Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Assurances > Faut-il assurer son mobile et sa tablette ?

Faut-il assurer son mobile et sa tablette ?

Faut-il assurer son mobile et sa tablette ?
Mai 2013
Le Particulier Pratique n° 390, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Les assurances couvrant le vol ou la casse de téléphones portables se multiplient. Certaines garantissent le seul smartphone ; d’autres, différents produits nomades en plus. Mais les conditions d’indemnisation sont draconiennes.

Vivre sans smartphone ? Pour des millions de Français, la question semble incongrue : ils ne peuvent imaginer être privés de ce petit appareil qui leur permet d’appeler ou d’être joints à n’importe quel moment et n’importe où, d’écouter de la musique, de recevoir et d’envoyer des photos, de surfer sur le Web pour y trouver une adresse ou une information, de regarder une vidéo sur le Net… Certains se sentiraient tout aussi démunis sans leur tablette, leur liseuse ou  leur ordinateur portable. La prégnance de ces appareils high-tech dans notre vie est telle qu’elle n’a pas échappé… aux voleurs. Aux assureurs non plus, qui ont développé, ces dernières années, des garanties spécifiques. 

Des assurances qui connaissent un vrai succès

Les assurances ciblées, également appelées affinitaires, se vendent comme des petits pains. L’argument commercial – le remplacement ou l’indemnisation de l’appareil volé ou cassé – séduit, en effet, les souscripteurs de forfaits, qui savent que, sans assurance, ils devront, en cas de disparition ou de casse de leur téléphone, soit continuer à payer leur abonnement pour rien jusqu’à la fin de leur engagement, soit acquitter des pénalités pour résilier leur forfait, soit acheter au prix fort un nouvel appareil. Cet argument fait également mouche auprès des personnes qui ont acquis, en dehors de tout forfait, un mobile neuf haut de gamme, car un smartphone coûte entre 400 et 600 €, selon les modèles (iPhone, Blackberry, Galaxy de Samsung…), et ces terminaux sont très convoités par les voleurs. 

Des contrats à géométrie variable 

Il existe deux grandes catégories de contrats. Les assurances monoproduits couvrent un seul téléphone. Elles sont généralement vendues par les opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Bouygues Telecom et SFR, Free n’en proposant pas) et les distributeurs (Darty, Fnac, Carrefour…) (voir notre sélection Sept contrats pour téléphones mobiles). Leur prix peut dépendre de la valeur initiale de l’appareil. Par exemple, chez Bouygues Telecom, le détenteur d’un modèle de base – avec lequel il est uniquement possible de passer et de recevoir des appels – paiera 3,99 € par mois, alors que le possesseur d’un iPhone 4 ou d’une version supérieure devra débourser 14,99 € par mois. Leur prix peut aussi être fonction de l’étendue des prises en charge. Ainsi, Orange propose trois options. Si vous choisissez la plus onéreuse (9 € par mois), en cas de vol avec violence de votre téléphone, celui-ci sera remplacé par le même appareil. Si vous optez pour la moins chère (3 € par mois), la valeur marchande du modèle de remplacement sera, au maximum, de 150 €. 

Parallèlement, des contrats couvrent, en plus du téléphone mobile, plusieurs appareils nomades – ordinateur portable, tablette, liseuse, GPS, appareil photo, console de jeux, etc. –, qui peuvent appartenir à différents membres du foyer. Ces contrats sont vendus par les bancassureurs et les assureurs (BNP Paribas, Caisse  d’Épargne, Crédit agricole, Crédit mutuel, GMF… ; voir notre sélection Cinq contrats pour tous les appareils nomades du foyer). Leur prix est forfaitaire, quel que soit le nombre d’appareils couverts. Orange propose bien l’“option sécurité multiproduits” (14 € par mois), mais elle couvre exclusivement les appareils nomades qui ont été achetés chez cet opérateur.

Des conditions contraignantes

Les contrats des opérateurs et des distributeurs sont des produits maison, réservés à leurs clients : par exemple, il est impossible avec un forfait Free de bénéficier d’une assurance d’Orange. De plus, ils doivent être souscrits lors de l’achat (ou du renouvellement) du téléphone, ou à la signature de l’engagement d’abonnement lorsque celui-ci comprend un appareil. Il existe, cependant, des exceptions : par exemple, la “garantie échange 24” de Bouy­gues Telecom peut être contractée jusqu’à 30 jours après l’achat du mobile ; l’“option sécurité” d’Orange, à tout moment. Sachez que si vous souscrivez un contrat sur internet, vous disposez d’un délai de 14 jours pour vous rétracter et être remboursé des sommes éventuellement prélevées. 

