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Moins de 3 mois : les livrets d’épargne, pour placer votre trésorerie à court terme

Mars 2012
Le Particulier n° 1071, article complet.
Auteur : PELLEFIGUE (Marie)

Il existe différents livrets pour placer votre argent, de quelques jours à 1 ou 2 ans. Tous offrent le même avantage : leur liquidité vous permet de disposer de votre trésorerie à tout moment.

Ne boudez pas les livrets réglementés

Si le Livret A connaît actuellement un rendement légèrement négatif, la situation ne devrait pas durer. Vous pouvez donc continuer à y investir. « Quel que soit le montant du patrimoine, les livrets réglementés sont le socle de la constitution de l’épargne aujourd’hui », affirme Philippe Marquetty, directeur de l’offre pour les particuliers à la Société générale. Parmi ces produits réglementés, ainsi dénommés, car leurs taux de rémunération et leurs modes de fonctionnement obéissent à une réglementation particulière, se trouvent les Livrets A et Bleu, le Livret de développement durable (LDD, ex-Codevi) et le Livret d’épargne populaire (LEP). Tous peuvent être ouverts dans n’importe quelle banque. Seules obligations : chaque épargnant, qu’il soit majeur ou non, ne peut posséder qu’un seul Livret A ou Bleu et y verser au maximum 15 300 €. La détention d’un LDD est limitée à un livret par contribuable (deux pour un couple marié). Un enfant mineur (non imposé distinctement), ou un majeur rattaché à ses parents, ne peut donc pas en ouvrir un. Les versements y sont plafonnés à 6 000 €. En revanche, il est possible de cumuler un Livret A et un LDD. Quant au LEP, « il est réservé aux personnes qui ont payé moins de 769 € d’impôt en 2011. Il reste le livret le plus intéressant, car sa rémunération est de 2,75 % net pour un plafond de dépôt de 7 700 € », explique Florence Corne, responsable marketing des produits d’épargne classique à La Banque postale.
L’avantage de tous ces produits est qu’ils sont exonérés tant d’impôt sur le revenu que de prélèvements sociaux. Leur taux de rémunération s’entend donc net de fiscalité. Aussi sont-ils à souscrire en priorité pour votre épargne de précaution. « Le duo Livret A et LDD est, aujourd’hui, celui qui optimise le mieux sécurité et rendement », déclare Fabrice Gourgeonnet, directeur de la banque de détail de la Caisse d’épargne Auvergne-Limousin. Un ménage sans enfants qui détiendrait un Livret A et un LDD pourrait épargner jusqu’à 42 600 €, sans aucun impôt. Une limite largement suffisante pour la trésorerie courante, mais un peu faible lorsqu’il s’agit d’investir temporairement de fortes sommes, après avoir vendu un appartement ou reçu un héritage, par exemple. Si vous souhaitez placer les liquidités de vos enfants, pensez à leur ouvrir un Livret jeune. Destiné aux 12-25 ans, ce produit est plafonné à 1 600 € de versements et permet actuellement de bénéficier d’un taux net de fiscalité compris entre 2,50 et 4 % selon les établissements. Pour trouver le meilleur du marché, faites le tour des banques, car le taux de ce Livret est fixé par l’établissement qui le commercialise. Les banques doivent, toutefois, offrir une rémunération au moins égale à celle du Livret A.
Enfin, le Compte épargne logement est actuellement rémunéré à 1,50 %, hors prélèvements sociaux de 13,50 %, et permet de placer jusqu’à 15 300 €. « Il présente un intérêt en complément d’un Plan d’épargne logement (PEL) et uniquement pour les personnes qui ont un projet immobilier ; sinon, le taux de rémunération de l’épargne est trop faible », analyse Frédérique Sisco, responsable développement du marketing-épargne de LCL. Si l’épargnant demande à bénéficier du prêt immobilier lié au CEL, il reçoit, en effet, une prime égale à la moitié des intérêts procurés par le compte, et plafonnée à 1 144 €.

