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Supprimer une piscine enterrée : Des solutions bouche-trous

Supprimer une piscine enterrée : Des solutions bouche-trous
Octobre 2011
Le Particulier Pratique n° 372, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

L’entretien d’une piscine est coûteux et fastidieux. Il faut contrôler le pH, le taux de désinfectant, nettoyer les filtres, la surface de l’eau, le fond du bassin tous les 8 à 15 jours… Malgré cela, les joints du carrelage finissent par noircir. Si le revêtement intérieur  est un liner (couche d’étanchéité en matériau synthétique), il s’encrasse, particulièrement au niveau de la ligne d’eau. Quant aux piscines coques d’entrée de gamme, du fait de leur texture grumeleuse, il faut les vider et les poncer périodiquement, comme un bateau. Aussi certains propriétaires décident-ils, une fois les enfants devenus grands, de supprimer leur bassin.

Beaucoup de contraintes pour un usage limité

Renoncer à sa piscine est, selon Robin Ramousset, designer-paysagiste à Saint-Priest (69), une vraie tendance : “Je réalise désormais une dizaine de chantiers de ce type par an.” Hormis la corvée et le coût d’entretien, ses clients invoquent un usage finalement très limité : “80 % des gens partent en congé l’été, 2 ou 3 semaines, au moment où ils pourraient enfin profiter de leur piscine”, souligne-t-il. Même si l’on se baigne tout l’été, ce professionnel a calculé que, sur 10 ans, un jour de baignade revient à 96 € dans le Nord et à 48 € dans le Sud, investissement inclus. Par ailleurs, certains propriétaires mettent en avant la place perdue, l’aspect inesthétique, le surcoût de taxe foncière, les problèmes de sécurité des jeunes enfants, malgré les protections obligatoires. Bref, il semble qu’au bout d’un certain temps, on cherche des solutions pour réaménager sa piscine.
Ainsi, 20 % des clients de notre paysagiste optent pour un rebouchage pur et simple. Ils sont la moitié à préférer transformer leur piscine en bassin naturel, en insistant sur leur souhait de s’affranchir de l’entretien après ce réaménagement – y compris lorsqu’ils sont équipés de doseurs automatiques de chlore ou de brome dernier cri. Enfin, dans 30 % des cas – une demande en hausse –, ils s’aventurent à garder l’espace creusé vide, soit pour y installer un solarium, bien abrité du vent et des regards, soit pour en faire une vraie pièce de vie : bureau, salon de jardin, chambre d’amis… Le coût est relativement modéré, car il y a déjà les arrivées d’eau, d’électricité et même de chauffage si le bassin était équipé d’une pompe à chaleur, et, parfois, un toit transparent. Mais la pièce sera, bien sûr, enterrée.

Faire enlever la piscine et boucher le trou

S’il s’agit d’une piscine en béton, les travaux relèvent de la compétence d’une entreprise de terrassement. L’artisan vide l’eau, puis retire les margelles, le liner – faute de quoi la pluie serait retenue et le sol transformé en marécage –, les tuyaux, les siphons, les filtres, la pompe à chaleur et tous les autres éléments non biodégradables devenus inutiles. Ces gravats sont soit laissés en vrac sur place – à charge pour le client de les porter à la déchetterie –, soit enlevés par le professionnel. Dans ce dernier cas, il faut prévoir dans le devis un supplément pour la mise à la décharge. En effet, elle est gratuite pour les particuliers, mais facturée environ 200 € la tonne aux entreprises, qui ont, de plus, obligation de trier par matériaux, d’où des frais de main-d’œuvre élevés.

• Faut-il démolir la ceinture de béton ?

“Ce n’est pas nécessaire, explique un professionnel habitué à ce genre de chantier, car c’est un mélange de calcaire et d’agrégats qui va se décomposer avec le temps. Il suffit de percer la dalle au foret, en plusieurs points, pour éviter toute rétention d’eau.” S’il s’agit d’une piscine coque, les abords doivent être dégagés à la tractopelle pour retrouver les sangles latérales. La coque est ensuite levée à l’aide d’un engin approprié, puis découpée avant d’être mise à la décharge. À moins de parvenir à la donner ou à la revendre, en sachant que le convoyage d’enlèvement nécessite un camion-plateau de très grandes dimensions.

