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Choisir entre enduit et peinture... un enjeu de durabilité

Octobre 2012
Le Particulier Pratique n° 383, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)
  • Une finition maçonnée pour les façades dégradées
  • Des peintures avec plus ou moins de matière
  • Concilier imperméabilité et microporosité
  • Des mariages interdits

Le choix du revêtement de la façade résulte d’un compromis entre les contraintes liées à l’état du support et du film en place, de l’aspect souhaité et du budget.

Une finition maçonnée pour les façades dégradées

Les façades très abîmées ne pourront être traitées qu’en maçonnerie. Il en est de même de celles qui présentent des spectres (joints de parpaings qui se voient par transparence), qu’une simple peinture ne pourra pas corriger. Dans ce cas, il ne faut pas s’adresser à un peintre, mais à un maçon. L’enduit maçonné engendre un surcoût – comptez de 20 à 30 % de plus pour le piochage, total ou partiel, de l’enduit existant –, mais sa durée de vie est supérieure à celle d’une peinture – de 20 à 25 ans, contre de 10 à 15 ans –, et il assure une fonction d’imperméabilité. Cette finition avantage le plus banal des pavillons, et valorise donc votre patrimoine. Elle permet de jouer sur les couleurs et la texture de surface. La façade scintillera au soleil grâce à un décor à l’aspect cordé (dessin des poils de la brosse dans le badigeon) ou à effet papillon (mouvement en quart de cercle).

Des peintures avec plus ou moins de matière

Lorsque la façade n’est pas trop dégradée, une simple peinture suffit. Sur celles qui présentent des fissures, il faut appliquer un revêtement plastique épais, qui les comblera. Ce revêtement d’imperméabilité est classé de I1 (fissures ouvertes jusqu’à 0,20 mm) à I4 (jusqu’à 2 mm). Il se compose d’une couche d’impression, d’une couche intermédiaire avec armature rapportée et d’une couche de finition. Des revêtements très souples, comme la gamme Pantifilm de Seigneurie, évitent la réapparition des fissures.
Si la façade est en meilleur état, les produits professionnels classés de D1 à D3, en fonction de l’épaisseur déposée, conviennent. Les films D1 conservent l’aspect de surface, mais redonnent de la couleur et ont une fonction d’hydrofugation. Ces produits sont plus ou moins dilués pour obtenir l’effet souhaité. Les films classés D2 modifient l’aspect de la façade en rajoutant de la matière et de la couleur. Ils empêchent que les eaux de ruissellement ne mouillent le support. Les films D3, plus épais, apportent de la structure et de la couleur. Certains films résistent au faïençage. Beaucoup sont à la fois D2 et D3.

Concilier imperméabilité et microporosité

Outre l’épaisseur et la souplesse du revêtement, il faut en choisir la nature chimique. Pour cela, le diagnostic effectué en amont est une aide précieuse. Si le support est humide, une finition très microporeuse, qui laisse respirer le support, s’impose : seules les pliolites, les hydro-pliolites et les siloxanes peuvent répondre à cette exigence. Il en est de même des enduits à la chaux, qui, du fait de leur pH élevé, retardent, en plus, l’apparition des mousses. Si la façade est bien sèche ou si le support est neuf, une simple peinture acrylique fera l’affaire.
• Les peintures acryliques résistent très bien aux UV et sont pérennes. Elles sont compatibles avec toutes les anciennes peintures, et certaines masquent le faïençage grâce à leur souplesse. Ce sont des produits en phase aqueuse, faciles à appliquer et sans odeur. Ces peintures ne s’emploient pas sur les gros crépis, car elles n’enrobent pas les pointes. Certaines, comme la Thexane 350 de Théodore Bâtiment, classée D3, ou l’Alpha Diwagolan de Sikkens, classée D2, sont microporeuses, tout en protégeant la façade des eaux de pluie. La technologie NPS (nanometric painting system) des films Garnotec structuré mat et Garnotec structuré NPS de Seigneurie assure, en outre, une grande résistance à l’encrassement. La structure extrêmement tendue du fond évite l’accroche des micro-organismes et de la pollution. La façade se nettoie lorsqu’il pleut.
• Les peintures siloxanes sont les plus respirantes. Elles durent longtemps dans les conditions climatiques les plus rudes. Elles sont idéales en milieux humides, pour les pavillons en bord de mer ou entourés d’arbres. Hydrofuges, elles assurent une bonne imperméabilité et s’encrassent peu (elles sont autonettoyantes). Les siloxanes ont un aspect mat minéral ; le film Guiloxane D3 de Guittet, par exemple, a un rendu proche de celui des peintures silicates ou à la chaux. En phase aqueuse et sans odeur, elles ne s’écaillent pas, sont insensibles aux UV et ne changent pas de couleur en vieillissant. Le revêtement semi-épais D3 Garnoxane de Seigneurie est adapté aux supports structurés, a un effet perlant anti-encrassement et, grâce à leurs pigments minéraux, ses teintes ont une excellente tenue dans le temps.
• La pliolite (par exemple, Sigmalio de Sigma Coatings) est une peinture en phase solvant qui s’impose sur des fonds fragilisés ou poreux. Tolérant les supports légèrement humides et froids, elle a l’avantage de pouvoir être mise en œuvre par temps hivernal, contrairement aux versions en phase aqueuse, mais elle est plus difficile à appliquer. Elle possède un grand pouvoir d’accrochage. La pliotine est contre-indiquée pour les gros crépis.
Les industriels ont développé des gammes destinées aux particuliers désireux de faire eux-mêmes leur ravalement. Ils leur ont attribué des noms évocateurs pour guider les néophytes : Conditions extrêmes, Spéciale Fissures dans la gamme Façade pro de Théodore Inspirations, Façades à relief ou Façades lisses de Tollens, Flex ou Extrême dans la gamme Protect’ Façade d’Astral. Ces gammes comprennent généralement des produits spéciaux pour appuis de fenêtres, car les peintures adaptées aux façades ne conviennent pas aux surfaces horizontales.
• Les hydro-pliolites cumulent les avantages des pliolites et ceux des acryliques : elles sont à la fois souples (elles enrobent les arêtes des petits crépis) et microporeuses. Ce sont des peintures en phase aqueuse : Façade pro Conditions extrêmes de Théodore Inspirations, Protect’ Façade universelle d’Astral, l’hydro-pliolite de la gamme Dédicace de V33.

Des mariages interdits

Les industriels ont diversifié leurs gammes de revêtements de façades afin de proposer tous les types d’aspects. Toutefois, certains mariages sont interdits, et la peinture devra être choisie en fonction du film en place, révélé par les tests de réversibilité. Un produit organique (acrylique, pliolite, hydro-pliolite) peut se poser sur un fond organique ou minéral avec un fixateur. Les produits minéraux (par exemple, l’Alpha Chalix de Sikkens, à base de chaux éteinte) ou ceux à base de silicate de potassium (telle la gamme Silikamat, que vient de lancer Seigneurie, déclinée en D2 ou en revêtement épais), sont réservés à un fond minéral. Quant à la siloxane, elle réunit les propriétés des revêtements organiques et minéraux. Pour éviter les incompatibilités, il est possible de décaper le revêtement existant, mais cela revient plus cher et risque d’abîmer le support.
Enfin, et c’est nouveau, Weber propose un sous-enduit permettant d’appliquer un revêtement minéral sur un support organique, sans enlever l’ancienne peinture. Le Weber.facim SF est recouvert ensuite d’une finition, Weber.unicor, talochée (Weber.unicor ST), ribbée (Weber.unicor DDP) ou grattée moyen (Weber.unicor G). En outre, ce produit mince n’exige pas de déplacer les gonds des volets, contrairement à un enduit classique.


Mots-clés :

FACADE , RAVALEMENT




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