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Ecrire ses mémoires : s'offrir les services d'un biographe

Ecrire ses mémoires : s'offrir les services d'un biographe
Mai 2012
Le Particulier Pratique n° 379, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

En France, rechercher ses ascendants est à la mode (voir LPP n° 374). Coucher sa vie sur papier à l’intention de ses descendants l’est aussi. De plus en plus de Français entreprennent de rédiger leur biographie. Une vie n’est jamais banale, et le besoin de se raconter est universel, assurent les psychologues. Les personnes les plus inspirées s’attellent à l’écriture ; les autres s’adressent à un prestataire spécialisé, un biographe familial, appelé parfois écrivain-conseil. “L’éventail des candidats à l’(auto)-narration est très large. Cela va de la grande aristocrate ayant côtoyé des personnes illustres à l’ouvrier ayant connu une ascension sociale fulgurante, en passant par le quidam qui a été mêlé à des ­événements­ ­historiques majeurs”, constate Manée Pelon, biographe familiale depuis 2001.

“Bien que nous nous adressions à tout public, de tous les âges et de tous les milieux socioprofessionnels, ma clientèle se compose pour les deux tiers de femmes, ajoute Guillaume Moingeon, biographe familial depuis 1997. Des grands-mères, pour être plus précis, soucieuses de sauvegarder la mémoire familiale. Dans les années 1990, elles entreprenaient seules ce projet. Depuis 2003-2004, elles sont encouragées par leurs enfants ou leurs petits-enfants, qui se chargent, de plus en plus souvent, d’organiser et de financer mon intervention.” Une dominante que confirment ses confrères. “Ce projet est parfois vécu comme une formidable aventure familiale. Il alimente alors les conversations pendant des mois. D’autres fois, il ravive des souvenirs très douloureux”, poursuit Manée Pelon. “Il peut aussi susciter de vives tensions, voire une opposition farouche de la part de proches qui ne tiennent pas à ce que certains faits soient révélés et que l’image de la famille transmise aux générations suivantes soit écornée”, avertit un autre biographe.

600 biographes officiels exercent en France

“Nous sommes, aujourd’hui, 500 ou 600 biographes officiellement installés en France – et autant, voire plus, exerçant sans être déclarés. Seule une petite centaine vit correctement de cette activité”, annonce Guillaume Moingeon, qui a ce privilège. Quand je me suis installé en Bretagne, mon travail a tout de suite porté ses fruits. J’ai pu assez vite choisir mes collaborations et imposer à mes clients que ce soient eux qui viennent chez moi pour les entretiens. Je ne me déplace qu’une ou deux fois par an, à la demande de Français ou de francophones fortunés, qui me reçoivent en Corse, en Suisse, en Espagne, aux Antilles, en Russie, en Chine…” Le réseau associatif Nègres pour inconnus, qu’il a créé, compte une soixantaine de membres “qui respectent une déontologie stricte et pratiquent des tarifs raisonnables”. Deux autres associations travaillent, elles aussi, à structurer la profession en imposant une procédure d’agrément et une charte de bonne pratique à leurs membres : le Groupement des écrivains-conseils (Grec) et l’Académie des écrivains publics de France (AEPF). Il existe, bien sûr, des biographes non affiliés parfaitement compétents.

Examinez les ouvrages déjà réalisés

Contactez plusieurs prestataires et demandez-leur de vous montrer les ouvrages qu’ils ont déjà rédigés. Lisez-en des extraits. Cela vous donnera une première indication de leurs compétences linguistiques et rédactionnelles. “Même si l’on écrit à la première personne, le style adopté doit correspondre à celui du client”, souligne Annick Blanchard, écrivain public depuis 2010. Par ailleurs, un bon biographe possède des facultés d’analyse et de synthèse, a un goût prononcé pour les relations humaines, de l’empathie et sait écouter. Il doit “être conscient de la responsabilité qui lui incombe. Dans l’idéal, il a reçu une formation dans le domaine social ou en psychologie”, précise-t-elle. Vous devez pouvoir compter sur sa discrétion – toutes les confidences que vous lui ferez ne sont pas forcément destinées à être reprises dans votre biographie – et en attendre des conseils avisés – à lui de vous rappeler les limites juridiques et morales à la liberté d’expression. La proximité géographique et les affinités importent également.

Prévoyez une vingtaine d’entretiens

En fonction du biographe, les entretiens ont lieu à votre domicile ou au sien. La collaboration peut durer plusieurs semaines, des mois ou des années suivant l’ampleur du projet et la nature du travail demandé : selon que vous lui fournirez des notes écrites détaillées, voire une ébauche de manuscrit, ou qu’il devra rédiger intégralement l’ouvrage à partir de votre témoignage oral. Dans tous les cas, une première rencontre, gratuite et sans engagement, est nécessaire pour définir le projet, la forme la mieux adaptée, la fréquence des entretiens et le coût. “Ne payez jamais d’avance. Ne prenez pas un forfait, sauf s’il s’agit d’un cadeau que vous financez à plusieurs, recommande Guillaume Moingeon, qui conseille de régler à l’heure. Cela vous permet d’interrompre la collaboration à tout moment. C’est un point important, car, après quelques séances, vous pouvez vous apercevoir que vous n’avez pas de complicité avec le biographe ou être déçu par ses premiers écrits.” Une vingtaine d’entretiens d’une heure suffisent, en général, pour recueillir un témoignage oral consistant. Afin de ne pas vous faire escroquer, contrôlez régulièrement l’avancée du manuscrit. Certains biographes vous soumettent d’eux-mêmes, avant chaque séance, les pages qu’ils ont rédigées.

Un livre clés en main grâce à l’impression numérique

Dans 90 % des cas, les gens souhaitent un récit chronologique, commençant à leur naissance ou à un événement marquant de leur vie : mariage, deuil, début de la guerre, exil, etc. D’autres constructions sont toutefois possibles : chapitres thématiques ou sans lien entre eux, abécédaire, relation par un faux narrateur (le chat ou le chien de la maison, par exemple)… Vous pouvez opter pour un récit véridique ou pour une fiction, sachant que le biographe ne vérifie pas la véracité de vos propos. Une relecture finale vous permet de modifier, d’ajouter ou de supprimer ce qui ne vous convient pas.

Une fois terminé, le manuscrit peut être imprimé. L’impression numérique autorise des tirages en petites quantités à un coût modéré (voir LPP n° 376). Si le nom du biographe figure sur la couverture avec le vôtre, vous serez considérés comme coauteurs. En cas de vente en librairie, chacun reçoit la moitié des droits d’exploitation commerciale. Certains biographes consentent, sans contrepartie, que seul votre nom apparaisse sur la couverture ; d’autres exigent un dédommagement.

Sylvie Francisco

 


Mots-clés :

FAMILLE , LIVRE




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