• Le remblayage du trou

Pour reconstituer le sol, on ne se contente pas de déposer de la pierre concassée, dite aussi “tout-venant”. Cet amas a tendance à se tasser avec le temps, il peut perdre jusqu’à un tiers de son volume initial. Il faut donc le compacter dès sa mise en place : le damer tous les 60 cm d’épaisseur, avec une plaque vibrante ou un engin à double cylindre. On le recouvre ensuite de 40 à 50 cm de terre, que l’on peut alors ensemencer.

Transformer le bassin en pièce d’eau naturelle

Pour mettre en œuvre cette solution, on fait appel à un paysagiste. Celui-ci étage le bassin au moyen de sacs de jute remplis de sable (25-35 €/m2), en posant des gabions, c’est-à-dire des cages métalliques garnies de pierres (voir LPP n° 366, p. 7), ou en créant de grandes marches en bois imputrescible, du mélèze de Sibérie ou de l’acacia. Il faut compter de 100 à 120 €/m2 pour les deux dernières techniques. Le paysagiste dispose ensuite des plantes dans des paniers, qui seront immergés : prêle, à 10 cm sous la surface de l’eau ; lotus, de 15 à 50 cm ; myosotis aquatique, jacinthe ou iris d’eau, à 25 cm ; jonc, à 40-50 cm ; nénuphar, à 60 cm. Le trèfle d’eau, la châtaigne d’eau, la peste d’eau, la violette d’eau, la menthe d’eau, le cornifle nageant, etc., conviennent aussi. Certaines de ces plantes ont la particularité de développer un large feuillage en surface, ce qui limite le réchauffement de l’eau, et donc la prolifération d’algues ou de bactéries. D’autres ont une action filtrante ou oxygénante.

• Aménager la margelle en berge

Pour les abords immédiats du bassin, une fois les skimmers (bondes de surface) condamnés et la margelle inondée, il y a un large choix de plantes de berges – supportant une immersion intermittente ou permanente mais dans une faible quantité d’eau : iris japonais, rhododendron, acore, primevère, géranium, roseau, jonc fleuri, achillée, astilbe, rhubarbe d’ornement, souci d’eau… “En plus d’offrir un agrément esthétique, ces végétaux contribuent à maintenir les berges, très exposées au ravinement”, souligne Robin Ramousset. Les jeux d’eau sont évidemment bienvenus. “On peut réaliser une fontaine ou une cascade à partir d’un point haut – une terrasse surélevée, par exemple –, pour oxygéner l’eau, rafraîchir l’air, créer une ambiance sonore…” Cet espace aquatique végétalisé attirera sans doute grenouilles et oiseaux. Pourquoi ne pas y ajouter des poissons ou une tortue d’eau ?

Créer une extension de la maison

Une fois vidée de son eau, une piscine en béton peut être convertie en une pièce annexe, à l’abri du vent et des regards. Seules les piscines enterrées autoportantes – à ceinture de béton, à parois métalliques ou en polystyrène coulé, ainsi que certaines coques autoportantes – peuvent être transformées de la sorte. Ce n’est pas le cas des versions enterrées en tôle ondulée ni de certaines coques en plastique, car lorsque le bassin est vidé, leurs parois s’effondrent sous la pression de la terre. 
Quand la structure s’y prête, toutes les fantaisies sont permises. “On peut transformer la piscine en atelier d’artiste des plus lumineux, en salon ou en chambre d’amis ouvrant sur le ciel, en une formidable aire de jeux pour les enfants, en serre abritant des plantes grimpantes ou exotiques…”, explique notre paysagiste. S’il existe un ancien abri ouvrant, il peut être conservé et former la toiture. Pour changer l’ambiance, on installera un bel escalier en accès ou une terrasse en bois au fond de l’ancien bassin, on fera courir des plantes grimpantes le long des parois, on créera une fontaine ou un mur d’eau, qui sera du plus bel effet et apportera de la fraîcheur… Le budget peut alors monter très vite. Se fondant sur les différents chantiers qu’il a réalisés, Robin Ramousset estime qu’une transformation en pièce annexe demande d’investir au minimum 7 500 €. À moins de se contenter d’un solarium minimaliste : dans ce cas, couvrir le fond de la piscine d’un plancher en bois revient à 200 €/m2 – soit 1 200 € pour un bassin de 60 m2.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

PISCINE , TRAVAUX




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