Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Argent > Assurance vie > Compte-titres ou PEA

Compte-titres ou PEA

Avril 2012
Le Particulier n° 1072, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Un compte-titres peut accueillir n’importe lequel des 6 500 fonds de droit français agréés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) ou des quelque 4 700 fonds immatriculés dans un autre pays européen (essentiellement au Luxembourg et en Irlande) et autorisés à la commercialisation en France. Avec un plan d’épargne en actions (PEA), il est possible d’investir parmi les 2 000 fonds éligibles (ils doivent être investis à hauteur de 75 % au moins en actions d’entreprises européennes). Ces deux enveloppes offrent donc un large choix d’investissements. Les frais d’achat et de gestion diffèrent sensiblement selon l’intermédiaire, banque ou courtier en ligne.

Frais de transaction : Jusqu’à 50 €, à chaque achat de fonds  « non partenaire »

Pour promouvoir leurs produits maison, les banques traditionnelles ne facturent pas de frais à l’achat d’un fonds géré par leur propre société de gestion, qu’il s’agisse de Natixis AM pour les Banques populaires et Caisses d’Épargne, d’Amundi AM pour le Crédit agricole, LCL et la Société générale, ou bien de BNP Paribas AM pour la banque homonyme. En revanche, un client souhaitant investir dans un OPCVM extérieur, non géré par la banque elle-même, devra payer cette infidélité au prix fort sous la forme de frais de transaction. Leurs montants sont variables : 20 € chez LCL, 25 € à la Société générale, 26,40 € au Crédit agricole île-de-France, 29,60 € à la Banque postale, 30 € chez HSBC, 33 € au Crédit mutuel Centre Est Europe et 36 € au CIC. Une somme forfaitaire très pénalisante pour des investissements de quelques centaines d’euros seulement... À notre connaissance, la seule banque traditionnelle à ne pas facturer ce type de commission est le Crédit du Nord.

Les banques en ligne peuvent aussi facturer des frais de transaction (jusqu’à 50 € chez Boursorama). En revanche, et contrairement aux banques traditionnelles, toutes ont signé des accords de distribution avec plusieurs dizaines de sociétés de gestion parmi les plus prestigieuses (Carmignac Gestion, CCR AM, Edmond de Rothschild AM, Fidelity, Financière de l’Échiquier, Invesco, Mandarine Gestion, Neuflize Private Assets, Oddo AM…). Ces banques en ligne proposent donc plusieurs centaines, voire milliers, de fonds partenaires, pour lesquels aucuns frais de transaction ne seront facturés. Seuls Binck.fr et Fortuneo Banque (uniquement pour des ordres inférieurs à 500 €) en facturent.

Frais d'entrée : Jusqu’à 5 % des sommes investies

Les frais d’entrée, aussi appelés commissions de souscription, viennent en déduction des sommes investies. Si vous placez 100 € dans un fonds comportant 3 % de frais d’entrée, en réalité, 97 € y seront investis. En règle générale, ces frais sont inférieurs à 0,50 % pour les fonds monétaires, ils sont compris entre 1 et 2 % pour les fonds investis en obligations et entre 2 et 3 % pour les OPCVM en actions, mais ils peuvent atteindre, dans certains cas, 5 %. Ces commissions sont essentiellement destinées à rémunérer le distributeur de l’OPCVM, et non son gérant. Pour vérifier ce point, il suffit de consulter le « prospectus simplifié » de l’OPCVM, disponible sur le site de son gestionnaire ou sur celui de l’AMF (amf-france.org, rubrique « OPCVM et produits d’épargne », puis rechercher par produit ou société de gestion). S’il y est indiqué que la commission de souscription est « non acquise à l’OPCVM », cela signifie qu’elle est intégralement perçue par le distributeur. Dans ce cas, il est possible de négocier les frais d’entrée avec un conseiller bancaire et ce, d’autant plus facilement que les sommes placées sont importantes. Beaucoup de banques ont d’ailleurs prévu des frais dégressifs, en fonction des montants investis. Toutefois, la négociation n’est envisageable que pour des fonds maison. Il y a peu d’espoir que votre banque fasse des efforts pour des OPCVM extérieurs. Pour ceux-ci, il faudra vous acquitter de la totalité des frais prévus, inscrits dans le prospectus.Si vous passez par un courtier en ligne, la démarche est plus simple. En plus d’exonérer le client de frais de transaction, ces intermédiaires ont négocié les frais d’entrée de tous leurs fonds partenaires. Il est ainsi possible de dénicher chez ces professionnels la plupart des meilleurs OPCVM du marché moyennant des droits d’entrée compris entre 0 et 2 % (voir tableau p. 28). Il existe cependant quelques différences entre eux. Contrairement à Fortuneo ou à BforBank, Boursorama ne commercialise pas de fonds DNCA Finance sans frais d’entrée, mais il propose des fonds Comgest sans frais d’entrée, alors que chez Fortuneo, ils sont assortis de 1 % de droits d’entrée… Enfin, notez que certaines sociétés de gestion refusent de voir leurs produits vendus à moins de 1 % de droits d’entrée. C’est notamment le cas de La Française AM, de Rothschild & Cie Gestion ou de Carmignac Gestion pour certains de ses fonds.

