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Complément de retraite : le plan d’épargne retraite populaire est-il fait pour vous ?

Complément de retraite : le plan d’épargne retraite populaire est-il fait pour vous ?
Avril 2013
Le Particulier n°1084, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Le Plan d’épargne retraite populaire pourrait bien être l’un des produits vedettes de l’année 2013. Il vous permet d’épargner en vue de la retraite en réalisant une économie d’impôt non négligeable. Mais sachez que c’est un placement à long terme qui présente de fortes contraintes.

Lorsque François Fillon lance en 2003 sa réforme des retraites, il imagine un produit qu’il veut simple et universel : le plan d’épargne retraite populaire (Perp). Son principe est le suivant : le souscripteur ouvre un plan qu’il alimente par des versements, réguliers ou non. Pendant cette phase d’épargne, afin d’inciter les actifs à souscrire, les sommes investies sont déductibles des revenus professionnels. Ensuite, une fois à la retraite, cette épargne est convertie en rente viagère fiscalisée comme une pension de retraite. Mais, près de 10 ans après sa création, le Perp n’a toujours pas rencontré son public. Selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), seuls 2,15 millions de personnes en détenaient un à la fin de 2011, alors qu’elles étaient déjà 1,2 million à avoir souscrit un Perp l’année de son lancement, en 2004. Le nombre d’ouvertures de ces plans a d’ailleurs atteint son point le plus bas en 2011 avec 60 000 souscriptions seulement. Et les sommes qui y sont investies restent modestes : en moyenne, l’épargne placée dans un Perp s’établit à 3 400 € selon la FFSA. Une somme loin d’être suffisante pour procurer des compléments de revenus satisfaisants à la retraite. Les choses pourraient cependant changer rapidement, car le Perp offre une réponse à un double problème. D’abord, il permet de compléter les pensions versées par les régimes obligatoires de retraite. Celles-ci sont appelées à diminuer dans les prochaines années en raison des difficultés de ces régimes – les caisses de retraites complémentaires envisagent, en effet, de ne plus revaloriser les pensions à hauteur de l’inflation –, mais aussi du fait que les actifs ont de plus en plus de mal à cotiser à l’assurance retraite pendant une carrière complète. La prise de conscience de ces besoins est aujourd’hui bien réelle, comme en témoignent de nombreuses enquêtes d’opinion et sondages réalisés ces derniers mois.

Ensuite, le Perp est un outil efficace de défiscalisation pour les contribuables imposés dans les tranches les plus élevées du barème de l’impôt sur le revenu. Les cotisations versées sont ainsi déductibles des revenus imposables, dans la limite de 10 % des revenus nets professionnels de l’année précédente (avec un plancher à 3 637 € et un plafond à 29 097 €). Et cette défiscalisation n’est pas prise en compte dans le plafonnement des niches fiscales (désormais, 10 000 €). Le Perp permet donc d’effectuer de substantielles économies d’impôt dans un contexte où le poids de la fiscalité ne cesse d’augmenter. 

Ces constats poussent les assureurs à remettre le Perp sur le devant de la scène, et plusieurs d’entre eux nous ont même confié leur volonté de renforcer sa commercialisation. 

Votre épargne n’est récupérable qu’à partir de votre retraite et en rente seulement

Le Perp n’est pas pour autant un produit universel. Il est, en effet, contraignant : les sommes que vous aurez investies seront bloquées jusqu’à votre départ à la retraite et vous ne pourrez les récupérer que sous forme de rente viagère (voir "Les rares cas ou vous pourrez débloquer l'épargne"). Il est donc avant tout destiné aux actifs disposant déjà d’un patrimoine disponible et facilement mobilisable en cas d’imprévu. Vous devez aussi être certain d’avoir besoin d’un complément de revenus au moment de la retraite. Enfin, rappelons que les sommes placées sur un Perp ne sont pas transmissibles sous forme de capital en cas de décès ; seule une rente au profit de vos ayants droit est prévue.

Pour être gagnant avec le Perp et réaliser davantage de profits qu’avec un placement classique comme l’assurance vie (voir Simulation : comment rendre le Perp plus attractif que l’assurance vie), vous devez également remplir une autre condition : être fortement imposé. Votre taux marginal d’imposition (TMI) doit être d’au moins 30 % et, en tout cas, toujours supérieur à celui qui vous sera appliqué à la retraite. En effet, les cotisations versées dans le plan, pendant votre vie active, sont déductibles de vos revenus imposables et entraînent une économie proportionnelle à votre TMI, mais il ne faut pas perdre de vue qu’une fois à la retraite les rentes versées seront imposables avec l’ensemble de vos pensions au titre de l’impôt sur le revenu. Si vous êtes imposé, à la retraite, au même TMI que durant votre vie active, vous n’aurez rien gagné au bout du compte. Si vous êtes plus imposé à la retraite qu’au moment du versement des cotisations (ce peut être le cas si vous avez souscrit le Perp jeune, en début de carrière, ou avec des enfants à charge), vous serez même perdant.

Notez que le Perp peut vous sembler avantageux sur le plan des cotisations sociales, puisque pendant la phase d’épargne les gains financiers ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux de 15,5 %. Mais ne vous y trompez pas, les rentes versées à la retraite sont assujetties aux cotisations sociales à hauteur de 8,1 % de leur montant. Et le prélèvement s’applique alors à une assiette beaucoup plus large. 

