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Les épurateurs d'air : un air plus sain sur commande ?

Les épurateurs d'air : un air plus sain sur commande ?
Octobre 2011
Le Particulier Pratique n° 372, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

La question de la pollution de l’air intérieur se pose depuis quelques années, et de nombreuses études ont permis de mettre au jour les différents polluants qu’il contient : des composés organiques volatils (COV), dont les formaldéhydes, agents classés cancérigènes, des particules allergènes ou simplement irritantes… Ionisateurs (ou ioniseurs), purificateurs d’air, appelés aussi épurateurs d’air, sont de plus en plus utilisés pour assainir l’air et ont tendance à se multiplier dans les bureaux, les crèches et les maisons. Sans compter les installations de climatisation, qui disposent également de cette fonction. Si le marché français n’en est encore qu’à ses balbutiements, ces appareils sont utilisés depuis 20 ans au Japon, où il se vend des millions de purificateurs d’air chaque année. Les promesses de ces matériels sont légion : ils sont censés débarrasser l’air des particules polluantes, des allergènes (poils d’animaux, pollens, acariens…) et des bactéries. Dans quelle mesure leur action est-elle prouvée ?

Quelles techniques d’épuration ?

Certains appareils se limitent à piéger les polluants dans des filtres. Leur action est mécanique. Les filtres haute efficacité pour les particules aériennes (Hepa) sont opérants sur les allergènes et la poussière : ils stoppent les particules d’une taille de 0,3 micron. Les filtres à charbon, eux, arrêtent les mauvaises odeurs : charbon et zéolite éliminent les molécules gazeuses présentes dans l’air par adsorption – c’est-à-dire une réaction chimique entre un solide et un gaz par laquelle les particules gazeuses sont stockées dans le solide. Certains matériels détruisent les molécules au moyen de filtres électroniques, de rayonnement ultraviolet ou par photocatalyse. Par exemple, le Plain Air, lancé par la société TLV, qui fabrique des équipements pour le milieu hospitalier en partenariat avec Philips et Ahlstrom, utilise un système de photocatalyse oxydation : des sources lumineuses spécifiques minéralisent les particules polluantes et les transforment en molécules naturelles. D’autres appareils, enfin, agissent par ionisation. En effet, des ions négatifs et des ions positifs circulent naturellement dans l’air. Dans un cadre confiné, les ions positifs sont les plus nombreux. À l’inverse, l’air marin contient davantage d’ions négatifs, et ce surplus facilite la respiration. Les ionisateurs tentent de rétablir ce déséquilibre entre ions négatifs et positifs en produisant des ions négatifs.

Peut-on parler de désinfection ?

Les appareils sont censés dégrader les principaux polluants présents dans l’air (COV, dioxines, ozone…), le désodoriser et le désinfecter en agissant sur les bactéries, les spores de moisissures, les levures et les virus, limitant ainsi les contaminations et les infections en période d’épidémie. Or, ces matériels ne stérilisent pas. “L’appareil diminue simplement l’activité pathogène des bactéries et freine la propagation des virus. Cela ne se substitue pas au nettoyage et à l’aération des locaux”, prévient Laurent Giraud, chef de produits électroménagers de Sharp France. La technologie Plasmacluster, utilisée par cette entreprise, génère des ions positifs et négatifs qui se collent sur les protéines des virus et absorbent l’hydrogène qui les compose. Ce procédé est décliné dans des aspirateurs, des réfrigérateurs, des lave-linge et même des voitures. Sachez que les épurateurs d’air sont très efficaces pour lutter contre les odeurs. La photocatalyse a déjà fait ses preuves dans les porcheries pour limiter les nuisances olfactives dans le voisinage.

Y a-t-il un risque d’émanations nocives ?

Lors de la décomposition des polluants chimiques se forment quelquefois des composés intermédiaires aussi nocifs, notamment de l’ozone, un irritant des voies aériennes qui peut se combiner avec d’autres polluants. Cette réaction ne pose pas de problème dès lors que l’ozone est généré en quantité infinitésimale, ce qui n’est pas le cas de tous les matériels. Il peut également y avoir une production de formaldéhydes si l’air ne reste pas assez longtemps dans l’appareil pour que le processus de minéralisation soit achevé.
Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) a déjà rendu deux avis sur les épurateurs d’air autonomes et les aéro-ioniseurs. Le premier, datant de 1992, soulignait qu’aucun bénéfice n’était démontré sur la santé et qu’il pouvait y avoir des effets nocifs potentiels en cas d’émission d’ozone. Le second, remis en 2002, sur les matériels dits “épurateurs d’air autonomes vis-à-vis des risques infectieux et allergiques”, réitérait l’absence de preuves d’un bénéfice réel sur la santé. Il affirmait que ces appareils ne pouvaient être recommandés pour lutter contre un risque infectieux ou allergique et qu’ils ne se substituaient pas à la ventilation. Enfin, l’avis insistait sur la nécessité de la mise en place de protocoles d’évaluation.

De quelles garanties d’efficacité dispose-t-on ?

Jusqu’à maintenant, il n’existait aucune norme. Les industriels font bien réaliser des tests avant de mettre leurs appareils sur le marché, mais ils ont tendance à prévoir des protocoles qui leur sont favorables. Les laboratoires ne font pas tous les dosages ; celui de l’ozone, par exemple, est facultatif.
En 2007 a été créée sur le plan national la commission de normalisation Afnor/B44A “photocatalyse”, composée de fabricants, d’utilisateurs, de consommateurs, des pouvoirs publics et de laboratoires. Elle a publié, en mai 2011, la norme expérimentale XP B44-200, qui s’applique à tous les matériels incluant les fonctions d’épuration et de ventilation. Elle travaille actuellement sur une autre norme expérimentale (XP B44-013), publiée en 2009, qui permet de mettre en évidence la présence, dans l’épurateur d’air en test, d’un effet photocatalytique. L’essai consiste à forcer un flux dont la concentration en polluants est connue à passer à travers un épurateur. Le différentiel entrée-sortie est mesuré. À l’issue de 3 ans d’expérimentation, la norme sera homologuée NF. L’objectif est de définir les caractéristiques des appareils et d’établir une classification à partir des résultats obtenus. Le référentiel, qui pourrait être finalisé en 2012, intégrera le volume d’air épuré et les éventuelles présences de produits susceptibles de modifier la norme expérimentale.
Autre démarche, un syndicat d’allergologues a fondé l’Association de recherche clinique en allergologie et asthmologie (Arcaa) afin de labelliser les produits destinés aux personnes allergiques. L’association a créé deux labels : Allergènes contrôlés et Air intérieur contrôlé. Une agence mandatée par l’Arcaa va bientôt rendre ses conclusions sur un premier appareil. Elle est en train d’étudier les résultats, obtenus dans des laboratoires indépendants, afin de pouvoir confirmer les qualités et l’efficacité de ce matériel auprès des consommateurs souffrant d’allergies.

Isabelle Coune


Mots-clés :

AIR , ENVIRONNEMENT , POLLUTION , QUALITE




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