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Équipement domestique : réduire sa consommation électrique

Équipement domestique : réduire sa consommation électrique
Octobre 2013
Le Particulier Pratique n° 394, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Dans un contexte où les consommations liées au chauffage et à l’éclairage ne cessent de baisser, la multiplication des équipements électriques dans la maison a entraîné, au fil des ans, une augmentation sensible de nos dépenses d’électricité, parfois insidieusement. Voici les solutions pour piloter intelligemment nos appareils.

es tarifs d’EDF ont augmenté de 5 % en août, et l’on peut déjà s’attendre à une nouvelle hausse l’an prochain. Nul ne sait jusqu’où ira cette courbe ascendante. En février 2012, un rapport de la commission d’enquête du Sénat portant sur le coût réel de l’électricité annonçait que la note des ménages s’accroîtrait de 50 % d’ici à 2020. Notre énergie reste encore bien moins chère qu’en Allemagne, mais cela pourrait ne pas durer. C’est pourquoi, dans les années à venir, nous allons devoir nous discipliner et faire preuve de sobriété si nous ne voulons pas voir notre facture exploser. La consommation d’électricité d’un ménage français, hors chauffage et eau chaude, est, en moyenne, de 2 700 kWh/an (chiffre de 2008). Alors que nous savons exactement ce que nous coûte notre voiture et comment la piloter pour économiser du carburant, nous ignorons la quantité d’énergie que nous consommons et le montant de notre facture, tant cette notion est abstraite pour la plupart d’entre nous. “Les consommateurs sont très mal informés de ce qu’ils consomment dans leur logement. Ils reçoivent leur facture de gaz ou d’électricité a posteriori et ne voient pas la relation entre leurs gestes et leur facture”, expliquait Xavier de Froment, représentant la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), lors des 2es assises Électricité & Habitat, qui se sont tenues en 2012.

Des appareils gourmands dans une maison économe

“La consommation d’énergie augmente depuis 30 ans, mais la part du chauffage et de l’eau chaude sanitaire dans la consommation globale baisse. La consommation spécifique, c’est-à-dire celle de tous les appareils électriques hors eau chaude sanitaire, cuisson et chauffage, a été multipliée par quatre au cours de cette période. Cette inversion s’explique par la prolifération des appareils électriques dans la maison, et particulièrement celle des équipements destinés aux loisirs, comme les boîtiers de réception de la télévision et les grands écrans plats, le poste informatique ou les consoles de jeux, qui n’existaient pas il y a 15 ans. Par ailleurs, le taux de pénétration d’équipements traditionnels, tels que les fours à micro-ondes, les lave-vaisselle et les sèche-linge, croît régulièrement. Cette multiplication des appareils et la progression du taux de pénétration contrebalancent les efforts des industriels pour diminuer la consommation d’énergie des matériels”, analyse Sébastien Jumel, directeur marketing du marché des particuliers d’EDF.
Aujourd’hui, le recours aux énergies renouvelables offre des solutions techniques permettant de mieux contrôler les dépenses de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire : pompe à chaleur, chauffe-eau solaire ou thermodynamique, etc. Le poste “éclairage” est, lui aussi, en voie d’être maîtrisé grâce aux nouvelles ampoules, qui se ­substituent ­progressivement aux modèles incandescents ; elles dépensent cinq ou six fois moins d’électricité pour un niveau d’éclairage équivalent (voir LPP n° 379). Reste la consommation des équipements de la maison. Le label Passivhaus (“maison passive”, voir LPP n° 372) inclut déjà la part de l’électroménager dans le calcul des consommations énergétiques de l’habitation. Des appareils domestiques vétustes suffisant à anéantir les performances d’un bâti compétitif, ce principe pourrait, dans l’avenir, s’appliquer à tous les bâtiments.

Le poste “froid” grossit, même au régime

Parmi les appareils ménagers, le réfrigérateur-congélateur est le plus énergivore (23,30 % de la consommation moyenne, hors chauffage et eau chaude). Il fonctionne 24 heures sur 24 tous les jours de l’année. Entre 1999 et 2009, la consommation des réfrigérateurs a été divisée par trois grâce aux mousses isolantes plus denses, à la nouvelle génération de compresseurs, qui fonctionnent de manière plus linéaire, et aux régulations plus performantes. Depuis le 1er juillet 2012, les réfrigérateurs, les congélateurs et les combinés de classes A et inférieures ne peuvent plus être mis sur le marché et, à compter du 1er juillet 2014, l’indice d’efficacité énergétique correspondant à la classe A+ sera plus exigeant. Cependant, l’augmentation du volume des appareils a annulé les économies d’énergie générées par les améliorations techniques. La campagne de mesures AEE 2008 – financée par L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), EDF et Enertech –, qui complète le projet Remodece (Residential Monitoring to Decrease Energy Use and Carbon Emissions in Europe), montre que si la consommation énergétique moyenne des réfrigérateurs a effectivement chuté de près de 32 % entre 1995 et 2008, dans le même temps, le volume moyen des appareils est passé de 193 à 286 litres, soit une hausse de 48 %. Les ménages ont tendance à surestimer la capacité dont ils ont réellement besoin et ne font pas toujours un usage raisonnable de leur appareil. Une récente étude menée par Sharp Europe sur le contenu des réfrigérateurs des Européens révèle que 6 % y placent de la colle et 1 % d’autres produits non alimentaires, tels que de la peinture, des piles, de la crème solaire, du tabac ou de la pâte à modeler.

