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Pansements, choisissez plutôt le high-tech

Pansements, choisissez plutôt le high-tech
Novembre 2013
Le Particulier Pratique n° 395, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Il y a une vingtaine d’années, lorsqu’un enfant s’écorchait le genou, ses parents tamponnaient la plaie avec un coton imbibé de mercurochrome ou d’éosine, puis elle séchait à l’air libre. Une croûte se formait. Invariablement, l’enfant la grattait ; elle finissait par tomber et était remplacée par une autre, à laquelle il ne fallait pas toucher afin de ne pas ralentir la cicatrisation et d’éviter l’apparition d’une marque disgracieuse. Ce n’était pas la meilleure méthode.

On ne laisse plus sécher

Laisser une plaie sécher va à l’encontre de ce qu’a démontré le chercheur britannique George D. Winter. Ses travaux, menés en 1962, sont considérés comme majeurs dans la compréhension du processus de cicatrisation (voir "Trois phases de cicatrisation") et l’élaboration des protocoles de traitement des lésions cutanées. George D. Winter a prouvé que maintenir une plaie dans un environnement humide favorisait la migration cellulaire et multipliait par deux la vitesse de cicatrisation. “C’est sous un pansement occlusif, qui reproduit les conditions d’une étuve, que la pousse cellulaire se fait le mieux. De plus, l’occlusion a des propriétés antalgiques, explique le Dr Patricia Senet, dermatologue à l’hôpital Tenon, à Paris. Laisser sécher une plaie ralentit la cicatrisation et provoque des douleurs.”
Au début des années 1990, le grand public a découvert les pansements ­hydrocolloïdes, les premiers pour lesquels les principes établis par George D. Winter ont été mis en application. Ces pansements dits “modernes” ou “technologiques” ont été utilisés pendant de nombreuses années en milieu hospitalier dans le traitement des plaies chroniques (escarres, ulcères, pieds diabétiques…) avant d’être vendus en pharmacie, puis dans les rayons des grandes surfaces. “Ils associent une couche externe protectrice en polyuréthane et une couche interne hydrocolloïde constituée de polymères synthétiques absorbants, dont les propriétés sont liées à la présence de carboxyméthylcellulose, qui se gélifient au contact de la plaie”, indique France Viroux, pharmacienne chargée de la formation pour les laboratoires Urgo. La seconde couche se délite dans la plaie, absorbe les exsudats (le liquide qui suinte de la plaie) et empêche la formation d’une croûte.

Des pansements “seconde peau”

Les pansements hydrocolloïdes présentent plusieurs avantages : ils sont occlusifs et perméables à l’air, le contact avec la plaie est doux, et celle-ci est à l’abri de l’eau, des bactéries et des agressions extérieures. Cette technologie joue, finalement, le rôle de la peau. Elle a, d’ailleurs, été surnommée “seconde peau” lors de son apparition sur le marché grand public ; elle servait alors à soigner les ampoules. Depuis, “les pansements hydrocolloïdes ont évolué – formes plus ergonomiques afin de s’adapter aux articulations (genoux, coudes, doigts…), épaississement de la masse hydrocolloïde centrale pour une meilleure protection, adhésion plus durable –, mais le principe reste le même”, reprend France Viroux. Autre avantage, “il n’est pas nécessaire de les changer quotidiennement, assure le Dr Senet. On peut les laisser en place 2 ou 3 jours, voire attendre qu’ils se décollent d’eux-mêmes.” À condition, toutefois, que la plaie soit propre, et, pour la nettoyer, les solutions antiseptiques ne sont pas forcément la meilleure solution.

Les antiseptiques remis en question

“Il n’existe pas beaucoup de travaux qui démontrent l’intérêt d’utiliser des antiseptiques. Ceux-ci présentent même des inconvénients : ils entraînent des allergies, provoquent des eczémas de contact et, lorsqu’ils sont employés trop longtemps, sont cytotoxiques, c’est-à-dire qu’ils s’attaquent aux cellules de la peau et freinent, de fait, la croissance cellulaire”, précise le Dr Senet. C’est pourquoi les antiseptiques ne sont plus appliqués sur les plaies chroniques. Concernant les plaies aiguës, rien ne prouve qu’ils sont plus efficaces que l’eau et le savon pour prévenir les infections. “Un lavage méticuleux à l’eau savonneuse et un rinçage au sérum physiologique suffisent à nettoyer la plaie avant de la recouvrir d’un pansement. Si l’on veut vraiment se rassurer, on peut appliquer un antiseptique– à base d’argent, de la chlorhexidine ou les dérivés de l’iode – pendant quelques jours en évitant les plus allergisants, mais un antiseptique ne se substitue pas au lavage. Enfin, si la plaie est très rouge, douloureuse ou nauséabonde, il faut consulter”, souligne le Dr Senet.