Frais courants : Jusqu'à 3 % par an déduits de la performance du fonds

Les frais courants, aussi appelés frais de gestion, sont invisibles. Prélevés chaque année par la société de gestion, ils viennent diminuer la valeur liquidative de l’OPCVM, dont les performances sont toujours présentées nettes de frais. Un fonds dont les frais courants s’élèvent à 2 % et dont le cours a grimpé de 5 % sur un an aurait, sans ces frais, affiché une performance de 7 %. Plus un fonds est risqué et investi en actions, plus les frais courants sont élevés. Selon les données recueillies par l’agence spécialisée Europerformance Six Telekurs, au 31 juillet 2011, les frais de gestion médians des fonds monétaires s’élevaient à 0,30 %. Mais ils atteignaient 0,91 % pour les fonds investis en obligations de moyenne échéance, 2,25 % pour les fonds d’actions françaises et 2,85 % pour ceux investis dans des actions de pays émergents. Chaque fonds est tenu d’informer ses clients des frais pratiqués. Le plus simple est de consulter le Document d’information clé pour l’investisseur (le Dici). Notez que les frais courants des OPCVM vendus auprès d’investisseurs institutionnels ou de grandes fortunes sont souvent de 30 à 40 % moins élevés. Les frais de gestion ne servent pas uniquement à rémunérer le travail du gérant. « Cela se sait peu, mais jusqu’à la moitié de ces frais sont reversés par la société de gestion aux distributeurs de l’OPCVM », explique Philippe Maupas, directeur général de l’agence d’informations financières La Cote bleue. Les réseaux de distribution récupèrent, chaque année, sous forme de rétrocessions, de l’ordre de 0,10 % des sommes placées par leurs clients sur un fonds monétaire, 0,50 % de celles placées sur un fonds obligataire et de 0,80 à 1,50 % de celles investies sur un fonds actions. « Comme nous ne facturons rien à nos clients détenteurs d’OPCVM partenaires, nous ne pouvons compter que sur ces rétrocessions pour rentabiliser notre activité », confirme André Coisne, directeur général de la banque en ligne BforBank.

Droits de garde : Jusqu’à 0,5 % par an de l’encours placé

Les banques traditionnelles facturent toutes des droits de garde à leurs clients détenant des actions au sein d’un compte-titres ou d’un PEA. S’ils ne disposent que d’OPCVM maison – c’est le cas chez HSBC France, à La Banque postale ou chez LCL – alors, ils en sont exonérés. En revanche, s’il s’agit de fonds extérieurs, non gérés par la banque, celle-ci ne fait pas de cadeau. Ces droits sont d’un montant variable selon les établissements. Il faut compter l’équivalent de 0,30 à 0,50 % de l’encours placé, facturé une fois par an. Là encore, les courtiers en ligne sont souvent plus raisonnables. Parmi ceux de notre sélection, seuls Cortal Consors et Sicavonline sont amenés à facturer des droits de garde, les autres en exonèrent leurs clients s’ils ne détiennent que des OPCVM « partenaires ».

Frais de sortie : Jusqu’à 5 % des sommes récupérées

Même si cela est rare, certains fonds facturent des frais de sortie de 3 à 5 % sur les sommes récupérées le jour de la revente des parts. Ils sont toujours négociables auprès du distributeur. Toutefois, ces frais ne concernent principalement que les fonds garantis ou à formule (voir Fonds à formule : toutes les promesses ne se valent pas) ainsi que les fonds obligataires dits « à échéance ». Ces différents fonds sont, en effet, conçus pour être conservés jusqu’à l’échéance. Des droits de sortie anticipés sont prévus pour dissuader l’investisseur de vendre auparavant. Si le titulaire conserve le fonds jusqu’au terme, ces droits de sortie ne sont, en revanche, pas appliqués.

Notre conseil : Acheter des OPCVM via son réseau bancaire peut s’avérer bon marché. Mais pour ne payer ni frais de transaction, ni droits de garde, vous devrez vous contenter des fonds maison, gérés par votre banque elle-même. Pour accéder aux meilleurs fonds du marché, administrés par les sociétés les plus prestigieuses, il est indispensable d’ouvrir un compte chez un courtier en ligne. Il est possible alors de se constituer un portefeuille performant en ne payant rien d’autre que les frais courants propres à chaque OPCVM.


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , OPCVM , PEA , PLACEMENT FINANCIER , PLAN D'EPARGNE EN ACTIONS , SICAV




Outils pratiques :
 

Bannière Choix patrimoniaux

bannier la lettre des placements

Forum bannière

Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Simulateur Assurance vie 300*250

Bannière e-Particulier