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Faire faire installer un chauffe-eau dynamique : des calories naturelles pour l'eau chaude sanitaire

Faire faire installer un chauffe-eau dynamique : des calories naturelles pour l'eau chaude sanitaire
Mai 2013
Le Particulier Pratique n° 390, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Les premiers modèles de chauffe-eau thermodynamiques ont été présentés au salon Interclima de 2008. L’année suivante, il s’en est vendu 5 000, sans dispositif d’incitation ; en 2011, cinq fois plus, grâce, notamment, au crédit d’impôt et aux diverses aides (voir "Le coût d’un chauffe-eau thermodynamique : de 2 500 à 4 000 €). Actuellement, 75 % des achats sont réalisés par des particuliers qui remplacent leur chauffe-eau électrique classique, dit à “effet Joule”.

Dans les années à venir, le parc devrait fortement augmenter, du fait des évolutions réglementaires : directive européenne Écodesign, nouvelle réglementation thermique (RT 2012), qui impose, depuis le 1er janvier 2013, le recours à une source d’énergie renouvelable pour la production d’eau chaude sanitaire dans les logements neufs. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) précise, toutefois, que ce n’est qu’une solution technique parmi d’autres pour produire de l’eau chaude sanitaire, qui n’est pas ­nécessairement pertinente dans tous les cas. Il faut, en effet, tenir compte des contraintes d’installation.

Un allégement tout relatif de votre facture

Si le principe du chauffe-eau thermodynamique est assez simple (voir Comment fonctionne le chauffe-eau thermodynamique et LPP n° 371), le choix du mode d’installation l’est moins. “Les contraintes sont nombreuses et trop souvent passées sous silence par les fabricants pour des raisons commerciales. Les artisans n’en font pas toujours mention non plus”, souligne Xavier Phan, conseiller à l’espace Info Énergie de Carcassonne. Fabricants et installateurs insistent, en revanche, sur l’économie que vous pouvez réaliser sur votre facture de production d’eau chaude sanitaire grâce à ces chauffe-eau de nouvelle génération, jusqu’à 75 % par rapport à un appareil électrique classique. Ils précisent rarement que les coefficients de performance (COP) annoncés sur les fiches techniques – de 2,50 à 4, suivant les modèles – sont théoriques. Une récente étude du Comité scientifique et technique des industries climatiques (Costic) révèle qu’il s’agit de COP normatifs, c’est-à-dire atteints en laboratoire lors de tests répondant à un protocole précis. En situation réelle et dans des conditions optimales de fonctionnement, ils sont bien moindres : de 1,70 à 2,70, selon les modèles. “Ils peuvent chuter bien davantage si l’appareil est mal choisi ou l’installation mal pensée ; par exemple, lorsque le réservoir est surdimensionné par rapport aux besoins ou que l’emplacement de la prise d’air et de la bouche d’évacuation des condensats est peu pertinent”, prévient Mathieu Oulmont, conseiller à l’espace Info Énergie de Toulouse.

Une expertise en amont est indispensable

L’Ademe préconise de faire faire une étude préalable par un professionnel compétent, titulaire, de préférence, d’une qualification “reconnu Grenelle environnement”. Celui-ci évaluera si un chauffe-eau thermodynamique est la solution la plus appropriée dans votre cas et, dans l’affirmative, déterminera la source de calories la mieux adaptée : air (aérothermie), sol (géothermie), soleil (héliothermie). Le choix est affaire de budget : le captage qu’impliquent la géothermie et l’héliothermie est plus coûteux que celui nécessaire à l’aérothermie. La faisabilité entre aussi en ligne de compte. La géothermie est plus performante que l’aérothermie – la température du sol est plus douce en hiver (11-13 °C environ) que celle de l’air et plus stable tout au long de l’année –, mais elle exige de disposer d’une parcelle de terrain de 30-35 m2 pour y enfouir les capteurs. L’héliothermie, également plus efficace que l’aérothermie, requiert un pan de toiture ou un jardin présentant une inclinaison spécifique pour pouvoir capter efficacement les rayons solaires en hiver. 

