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Halogènes, fluocompactes et leds : un éclairage à risque

Halogènes, fluocompactes et leds : un éclairage à risque
Octobre 2012
Le Particulier Pratique n° 383, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Chaque foyer possède, en moyenne, 25 lampes électriques. À la fin 2012, tous les modèles à incandescence classiques auront disparu des linéaires, conformément au plan Climat-énergie. Cette mesure, imposée par la Commission européenne, vise à inciter les consommateurs à s’équiper en lampes moins gourmandes en énergie – mais elles ne le sont pas en matières premières et ne réduisent pas les déchets dangereux. Ils devront choisir entre lampes halogènes, fluocompactes (LFC) et diodes électroluminescentes (leds). Or, chacune de ces lampes de nouvelle génération suscite des inquiétudes sanitaires. À tel point que certains parlementaires européens réclament, en vain depuis 2010, un moratoire pour repousser la suppression des lampes à incandescence, peu économes mais moins nocives. Le point sur les risques que présentent ces trois types d’éclairage et sur les moyens de les éviter.

Les ultraviolets des halogènes

Les halogènes émettent un rayonnement ultraviolet qui peut se révéler néfaste pour la peau et les yeux en éclairage direct, sans compter les risques d’incendie ou de brûlures dus à leur très haute température.

Le rayonnement électro­magnétique des fluocompactes

Les fluocompactes émettent un rayonnement électromagnétique qui n’est pas dangereux à petite dose. Mieux vaut donc éviter d’être trop près de la lampe pour de longues durées d’exposition.

Le rayonnement bleu des leds

Certaines leds émettent un rayonnement dans une longueur d’onde courte (le bleu) qui peut abîmer la rétine.
De plus, leur luminance élevée peut provoquer un éblouissement. Il ne faut pas regarder en direction de l’ampoule.

Que subit-on à la lumière directe d’une halogène ?

Dans les halogènes, le filament en tungstène chauffe plus que dans les lampes à incandescence classiques. Aussi l’enveloppe est-elle fabriquée dans un matériau capable de résister à de hautes températures, en l’occurrence du quartz, combiné à un additif halogéné limitant le noircissement du tube. Cependant, à la différence du verre ordinaire, le quartz n’absorbe pas les ondes courtes du spectre lumineux, les ultraviolets (UV) notamment. Utilisées en éclairage direct, ces lampes peuvent donc avoir des effets néfastes pour la peau (érythème, cancers) et les yeux (kératoconjonctivite, cataracte, lésions rétiniennes). Plus les expositions sont fréquentes et plus la dose d’ultraviolets reçue est élevée, plus le risque est accru. Les troubles peuvent se manifester plusieurs dizaines d’années plus tard.

Y a-t-il un risque d’incendie ou de brûlures ?

Plusieurs cas d’incendies mortels provoqués par la chute de lampadaires halogènes mobiles ont conduit la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) à alerter les pouvoirs publics sur ce danger. La température à la surface de la lampe peut atteindre 250-300 °C (et même 850 °C sur les modèles dépourvus d’écran d’interposition en verre). Si l’halogène tombe sur un canapé ou est placé trop près d’un rideau, par exemple, il enflamme quasi instantanément le tissu. La CSC pointe, par ailleurs, un risque de brûlures si l’utilisateur touche le luminaire, dont la température de surface peut atteindre 125 °C. Elle réclame, depuis 2005, que la norme française limite la température de surface du luminaire à 90 °C. Actuellement, elle est fixée à 175 °C.

Une pollution électromagnétique avec les fluocompactes ?

En octobre 2007, le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) a publié des résultats alarmants concernant les fluocompactes. Ces conclusions ont fait l’objet d’une vive polémique entre experts à propos des conditions et de la méthode de mesure. Le débat est loin d’être clos, mais il est désormais établi que les dispositifs d’allumage et de régulation de la tension (ballast), situés dans le culot, émettent des ondes électromagnétiques. Les fréquences de ces ondes sont limitées 100 kHz environ, et donc inférieures aux seuils de dangerosité communément admis. Cependant, les effets à moyen et à long terme sont mal connus. Retenez que, au-delà de 20-30 cm, l’intensité du rayonnement décroît ; il devient indétectable à 2-3 m.

Et les émanations de mercure ?

Les fluocompactes sont hermétiques, mais, en cas de bris, des vapeurs de mercure s’échappent. La concentration peut alors atteindre des valeurs de 1 à 2 µg/m3, dans une pièce de 25 à 27 m3, à 20 cm du sol, au bout de 5 à 10 min après le bris de l’ampoule, moment où la teneur de vapeur de mercure est à son maximum. Les experts de la Commission européenne estiment, toutefois, qu’une intoxication par inhalation ou par ingestion est peu probable, compte tenu des teneurs admises : 3,50 mg pour une ampoule de moins de 50 W depuis le début 2012 (2,50 mg à partir de 2013). “C’est cinq fois moins que dans une pile de montre ; sept fois moins que dans les néons, dont sont dérivées les fluocompactes ; cent fois moins que dans les amalgames dentaires ; de cent à mille fois moins que dans les anciens thermomètres [interdits à la vente depuis janvier 2009]”, soulignent les spécialistes. Si ces derniers sont très affirmatifs s’agissant de l’absence de répercussions sur la santé des adultes et des fœtus, ils reconnaissent manquer de données scientifiques en ce qui concerne les enfants, plus sensibles aux effets toxiques du mercure.

Qu’en est-il des substances radioactives ?

