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Mieux-être : moustiques, la guerre est déclarée

Mieux-être : moustiques, la guerre est déclarée
Juillet-Août 2013
Le Particulier Pratique n° 392, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Nom : Culicidæ. Taille : de 3 à 40 mm. Signes particuliers : une paire d’ailes, trois paires de pattes… et une fâcheuse tendance à laisser sur notre peau l’irritant souvenir de leur visite. Les moustiques sont présents partout dans le monde, sauf en Antarctique. On en compte environ 3 500 espèces, dont une cinquantaine en France.

“Les moustiques les plus fréquents appartiennent au genre Culex. Ils vivent surtout en milieu urbain, prospèrent là où il y a des eaux stagnantes et piquent la nuit, jusque dans les habitations. Les aédès se développent davantage à la campagne ou près de la mer – même si Aedes albopictus, ou moustique tigre, affectionne les villes – et piquent le jour. Quant aux anophèles, ils apprécient les milieux ruraux, les marécages, les prairies inondées, les plans d’eau et piquent principalement en seconde partie de nuit”, explique le Dr Arezki Izri, entomologiste et chef du service de parasitologie-mycologie de l’hôpital Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Un anticoagulant est à l’origine des démangeaisons

Les moustiques mâles ne se nourrissent pas de notre sang, mais en recueillant le nectar des fleurs. Ce sont d’excellents agents pollinisateurs. La piqûre est l’apanage de la femelle fécondée, qui puise, dans le sang, les protéines nécessaires à la formation de ses œufs. “Lorsque la température tourne autour de 28 °C et que le taux d’humidité oscille entre 90 et 100 %, elle digère ce repas de sang en 48 heures, précise le Dr Izri. Pendant ce temps, elle développe une portée d’environ 200 œufs. Dès que la digestion est terminée, elle pond à la surface ou en bordure de l’eau, ou sur un sol inondé, puis s’envole à la recherche d’un nouvel hôte, qu’elle piquera. Elle se repose ensuite 48 heures, le temps de préparer une autre portée. Ce cycle, dit gonotrophique, se poursuit toute sa vie. Un moustique adulte vivant un mois peut ainsi avoir 15 portées et engendrer 3 000 descendants.”
La première des nuisances des moustiques est leur piqûre. Lorsque la femelle fait pénétrer sa trompe – le proboscis – dans la peau à la recherche d’un capillaire, elle injecte sa salive, qui contient un anticoagulant. En réaction à cette substance étrangère, nos mastocytes – l’un des bras armés de notre système immunitaire – sécrètent de l’histamine. Il en résulte une démangeaison, qui s’accompagne d’un bouton, en réalité un petit œdème causé par une légère vasodilatation. Des corticoïdes locaux peuvent être utilisés pour soulager l’irritation due à la piqûre. Il arrive, cependant, que la réaction allergique soit plus marquée, allant exceptionnellement jusqu’au choc anaphylactique.

Des insectes vecteurs de nombreux virus et parasites

La piqûre des moustiques peut avoir des conséquences autrement plus fâcheuses que ces manifestations cutanées. “Par exemple, sur environ 400 espèces d’anophèles, 30 sont des vecteurs du plasmodium, le parasite responsable du paludisme. Elles transmettent également quantité de virus et de minuscules vers, les microfilaires, qui provoquent les filarioses. Les Culex transmettent, eux aussi, des microfilaires – dont ceux qui sont à l’origine de l’éléphantiasis, une pathologie caractérisée par l’augmentation spectaculaire du volume d’un membre du corps –, ainsi que les encéphalites de Saint-Louis et japonaise ou le virus du Nil occidental. Enfin, les aédès sont des vecteurs de la fièvre jaune, de la dengue et du chikungunya”, poursuit le Dr Izri. Autant de maladies qui peuvent être fatales. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le paludisme causé 660 000 décès en 2010, sur 219 millions de cas recensés.