Des grands écrans qui pèsent lourd

En ce qui concerne l’audiovisuel (20 % de la consommation moyenne), l’arrivée des écrans plats et de grandes dimensions a multiplié par 2,20, en 12 ans, la consommation électrique de ce poste. La campagne de mesures Remodece fait apparaître que les téléviseurs LCD et plasma consomment, en moyenne, respectivement 1,60 (228 kWh/an) et 3,50 (502 kWh/an) fois plus que les anciens modèles à tube cathodique (144 kWh/an). L’augmentation de la taille des écrans n’a rien arrangé, puisque la consommation croît avec le carré de la diagonale. Le poste “audiovisuel” est encore alourdi par la multiplication des démodulateurs (décodeur de chaînes payantes, récepteur TNT ou boîtier lié à une box internet).

Lave-vaisselle et lave-linge de plus en plus sobres

Les appareils de lavage (14,90 % de la consommation moyenne) sont maintenant soumis à des exigences très rigoureuses pour pouvoir être mis sur le marché. Les lave-linge de classes B, C et D ne sont plus commercialisés depuis le 1er décembre 2011, et trois nouvelles classes ont été créées (A+, A++ et A+++). L’interdiction de mise en vente s’étendra aux équipements classés A à partir du 1er décembre 2013. Selon le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam), entre 1999 et 2009, la consommation d’eau et d’électricité de ces appareils a chuté de 57 %. La nouvelle conception des tambours et les innovations techniques ont permis de diviser par deux la consommation d’eau (donc moitié moins d’eau à chauffer) tout en augmentant la charge de linge. De même, les lave-vaisselle classés B, C et D ne sont plus vendus, sauf les modèles de petites dimensions, depuis le 1er décembre 2011 et ceux de classe A, excepté les petits formats, ne le seront plus à partir du 1er décembre 2013 ; cette interdiction s’étendra à tous les appareils au 1er décembre 2016. Entre 1999 et 2009, la consommation électrique d’une machine performante équipée de capteurs électroniques a chuté de 34 %, et sa dépense en eau a été divisée par deux (80 % de l’énergie utilisée par un lave-vaisselle sert à chauffer l’eau).

Les usages du Web en surchauffe

La part du poste informatique est estimée à 14,50 % de la consommation d’un foyer. Plus globalement, la dépense en électricité due aux technologies de l’information et de la communication (TIC), c’est-à-dire tous les matériels connectés à internet (ordinateur, tablette et smartphone), croît régulièrement. Ces 10 dernières années, elle a augmenté d’environ 10 % par an, selon l’Ademe. En 2010, plus de deux ménages sur trois possédaient un micro-ordinateur et plus d’un sur deux disposait d’un accès à internet. Or, ces appareils sont branchés en permanence, et les connexions ADSL restent actives 24 heures sur 24. Toujours selon l’Ademe, ce poste (téléviseur et hi-fi inclus) peut représenter jusqu’à 950 kWh/an pour certains foyers très bien équipés, et occuper la première place, devant les matériels producteurs de froid.
En réalité, la consommation électrique engendrée par les TIC est bien supérieure à celle qui figure sur la facture du consommateur. La connexion d’un appareil à internet a des répercussions en série : lancer une requête sur le Web sur un smartphone active les réseaux de télécommunication qui acheminent l’information, fait tourner des serveurs situés dans des pièces réfrigérées au centre de stockage des données du fournisseur d’accès à internet (FAI), etc. Une étude réalisée par Mark Mills, le PDG du cabinet de conseil en énergie Digital Power Group et publiée en août, établit que les TIC consomment, à elles seules, 10 % de l’électricité produite au niveau mondial, soit 1 500 térawattheures par an, ce qui équivaut à la production d’électricité annuelle de l’Allemagne et du Japon réunis. Utiliser un smartphone ou tablette pour regarder une heure de vidéo par semaine dépense plus d’électricité par an que deux réfrigérateurs récents.

Les appareils en veille grignoteurs de watts

Tous ces nouveaux équipements finissent par peser autant, voire plus, dans la facture d’électricité que l’électroménager traditionnel. “En fonction de sa taille, un réfrigérateur-congélateur consomme entre 100 et 400 kWh/an. Un écran de téléviseur plasma dépense de 250 à plus de 500 kWh/an. Une autre consommation insoupçonnée est celle des routeurs internet, qui peuvent consommer entre 50 et 80 kWh/an”, explique Sébastien Jumel. Les appareils en veille constituent une part cachée de la consommation, et ils continuent de consommer, même une fois éteints. Ces veilles peuvent coûter jusqu’à 100 € par an pour un foyer bien équipé. “Les veilles représentent de 10 à 15 % de la consommation. On considère que l’on peut agir sur deux tiers de ces consommations “dormantes”. Parmi les matériels les plus énergivores en veille, les lecteurs de DVD et les chaînes hi-fi arrivent en tête, avec des puissances comprises entre 10 et 15 W, puis viennent les chargeurs de téléphones mobiles et les ordinateurs, avec des puissances de veille comprises entre 5 et 7 W. Les petits appareils électroménagers, comme les cafetières, les bouilloires et les machines à expressos, ont des puissances comprises entre 3 et 5 W. Le cumul de ces veilles représente, en moyenne, une consommation permanente de 82 W par foyer”, souligne Mathilde Voegtlé, chargée d’études au sein de Powermetrix, un service de WattGo (voir "Trois solutions pour mesurer sa consommation"). Plutôt que débrancher tous les équipements lorsqu’ils ne sont pas utilisés, le plus simple serait d’avoir des appareils qui, quand ils sont éteints, ne consomment rien, ou presque. Un défi que les fabricants devront relever dans les prochaines années.

Isabelle Coune


Mots-clés :

CHAUFFAGE , ECONOMIE D'ENERGIE , ELECTRICITE , FACTURE , PRIX




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