Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Santé > La qualité des eaux de baignade : sous quel pavillon se baigner?

La qualité des eaux de baignade : sous quel pavillon se baigner?

La qualité des eaux de baignade : sous quel pavillon se baigner?
Mai 2012
Le Particulier Pratique n° 379, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Des seuils bactériologiques 2 fois plus sévères en mer qu'en eau douce. Parmi les sites de baignade autorisés, 2/3 sont en eau douce et 1/3 en eau de mer. A partir de 2015, toutes les baignades autorisées devront présenter une eau de qualités conforme sur 4 saisons balnéaires successives.

 

La baignade demeure l’une des principales activités des vacanciers, français comme étrangers : chaque été, ils sont des dizaines de millions à fréquenter l’un des quelque 3 300 sites naturels de baignade autorisés en France métropolitaine (deux tiers en eau douce et un tiers en eau de mer). Ce loisir est-il sans risque pour la santé ? Si les contaminations bactériennes ont régressé, les “marées vertes”, la prolifération de cyanobactéries et l’accumulation de déchets en tout genre inquiètent de plus en plus les experts. La réglementation, définie à l’échelle européenne, tente d’évaluer et de prévenir ces risques sanitaires, mais s’avère très imparfaite. Voici tout ce que vous devez savoir avant de réserver votre prochain séjour au bord de l’eau.

Tous les sites d’eau douce et d’eau de mer expressément autorisés, n’ayant pas fait l’objet d’un arrêté municipal d’interdiction de baignade et régulièrement fréquentés par plus de dix baigneurs pendant la saison balnéaire sont périodiquement soumis à des analyses. Les maires sont chargés d’appliquer et de faire respecter la réglementation en vigueur, en l’occurrence la directive européenne de 1976 (76/464/CEE), progressivement remplacée par celle de 2006 (2006/7/CE) – qui sera pleinement effective à partir de 2015. Il leur incombe, notamment, d’assurer la propreté des sites de baignade et d’en interdire l’accès, temporairement ou définitivement, au moindre risque sanitaire. Pour évaluer ce dernier, des prélèvements sont effectués par les agences régionales de santé (ARS), qui ont remplacé les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) depuis le 1er janvier 2010.

Le risque bactériologique sous surveillance

Les analyses de l’ARS renseignent sur une éventuelle contamination bactérienne. La directive européenne de 1976 prévoit que, selon le taux de coliformes (totaux et fécaux) et de streptocoques fécaux –  des bactéries naturellement présentes dans le tube digestif, mais sources d’infections ORL et intestinales lorsqu’elles pullulent et s’associent à d’autres germes pathogènes –, l’eau analysée est déclarée de bonne qualité (A), de qualité moyenne (B), susceptible d’être momentanément polluée (C) ou de mauvaise qualité (D) pour la baignade. Ces taux de référence sont deux fois moins sévères lorsqu’ils concernent l’eau douce que quand ils portent sur l’eau de mer.

Ces mesures n’informent que sur le risque bactériologique et seulement pendant la saison balnéaire, soit de juin à septembre en métropole, alors que de nombreuses activités nautiques – surf, plongée, canoë… –, susceptible d’entraîner une ingestion d’eau, se pratiquent toute l’année. Les résultats collectés aboutissent à un classement, qui vaut pour la saison balnéaire précédente, et non pour celle en cours. Pour avoir accès aux données, il faut souvent se rendre à la mairie ou consulter des sites internet (voir l’encadré p. 40). Autre regret, à partir de 2013, la nouvelle directive européenne n’exigera plus que quatre analyses par saison balnéaire, contre dix auparavant, réalisées à un mois d’intervalle au maximum. Elle permettra, en outre, d’écarter certains prélèvements défavorables en cas de pollution accidentelle.

Bientôt un affichage sur la plage elle-même

La nouvelle directive simplifiera le classement des zones de baignade en réduisant le nombre de critères bactériologiques à mesurer à Escherichia coli et aux entérocoques intestinaux pour déterminer s’il y a une contamination fécale. Elle imposera, en plus, l’établissement d’un profil pour chaque site de baignade autorisé. Les collectivités locales avaient jusqu’à fin 2011 pour lister et décrire les sources de pollutions existantes ou potentielles. Elles devaient ensuite classer les sites selon leur vulnérabilité sanitaire : le profil n° 1 correspond à un risque de pollution non avéré ; le profil n° 2, à un risque de pollution avéré et dont les causes sont connues ; le profil n° 3, à un risque de pollution avéré, mais dont les causes sont insuffisamment connues. Par ailleurs, à partir de 2013, les eaux analysées seront déclarées de qualité excellente, bonne, suffisante – donc conformes – pour la baignade ou bien insuffisante – donc non conformes. Ce classement s’appuiera sur les résultats des quatre dernières saisons ­balnéaires, et non sur ceux d’une seule. Ainsi, les pollutions ponctuelles seront lissées et celles qui sont chroniques seront mises en exergue. Les taux de référence seront quatre fois plus stricts. À partir de 2015, toutes les eaux de baignade devront être de qualité bactériologique au moins suffisante, et le profil du site devra être clairement indiqué aux abords de la baignade. Pour l’heure, sachant que les mesures bactériologiques ont toujours un temps de retard, quand et où faut-il craindre une contamination bactérienne ?