Des cas de dengue et de chikungunya sur le sol français

En France, le dernier cas de paludisme (hors les cas dits “d’aéroport”) a été enregistré en 1974 ; aucun cas d’encéphalite n’a été recensé ; seulement sept de virus du Nil occidental, deux de dengue et deux cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire contracté sur le sol métropolitain, ont été diagnostiqués. Dengue et chikungunya sont transmis par Aedes albopictus. Ce moustique, originaire d’Asie, s’est implanté en Italie il y a 2 décennies, puis dans le sud de la France et a étendu progressivement son habitat à une vingtaine de départements, en remontant vers le nord et l’ouest.
L’arrêté du 26 août 2008 répertorie les départements où les moustiques constituent une menace pour la santé de la population. Il est modifié chaque année pour ajouter ceux qui sont colonisés par le moustique tigre. Ainsi, les Pyrénées-Orientales, l’Aude, la Haute-Garonne, le Rhône, l’Ardèche, la Drôme et l’Isère ont récemment été inclus dans la liste.
“Aedes albopictus s’adapte facilement à un nouvel environnement. Très résistants, ses œufs peuvent être conservés plusieurs mois et éclore au printemps, dès que reviennent les températures favorables associées à la présence d’eau”, souligne le Dr Izri. Potentiellement, le moustique tigre risque donc d’être le vecteur d’épidémies. “Quand le moustique est atteint par le virus, il développe une maladie généralisée et peut alors transmettre ce virus à sa descendance. Ainsi, il est possible que des œufs déjà infectés arrivent en France. Autre hypothèse : un voyageur revenant d’une zone d’endémie a été piqué juste avant son départ. En débarquant en France, il est piqué par un moustique, qui, à son tour, est infecté et va transmettre la maladie. C’est comme cela que sont apparus les deux cas de dengue et de chikungunya dans l’Hexagone”, détaille le Dr Izri.

Un traçage rigoureux des maladies

La dengue, le chikungunya et le paludisme font partie des maladies à déclaration obligatoire. Dès qu’un médecin ou un biologiste diagnostique un cas, il doit le signaler à une agence régionale de santé (ARS). Une enquête est alors menée pour rechercher l’origine de la transmission et les mesures appropriées sont engagées. “Pour le paludisme, par exemple, dès le signalement d’un cas, le patient est immédiatement traité et n’a pas le temps d’infecter des moustiques”, souligne le Dr Izri. De fait, on ne recense guère de cas autochtones de paludisme en France métropolitaine, alors que plusieurs milliers de cas importés sont enregistrés chaque année. Quant à ceux de dengue et de chikungunya, ils restent rarissimes, car “partout où le moustique tigre s’est implanté, les autorités ont réagi, observe le Dr Izri. Il est évident que si on le laisse se développer de façon incontrôlée, il existe un risque de contagion à l’homme”.

Des campagnes permanentes de démoustication sont menées

La réponse des autorités se concrétise par les actions des Ententes interdépartementales pour la démoustication (EID). Ces établissements publics, financés par les conseils généraux, sont présents dans les trois régions les plus concernées par les moustiques : Méditerranée, Atlantique et Rhône-Alpes. Ils ont pour objectif de contrôler les nuisances engendrées par ces insectes. Ils ne visent pas à éradiquer tous les Culicidæ, mais à en limiter drastiquement la population. “Si l’on n’intervenait pas, on retrouverait une situation comparable à celle que les gens du littoral ont connue avant notre création, en 1958. En un mot, invivable. À l’époque, des activités comme les vendanges étaient presque impossibles, théâtre d’attaques quasi incessantes”, assure Jean-Claude Mouret, adjoint à la coordination des opérations de démoustication à l’EID Méditerranée. De quoi faire fuir à grandes enjambées les millions de touristes qui fréquentent ces trois régions.
La seule substance – un organophosphoré – utilisable en milieu naturel pour éliminer les moustiques adultes ayant été interdite en 2010, les interventions contre ces derniers ne sont possibles qu’en zones urbaines. Le produit employé, la pyréthrine, est redoutablement efficace, mais son spectre d’action dépasse le seul moustique. Les opérations urbaines n’ont représenté que 0,50 % de la superficie traitée en 2012 par l’EID Méditerranée. En réalité, les interventions se font, en majorité, lorsque les moustiques sont à l’état larvaire, en utilisant l’unique produit homologué, le bacille de Thuringe (Bti). “Nous avons identifié et cartographié toutes les aires de ponte qui jalonnent le littoral méditerranéen que nous couvrons. Dès la mise en eau de ces gîtes larvaires par la pluie ou l’irrigation, nous déclenchons un traitement. Pour être efficaces, nous devons travailler sur de jeunes larves. Il nous faut donc être très réactifs”, explique Jean-Claude Mouret