Certaines lampes fluocompactes contiennent des substances radioactives (krypton 85 ou/et thorium, un métal naturellement radioactif), et cela en toute légalité. L’utilisation de telles substances était nécessaire dans les modèles soumis à un allumage répété. En effet, si l’on veut rallumer la lampe avant qu’elle ait refroidi, une énergie très importante doit être fournie pour amorcer la décharge. Aujourd’hui, c’est le ballast électronique intégré qui procure cette énergie. Les lampes grand public sont donc exemptes de substances radioactives depuis plus d’une décennie. Seules certaines fluocompactes à usage professionnel (sans ballast) renferment encore, dans le starter intégré, de faibles quantités de krypton 85, environ 150-250 becquerels, soit 0,03 microsievert par heure d’exposition (µSv/h), une dose beaucoup plus faible que celle que l’on reçoit en bord de mer du fait de la radioactivité naturelle : 0,30 µSv/h.

Pourquoi constate-t-on un bourdonnement et des clignotements ?

Les fluctuations d’intensité lumineuse à 100 Hz, dues à l’alimentation électrique, peuvent provoquer une fatigue visuelle, des maux de tête, une accélération du rythme cardiaque… Elles peuvent également induire des effets stroboscopiques, dont les conséquences sont parfois graves. Dans les lampes à incandescence, ces fluctuations existent, mais sont amorties par l’inertie thermique du filament émetteur de lumière : elles restent inférieures à 10 %. Certaines fluocompactes associées à des ballasts de mauvaise qualité pouvaient présenter des taux de fluctuation de la lumière dépassant 20 %. Ces lampes sont maintenant dotées de ballasts électroniques (et non plus ferromagnétiques) de bonne qualité, de sorte que ce problème a presque disparu, de même que les bourdonnements concomitants.

Les leds auraient-elles un effet sur la vue ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a testé une vingtaine de modèles de leds et a constaté que 30 % d’entre eux présentaient un risque pour les yeux des utilisateurs : la composition et l’intensité de la lumière émise sont susceptibles d’endommager les cellules de la rétine. À ce jour, trois méthodes permettent de produire de la lumière blanche avec une lampe à leds, explique le rapport de l’Anses : coupler une led émettant une longueur d’onde courte (dans le bleu) à un luminophore jaune ; associer une led émettant dans un rayonnement proche de l’ultraviolet à un ou plusieurs luminophores ; combiner trois diodes, au minimum, émettant des longueurs d’onde visibles. La première méthode est, actuellement, la plus utilisée, parce qu’elle est la plus rentable. Or, selon diverses études scientifiques, les rayons bleus engendrent un stress oxydatif sur les cellules de la rétine, suspecté de favoriser l’émergence de maladies oculaires, telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
Trois catégories de personnes présenteraient un risque accru : les enfants, parce que leur cristallin est en formation, ainsi que les personnes n’ayant pas de cristallin ou auxquelles on a posé un cristallin artificiel, à la suite d’une opération de la cataracte par exemple, car elles ne filtrent pas, ou peu, les longueurs d’onde courtes ; celles qui sont atteintes de certaines maladies oculaires ou cutanées et celles qui consomment des médicaments photosensibilisants ; certains professionnels (installateurs éclairagistes, techniciens du spectacle…). Plus les expositions sont fréquentes et plus la dose de lumière bleue reçue est forte, plus le risque est élevé.

Faut-il craindre l’éblouissement qu’elles produisent ?

Certaines leds peuvent présenter des luminances mille fois plus élevées que les lampes à incandescence, halogènes ou fluocompactes. Pourtant, “il est admis qu’une luminance supérieure à 10 000 candelas par mètre carré est visuellement gênante, quelle que soit la position du luminaire dans le champ visuel”, indique le rapport de l’Anses. Plus la surface d’éclairement est restreinte, plus le flux lumineux est concentré, et donc plus il éblouit. Pour réduire le risque lié à l’excès de rayons bleus et d’éblouissement, l’Anses préconise de limiter l’intensité des leds, d’imposer aux fabricants la mise en place d’un cache ou de tout autre système empêchant une exposition directe et de rendre certaines mentions obligatoires sur l’emballage, notamment la distance à partir de laquelle le risque lié aux rayons bleus disparaît. Elle recommande également d’abaisser les valeurs limites d’exposition admises dans les quatre classes définies par la norme de sécurité portant sur le risque photobiologique des lampes et des luminaires (norme NF EN 62471), d’autoriser la vente au grand public des seules leds de classes 0 et 1, et de réserver celles de classes 2 et 3 aux installateurs professionnels, d’autant, précise l’Anses, qu’“avec l’augmentation des flux lumineux et des luminances, il ne fait aucun doute que de plus en plus de leds vont apparaître dans le groupe de risque 2”.

Le rythme circadien est-il perturbé ?

La majorité des leds commercialisées sont riches en rayons bleus, mais pauvres en rayons jaunes (naturellement présents dans la lumière du soleil). Ce déséquilibre spectral pourrait provoquer un dérèglement de l’horloge biologique. Certains experts estiment, au contraire, que les leds auraient un effet bénéfique. Des évaluations sont en cours. De même, des études sont menées sur les éventuels effets stroboscopiques des leds, celles-ci en produiraient davantage que les fluocompactes : pour certains modèles bon marché, le taux de fluctuation de la lumière à 100 Hz dépasse 80 %, tandis qu’il reste inférieur à 25 % pour la pire des fluocompactes.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

LAMPE , LAMPE HALOGENE




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