une ordonnance du 19 décembre 2012, complétée par un arrêté de juin 2013, en application d’une directive européenne de 2011.

Une officine en dur derrière le site

Ne peuvent être vendus en ligne que les médicaments délivrés sans ordonnance, soit plus de 4 000 références, et seules les pharmacies en dur ont l’autorisation de se lancer dans le commerce électronique de médicaments, dès lors qu’elles ont obtenu l’accord de l’agence régionale de santé (ARS) dont elles dépendent. Le principe “une pharmacie égale un site Web” exclut la possibilité, pour les officines, de se grouper et de mutualiser leur logistique ou leurs stocks.
Le site de l’ordre national des pharmaciens et celui du ministère de la Santé recensent les pharmacies ayant reçu une autorisation. Cette liste permet de vérifier que l’on n’est pas sur un site qui, sous les atours d’une pharmacie française, est la vitrine illégale, gérée depuis l’étranger, d’une plate-forme vendant des médicaments qui devraient être délivrés sur ordonnance, comme les s­timulants sexuels. “On sait pertinemment que nombre de sites sont piratés, explique Xavier Desmas, membre du Conseil de l’ordre national des pharmaciens. On risque fort d’y trouver des médicaments contrefaits, contenant des principes actifs surdosés – ou en étant complètement dépourvus – ou des excipients exotiques. Ces médicaments sont inefficaces, voire dangereux.”

Obligation d’un dialogue interactif

La plupart des pharmaciens redoutent que l’ouverture de la vente des médicaments en ligne ne brise le lien de proximité. “Même si, dans certaines officines, le dialogue est insuffisant, rien ne remplace le face-à-face”, reprend Xavier Desmas. Pour dissiper ces craintes, le législateur a encadré strictement le commerce électronique de médicaments par l’arrêté de juin. Ce texte interdit les réponses automatisées aux questions posées par les usagers et impose la mise en place d’un dialogue interactif entre le pharmacien et les patients. Dans ce cadre, ces derniers doivent trouver sur le site toutes les informations leur permettant d’entrer en contact avec la pharmacie physique : son numéro de téléphone, son adresse électronique… À la première commande, le pharmacien est tenu de leur faire remplir un questionnaire portant sur les traitements déjà suivis, les éventuelles allergies, etc. Il ne peut pas obliger ses clients à acheter une quantité minimale de médicaments et doit respecter la posologie usuelle pour un mois de traitement ou pour venir à bout d’un trouble passager.

Discount non assuré

Sur internet, les officines peuvent commercialiser les médicaments à des prix inférieurs à ceux qu’elles pratiquent entre leurs murs, mais le client doit payer des frais de livraison – encore que ceux-ci soient souvent offerts quand la commande dépasse quelques dizaines d’euros. Elles comptent sur les volumes pour proposer des prix moins élevés que ceux de leurs concurrentes uniquement en dur. Les variations ne portent, cependant, que sur les produits non vignettés, dont les prix sont libres (voir LPP n° 371). Par exemple, un flacon d’Advil enfants et nourrissons, vignetté, est vendu à prix fixe, 3,53 €. Une boîte de 40 comprimés de Maalox, non vignettée, valait, lors de notre enquête, 5,05 € en officine et 3,30 € sur le Net. Si les prix sont plus intéressants sur le Web pour les médicaments à prix libre, la limitation des quantités qu’il est possible de commander et l’ajout des frais de port ne rendent pas l’opération forcément très rentable pour le client.

Encore peu de comparateurs de prix   

Quant aux comparateurs de prix, qui pourraient aider le consommateur à trouver les offres les plus avantageuses, ils ne sont pas adaptés au secteur de la santé. En effet, leur modèle économique repose, en grande partie, sur les annonces publicitaires financées par les sites référencés. Or, les officines en ligne n’ont pas le droit de faire de la publicité ni de payer pour mieux apparaître dans les pages des moteurs de recherche. Les deux comparateurs existant dans ce domaine (voir ci-dessous “Deux comparateurs de prix à consulter”) ne recensent pas tous les médicaments proposés en ligne ni toutes les pharmacies autorisées par les ARS, pourtant peu nombreuses : au 14 novembre, sur les 23 000 officines françaises, 69 seulement peuvent vendre des médicaments sur internet.
La commercialisation des médicaments en ligne ne sera peut-être qu’un pétard mouillé. “Les Français n’y sont pas favorables. Pourquoi cela marcherait-il ?”, observe Xavier Desmas. Une enquête réalisée cet été par Les Échos Études et Celtipharm va à l’encontre de cette opinion : 10 % des pharmaciens titulaires d’une officine envisageraient de déposer une demande d’autorisation de vente sur le Web d’ici à la fin 2013.

La liste de toutes les officines autorisées

ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search et sante.gouv.fr/vente-en-ligne-de-medicaments.html

Le site de l’ordre national des pharmaciens et celui du ministère de la Santé recensent toutes les pharmacies autorisées à vendre en ligne. Nous vous recommandons de choisir une officine répertoriée sur l’un d’eux afin de ne pas tomber sur une page Web détournée, proposant des médicaments contrefaits.

Deux comparateurs de prix à consulter : unooc.fr et compapharma.com

Aucun des deux comparateurs de prix des médicaments en ligne n’inclut l’ensemble des pharmacies ayant obtenu l’accord des ARS. Une recherche sur le prix d’un tube de  Voltarène donne 12 résultats sur compapharma.com et 2 sur unooc.fr, mais seul ce dernier propose le médicament vignetté, à petit prix (2,82 €). Compapharma s’en tient aux spécialités à prix libre, beaucoup plus chères (de 4,70 à 6,95 €).

Vincent Delfau


Mots-clés :

INTERNET , MEDICAMENT , PHARMACIE , PHARMACIEN




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