Faire la chasse aux vieilles écuelles

Les actions de démoustication menées par les EID resteront insuffisantes si elles ne sont pas relayées par les particuliers. “Le concours de chacun est important, avec un mot d’ordre : méfiez-vous de l’eau qui dort”, reprend Jean-Claude Mouret. Le premier moyen – et certainement le plus radical – de prévenir la présence de moustiques consiste à limiter le nombre de leurs gîtes larvaires potentiels dans votre jardin ou sur votre balcon. “Quand on est piqué à la maison, c’est que l’on fait soi-même l’élevage”, avertit le Dr Izri. Il est donc indispensable que tout ce qui peut contenir de l’eau stagnante (gouttières, bac de récupération des pluies, sous-pots, coupelles, pneu qui traîne derrière la maison…) soit régulièrement vidé ou couvert afin que les moustiques femelles ne puissent y pondre.
Si certains récipients ne peuvent être vidés en raison de leur taille, il faut les couvrir avec une moustiquaire ou y verser un peu d’huile, celle-ci restera à la surface de l’eau et empêchera les larves de respirer. Une autre solution consiste à peupler votre bassin de poissons : ils se nourriront des larves de moustiques avant qu’elles éclosent. Par ailleurs, porter des vêtements de couleurs claires – emmagasinant moins la chaleur que les teintes foncées, elles attirent donc moins les insectes –, de préférence couvrants, contribue à réduire les risques de piqûre. Dans les régions infectées de moustiques, installer une moustiquaire devant les portes et les fenêtres, autour des berceaux, des poussettes et des lits est également un bon moyen de se protéger.

Les répulsifs, la stratégie défensive   

“On peut aussi traiter ses vêtements avec des répulsifs ou des insecticides avant de les porter”, indique le Dr Izri. Les répulsifs existent aussi sous forme de sprays ou de lotions à appliquer sur la peau. Quatre types de molécules chimiques peuvent entrer dans la composition des répulsifs vendus en France : le Citriodiol, le KBR, l’IR 3535 et le DEET. Les deux dernières sont les plus fréquemment utilisées par les industriels, avec des concentrations variables suivant les régions où le produit doit être employé : de 10 à 35 % pour l’IR 3535 et de 20 à 50 % pour le DEET. Plus le taux est élevé, plus le répulsif est adapté aux zones tropicales ou à celles où la population de moustiques est dense, mais alors il ne conviendra pas aux enfants et aux femmes enceintes. C’est particulièrement le cas du DEET, la molécule la plus efficace, qui peut causer des irritations et des intoxications en cas d’inhalation importante. De façon générale, “les produits répulsifs ne doivent pas être utilisés pour les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois”, peut-on lire sur le site internet du ministère de la Santé.
Si vous ignorez la composition des produits que contiennent vos placards, jetez un œil au site simmbad.fr. Créé par le ministère de l’Écologie, il recense toutes les préparations vendues dans le commerce et fournit de nombreux renseignements utiles : nature et concentration du principe actif, risques induits, précautions d’emploi…

L’insecticide, l’arme fatale

Si les moustiques semblent insensibles à vos répulsifs, il vous reste la solution des insecticides. Présentés sous forme de bombes aérosol, de spirales qui se consument lentement ou de diffuseurs électriques, ils sont fabriqués à partir de pyréthrinoïdes de synthèse, des substances dérivées des pyrèthres naturels, qui causent un choc neurotoxique à l’insecte. Ils sont remarquablement efficaces, mais présentent l’inconvénient d’être également toxiques pour les abeilles et les poissons. De plus, leur usage prolongé – surtout avec un diffuseur électrique – vous expose à vivre dans une habitation remplie, en permanence, de produits biocides. Mieux vaut donc privilégier les bombes aérosol, que vous vaporiserez dans la pièce avant de la quitter. Il est recommandé de l’aérer après le traitement, mais uniquement si vos fenêtres sont équipées d’une moustiquaire.

Vincent Delfau


Mots-clés :

INSECTICIDE , MALADIE , PARASITE , VIRUS




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