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La vie en ligne : bricolage, le web peine à prendre la main

La vie en ligne : bricolage, le web peine à prendre la main
Février 2013
Le Particulier Pratique n°387, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Les Français veulent se sentir bien chez eux et n’hésitent pas, pour cela, à mettre la main à la pâte : 71 % d’entre eux prévoient de faire des travaux dans leur logement d’ici à 2 ans, selon une étude réalisée, en 2012, par l’Ifop pour la Fédération des magasins de bricolage et de l’aménagement de la maison. L’amélioration de l’habitat est le premier poste de dépenses non alimentaires, soit 1 058 € par an. Pour s’en convaincre, il n’est qu’à observer l’affluence des clients dans les grandes surfaces de bricolage le dimanche. Par contre, sur internet, cet engouement est moins perceptible.

Un secteur réticent à la vente en ligne

Parmi les sites marchands les plus visités classés par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), un seul acteur du bricolage, Leroy Merlin, apparaît dans les 15 premières places depuis le 4e trimestre 2011. De fait, confie un spécialiste du secteur, “les grandes enseignes de bricolage ont longtemps été réticentes à se lancer dans la vente en ligne, de peur de cannibaliser les achats réalisés en magasin”. Sur leur site web et leur application mobile, elles s’attachent plutôt à prodiguer des conseils et à convaincre les internautes de se rendre dans leurs points de vente. Cette situation tend, toutefois, à évoluer. “Depuis 1 ou 2 ans, on assiste à une frénésie de rachats de pure players [marchands présents uniquement sur le web, ndlr] par de grands acteurs, qui prennent conscience qu’ils ne peuvent ignorer plus longtemps les ventes sur le web”, indique Laurent Rinié, directeur général de centrale-brico.com. C’est ainsi que, en 2012, le groupe Adeo (Leroy Merlin, Weldom, Bricoman…) s’est offert Elbee, qui détenait delamaison.fr et decoclico.fr. Quant à Mr. Bricolage, il a acquis la-maison-de-catherine.com et le-jardin-de-catherine.com.

Les vitrines virtuelles ont peu de stock et un nombre limité de références

Le matériel de bricolage ne se prête pas forcément très bien à l’achat en ligne. En effet, s’il est relativement simple de choisir un appareil photo numérique sur un site marchand, ça l’est beaucoup moins pour un papier peint ou du carrelage, car il faut les voir pour ­apprécier correctement la gamme des couleurs ou la finesse du grain. Par ailleurs, “la vente de petits objets pose des problèmes de gestion des stocks, souligne Laurent Rinié. La quincaillerie est un bon exemple : il est impossible d’entreposer ses milliers de références”. Ainsi, les sites castorama.fr ou leroymerlin.fr présentent de nombreux modèles de clous ou de boulons, mais la plupart ne peuvent pas être commandés en ligne. Les vitrines virtuelles invitent alors les internautes qui veulent se procurer ces pièces à se rendre dans le magasin le plus proche.

De plus, de nombreux sites font l’impasse sur plusieurs grandes marques. Ainsi, les produits de Makita et la Gamme bleue (professionnelle) de Bosch sont introuvables sur centrale-brico.com ou sur maginea.com. “C’est un problème rencontré par les pure players. Certaines marques limitent leur exposition en ligne, de peur d’être vendues à des prix trop bas, ce qui affaiblirait leur image. On ne les trouve que sur les sites affiliés aux grandes centrales d’achat, comme bricozor.com”, explique Laurent Rinié. De même, les grandes surfaces de bricolage ne proposent pas de matériaux lourds et encombrants sur internet. Certains sites spécialisés, tels que mesmateriaux.com, fournissent ce type de produits, mais en comptant des frais de port élevés : 98,79 € pour 100 parpaings B40 facturés 144,72 €, par exemple.

Des prix qui ne se démarquent pas

Quel que soit le produit considéré, est-il financièrement plus intéressant de l’acheter en ligne qu’en magasin ? À titre d’exemple, nous avons comparé les prix d’une perceuse-visseuse sans fil (PSR 10,8 LI de Bosch), d’un pot de peinture pour sol de 2,50 litres (Ultra Resist de Duluxe Valentine) et d’un tournevis plat (un modèle de Facom, de 3,50 x 75 mm) sur bricorama.fr et dans un point de vente physique de cette enseigne. Il n’y a pas de différence pour la peinture (71,90 €) et la perceuse (99,95 €). Le tournevis coûte légèrement plus cher en magasin (4,14 €, contre 3,20 € sur le site). Mais pour chacun de ces articles achetés sur bricorama.fr, il faut ajouter au prix de vente 13,50 € de frais de port, ce qui ôte tout intérêt à l’opération en ligne. Nous nous sommes livrés au même exercice avec les pure players spécialisés et généralistes en reprenant l’exemple de la perceuse de Bosch. Les spécialistes bricozor.com, guedo-outillage.fr et legallais.com ne la proposent pas. Ubaldi.com la facture 95 € ; redcoon.fr, 96,98 € ; centrale-brico.com, 114,85 € (frais de port inclus pour ces trois sites). Les sites dont la vocation première n’est pas le bricolage ont des prix du même ordre : 99,99 € sur cdiscount.com ou 94,78 € sur amazon.fr, en livraison gratuite.

Vincent Delfau

 


Mots-clés :

BRICOLAGE , COMMERCE ELECTRONIQUE , INTERNET , OUTILLAGE




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