Modalités de versements, types de rentes… choisissez vos options

Ces précautions étant prises, si vous estimez avantageux de souscrire un Perp, il vous faudra choisir un contrat parmi les dizaines qui sont proposées sur le marché par les banques, les assureurs, les mutuelles ou institutions de prévoyance. Ce n’est pas très aisé, car ils ne fonctionnent pas tous de manière similaire et n’offrent donc pas les mêmes attraits. De plus, les performances financières sont également très variables : l’an dernier, par exemple, le taux de revalorisation des fonds en euros garantis des contrats que nous avons analysés s’est échelonné de 2,3 % aux Caisses d’Épargne à 4,1 % chez Le Conservateur (voir Notre sélection de plans d’épargne retraite populaire).

Premier point à étudier avant de choisir un Perp : sa souplesse. Si la plupart de ces produits autorisent les versements libres et vous permettent d’épargner à votre rythme, un petit nombre vous contraint à des versements programmés par le biais de prélèvements automatiques. Les personnes qui désirent garder leur liberté ont intérêt à choisir les premiers ; les seconds séduiront les « cigales » qui ont besoin qu’on leur force la main pour mettre de l’argent de côté.

Il est également important d’examiner, dès le départ, le type de rente proposé en sortie. Certains plans ne proposent que des rentes classiques avec une possibilité de réversion (une partie de la rente est versée à un bénéficiaire désigné après le décès du cotisant), alors que d’autres intègrent différentes options, et notamment les « annuités garanties ». Ces dernières prévoient que la rente sera versée pendant une durée déterminée, de 15 ou 20 ans par exemple, soit à l’assuré, soit à un bénéficiaire si l’assuré est décédé. C’est une bonne manière de supprimer le caractère couperet de la rente et d’éviter pour les proches la perte des capitaux en cas de décès prématuré. Évidemment, si l’assuré est toujours vivant à l’issue de la période garantie, il continue à recevoir normalement ses rentes jusqu’à son décès.

Quelques assureurs ont également mis au point des rentes évoluant par paliers. Avec elles, vous pouvez choisir des versements plus élevés en début de retraite, notamment si vous avez encore des enfants à charge, puis d’autres plus faibles dans le grand âge. L’inverse est également proposé.

Deux mécaniques de Perp coexistent

Au-delà de ces points techniques, c’est la mécanique même des plans qui mérite d’être analysée de près. La plupart d’entre eux fonctionnent comme des contrats d’assurance vie multisupports : vous y versez vos cotisations en les répartissant entre un fonds en euros et des supports en unités de compte sans garantie. Lors du départ en retraite, l’assureur calcule le montant de vos rentes proportionnellement à la valeur du capital ainsi atteint et des intérêts accumulés. D’autres Perp sont conçus sur le même modèle, mais disposent uniquement d’un fonds en euros. Le capital est donc entièrement garanti (ce qui n’est guère attractif, car ces fonds ne sont actuellement plus très rentables).

À côté de ces clones de l’assurance vie, on trouve des Perp à points. Leur fonctionnement est comparable à celui du Corem ou de la Préfon, deux régimes de retraite complémentaires réservés aux mutualistes pour le premier, aux membres de la fonction publique pour le second. Ils transforment vos investissements en points de retraite dont la valeur de service pour la retraite est connue à l’avance. En versant 1 000 €, par exemple, vous aurez droit à 40 ou 50 € de rente annuelle. Ces montants sont variables selon votre âge. Les plus jeunes acquièrent plus de points que les plus âgés, en raison d’un système de précompte financier qui attribue par anticipation une partie des revalorisations futures. Ces Perp à points offrent une meilleure visibilité que les Perp classiques avec lesquels il faut attendre la transformation en rente pour connaître son montant. Ils sont toutefois plus complexes dans leur fonctionnement. À noter l’originalité du Perp distribué par Agipi (Pair, Notre sélection de plans d’épargne retraite populaire), c’est un plan à la fois à points et multisupport. L’épargne investie est affectée sur ces deux volets dans des proportions variables selon les options choisies.

Attention à l’accumulation des frais

Quel que soit le fonctionnement du Perp, il convient d’être particulièrement vigilant sur le niveau des frais, car ils sont élevés sur ces produits. Cela s’explique, en partie, par l’impossibilité pour les assureurs de recevoir des rétrocessions de commissions sur ces supports d’investissement, les rémunérations cachées y étant interdites. Une pratique qui est, en revanche, largement répandue en assurance vie. La liste des frais est toutefois particulièrement longue : le souscripteur doit, lors de l’ouverture, régler des frais de dossier de 20 à 30 € destinés à une association (le Perp est obligatoirement piloté par un « groupement »), puis, à chaque versement, il doit payer un maximum de 5 %. Ensuite, il faut faire face, chaque année, à des frais de gestion sur les capitaux gérés et, dans les multisupports, à des frais d’arbitrages lorsqu’on change la répartition de son épargne entre les différents supports. Comptez également les frais sur les rentes perçues, souvent fixés à 3 % des montants versés. Et les souscripteurs insatisfaits qui désirent transférer leur Perp dans une autre société durant ses 10 premières années seront encore ponctionnés d’une somme pouvant atteindre 5 % des capitaux accumulés. Si vous voulez épargner pour votre retraite, et non pour celle de votre assureur, surveillez de près tous ces frais et choisissez un plan peu gourmand.

Éric Leroux

 


Mots-clés :

PERP , PLACEMENT FINANCIER , PLAN D'EPARGNE RETRAITE POPULAIRE , RENTE VIAGERE




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