Les livrets bancaires ne sont pas assez rémunérateurs

Le taux de rémunération des comptes sur livret, ou livrets bancaires classiques, oscille aujourd’hui, selon les établissements, entre 1 et 1,75 % avant impôt. Un taux trop faible pour que vous vous y intéressiez, sauf à profiter d’une offre promotionnelle. Ces promotions sont assez courantes dans les banques de réseau et durent quelques mois. À LCL, par exemple, le taux de 1,75 % en vigueur actuellement a été revalorisé à 5 % pendant 3 mois à la fin 2011 « dans la limite de 50 000 € et seulement pour les nouveaux versements », souligne Frédérique Sisco. La stratégie est identique à la Caisse d’Épargne, dont le livret Grand Prix, rémunéré à 1,25 % brut, peut passer ponctuellement à 4 ou 5 %. La Société générale, quant à elle, propose un taux bonifié, sous condition : « À partir du 6e mois suivant un versement, nous passons la rémunération de notre livret de 1,50 à 2,25 % sur les encours, pour favoriser nos clients fidèles », indique Philippe Marquetty. Même logique à HSBC, qui majore de 10 % les intérêts collectés sur son livret par ses clients HSBC Premier. « Ce bonus d’intérêts leur est acquis sans qu’ils aient à effectuer aucune démarche », précise Delphine Colon, responsable du pôle épargne et placements de HSBC France.

Surveillez les promotions des super-livrets

L’offre est souvent plus séduisante du côté des superlivrets bancaires (voir tableau p. 30), proposés principalement par les banques en ligne (BforBank, Cortal Consors, Fortuneo, ING Direct, Monabanq…) et par certains établissements bancaires réservés aux clients fortunés. « Ces produits permettent de mettre son épargne à l’abri pour 2012 à des taux intéressants », affirme Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors.
Attention, tous les superlivrets affichent des taux dopés, mais uniquement jusqu’à un certain plafond et durant une période déterminée. Une fois celle-ci terminée, la rémunération devient plus médiocre. Évitez donc d’y investir de l’argent à très long terme et restez au-dessous des plafonds. Par exemple, Axa Banque propose, jusqu’au 15 avril, un taux imbattable de 6 % pendant les 3 premiers mois et jusqu’à 100 000 € ; ensuite, il chute à 1,25 %, si le solde de votre livret est inférieur à 15 300 € ou à 1,60 %, s’il est supérieur à ce seuil. Sachez que les taux sont toujours annoncés brut de fiscalité. Les intérêts sont soumis chaque année, au choix de l’épargnant, au barème progressif de l’impôt sur le revenu ou au prélèvement forfaitaire libératoire de 24 %. Dans les deux cas, il faut aussi ajouter 13,50 % de prélèvements sociaux. Autre point noir, ces promotions sont destinées soit aux nouveaux clients, soit aux nouveaux versements. Si vous investissez de manière opportuniste, en passant d’un établissement à l’autre, lisez les conditions générales pour savoir si vous pouvez bénéficier de la promotion. Il suffit, dans la plupart des établissements, de retirer vos fonds de la banque et de les placer pendant 1 à 3 mois chez un concurrent, puis de les rapatrier pour que vos versements soient considérés comme nouveaux.
Pour contrecarrer la concurrence des superlivrets, certaines banques de réseau ont lancé des « livrets plus ». Réservés aux clients qui ont atteint les plafonds de leurs livrets réglementés (Livret A ou LDD), ils offrent une meilleure rémunération que les livrets bancaires classiques. Leur taux varie, en général, dans la même proportion que celui du Livret A, et il n’y a pas de période promotionnelle. Le rendement des « livrets plus » est toujours présenté brut et les plafonds de versements oscillent entre 4 600 et 50 000 €. Actuellement, les taux les plus intéressants sont ceux de la Caisse d’Épargne (livret Grand Format, entre 2,25 et 3,50 % selon les caisses), du CIC (Livret A sup, 2,35 % ou 4,50 % selon les montants versés), du Crédit agricole (Codebis, à 3,25 %), de HSBC France (Livret 2A, entre 1,75 et 2,50 % selon les sommes déposées) et de LCL (Livret Cerise, 2,25 % brut). Mais les banques étant libres de fixer les taux de ces livrets, un établissement peut, à tout moment, proposer à ses clients un « livret plus » très compétitif.

