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Choisissez les bons produits financiers défiscalisants

Novembre 2012
Le Particulier n° 1078, article complet.
Auteurs : SCHMIDIGER (Frédérique), VALIN-STEIN (Valérie), LEROUX (Eric)

FIP, FCPI et Sofica offrent un moyen simple de réduire son impôt sur le revenu. Mais pour limiter les risques de déconvenues, avant d’investir dans un fonds d’investissement de proximité (FIP), un fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) ou une société pour le financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Sofica) il faut prendre d’immenses précautions. Les FCPI ont parfois fait perdre beaucoup d’argent à leurs souscripteurs (voir Les investisseurs piégés par les sirènes de la défiscalisation). Heureusement, quelques-uns ont su préserver la valeur des investissements et, surtout, les faire prospérer en misant sur les bonnes entreprises.

La conjoncture influe sur les performances des fonds

Même si les gains sont rarement mirobolants avec ces produits financiers vous pouvez diminuer votre impôt en valorisant votre patrimoine. Pour y parvenir, grâce aux FIP et FCPI, il faut à la fois beaucoup de méthode et une bonne dose de chance, car comme l’explique Pierre Arraou, conseiller en gestion de patrimoine à Pau, « on ne sait jamais à l’avance comment le fonds sera investi et les résultats dépendront beaucoup de l’environnement économique au moment de son lancement et de sa clôture ».
Quand l’économie est en berne et que la Bourse broie du noir, la valeur du capital des petites entreprises, dans lesquelles les FIP et les FCPI prennent des participations, est au plancher. L’investisseur à long terme est donc plus facilement gagnant. Les fonds lancés en 2003, année de fin de crise, devraient ainsi, en toute logique, afficher de meilleures performances. Inversement, lorsque les fonds sont créés en période euphorique, les tickets d’entrée dans les belles entreprises sont beaucoup plus élevés et les résultats finaux plus décevants. Ainsi, sur 13 FCPI de millésime 2000, un seul a fini par afficher une valorisation positive (9,7 % pour Jet Innovation 2, de Turenne Capital Partenaires).
Pour Olivier Bourdelas, directeur général de la société de gestion de portefeuilles Inocap, la période actuelle est plutôt favorable. « Les entreprises sont sous-valorisées, car la situation économique est dégradée. Cela devrait nous permettre d’investir à un prix attractif et de réaliser de belles affaires », espère-t-il. Sauf que, personne ne sait dans quel environnement économique les fonds créés aujourd’hui seront liquidés…

FIP ou FCPI : différents, mais complémentaires

Au plan fiscal, investir dans un FIP ou un FCPI revient au même. Tous deux offrent les mêmes avantages : une réduction d’impôt égale à 18 % de l’investissement, plafonnée à 12 000 € pour une personne seule et à 24 000 € pour un couple marié, ou une réduction maximale de 2 160 € (4 320 € pour un couple). Mais dans la mesure où l’on peut cumuler FIP et FCPI pour défiscaliser, les contribuables qui recherchent la réduction d’impôt maximale ont intérêt à souscrire ces deux mécanismes complémentaires. Un célibataire peut ainsi obtenir une réduction d’impôt de 4 320 €, un couple marié, 8 640 €.
Les FIP et FCPI sont également complémentaires de par leur nature et les investissements qu’ils réalisent. Ils obéissent, en effet, à des règles particulières qui leur imposent de placer au moins 60 % de leurs actifs dans des PME. Mais ils ne visent pas les mêmes acteurs ni les mêmes instruments financiers. Les FIP doivent jouer la carte régionale et choisir des entreprises situées dans quatre régions contiguës. De plus, un certain nombre d’entre elles doit avoir moins de 5 ans. En outre, les 60 % d’actifs placés dans les PME doivent être constitués d’actions, d’obligations convertibles et de parts de SARL. Les FCPI, eux, peuvent investir dans des actions, des parts ou des obligations émises par des PME – y compris des actions cotées sur le marché non réglementé Alternext ou des obligations convertibles en actions –, à condition que ces dernières soient reconnues innovantes par Oséo, la banque publique d’aide aux PME et à l’innovation. « Par conséquent, explique Olivier Bourdelas, les FIP comportent plus de valeurs non cotées, moins faciles à céder en fin de vie du fonds, alors que les FCPI ne détiennent parfois que des entreprises cotées qui se négocient plus vite sur les marchés. » Résultat : les FCPI peuvent parfois être fermés et remboursés dès la cinquième année, qui correspond à la durée fiscale minimale pour bénéficier des réductions d’impôt. En revanche, les FIP doivent souvent être conservés plus longtemps (jusqu’à 10 ans). Pour les investisseurs qui ne veulent pas immobiliser leur épargne longtemps, c’est un désavantage.

