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Le bois, idéal pour construire

Le bois, idéal pour construire
Octobre 2011
Le Particulier Immo n° 279, article complet.
Auteur : BERTRAND (Marianne)

Un chantier rapide et propre, des performances thermiques intéressantes, et un aspect chaleureux en parement de plus en plus recherché… Le bois devient un élément de valorisation pour une maison.

Un matériau de plus en plus utilisé

Le bois a longtemps rimé, en matière de construction, avec habitat montagnard ou luxueux projet d’architecte pour papier glacé. Autant de stéréotypes qui ne correspondent plus à la réalité. Bien que la filière soit encore assez peu organisée, on voit désormais pousser les maisons individuelles bâties à la demande de primo-accédants intéressés par la perspective d’une économie d’énergie à terme, mais aussi soucieux de se différencier de l’habitat pavillonnaire plus traditionnel. Les extensions à ossature bois connaissent elles aussi un succès croissant, et les parements boisés colonisent les façades, apportant une note chaleureuse à l’ensemble.
Une démocratisation que Loïc de Saint-Quentin, secrétaire général d’Afcobois (le syndicat des acteurs français de la construction en bois), date d’une dizaine d’années, pas davantage. Et qui n’est pas forcément synonyme de petits prix : difficile de descendre sous la barre des 1 200 E/m2 en construction, pour des prestations correctes. Le prix moyen, toutes régions confondues, avoisine même les 1 500 E/m2. Le surcoût du bois par rapport à une maçonnerie traditionnelle oscille en effet entre 5 et 10 %. Mais, au-delà du coût initial, l’utilisation du matériau bois est souvent gagnante par rapport aux solutions concurrentes, béton et acier.

Des économies d’énergie et de temps

Construire une maison à ossature bois (MOB), c’est d’abord s’assurer d’un chantier rapide et propre. Le temps de montage du gros œuvre (mur, charpente) est en général d’une à deux semaines, selon les entreprises, la complexité du bâti et le degré de préfabrication. Une durée d’assemblage imbattable qui s’explique par la préfabrication en ateliers de murs entiers intégrant menuiseries, isolation, fourreaux électriques, parements. La construction à sec élimine de fait le temps de prise et de séchage induits par le béton. Il faut intégrer les délais de livraison, qui dépassent parfois trois mois, mais c’est sans commune mesure avec un chantier classique qui demandera au moins quatre mois de plus. Avec ce montage éclair, le propriétaire économise sur le temps de remboursement de son prêt bancaire, voire d’un prêt relais.
La technique de construction permet par ailleurs de générer des économies d’énergie. Actuellement, les maisons à ossature bois occupent 80 % du marché de la construction. Une technique consistant à fabriquer une sorte de squelette constitué de montants et de traverses faisant office de murs. Sur le cadre ainsi formé, des panneaux de bois (contreventement) viennent rigidifier la structure, pour réaliser une sorte de caisson. Ce caisson est ensuite rempli d’un isolant assurant une performance thermique qui augmente avec la qualité et l’épaisseur du matériau. L’isolation est enfin complétée par un pare-pluie/pare-vent à l’extérieur et un pare-vapeur à l’intérieur de l’habitation. Si l’ensemble de la conception est au rendez-vous, une maison en bois peut afficher des performances thermiques exceptionnelles, permettant des économies d’énergie en moyenne de l’ordre de 20 %, voire plus, par rapport à un habitat traditionnel. « La première étape à franchir avant de se préoccuper du système de chauffage est l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire les ouvertures, les murs, le toit et le sol », insiste Florent Huchon, architecte dans le pays de Gex et conseiller en filière bois au sein du groupe des Architecteurs. L’idéal ? Combiner le matériau bois avec des isolants thermiques efficaces, comme la laine de bois, placés à l’intérieur des murs entre chaque montant d’ossatures.
La construction en bois se prête ainsi naturellement à la haute performance énergétique. Mais permet-elle d’atteindre le niveau BBC (Bâtiment basse consommation) qui sera exigé pour tout permis de construire déposé à compter du 1er janvier 2013 ? Patrick Molinié, responsable bâtiment à FCBA (Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement) se montre confiant : « La plupart des constructeurs en bois partent actuellement sur du BBC, devenu le standard, les exigences du Grenelle – considérées comme élevées au départ – ayant été rapidement atteintes sur ce créneau. » Afcobois, de son côté, pousse ses adhérents à anticiper la réglementation en réalisant des opérations labellisées BBC. Revers de la médaille, le surcoût de 5 à 15 % engendré par l’emploi de matériaux de qualité et les justificatifs de performance énergétique à obtenir (étude thermique et test d’étanchéité à l’air). Un pas que les acquéreurs ne sont pas nécessairement prêts à franchir.

Obtenir un permis de construire est plus aisé

Comme tout projet de construction, la maison en bois doit respecter les règles d’urbanisme en vigueur dans la commune, en particulier le plan local d’urbanisme (PLU) ou plan d’occupation des sols (POS) s’il est encore applicable. « Ce document, s’il ne peut proscrire l’emploi du matériau bois en tant que tel, peut interdire son utilisation en parement extérieur, aux côtés d’autres précisions portant sur l’architecture et l’aspect des constructions », avertit Jean-Marc Pauget, délégué régional Rhône-Alpes au Comité national pour le développement du bois (CNDB). C’est ainsi que le PLU peut imposer de mettre un enduit ou un bardage peint afin de masquer l’aspect du bois sur une maison en structure de bois.
Sur le terrain, même en l’absence de toute restriction, il arrive encore qu’il soit difficile d’obtenir le précieux sésame. Certains élus locaux ou services instructeurs – les nouvelles directions départementales des territoires – assimilent encore hâtivement les maisons en bois à des chalets de montagne… La situation s’est toutefois améliorée ces dernières années, et elles ne sont plus l’apanage de la Savoie ou des Landes. Des constructeurs lillois, angevins, et même bretons, se sont aussi lancés, avec succès, sur le créneau, contribuant ainsi à bousculer les idées reçues. Confronté à un refus obstiné de permis de construire, il ne reste plus qu’à saisir le tribunal administratif. « On est sûr de gagner dès lors que les règles d’urbanisme sont respectées », parle d’expérience un constructeur.

Les extensions sont facilitées

Le bois se prête aux extensions de bâtiments existants, y compris à leur surélévation, que l’immeuble soit à l’origine à ossature bois ou de facture classique, c’est-à-dire maçonnée. En effet, il n’est pas nécessaire, eu égard à la légèreté du matériau, de faire reprendre les fondations de l’ancienne maison en sous-œuvre, même s’il est conseillé de faire vérifier leur état au préalable. Par ailleurs, le faible poids de la structure provoque un tassement minime, ce qui diminue considérablement le risque de fissures. Côté chantier, le plus gros désagrément consiste en la pose éventuelle d’un radier (dalle en béton armé). Quant aux autres éléments de construction, étant préfabriqués en atelier, les tracas liés aux travaux et à un déménagement provisoire sont évités.
C’est d’ailleurs sur les opérations d’extension que les professionnels sont le plus sollicités, particulièrement en périphérie des grandes agglomérations, là où le coût du foncier est devenu prohibitif. « C’est un marché important qui, dans certaines régions, peut représenter pas loin de la moitié des constructions en bois », confirme Jean-Marc Pauget. S’il faut bien sûr respecter au préalable les contraintes d’urbanisme, les formalités peuvent être allégées : en effet dès lors que le projet porte sur moins de 20 m2 de shob (un décret attendu devrait relever ce seuil à 40 m2), une déclaration préalable suffit. N’hésitez pas, toutefois, à recourir à un architecte. Vis-à-vis de son client, il engage sa responsabilité sur le type de fondation à employer (plots, dalle de béton ou de bois, vide sanitaire), il s’assure de la liaison avec la maison existante. A fortiori si l’extension implique une surélévation, opération délicate qui nécessite de réaménager les combles, d’estimer la capacité des murs existants à accepter une charge supplémentaire, tout en prévoyant une fixation mécanique adaptée à la dimension de la maison.

