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Les verres correcteurs : choisir la Rolls des verres de lunettes

Les verres correcteurs : choisir la Rolls des verres de lunettes
Novembre 2013
Le Particulier Pratique n° 395, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Au-delà du prix…

La polémique sur les prix pratiqués par les opticiens nous ferait presque oublier que le verre correcteur est un produit technique à choisir avec la plus grande exigence.

… la technique du verre

Aminci, il est esthétique, mais perd en qualité optique ; aplati, il améliore la vision latérale ; antireflet, il reçoit mieux la lumière ; haut de gamme, il fait, globalement, gagner en confort de vision.

 Difficile de choisir des verres de lunettes. Lorsque, l’ordonnance rédigée par votre ophtalmologiste en main, vous vous rendez chez votre opticien, ce dernier vous propose fréquemment plusieurs verres à des prix différents, allant parfois du simple au double. Ces verres sont, pourtant, censés corriger le(s) même(s) trouble(s) de la vision et être montés sur la même paire de lunettes. Trois grands acteurs (Essilor, Hoya et Carl Zeiss), leurs filiales (BBGR, Shamir, Novacel, pour Essilor) et des concurrents de taille plus modeste (Nikon, Rodenstock, Prats…) se partagent le marché français. Tous offrent des verres de qualité, capables de corriger les divers défauts de la vision. Certains opticiens préfèrent travailler avec deux ou trois verriers afin de grouper les commandes. D’autres, comme Krys, fabriquent eux-mêmes leurs verres. Quelques enseignes distribuent des verres sous leur marque propre (Les Opticiens mutualistes, Les Opticiens Conseils). Dans ces conditions, il n’est pas aisé de comparer les devis des opticiens : les marques, les références, les traitements et l’amincissement des verres varient et, pour une correction donnée, plusieurs centaines de combinaisons sont possibles. Voici les éléments qui vous permettront d’y voir plus clair.

Le verre minéral est-il encore conseillé ?

Tous les fabricants de verres utilisent les mêmes matériaux, minéraux ou organiques. Historiquement, les verres étaient en matière minérale, c’est-à-dire… en verre. Ils ont une excellente résistance à l’abrasion et aux rayures et, lorsqu’ils sont amincis, une très bonne constringence*. “Les verres minéraux amincis présentent moins d’aberrations, ou défauts visuels, que les verres organiques”, explique un opticien. Revers de la médaille, ce matériau est lourd et, surtout, fragile. Par conséquent, les verres minéraux ne conviennent pas aux enfants.
Les verres en matière organique, qui constituent la majorité des ventes, sont composés de polymères. Ils résistent bien aux chocs, sont légers, et leur masse volumique est jusqu’à trois fois inférieure à celle des verres minéraux. “Ils ont aussi l’avantage de pouvoir être montés sur de nombreux modèles de montures, reprend cet opticien. Leur solidité permet de les installer sur des montures dites percées ou Nylor, alors que peu d’opticiens s’y risqueraient avec des verres minéraux.”

Faut-il accepter les verres en polycarbonate ?

Le polycarbonate est un type particulier de matériau organique. “C’est la matière avec laquelle sont fabriquées les visières des casques de moto et les vitres des TGV. Ces verres sont incassables, légers, présentent la densité la plus faible et protègent contre les rayons ultraviolets. Le polycarbonate est recommandé pour les lunettes destinées aux enfants”, indique Annie Rodriguez, directrice des relations médicales d’Essilor. Il convient également aux montures de sport et à celles qui sont portées sur les chantiers ou dans les environnements dangereux. Par contre, il est fragile chimiquement et réagit très mal à certains solvants, comme l’acétone. Surtout, “sa constringence est la plus mauvaise de tous les matériaux utilisés en lunetterie, souligne un opticien. De plus, il ne peut être aminci. En cas de grosses corrections, il devient donc épais et a alors tendance à présenter des aberrations chromatiques. En résumé, ses qualités optiques sont inférieures à celles des autres types de verres”.

Jusqu’à quel amincissement du verre aller ?