Les contrats des assureurs et des bancassureurs couvrant les produits nomades dans leur ensemble peuvent être souscrits à tout moment, quels que soient la date d’achat des différents équipements, leur marque et l’opérateur choisi. Toutefois, LCL impose d’avoir ouvert un compte de dépôt dans l’une de ses agences ; à la GMF, il faut avoir contracté l’assurance habitation Domo Pass. Tous les organismes ne vous indemnisent du vol ou du bris du matériel que si celui-ci a été acquis en France ou sur internet. Il peut être neuf (obligatoire avec Mobileo 2 de BNP Paribas), d’occasion (possible avec l’option “tous risques appareils nomades” de la GMF) ou avoir été offert – dans ces deux derniers cas, la facture d’origine vous sera quand même réclamée –,  mais il doit avoir moins de 5 ans. En outre, seuls sont concernés les équipements non utilisés dans le cadre d’une activité professionnelle (même en tant qu’auto-entrepreneur). Enfin, tout  nouvel appareil, dès lors qu’il fait partie du matériel listé dans le contrat multiproduit nomade, est couvert automatiquement, sans qu’il soit nécessaire de signaler son acquisition. De même, tout produit dépassant la limite d’âge fixée par l’assureur est automatiquement exclu de la garantie. 

Une garantie contre le vol sous haute surveillance 

Tous les contrats couvrent la casse et le vol (dans le monde entier), parfois les pannes. Pour bien comprendre leur fonctionnement, il faut connaître leur principe de base : le dommage, quel qu’il soit, doit avoir été occasionné par un tiers ou par un événement extérieur et imprévisible. Autrement dit, un assureur ne vous indemnisera pas si vous avez égaré votre portable ni s’il a été cassé à la suite d’une chute due à votre maladresse. Il ne vous remboursera pas non plus – et c’est là que les choses se compliquent – le mobile volé dans la poche de votre manteau resté au vestiaire lors d’un concert ou d’une soirée privée, par exemple. En effet, seuls les vols commis dans des circonstances bien précises peuvent donner lieu au remplacement de l’appareil dérobé (voir "Il y a vol et vol : pour la garantie, tout dépend  des circonstances"). Les contrats qui couvrent le vol a minima (“option sécurité” à 3 € par mois d’Orange, “assurance bris et vol téléphonie mobile” de Darty, par exemple) n’indemnisent la victime qu’en cas d’agression ou d’effraction constatées. Les plus généreux (“option sécurité” à 9 € par mois d’Orange, les offres “assurance mobile” de SFR, “assurance téléphonie mobile” de la Fnac et, surtout, “assurance téléphone portable” de Carrefour et “garantie échange 24” de Bouygues Telecom) prennent en charge, en plus, les vols à la tire, à la sauvette ou par introduction clandestine. Dans tous les cas, la négligence (vol du mobile laissé en évidence sur le bureau, dans un véhicule ou sur une table de restaurant, par exemple) est un motif d’exclusion. Même lorsqu’il y a effraction “dans les règles”, la garantie ne s’applique pas toujours. Ainsi, BNP Paribas ne vous indemnisera pas du vol d’un appareil dans un véhicule stationné sur la voie publique si le larcin a eu lieu entre 22 et 8 heures. 

L’appareil endommagé n’est pas toujours remplacé à l’identique 

Au-delà des circonstances du vol, la procédure d’indemnisation est draconienne. Il faut déclarer le vol, en général, dans les 48 heures – SFR réduit le délai à 24 heures, Carrefour autorise jusqu’à 72 heures – afin que l’opérateur bloque rapidement la carte SIM (les contrats monoproduits prennent en charge son remplacement à hauteur de 20 à 30 €, ce qui n’est pas le cas des contrats nomades) et que vous puissiez bénéficier du remboursement des communications passées à votre insu. Vous devez également déposer plainte, dans le même laps de temps, au commissariat de police ou de gendarmerie. Ce n’est qu’après maintes vérifications, les fausses déclarations étant légion, que le téléphone volé sera remplacé par le même appareil ou par un modèle ayant les mêmes caractéristiques techniques que celui qui a été dérobé, mais qui ne sera pas pas forcément identique, surtout si ce dernier n’est plus commercialisé. En d’autres termes, inutile d’escompter recevoir un Blackberry Curve 9320 (actuellement vendu neuf 180 € environ) si le téléphone volé était un Galaxy Y de Samsung (vendu neuf 100 € environ), même si le contrat prévoit une indemnisation pouvant aller jusqu’à 300 €. 