Redouter la plaisance et les lendemains d’orages

La plupart des collectivités locales sont équipées d’infrastructures aux normes pour traiter les eaux usées domestiques. Néanmoins, ces équipements s’avèrent parfois insuffisants, lors de pluies abondantes et/ou de forte affluence touristique. Le rejet dans la nature d’eaux non traitées peut également être dû à une panne d’un élément du réseau d’assainissement – une pompe de relevage, par exemple –, à l’absence de raccordement à ce réseau – de certains campings ou foyers isolés, notamment – ou à une malfaçon – les eaux usées ont été raccordées au réseau d’eaux pluviales, ou inversement. Les plages situées à proximité de ports de plaisance, en Méditerranée surtout, présentent un risque accru, car de plus en plus de personnes résident sur leur bateau amarré. Il en est de même des sites proches des estuaires, les cours d’eau drainant les pollutions des communes en amont, lesquelles ne sont pas concernées par la qualité des eaux de baignade et les directives européennes.

En cas de contamination accidentelle, les autorités sanitaires doivent interdire l’accès à la baignade, dans les plus brefs délais : selon les experts, 1 m3 d’eaux usées peut contaminer 50 000 m3 d’eau douce ou de mer. Elles doivent, parallèlement, informer le public de la nature du problème et de la durée de l’interdiction.

Pour ce qui est des autres risques sanitaires, la nouvelle directive n’impose aucune analyse régulière en ce qui concerne les cyanobactéries (voir l’encadré ci-dessus) et les micropolluants physico-chimiques : nitrates, phosphates, métaux lourds, tels que le mercure, le plomb, l’étain, hydrocarbures aromatiques, composés organochlorés, polychlorobiphényles (PCB), dichchlorodiphényltrichloroéthane (DDT), lindane, résidus chimiques de médicaments, microparticules radioactives artificielles…(voir l’encadré p.41) Elle préconise juste une surveillance visuelle. Or, de plus en plus d’études scientifiques font état d’une accumulation dans les milieux (sédiments et eaux) ou dans les organismes vivants (poissons et coquillages) d’éléments chimiques potentiellement néfastes pour l’environnement et la santé de la population. Aucune mesure réglementaire ne vise le sable et les galets aux abords de la baignade, faute de méthode pertinente, notamment.

Un bilan en trompe-l’œil

Selon les autorités sanitaires, et du seul point de vue bactériologique, 95 % des eaux de baignade françaises sont de bonne ou de moyenne qualité. Un bilan en trompe-l’œil, s’insurgent plusieurs associations environnementales. En effet, de nombreux sites sensibles ne figurent pas dans les listes ­officielles, une interdiction de baignade, non respectée en pratique, leur permettant de ne plus être inspectés. Les résultats des contrôles échappent ainsi aux réglementations en vigueur. En 20 ans, l’ARS a ainsi cessé d’analyser quelque 400 sites d’eau de mer (près de 20 %) et 1 300 d’eau douce (près de 50 %), dont certains très pollués ; ce qui contribue à améliorer artificiellement ce bilan. Cette entorse, que se permettent bon nombre d’autres États membres de l’Union européenne, a d’ailleurs contraint la Commission européenne à réagir : des amendes seront, désormais, infligées en cas d’abus. Si la nouvelle réglementation – valeurs plus sévères et historique sur 4 ans – s’appliquait pleinement dès maintenant, près de 10 % des sites actuellement autorisés seraient interdits à la baignade, assure l’association Surfrider Foundation Europe.

Ne pas se contenter du Pavillon bleu

Le label privé du Pavillon bleu a été créé en 1985 par l’office français de la Fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe (of-FEEE). En 2011, il a distingué 358 plages (dans 120 communes) et 84 ports de plaisance, maritimes ou fluviaux, en métropole et dans les départements d’outre-mer. Selon un sondage réalisé en 2007 par l’institut LH2, il jouit d’une bonne notoriété – 65 % des personnes interrogées disent le connaître – et d’une image très positive – 78 % de celles-ci déclarent souhaiter séjourner dans une commune lauréate. Paradoxalement, 65 % des Français sondés avouent ignorer sa signification réelle. Fort peu savent que les collectivités locales doivent faire acte de candidature en présentant un dossier, et que ce label ne garantit pas une eau de baignade saine pour la saison en cours. La propreté de l’eau n’est qu’un critère parmi bien d’autres. Pour un port, par exemple, il s’agira du traitement des polluants déversés par les bateaux et de l’absence de rejet d’eaux usées. Ainsi, quand une station balnéaire arbore le Pavillon bleu, vérifiez bien quelle plage est concernée. Signalons que la Commission européenne n’est plus partenaire de ce label depuis 1998 et le ministère de la Santé depuis 2002, en raison du manque de fiabilité des critères d’attribution et de contrôle.

De 1997 à 2004, l’association Surfrider Foundation Europe a décerné, chaque année, des pavillons noirs aux 200 sites de baignade les plus pollués de France. Pour établir ce palmarès, elle ne s’est pas contentée des résultats bactériologiques fournis par les DDASS. Elle s’est appuyée aussi sur ceux que lui ont transmis les directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire), l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), le Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva). Il n’était pas rare qu’un même site cumule Pavillon bleu et pavillon noir.

Sylvie Francisco

 


Mots-clés :

EAU DE BAIGNADE , POLLUTION , QUALITE




Outils pratiques :
Papiers à conserver
Bien choisir votre assurance vie
Un expert vous accompagne pour optimiser votre fiscalité, anticiper la transmission de votre patrimoine et préparer votre retraite

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier