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Bilan : ciel plombé sur le miel et les abeilles

Bilan : ciel plombé sur le miel et les abeilles
Juillet-Août 2013
Le Particulier Pratique n° 392, article complet.
Auteur : LUTIN (Clara)

Alors que les abeilles disparaissent des campagnes, la contamination du miel par le pollen OGM fait naître d’autres inquiétudes.

 Voici l’abeille en tête d’affiche : le film documentaire Des abeilles et des hommes lui est consacré, elle est au cœur de débats européens et une pétition mondiale en sa faveur circule… Qu’ils la détruisent ou la défendent, les hommes ont des liens passionnels avec cette fragile butineuse. Chaque année, 300 000 ruches disparaissent en France. La mortalité hivernale des abeilles, qui était de 5 % il y a 20 ans, atteint 30 % aujourd’hui. Dans le même temps, les rendements se sont effondrés, passant de 70 à 15 kg de miel par ruche. Depuis 2006, la France importe plus de miel qu’elle n’en produit : 25 500 tonnes, contre 14 500, sur 40 000 consommées.

Des mesures pour enrayer la disparition des abeilles

L’hécatombe frappe d’autres pays, comme le Portugal et les États-Unis. Sans abeilles ni insectes pollinisateurs (bourdons, papillons…), l’homme ne se nourrirait plus que de céréales pollinisées par le vent. Fini les fruits et bon nombre de légumes ! Sur le millier d’espèces de plantes utilisées dans l’alimentation humaine, près de 75 % nécessitent une pollinisation. En 2005, le chiffre d’affaires annuel généré par ces cultures était estimé à 153 milliards d’euros dans le monde et à 3 milliards d’euros en France.

Depuis 2010, après des années de campagnes d’information menées par les apiculteurs, l’Europe a investi des fonds dans la lutte contre la disparition des abeilles. Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), de l’Association de coordination de technique agricole (Acta), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (Itsap) et de l’Association pour le développement de l’apiculture provençale (Adapi), publiée en 2012, a démontré la nocivité des pesticides, même à faibles doses, sur ces insectes, qui, désorientés, ne rentrent plus au nid et meurent. Reconnus toxiques, en janvier 2013, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), trois néonicotinoïdes (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) vont être bannis pendant 2 ans par la Commission européenne à partir du 1er décembre.

Le ministère de l’Agriculture français a annoncé, cette année, la mise en place d’un plan triennal de soutien doté de 40 millions d’euros et la création de l’Observatoire des résidus de pesticides dans l’environnement de l’abeille. De plus, la formation des professionnels sera confiée à l’Itsap. Enfin, un comité de soutien à l’abeille et à l’apiculture, regroupant des élus de tous bords, s’est réuni début juin afin de faire des propositions en vue de l’élaboration de la loi d’avenir de l’agriculture, attendue pour la rentrée.

La contamination par le pollen OGM, un nouveau danger

Une décision de la Cour de justice de l’Union européenne du 6 septembre 2011 interdit la vente de miels contenant des pollens présentant des traces du maïs de Monsanto. Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont cultivés principalement aux États-Unis, au Brésil, en Inde, en Argentine – où, pour éviter les contaminations, les apiculteurs éloignent les ruches des cultures de soja OGM – et en Chine. La France importe les miels de ces deux derniers pays. Dans l’Hexagone, un décret de mars 2012 prohibe la mise en culture de semences de maïs MON810, mais, en Espagne, où elle est autorisée, ce maïs est cultivé à grande échelle. Le gouvernement italien a demandé, en mars 2013, la généralisation de l’interdiction à tous les membres de l’Union.

En octobre 2012, des analyses réalisées par l’UFC-Que Choisir ont révélé que 6 pots de miel vendus dans le commerce sur 28 contenaient du pollen transgénique (soja et colza). Cette contamination, de l’ordre de 0,30 %, est inférieure au seuil de 0,90 % à partir duquel il est obligatoire de mentionner la présence d’OGM sur l’étiquette. Si l’on se réfère à la nouvelle jurisprudence européenne, qui considère le pollen comme un ingrédient, le taux de pollens OGM par rapport à la quantité totale de pollens contenue dans un pot de miel dépasse alors les 0,90 %. Ce qui supposerait que la mention apparaisse sur l’étiquetage. Afin de ne pas dérouter le consommateur, la Commission européenne envisage de modifier la directive 2001/110/CE relative au miel : le pollen serait un constituant, et non plus un ingrédient. Les apiculteurs s’y opposent, car ils veulent conserver la confiance des consommateurs et maîtriser la traçabilité de leurs produits. Ils demandent que soient établies des règles de coexistence entre les cultures (rayon de 10 km de protection) et d’homogénéisation des techniques de traçabilité des laboratoires du monde entier. Ils réclament également la création d’une base de données mondiale des cultures OGM. En attendant l’issue de cette bataille, mieux vaut éviter de consommer des miels à bas prix sans aucune garantie d’origine.

De nombreuses fraudes

Lors de récents contrôles effectués dans la Moselle, l’analyse des pollens a révélé que des miels censés être fabriqués en France provenaient, en fait, de Chine et d’Europe de l’Est. Une autre fraude concernait la composition : du sirop de sucre était ajouté, alors que la réglementation fixe à 5 % la quantité maximale de saccharose, de glucose ou de fructose. Jusqu’à 10 % des échantillons analysés étaient douteux.

Clara Lutin


Mots-clés :

MIEL , OGM , ORGANISME GENETIQUEMENT MODIFIE , PESTICIDE




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