Le livret de partage optimise l’avantage fiscal

Si vous avez l’habitude de faire des dons à une association caritative, privilégiez un livret de partage, car il améliorera votre rémunération. Ce produit n’est distribué que par quelques établissements. Il permet de verser, chaque année, tout ou partie de vos intérêts à un organisme. « L’épargne de partage ouvre droit à un double avantage fiscal. D’une part, les intérêts redistribués à l’organisme par le biais de ce livret sont taxés à 5 %, contre 24 % habituellement. D’autre part, le donateur peut déduire de ses impôts 75 % des sommes données, dans la limite de 521 €, pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté, puis 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable, au-delà de ce plafond ou pour les autres associations », précise Audrey Bégué, responsable du développement de l’épargne solidaire au Crédit coopératif. Grâce à ce dispositif, vous pouvez amortir le coût du don et obtenir, après impôt, une rémunération proche de celle d’un produit classique, voire plus élevée. D’autant que les livrets de partage offrent des taux d’intérêt légèrement supérieurs à ceux des livrets bancaires classiques.
Prenons l’exemple du livret Agir du Crédit coopératif, rapportant 2,95 % et redistribuant 50 % de la rémunération. Si vous y investissez 10 000 € sur un an, le montant brut des intérêts s’élève à 295 €, dont la moitié est redistribuée à un organisme caritatif. Vous devrez acquitter 37,50 % de prélèvement forfaitaire libératoire (PLF) sur la part vous revenant (soit 55,31 €), et l’association règle 18,50 % de PLF sur la fraction faisant l’objet du don (soit 27,29 €). En outre, vous aurez droit à 79,34 € de réduction d’impôt ([147,50 € – 27,29 €] x 66 %). Au total, le livret vous rapportera donc 171,52 € après application de la fiscalité, soit un taux net de 1,72 %. L’avantage est encore plus important si vous choisissez comme bénéficiaire un organisme d’aide aux personnes en difficulté. Dans ce cas, la réduction d’impôt s’élève à 90,15 € ([147,50 € – 27,29 €] x 75 %), le livret vous rapportant alors 237,65 € après application de la fiscalité, soit un taux net de 2,38 %. Un livret bancaire classique rémunéré au même taux de 2,95 % brut vous aurait rapporté 1,84 % net, après application du PFL au taux de 37,50 %. Sachez que la Société générale « propose une option d’épargne solidaire qui se greffe sur n’importe quel livret, au choix du client », souligne Philippe Marquetty. En plus, chaque année, elle abonde de 10 % les intérêts versés aux associations.

Les comptes rémunérés rapportent peu

Lancés en fanfare, en 2005, les comptes bancaires rémunérés n’ont jamais attiré massivement les épargnants. Et pour cause : seule une poignée d’établissements en proposent, et souvent à des taux très faibles. Aujourd’hui, le taux de rémunération de ces comptes va de 0,10 à 0,25 % à la Caisse d’Épargne et de 0,25 à 1 % à Allianz Banque. Il est de 0,50 % à Axa Banque – ce taux est porté à 2 % si le montant des dépenses réglées avec une carte bleue est supérieur à 6 000 € par an – et de 1 % à Barclays ou à Groupama Banque. Seule la BPE offre, sans plafond, 2 % si le solde du compte excède 2 000 €, avec une promotion à 5 % jusqu’à la fin du mois de juin. Sachez que les intérêts versés sur un compte courant sont calculés au jour le jour. Ils sont imposés comme ceux des livrets bancaires, une fois déduits les éventuels agios constatés sur le compte en cas de solde négatif.


Mots-clés :

CEL , COMPTE A TERME , COMPTE EPARGNE LOGEMENT , LDD , LEP , LIVRET D'EPARGNE , LIVRET D'EPARGNE POPULAIRE




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