Il existe plusieurs indices de réfraction pour les verres : “1.50, 1.53, 1.59, 1.60, 1.67, 1.74, 1.76 en organique, et jusqu’à 1.90 en minéral, précise un opticien. Ils représentent, schématiquement, le degré d’amincissement du verre. Plus l’indice est élevé, plus le verre est mince.” Ce dernier est alors plus onéreux, moins résistant, et les traitements antireflets y tiennent moins bien. Par ailleurs, les verres perdent de leur qualité optique au fur et à mesure que l’indice augmente. Ainsi, ceux d’indice 1.50 offrent la meilleure constringence.
À moins d’avoir besoin d’une forte correction, mieux vaut choisir un verre ni trop épais ni trop mince, car l’un et l’autre sont friables. “L’indice 1.60 convient dans la plupart des cas. À correction identique, les verres de cet indice sont huit fois plus solides que ceux d’indice 1.50”, assure l’un des opticiens que nous avons interrogés. Ne recherchez pas le plus grand indice en pensant qu’ainsi les verres seront extrêmement fins : “L’amincissement a une limite. Sur les petites corrections, il n’y aura aucune différence entre les indices, tous les verres auront environ 2 mm d’épaisseur”, poursuit ce professionnel. De même, si vous achetez des montures épaisses, il est inutile de faire amincir vos verres, leur profil sera, de toute façon, camouflé.

Choisir du haut de gamme pour de simples verres unifocaux ?

Un verre unifocal offre la même puissance de correction sur toute sa surface. Il est conçu pour corriger la myopie, l’astigmatisme et l’hypermétropie. “Opter pour des verres unifocaux haut de gamme n’est que rarement justifié, souligne un opticien. Les discours marketing des verriers évoquent des champs visuels plus larges, mais, concrètement, lorsqu’on a une petite correction, de – 1.00 ou + 2.00, avoir un champ de vision étendu de 20 % ne signifie pas grand-chose. À moins d’augmenter la taille des verres, comment pourrait-on accroître le champ visuel ?” Il y a, cependant, des cas où le choix du haut de gamme – notamment les verres asphériques, plus plats et plus minces – est fondé. “Pour une forte myopie ou hypermétropie, un verre asphérique agrandit le champ de vision de façon parfaitement nette, et donc la qualité de la vision latérale. Lorsqu’il existe une grande différence de correction entre les deux yeux, conserver la qualité de vision latérale améliore la vision binoculaire, c’est-à-dire la capacité à voir avec les deux yeux, en relief”, ajoute l’opticien.

Et pour des verres progressifs ?

Les verres progressifs sont destinés à corriger la presbytie – associée, éventuellement, à d’autres troubles de la vue – en offrant une puissance correctrice progressive sur leur surface. Ils sont conçus pour permettre de voir aussi bien de près que de loin. Dans cette catégorie, “les verres standard sont souvent proposés aux clients dont le budget est serré. Le prix moyen d’un bon verre progressif oscille autour de 250-300 €, et il faut compter au moins 325-400 € pour un verre haut de gamme”, indique un opticien. Le principal intérêt de ce type de verre consiste en une progression très discrète entre la partie haute, pour la vision de loin, et la partie basse, pour celle de près. Les porteurs de verres haut de gamme “auront davantage de facilité à trouver la zone correspondant à ce qu’ils veulent regarder”, explique l’opticien. En outre, “les verres standard présentent des aberrations et des déformations lorsqu’on regarde sur les côtés. Leur champ visuel est limité, et ils peuvent donner l’impression d’être dans un couloir, voire créer des sensations de vertige, précise Annie Rodriguez. À l’inverse, des verres haut de gamme, comme les Varilux S Series d’Essilor, bénéficient d’un surfaçage numérique permettant d’éliminer les déformations et d’élargir le champ visuel. On y voit comme avec des verres unifocaux”. Argument marketing ? Non, répondent les opticiens. “Le Varilux S est un excellent verre, peut-être le meilleur. Un presbyte qui change de verres, à correction identique mais en montant de gamme, peut effectivement avoir la sensation qu’il chausse des unifocaux. Toutefois, la plupart des porteurs auront besoin d’une période d’adaptation pour s’habituer à cette nouvelle façon de voir. Le confort des verres progressifs est une notion très subjective : certaines personnes s’accommoderont à n’importe quel verre ; d’autres, au contraire, ne seront à l’aise qu’avec des verres haut de gamme”, souligne l’un d’eux. Enfin, plus la progression est forte et plus l’on est âgé lorsqu’on adopte sa première paire de progressifs, plus il sera difficile de s’y adapter.

Antireflet, antistatique, durci, antibuée ?

Votre opticien vous proposera de nombreux traitements : vernis ou films microscopiques recouvrant la surface des verres pour leur donner des propriétés supplémentaires. La protection contre les rayures est obtenue en appliquant une résine liquide qui durcit à la cuisson, d’où la dénomination “verres durcis”. L’antireflet, systématiquement conseillé au client, diminue la quantité de lumière réfléchie par le verre – qui est ainsi plus esthétique –, mais il augmente aussi, par conséquent, la part de lumière transmise à l’œil. Les traitements antistatiques, appelés parfois antipoussières, facilitent le nettoyage des verres. Quant à l’antibuée, il “consiste à déposer un composant hydrophile sur le verre, qui forme un tapis d’eau uniforme à la place de la buée et ne gêne pas la perception visuelle, explique Annie Rodriguez. Il est adapté aussi bien au chirurgien qui porte son masque qu’aux employés de magasins de surgelés ou aux cuisiniers”. Seul inconvénient, il faut penser à déposer une goutte de produit sur les verres chaque semaine.
Enfin, certains traitements ont vocation à protéger les yeux, tel le Crizal Prevencia d’Essilor : “Il a été mis au point en collaboration avec l’Institut de la vision, précise Annie Rodriguez. L’objectif est de rejeter la lumière bleue de la bande 415-455 nanomètres, qui contribue à l’apparition de la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Ce traitement empêche également les rayons ultraviolets de rebondir sur la face arrière des verres.” Les verriers associent leurs différents traitements. Ainsi, le Crizal Prevencia d’Essilor cumule les protections contre les reflets, les rayures, l’eau, les ultraviolets et la lumière bleue ; le DuraVision Platinum Zeiss est antirayure, hydrophobe, antireflet et antisalissure ; le Hi-Vision LongLife BlueControl de Hoya est antireflet, résistant aux rayures, facile à nettoyer et filtre la lumière bleue. (Concernant l’entretien des verres, quels qu’ils soient, voir "Nettoyez vos verres comme votre peau".)

Les verres pour vision intermédiaire ont-ils un réel intérêt ?

Même si les fabricants présentent les progressifs comme des verres conçus pour voir à toute distance, ceux-ci sont surtout efficaces pour la vision de loin et de près. “Le champ de la vision intermédiaire étant beaucoup plus étroit que celui de la vision de près ou de loin, de nombreuses personnes se plaignent de leurs verres lorsqu’elles doivent regarder un écran d’ordinateur”, constate un opticien. Les verres intermédiaires – parfois appelés verres dégressifs, verres à profondeur de champ, verres mi-distance ou verres de proximité – pallient ce désagrément en offrant une vision de près très large et une vision intermédiaire confortable dans le haut du verre. Ils sont idéaux lorsqu’on est assis à son bureau et que l’on doit regarder successivement son clavier, ses papiers et son écran. Par contre, mieux vaut les retirer pour circuler dans les couloirs ; sinon, on risque d’être pris de vertige.

Vincent Delfau

* La constringence détermine la dispersion chromatique d’une lumière blanche quand elle traverse une matière transparente. Plus elle est élevée, moins forte est la dispersion et meilleure la qualité visuelle. Un verre dont la constringence est faible a ainsi tendance à décomposer la lumière, comme le ferait un prisme, et à créer un effet d’irisation sur les contours des objets.


Mots-clés :

LUNETTES CORRECTRICES




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