Une essence de bois pour chaque situation

Utilisé en revêtement extérieur, le bois est de plus en plus prisé. Chaleureux d’aspect, matériau vivant, il implique un entretien particulier. Il doit être mis à l’abri d’une attaque de champignons ou d’insectes, occasionnée essentiellement par l’humidité. Le projet doit donc s’attacher à limiter l’exposition à l’eau des façades (nord sud et ouest du fait des vents de pluie dominants), le cas échéant par un choix architectural, comme de larges débords de toiture ou des écrans de façades. Mais également par l’adoption d’une essence d’arbre adaptée. Tous les bois ne sont pas égaux en termes de résistance face à leurs ennemis jurés, intempéries et poids des ans. Dans la forêt française, c’est le cas du mélèze, ou du douglas, très employé dans la construction en bois. « Encore faut-il qu’ils soient purgés d’aubier, c’est-à-dire de la couche externe et vivante la plus récemment formée, et qui est vulnérable », explique Loïc de Saint-Quentin. Une opération qui génère des déchets et des difficultés de traitement dans les scieries hexagonales, faute pour la filière bois d’être encore véritablement organisée. Résultat, la majorité des structures et des parements des maisons en bois tirent leur origine d’importations d’Allemagne,
d’Autriche ou, pour la plupart, d’exploitations forestières d’Europe du Nord. Quant aux variétés tropicales des forêts amazoniennes, très résistantes, elles sont employées essentiellement pour la conception de terrasses. À savoir : il existe deux labels sur le marché, selon le référentiel PEFC (version européenne) ou FSC (version américaine et anglo-saxonne), garantissant que le bois est éco-certifié. C’est l’assurance que les plants sont reconstitués au fur et à mesure de l’exploitation en vue d’éviter la déforestation et que le bois n’est pas illégalement importé.
Quelle que soit sa provenance, le bon bois doit être au bon endroit, ainsi que le résume Loïc de Saint-Quentin. Pour s’en assurer, une échelle définit cinq « classes d’emploi » qui s’imposent aux professionnels de la construction, et sert aussi de repère pour le particulier. À titre d’exemple, si le pin sylvestre convient pour une charpente intérieure ou un bardage sous abri (classe 2), il n’est pas adapté sans traitement pour des éléments de charpentes ou du bois empilé destinés à un usage extérieur (classe 3).

Des traitements préventifs plus naturels

De la classe d’emploi découle aussi le traitement préventif à mettre en œuvre, incontournable pour les bois non naturellement durables. Le plus draconien, dit « par autoclave », permet une imprégnation au cœur du bois par injection sous pression. Ce procédé est ainsi adapté aux pins maritimes, du fait de leur perméabilité. Autant le savoir : aucune essence, y compris durable, ne résiste à terme à une invasion en règle de termites. Un traitement s’avère d’ailleurs obligatoire dans plus d’une cinquantaine de départements, déjà touchés ou susceptibles de l’être, ayant fait l’objet d’un arrêté préfectoral. C’est ainsi que les constructions neuves doivent recevoir, non seulement une protection au niveau des fondations – un film insecticide avant de poser la dalle –, mais aussi un traitement des charpentes et des poutres. Longtemps utilisé, le traitement au cuivre, chrome et arsenic (CCA) est aujourd’hui interdit. Les cuivres dits organiques, une combinaison avec des sels minéraux, sont considérés comme les produits les plus efficaces. Des solutions naturelles se développent, comme le traitement oléothermique, associant, comme son nom l’indique, haute température et bains d’huile. En tout état de cause, il est recommandé d’appeler une entreprise utilisant les produits de préservation du bois certifiés « CTB P+ ».

Un entretien moins coûteux qu’un ravalement

Vécu comme une contrainte, l’entretien des façades extérieures est au cœur des préoccupations des propriétaires. Or, le parement est souvent réalisé en bardage, c’est-à-dire en planches de bois qui, si elles se voient parfois appliquer une première finition en usine, peuvent être laissées naturelles. Sans finition, le matériau, du fait de l’exposition aux rayons solaires et à la pluie, prendra une teinte grise avec le temps. Sans pour autant perdre ses qualités mécaniques. « Le propriétaire est-il prêt, ou non, à accepter ce grisaillement ? C’est la question qu’il faut se poser au départ », résume Florent Huchon. Une question autant esthétique que culturelle. « La différence de teinte entre les parties supérieure et inférieure de la façade, générée par un fort débord de toiture, est ainsi perçue comme de la négligence dans notre pays, alors que cela passe très bien en Autriche », relève Loïc de Saint-Quentin.
Une solution pour ceux qui veulent conserver le bois dans sa couleur d’origine ? Passer une couche de lasure transparente ou de peinture microporeuse, de préférence légèrement pigmentée, afin de protéger le bois contre les rayons ultraviolets. À renouveler tous les deux à cinq ans, selon le climat et l’exposition. La lasure opaque est un produit qui se développe. Une solution  à préconiser à l’usage de ceux qui veulent une fréquence d’entretien plus longue, tous les dix ans, en moyenne. Dans tous les cas, l’effort pour le propriétaire se révèle moins coûteux que le ravalement d’une maison de crépi ou de pierre…

Marianne Bertrand


Mots-clés :

BOIS , BOIS D'OEUVRE , CONSTRUCTION , CONSTRUCTION IMMOBILIERE




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