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Les résidences de tourisme sont-elles en bonne santé ? (Interview)

Les résidences de tourisme sont-elles en bonne santé ? (Interview)
Septembre 2011
Le Particulier Immo n° 278, article complet.
Auteur : SABARLY (Colette)

La défection de nombreux étrangers à la fin 2008 a touché le marché du tourisme dans son ensemble. Nous avons demandé à Gérard Brémont, leader européen du tourisme de proximité, P-DG de Pierre et Vacances, Maeva, Center Park… de se prononcer sur la santé de ce secteur aujourd’hui.

Gérard Brémond, Pdg Pierre et Vacances

Années 1960 : licencié es sciences économiques, création de la station sans voitures Avoriaz
1973 : invente la « nouvelle propriété » avec Pierre et vacances

Quels sont selon vous les avantages de la résidence de tourisme face à la résidence secondaire traditionnelle ?

G.B. En France, il existe 3 millions de résidences secondaires, dont 1 million environ est loué occasionnellement, généralement dans le but de réduire les dépenses liées à une telle détention. En résidence de tourisme classée, ce souci n’existe pas, puisque l’acquéreur d’un appartement signe un bail commercial de neuf à onze ans avec l’exploitant de la résidence, qui sous-loue ensuite le bien à une clientèle de passage, ce qui permet à l’acquéreur, durant la période où il n’occupe pas son logement, de percevoir un revenu locatif garanti et de ne pas avoir de charges à payer, celles-ci étant assumées par l’exploitant. Ce rendement varie en fonction du nombre de semaines durant lesquelles le propriétaire décide d’occuper son logement, sachant qu’il est possible d’aller jusqu’à huit semaines mais que, dans la majorité des cas, cette occupation s’établit entre trois et quatre semaines. Sans occupation, le rendement oscille entre 3,5 et 4,5 % nets de charges. L’intérêt de la résidence de tourisme, par rapport à une résidence secondaire classique tient aussi au fait que les logements proposés sont standardisés, dotés de prestations qui varient selon le nombre d’étoiles de la résidence (jusqu’à 5 étoiles désormais) et de services d’ordre parahôtelier (accueil, petit-déjeuner, fourniture de linge, nettoyage…). Un certain nombre d’autres services, à la carte, sont également proposés à la clientèle. En outre, la résidence de tourisme est dotée d’équipements, tels que piscine, spa… que le vacancier ne trouve généralement pas dans une résidence secondaire classique.

La conjoncture a-t-elle eu des répercussions sur la location saisonnière ?

G.B. On voit évidemment que la crise rend les vacanciers plus attentifs à la localisation, au coût des transports. Avec les événements qui se sont produits en égypte, en Tunisie, etc., les touristes sont aussi plus frileux. Toutes origines confondues, ils ont tendance à rester dans leur pays. Cela ne profite pas nécessairement à la location saisonnière en France. En effet, ceux qui avaient réservé leur séjour dans un pays ayant subi des remous, par un tour-opérateur, se sont vu proposer des solutions alternatives aux Canaries, en Turquie…, donc des destinations qui ne profitent pas à la France. En revanche, ceux qui avaient réservé directement seront sans doute tentés de renoncer, moyennant une indemnité, et se reporteront partiellement sur les destinations françaises. Mais il faut savoir que les voyages à l’étranger sont souvent très compétitifs par rapport à des destinations françaises.

Constatez-vous aussi des changements de comportement dans la consommation du bien « vacances » ?

G.B. Il y a incontestablement une augmentation des courts séjours. Les vacanciers consomment de multiples petits séjours. Mais les deux semaines en été restent très pratiquées. On observe une demande de plus en plus forte pour les grandes capacités d’hébergement. On voit des familles réserver des maisons pour 15, 18 personnes. Elles se déplacent de plus en plus en tribu, parents, grands-parents, enfants… et réservent un an à l’avance pour être sûres d’avoir satisfaction. Ce comportement se rencontre notamment dans nos Center Parcs. Dans ce domaine, nous avons des difficultés à satisfaire la demande, car l’offre est assez réduite.

Comment se présente la saison en résidences de tourisme ?

G.B. En matière de réservations, il y a deux solutions : soit on assure ses carnets de réservations en mettant en avant des réductions massives, soit on ne pratique les réductions que de manière parcimonieuse, en fonction de l’évolution des réservations et de l’approche de la saison. Pour notre part, nous constatons qu’en ce qui concerne l’avant-saison, c’est-à-dire de Pâques à juin, nous sommes en progression par rapport à l’année précédente. On peut dire que nous sommes en sortie de crise. Nous surfons sur une pression ­importante de la demande. Aujourd’hui, sur nos Center Parcs, nous sommes à 75 % de taux d’occupation.

Quelle analyse faites-vous par ailleurs de l’activité de vente d’appartements dans vos résidences de tourisme ?

G.B. Le marché de la résidence secondaire dans son ensemble a subi une forte baisse des transactions dès la fin de l’année 2008, notamment parce que les étrangers se sont retirés du marché. En particulier, les Anglais qui ont quitté la France en raison d’un taux de change de l’euro à la livre sterling qui leur était défavorable. Cette situation a entraîné une baisse des prix. Pour ce qui concerne le segment de la résidence de tourisme, le dispositif Censi-Bouvard a fortement soutenu le marché. Notre Center Park de Moselle, par exemple, a réussi à commercialiser ses 800 lots en un peu plus d’un an.

Colette Sabarly


Mots-clés :

LOCATION SAISONNIERE , MARCHE IMMOBILIER , RESIDENCE DE TOURISME , RESIDENCE SECONDAIRE




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