Toute une chimie des interfaces

Dans la foulée des hydrocolloïdes, les pansements technologiques ont connu plusieurs évolutions, permettant de les employer sur des plaies de nature différente. Les hydrogels ressemblent aux hydrocolloïdes, mais ils contiennent 80 % d’eau et favorisent l’hydratation des plaies sèches. Les pansements hydrocellulaires sont constitués d’une interface en silicone et d’une mousse en polyuréthane leur conférant un pouvoir absorbant. Ils ne se délitent pas dans la plaie et ne sont pas détersifs. Ils sont particulièrement adaptés lors des phases de bourgeonnement et, d’une façon plus générale, aux plaies aiguës. Les alginates renferment des polymères tirés d’algues qui leur donnent un fort pouvoir hémostatique et d’absorption des exsudats. Ils conviennent aux plaies infectées ou suintantes. Les pansements interfaces se composent d’une trame à mailles très fines imprégnée d’un corps gras, parfois associé à de la silicone et à de la carboxyméthylcellulose, qui réduit leur adhérence, même s’ils peuvent rester en place plusieurs jours. Ils sont destinés aux peaux fragiles et aux plaies peu exsudatives en phase d’épidermisation. Quant aux pansements au charbon actif, ils absorbent les molécules responsables des mauvaises odeurs qui se dégagent des plaies.
Il existe encore bien d’autres types de pansements technologiques, mais leur intérêt n’est guère démontré. “Le marketing prend le pas sur l’innovation, constate le Dr Senet, et les fabricants ajoutent de l’argent, du miel ou de l’acide hyaluronique à leurs pansements sans que cela procure un réel avantage. Par exemple, on n’a pas la preuve que les pansements à l’argent soient très utiles pour prévenir les infections des plaies aiguës ni qu’ils favorisent leur cicatrisation.”

Aux petits maux les petits remèdes

Ces pansements technologiques sont principalement utilisés en milieu hospitalier, où l’on doit traiter de multiples types de plaies, ainsi que par les infirmiers lors de soins à domicile. Ces produits sont conçus pour réparer de graves lésions, qu’il serait dangereux de panser seul. Dans le commerce, vous trouverez majoritairement des hydrocolloïdes et des hydrocellulaires, destinés à protéger les petites blessures du quotidien (voir "Les pansements liquides ou en spray sont-ils vraiment utiles ?"). Ainsi, le pansement Brûlures et Blessures superficielles d’Urgo “est imprégné d’hydrocolloïde et de vaseline. On parle alors de lipocolloïde”, indique France Viroux. Le produit SOS Pansements Ampoules d’Hansaplast et ceux contre les ampoules ou les callosités de Compeed contiennent, eux aussi, de l’hydrocolloïde. (Concernant les brûlures, voir ci-dessous “Brûlures, occlure pour soulager”.)
S’il est utile d’avoir des hydrocolloïdes dans sa pharmacie, il serait inopportun qu’elle ne renferme que ce type de produits. Les pansements traditionnels, composés uniquement d’une partie absorbante et d’une zone adhésive, restent adaptés aux plaies bénignes. Sortir l’artillerie lourde pour une simple coupure ou une banale écorchure serait disproportionné. “Les hydrocolloïdes sont idéaux sur une ampoule quand on randonne, mais pas indispensables sur l’éraflure au genou qu’un enfant se fait en tombant. Dans ce cas, un bon lavage, un peu de vaseline et une compresse suffisent. De toute façon, ces toutes petites plaies cicatrisent en 2 ou 3 jours, et ne sont pas très douloureuses”, affirme le Dr Senet. Le principal intérêt des hydrocolloïdes est l’occlusion de la plaie pour la maintenir dans un environnement humide. En général, la combinaison compresse-vaseline remplit aussi cette fonction.

Vincent Delfau


Mots-clés :

MEDICAMENT , PHARMACIE




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