L’aérothermie majoritaire

La très large majorité des quelque 80 modèles de chauffe-eau thermodynamiques proposés en France est de type aérothermique. Les fabricants assurent que l’installation de ce matériel est aussi simple que celle d’un chauffe-eau électrique classique. Selon eux, les raccordements au réseau électrique et à l’eau froide ne diffèrent en rien. Il faut juste ajouter le raccordement aéraulique, c’est-à-dire l’adduction et l’évacuation d’air, pour la pompe à chaleur (PAC). Dans les faits, gare aux contre-rendements si ce raccordement aéraulique n’est pas bien conçu ! “Si on puise l’air dans une pièce chauffée de la maison, la PAC est d’autant plus économe en énergie que la température de l’air est proche de celle demandée pour l’eau. Mais cette sobriété se paie autrement puisque l’air puisé est, au préalable, chauffé par les radiateurs électriques ou la chaudière”, avertit Cyril Deloche, conseiller à l’espace Info Énergie de Carcassonne.

Pour que la pompe à chaleur fonctionne correctement, les installateurs recommandent de puiser l’air dans une pièce non chauffée (garage, buanderie, combles, sous-sol…) offrant, au moins, 20 m3 d’air à brasser, donc mesurant, au minimum, 10 m2 au sol. Un sous-sol semi-enterré convient bien, car la température y avoisine 10 ou 12 °C toute l’année. Si le local non chauffé est trop petit, mieux vaut capter l’air à l’extérieur, puis l’amener jusqu’à la PAC au moyen d’une gaine isolée. Il existe, cependant, des appareils où le module actif de la PAC est déporté à l’extérieur (“split system”). Le chauffe-eau mesure alors 1,50 m de hauteur, au lieu de 2 à 2,50 m lorsque la PAC est intégrée au chauffe-eau (ce qui est le cas de la plupart des modèles aérothermiques). Il peut ainsi être logé plus aisément dans la maison, y compris dans une pièce chauffée, sans risque de surconsommation de chauffage, l’air étant puisé et rejeté dehors. Seuls un frigoriste ou un agent agréé par le fabricant sont habilités à raccorder l’unité extérieure au chauffe-eau, à entretenir et à réparer le circuit caloporteur.

Les PAC exigeant, en général, de 5 à 8 °C, au minimum, pour fonctionner (quelques-unes vont jusqu’à – 5 °C), si la température est inférieure, une résistance électrique prend le relais. Le chauffe-eau thermodynamique n’est alors pas plus performant qu’un chauffe-eau électrique classique.

Une autre solution consiste à récupérer l’air extrait par la ventilation mécanique contrôlée (VMC). “La PAC est alimentée par de l’air à une température de 20 à 30 °C, selon la saison. Le rendement est excellent, mais l’installation peut être compliquée ; par exemple, si les gaines de la VMC sont éloignées du chauffe-eau thermodynamique ou si le débit d’air de la VMC est trop puissant. Elle est parfois impossible, car tous les logements ne sont pas équipés d’une VMC”, souligne Mathieu Oulmont. Les installateurs conseillent de la réserver aux logements neufs, le raccordement pouvant alors être prévu lors de la construction. Il existe, aujourd’hui, plusieurs modèles capables, à la fois, de produire de l’eau chaude sanitaire et de renouveler l’air de la maison. L’air extrait par la VMC étant vicié, il faut vérifier régulièrement le filtre qui sert à retenir les graisses et autres impuretés afin d’éviter une baisse de tirage, et donc de rendement de la PAC. 

Attention au froid et au bruit !

La pompe à chaleur ne doit pas évacuer l’air n’importe où après utilisation. “Une fois qu’il a cédé ses calories au fluide caloporteur, l’air puisé par la PAC est fortement refroidi. Il faut donc le rejeter à l’extérieur par une gaine isolée, et non dans une pièce de la maison sous peine de faire chuter la température de celle-ci de plusieurs degrés en quelques heures, voire, si elle est petite, de la transformer en véritable chambre froide”, explique un installateur. 

Par ailleurs, même si la PAC ne fonctionne que par intermittence, qu’elle soit installée à l’extérieur ou à l’intérieur, elle engendre une nuisance sonore (vrombissements et vibrations) qui peut être gênante pour vous ou vos voisins. Enfin, pour obtenir un rendement valable, votre chauffe-eau thermodynamique doit être utilisé avec discernement. Il est, par exemple, conseillé de régler la température d’eau demandée (consigne) à 40-45 °C et de veiller à programmer des cycles ponctuels à 55 °C afin d’éviter les risques de légionellose.

Sylvie Francisco

 


Mots-clés :

CHAUFFE-EAU , EAU CHAUDE SANITAIRE , ECONOMIE D'ENERGIE




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