Entreprises matures ou jeunes pousses innovantes

La nature même des entreprises financées par les FIP et FCPI peut influer sur le résultat. Les FIP sont plus fréquemment investis dans des entreprises déjà matures. Celles-ci présentent moins de risques de défaillance, mais leurs valeurs ont aussi moins de chances de s’envoler. Au contraire, les FCPI sont contraints de parier sur des PME innovantes susceptibles de faire faillite dans leurs premières années d’existence. Mais qui peuvent aussi se valoriser très fortement, si leurs innovations connaissent le succès. L’investisseur décroche alors le jackpot. Toutefois, en pratique, les FCPI diversifient leurs investissements, ce qui limite le potentiel de gains : ils misent, en général, sur une douzaine de sociétés au moins, et il est peu probable que toutes connaissent le succès.
Du point de vue des professionnels du patrimoine, il semble plus judicieux, pour un placement défiscalisant, de choisir des FCPI. « Beaucoup de FIP souffrent de la conjoncture morose en France, car nos PME sont rarement exportatrices, explique Emmanuel ­Narrat, gérant de la société Haussmann Patrimoine. Les FCPI offrent donc plus de motifs de satisfaction. » L’offre 2012 reflète d’ailleurs cette tendance : les FCPI y sont plus nombreux que les FIP.
Que votre choix s’arrête sur des FIP ou des FCPI, un autre point mérite d’être analysé : la stratégie d’investissement du fonds. La plupart jouent la carte de la diversification sectorielle, alors que quelques-uns sont nettement plus spécialisés et visent un secteur d’activité particulier, comme la santé ou les nouvelles technologies. Les professionnels préconisent, en général, de choisir des fonds diversifiés, à moins d’être un spécialiste du secteur en question, et en mesure de juger les compétences d’une société dans ce domaine. « Les fonds diversifiés se donnent moins de contraintes et bénéficient d’un gisement d’entreprises plus important qui offre de meilleures opportunités », estime Emmanuel Narrat.

Analysez la stratégie d’investissement du fonds

Il faut aussi choisir des sociétés de gestion ayant fait leurs preuves, ce qui est loin d’être évident, puisque les performances passées d’un fonds ne préjugent en rien celles à venir. Néanmoins, certains acteurs ont développé un véritable savoir-faire, avec de bons résultats à la clé, et inspirent une plus grande confiance. Il ne faut pas hésiter à faire appel à plusieurs gestionnaires « pour limiter les risques », conseille Pierre Arraou. Une recommandation qui s’adresse particulièrement aux contribuables investissant chaque année dans les FIP et les FCPI. « En achetant les fonds d’une même société de gestion pendant plusieurs années, on court le risque de se retrouver avec les mêmes valeurs en portefeuille », met en garde Pierre Arraou.
Investir dans des FIP ou des FCPI suppose d’être prêt à payer des frais relativement élevés. Ceux-ci atteignent 15 à 37 % du montant net investi sur la durée du fonds, hors frais d’entrée. Ces derniers, exclus de la réduction d’impôt, sont souvent affichés à 5 % dans les réseaux de banques privées ou chez les conseillers en gestion de patrimoine. Ils sont négociables, notamment en fonction du montant que vous investissez. Il est aussi possible en investissant via des sites internet d’avoir accès à ces fonds à frais d’entrée réduits, voire sans frais. Mais généralement vous ne bénéficierez pas d’un choix aussi vaste que dans les autres structures et le conseil sera plus succinct que dans les réseaux traditionnels. Dans ces derniers, les professionnels vous informent, en principe, de la part que les FIP et FCPI doivent occuper dans votre patrimoine financier (de 5 à 10 %, au maximum, selon les spécialistes) et vous rappellent les risques de ces placements. Si ces mises en garde figurent sur les sites ou les documents remis lors d’un achat à distance, un avertissement écrit reste bien moins efficace qu’une discussion en face à face. « On doit absolument réaliser un bilan patrimonial avant d’investir dans de tels fonds, prévient Étienne-Marie Airiau, directeur général de BPE. Il faut aussi être fortement fiscalisé et disposer d’un patrimoine étoffé pour s’intéresser à ces fonds. »

Sofica, une offre réduite

L’investissement dans les Sofica répond à une logique différente. Beaucoup plus rares – une douzaine ont été commercialisées l’an dernier –, ces sociétés offrent une réduction d’impôt plus importante : 43 % de la somme investie. Elles sont de ce fait très demandées. Mais les investisseurs se heurtent à des volumes plus restreints, car les Sofica définissent à l’avance le montant à lever (63 millions d’euros pour 2012). Elles sont donc plus difficilement accessibles, d’autant que de nombreux conseillers en gestion de patrimoine ont cessé d’en distribuer, « à cause de performances décevantes », confie l’un d’eux. C’est un produit proposé dans les banques privées et, dans une moindre mesure, sur internet. Vous pouvez consulter la liste des 11 Sofica agréées cette année sur notre site leparticulier.fr en complément de cet article.

Vous financez des films d’auteurs

Pourtant, « les Sofica ont une réelle efficacité économique en permettant le financement de la création cinématographique. Elles présentent aussi un côté ludique, puisque l’investisseur connaîtra les films qu’il a financés », témoigne Brigitte Paray, à la Banque Palatine. Comme le marché du cinéma se porte très bien, elles ont quelques atouts à faire valoir. Il faut toutefois savoir qu’elles n’investissent pas dans les grosses productions, mais plutôt dans des premiers ou seconds films d’auteurs français, en collaboration avec des producteurs indépendants. Les détenteurs de Sofica ont donc peu de chances de voir leur investissement battre des records d’entrées. De plus, les accords de répartition des bénéfices leur laissent rarement la plus grosse part.
Les Sofica ne sont donc pas sans risques. Il faut les conserver au moins 5 ans pour des raisons fiscales et souvent, en pratique, au moins 10 ans. « Nous visons un retour positif pour les investisseurs, en incluant l’avantage fiscal », note Brigitte Paray. Il est enfin recommandé d’investir régulièrement et de diversifier les sociétés de gestion, afin de limiter les risques.
Quant au ticket d’entrée, il est, en général, plus élevé que dans les FIP et FCPI : il faut placer au moins 5 000 € dans les Sofica, alors que les FIP et FCPI sont souvent accessibles dès 1 000 €.


Mots-clés :

DEDUCTION FISCALE , DEFISCALISATION , ENERGIE SOLAIRE , ESCROQUERIE , FIP , FONDS D'INVESTISSEMENT DE PROXIMITE , GIRARDIN




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