À l’inverse, l’indemnisation pour un mobile haut de gamme peut faire grincer des dents si le contrat comporte une limite financière, comme c’est le cas le plus souvent. Celle-ci est, par exemple, de 400 € pour l’“assurance tous mobiles” du Crédit agricole. Ainsi, ces plafonds ne permettent pas le remplacement du nouvel iPhone 5, son prix de vente (570 € environ) dépassant largement la limite contractuelle ; l’assureur proposera donc un modèle dans la gamme au-dessous. Si vous tenez à ce que votre iPhone 5 soit remplacé à l’identique, vous devez souscrire un contrat sans plafond d’indemnisation, comme la “garantie échange 24” de Bouygues Telecom, l’“option sécurité” à 9 € par mois d’Orange ou la formule à 110 € par an de Carrefour. Notez que certains contrats couvrent jusqu’à 100 € le vol des accessoires d’origine s’ils ont été dérobés en même temps que le téléphone. 

Dommage provoqué par un tiers ou événement imprévisible 

Le bris accidentel est, lui aussi, pris en charge, mais, là encore, les restrictions sont nombreuses. Ainsi, vous aurez du mal à faire valoir votre cause si, bousculé dans la rue par un passant, en l’absence de témoin, vous laissez tomber votre téléphone et que son écran se brise en mille morceaux. En revanche, lorsqu’un tiers peut témoigner, la casse correspond, pour l’assureur, à une “entrave au bon fonctionnement de l’appareil”, et ce dernier peut être réparé. Parmi les exclusions de garantie figurent les rayures, les égratignures et tous dommages causés aux parties extérieures du mobile dès lors qu’ils ne nuisent pas à son bon fonctionnement. Si votre contrat comporte une garantie couvrant l’oxydation, vous ne pourrez la faire jouer qu’en cas d’accident : il faut, par exemple, qu’un tiers provoque, par inadvertance, la chute de l’appareil dans un lavabo, une flaque d’eau, une piscine, etc. Dans la mesure où il peut l’être, le mobile est généralement réparé ; sinon, il est remplacé, dans les mêmes limites que pour le vol. 

La prise en charge des pannes, au-delà de la garantie constructeur, est plus rare. Il faut, pour cela, que la panne provienne d’une cause interne, ce qui exclut, notamment, les dysfonctionnements liés à un problème de batterie, d’antenne, de câbles d’alimentation, etc., et les infections virales. Dans notre sélection (voir Sept contrats pour téléphones mobiles), seuls les contrats de la Fnac (à partir du 13e mois de garantie seulement) et de Bouygues Telecom incluent cette couverture. Enfin, pour être indemnisé de la perte – accidentelle – de votre mobile, vous devez l’avoir acheté chez Bouygues Telecom ou dans le réseau Orange (options à 6 ou 9 € par mois), et seul un événement fortuit dont on ignore la cause ou un accident empêchant sa récupération peut déclencher la garantie.  

Les assurances ne sont utiles que dans certains cas

Malgré ces réserves et les nombreuses restrictions de garantie, les assurances de mobiles ont une utilité, mais celle-ci est  limitée. Il est opportun d’en souscrire une les 2 premières années, le temps d’un engagement chez un opérateur ou jusqu’à la décote de la valeur d’un appareil haut de gamme. Il est plus intéressant ensuite de résilier votre contrat ou d’opter, éventuellement, pour une formule dont les plafonds d’indemnisation sont en corrélation avec la valeur réelle de votre téléphone. Soyez vigilant, car les opérateurs et les distributeurs ne sont que des intermédiaires. C’est donc à vous qu’il revient, si vous souhaitez mettre fin à votre contrat, d’envoyer à l’assureur concerné une lettre recommandée avec avis de réception, au minimum 2 mois avant la date d’échéance de votre engagement. Sinon, votre contrat sera renouvelé par tacite reconduction pour un an.

Roselyne Poznanski 

 


Mots-clés :

APPAREIL PHOTO , ASSURANCE , GARANTIE , ORDINATEUR PORTABLE , TABLETTE , TELEPHONE MOBILE , VOL




Outils pratiques :

Bien choisir votre assurance vie
Un expert vous accompagne pour optimiser votre fiscalité, anticiper la transmission de votre patrimoine et préparer votre retraite

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier