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Assurance vie : en 2012, la baisse des fonds en euros a été limitée

Assurance vie : en 2012, la baisse des fonds en euros a été limitée
Mars 2013
Le Particulier n°1083, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

En baisse constante depuis plus de 20 ans, les fonds en euros des contrats d’assurance vie ont rapporté moins de 3 %, en moyenne, l’an dernier. S’ils sont toujours incontournables pour les épargnants qui recherchent la sécurité, ils ne satisfont plus ceux qui en attendent des performances.

C’est, paradoxalement, une bonne surprise qui attend les millions de Français détenteurs d’une assurance vie : les fonds en euros garantis, où sont abrités près de 1 200 milliards d’euros d’épargne, ont moins baissé l’an dernier que ce que prédisaient les spécialistes. Beaucoup d’entre eux annonçaient, en effet, une perte de 0,30 point de rendement par rapport à l’année 2011, où les gains étaient, en moyenne, de 3 %. Si la baisse est bien au rendez-vous, elle est inférieure à ces prévisions pessimistes et devrait se limiter à environ 0,15 point, le rendement s’établissant, en moyenne, à 2,85 % une fois les frais de gestion déduits. Mais après déduction des prélèvements sociaux de 15,50 %, les gains crédités sur les comptes des assurés seront nettement plus faibles, soit autour de 2,40 %. Ils seront encore moins élevés pour les contrats qui ont été clos avant leur 8e anniversaire ou en cas de retraits comprenant plus de 4 600 € d’intérêts dans l’année (9 200 € pour un couple marié), puisque les bénéfices sont alors fiscalisés.

Des écarts de rendement qui se resserrent

Cependant, cette nouvelle érosion des rendements – une tendance qui dure depuis 20 ans – ne frappe pas tous les contrats de la même manière. Pour les moins rémunérateurs, ceux ayant rapporté moins de 3 % en 2011, la baisse est, en général, extrêmement légère, voire inexistante, car ces fonds en euros ont atteint, semble-t-il, un niveau plancher. À l’inverse, ceux qui affichaient les plus forts rendements accusent une diminution très sensible de leurs performances et abandonnent, souvent, de 0,30 à 0,40 point. Parmi les contrats distribués sur internet, par exemple, le fonds Opportunité d’ACMN Vie est passé de 3,50 à 3,15 %. Globalement, les écarts entre les contrats les moins performants et les plus rémunérateurs se sont ainsi réduits : la fourchette des rendements servis varie ainsi de 2,55 % (pour le Livret Vie  de la Macif) à 3,90 % (pour ceux de la Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle, MIF) si l’on fait abstraction des fonds en euros de nouvelle génération, plus rentables mais moins réguliers (voir "Les nouveaux fonds en euros au-dessus de 4 %" et Les rendements des fonds en euros de nouvelle génération).

Ces mouvements ne sont pas étonnants, car les conditions de marché n’ont pas été favorables aux assureurs. Tout d’abord, ceux-ci ont dû composer avec la baisse des taux des obligations, dont le rendement a atteint, l’an dernier, un niveau historiquement bas : les emprunts de l’État français sont descendus à 2 % sur 10 ans et les emprunts d’entreprises, qui se sont assagis, se sont établis autour de 3,50 % pour les émetteurs les plus solides. De 80 à 90 % des sommes investies dans les fonds en euros étant placées en obligations, cette baisse se répercute directement sur la performance. D’autant que les assureurs voient régulièrement arriver à échéance des obligations anciennes qui rapportaient beaucoup plus – en général, au-delà de 5 % – que celles qui les remplacent. Autre facteur qui a pesé sur la performance : le faible taux de rémunération des liquidités, qui ont rapporté moins de 1 % l’an dernier. La plupart des assureurs ayant gardé une part significative de trésorerie pour ne pas investir dans les obligations, c’est une partie du portefeuille qui n’a pas permis d’améliorer l’ordinaire.

L’effet positif de la Bourse

À l’inverse, certains facteurs ont eu des répercussions positives sur les taux. C’est le cas des actions, qui ont bénéficié de la reprise des marchés boursiers (le CAC 40 a progressé de 15 %, auxquels il faut ajouter 3 % de dividendes). Elles représentent, en moyenne, 5 % des portefeuilles en euros. De nombreux gestionnaires confient qu’ils ont profité de cette bonne tenue pour réaliser des plus-values, qui sont venues grossir le rendement de quelques fractions de point. Autre point à noter : alors que beaucoup de sociétés d’assurances avaient dû passer des provisions pour pertes en 2011, après la défaillance de la Grèce, elles n’ont pas eu à affronter de situations similaires en 2012 et ont ainsi pu utiliser l’ensemble de leurs ressources. Enfin, la faiblesse de la collecte en assurance vie l’an dernier – les épargnants y ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont investi – a été propice aux fonds en euros, puisque les assureurs n’ont pas eu de grosses sommes à réinvestir dans des obligations actuellement peu rémunératrices, ce qui a limité la dilution des rendements de leurs portefeuilles. Au final, l’année 2012 aura même été favorable à la plupart des compagnies, puisqu’elles ont choisi de ne pas distribuer l’intégralité de leurs produits financiers, mais d’en mettre une partie dans leur provision pour participation aux excédents (ou bénéfices, selon la terminologie employée). Par exemple, en 2012, GMF Vie a mis de côté, pour l’avenir, l’équivalent de 0,35 point de rendement et dispose, ainsi au total, de l’équivalent de 1,60 point de rendement qu’elle pourra distribuer les prochaines années ; de même, la Macif-Mutavie a engrangé 0,40 point pour les années futures.

Attention : les taux que les assureurs communiquent, et que nous indiquons, correspondent à ceux attribués à des contrats en cours de commercialisation. Les « vieux » contrats, eux, n’en bénéficient généralement pas et sont crédités de rendements inférieurs. Mais les compagnies et les banques ne publient pas ces chiffres-là (voir Assurance vie : faut-il résilier les vieux contrats maltraités).

Des anticipations très variables pour 2013

Si les fonds en euros ont réussi à traverser l’année 2012 dans de relativement bonnes conditions (aucun autre placement sécuritaire n’a fait mieux l’an dernier), les anticipations des assureurs pour 2013 n’inclinent pas, dans l’ensemble, à l’optimisme. « Nous prévoyons une période de récession et de taux d’intérêt bas pour les obligations et les placements monétaires », confie Gisèle Cuniot, membre du directoire de Mutavie. « Nous allons devoir composer avec des taux qui resteront bas, et le résultat des fonds en euros dépendra principalement de la bonne tenue des marchés boursiers », confirme Jean-Pierre Diaz, directeur de BNP Paribas Cardif. Pour Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money, il faut s’attendre à une nouvelle chute des rendements des fonds en euros, qui « devraient se situer aux alentours de 2,50 à 2,60 % ». Il n’écarte pas un affaissement plus important, à 2,20 %, « si la baisse de rendement des obligations de l’État français se poursuit ». D’autres professionnels se montrent plus optimistes. « Nous n’avons pas d’inquiétude pour les 5 années à venir, car notre gestion a permis de sécuriser le portefeuille », indique Thierry Gouret, directeur du développement de la Maif.

Quoi qu’il en soit, personne, aujourd’hui, ne prévoit une remontée des rendements des fonds en euros, sauf dans l’hypothèse où les taux d’intérêt obligataires remonteraient très rapidement, avec une reprise de l’inflation. Contrairement aux apparences, un tel scénario ne serait pas favorable à l’assurance vie, car l’inertie de ses portefeuilles – qui a fait son succès lorsque les taux baissaient – desservirait alors les épargnants, puisque les rendements des fonds en euros ne pourraient pas suivre le mouvement et rapporteraient moins qu’un investissement dans de nouvelles obligations. 

Un refuge, mais pas un eldorado

Dans ces conditions, faut-il se détourner des fonds en euros ? La plupart des professionnels répondent par la négative, car ces fonds continuent à préserver le pouvoir d’achat de l’épargne (l’inflation s’est élevée à 1,20 % l’an dernier) et offrent toujours la sécurité recherchée par un grand nombre d’épargnants. Rappelons que la valeur de l’épargne dans ces fonds ne peut jamais baisser – sauf faillite de l’assureur qui les gère – et que les capitaux placés restent disponibles en permanence. Les seuls placements capables de rivaliser sur ces deux points sont les livrets d’épargne réglementés (Livret A et Livret de développement durable, notamment), mais ils procurent, aujourd’hui, un rendement inférieur à celui de l’assurance vie, et les possibilités d’investissement y sont plafonnées : à 22 950 € pour le premier et à 12 000 € pour le second. « Les fonds en euros restent la solution idéale pour les personnes âgées qui visent la transmission de leur capital et ne souhaitent prendre aucun risque. Mais ils ne sont plus adaptés aux personnes plus jeunes qui investissent à moyen ou à long terme, car le taux réel de rendement – une fois déduits l’inflation et les prélèvements sociaux – se rapproche de zéro », juge Gilles Ulrich, directeur général du Conservateur. Un point de vue qui est assez largement partagé par les professionnels, pour qui l’âge d’or des fonds en euros semble bien terminé.

Redéployer l’épargne de l’assurance vie

Si les fonds en euros ne répondent plus à tous les besoins, l’assurance vie, elle, conserve ses avantages fiscaux. Il ne faut donc pas abandonner ce produit, mais plutôt redéployer l’épargne afin d’en profiter au mieux. Pour cela, la solution passe par les unités de compte, c’est-à-dire les fonds sans garanties disponibles dans les contrats multisupports. L’an dernier, ces supports ont rapporté, en moyenne, 12,50 %, selon la Fédération française des sociétés d’assurances. Si les marchés boursiers reprennent, les unités de compte pourraient encore enregistrer de bons résultats dans les années à venir. Les possibilités de diversification varient suivant le niveau de risque que vous êtes prêt à supporter. Les supports immobiliers, qui reposent sur des sociétés civiles immobilières (SCI) ou sur des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), sont ainsi souvent mis en avant par les assureurs, car ils ont des rendements encore supérieurs à 4 % net et peuvent dégager des plus-values si les prix continuent à augmenter. Ils représentent, aux yeux des assureurs, une solution attrayante en complément des fonds en euros pour les investisseurs qui ne désirent pas s’engager dans des formules trop risquées, même si ces supports immobiliers peuvent aussi connaître de fortes baisses lorsque les marchés se retournent. 

Concernant les valeurs mobilières, vous pouvez opter pour les fonds flexibles, dans lesquels un gérant pilote l’exposition aux marchés boursiers en fonction de ses anticipations (voir Anticipez une reprise des marchés avec des actions européennes). Vous pouvez aussi vous intéresser aux fonds investis en actions. Ces derniers sont, certes, risqués à court terme, mais ils restent incontournables si vous avez un horizon de gestion assez long et si vous êtes prêt à supporter la volatilité (mesure de fluctuation du cours) inhérente à ce type d’investissement.

Diversifier sans prendre trop de risques

Sauf pour les épargnants les plus téméraires, il ne s’agit pas de renoncer à 100 % aux fonds en euros au profit des unités de compte. Les professionnels recommandent d’utiliser ces dernières à titre de diversification, en y affectant une partie seulement de vos capitaux, plus ou moins importante selon le risque que vous acceptez de prendre et la durée envisagée de votre placement. En diversifiant votre assurance vie avec doigté (voir Diversifiez sans risque votre assurance vie), vous pouvez, sans grand danger, doper ses rendements, tout en conservant la disponibilité des sommes placées dans le fonds en euros. Si vous possédez un contrat multisupport, il vous suffit d’effectuer un arbitrage (en général payant) pour transférer une partie des capitaux du fonds en euros vers les unités de compte. Si vous détenez un contrat monosupport (ne comprenant qu’un fonds en euros), cette opération n’est pas possible. Toutefois, la loi Fourgous vous permet de transformer un monosupport en multisupport, sans perdre les avantages fiscaux accumulés. Si la rémunération de votre fonds en euros ne vous satisfait plus et si votre assureur propose une telle diversification, c’est le moment d’agir.

Éric leroux

 


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , BOURSE , EPARGNE , FONDS A FORMULE , FONDS A PROMESSE , INTERNET , MARCHE FINANCIER




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