Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Consommation > Réduire l’entretien au strict minimum... grâce à des méthodes alternatives

Réduire l’entretien au strict minimum... grâce à des méthodes alternatives

Juillet-Août 2011
Le Particulier Pratique n° 370, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)
  • Ameublir en douceur
  • Couvrir le sol pour le protéger
  • Nourrir si besoin et sans excès

Certains sols exigent d’être décompactés à la sortie de l’hiver. Attendez le bon moment : la terre doit être humide sans être collante et s’effriter facilement quand vous la malaxez. Une tâche fastidieuse  ? Moins qu’il n’y paraît !

Ameublir en douceur

La plupart des spécialistes du jardin naturel déconseillent aujourd’hui de retourner le sol à la bêche. Il suffit de l’aérer sur 20 cm de profondeur, à l’aide d’une grelinette (outil à deux manches et cinq dents, un peu cher mais très efficace, voir LPP n° 300) ou d’un outil équivalent. L’intérêt est multiple : vous préservez la fertilité du sol – la couche supérieure, fertile, n’est plus enfouie et remplacée par la couche inférieure, stérile ; vous ne bouleversez pas l’environnement naturel des vers de terre, mille-pattes, collemboles, isopodes, larves d’insectes, champignons, acariens, bactéries… qui fertilisent le sol ; vous évitez de remonter des semences d’espèces indésirables ; enfin, vous ménagez votre dos.

Couvrir le sol pour le protéger

Laisser un sol nu, même en hiver, est une hérésie, car, très vite, il s’érode – il est lessivé par le ruissellement des eaux de pluies et de dégel –, se dessèche sous l’action du vent et du soleil, est colonisé par des espèces indésirables, se stérilise – il est déserté par les micro-organismes et les vers de terre. Le couvrir évite tous ces inconvénients. Mieux, sa fertilité augmente – l’activité biologique est stimulée – et “votre travail est fortement allégé : vous avez moins besoin, voire plus besoin du tout, de bêcher, d’arroser, de désherber, de biner”, explique Denis Pépin, ingénieur agronome. Avec quoi le couvrir ?
• Le paillis organique convient à la très grande majorité des espèces végétales, d’après Jean-Paul Collaert : “Seules les plantes de rocaille et de garrigue préfèrent un paillis minéral.” Biodégradable, il nourrit le sol en se décomposant et permet de réutiliser divers déchets organiques du jardin : feuilles mortes, foin, paille, tontes de gazon, résidus de taille broyés… L’idéal est, quand même, le compost bien mûr, fait maison de préférence. Il existe des feutres végétaux, à base d’amidon de maïs ou de papier, par exemple, mais ils sont chers et assez disgracieux. Les écorces de pin sont déconseillées, car “en se décomposant, elles libèrent des substances toxiques pour les racines de certaines plantes, prévient Jean-Paul Collaert. Gare aussi aux cosses de cacao ! Elles contiennent un alcaloïde toxique pour les chiens – 80 g de cosses suffisent à tuer un chien de 10 kg”. Le paillis organique doit être épandu sur 4 ou 5 cm d’épaisseur, pas moins, car il ne serait pas efficace, pas plus pour ne pas gêner le réchauffement et l’aération du sol – les champignons ont besoin d’air pour dégrader les matières organiques – et éviter le pourrissement après la pluie.
• Le paillis minéral (gravier, galets, ardoise, schiste, pouzzolane, billes d’argile…) n’est pas biodégradable. Il ne nourrit donc pas le sol. Mais il dure très longtemps et est très décoratif. Comme pour le paillis organique, et pour les mêmes raisons, le paillis minéral ne doit pas avoir plus de 5 cm d’épaisseur.
• Le paillis synthétique (films PVC) est à bannir, car il n’est ni durable ni biodégradable. Qui plus est, il coûte cher et est inesthétique.
• Les engrais verts sont des espèces végétales qui occupent le sol, pendant l’hiver notamment, tout en le nourrissant : leurs racines profondes l’enrichissent naturellement en fixant l’azote de l’air. Vous les sèmerez au printemps ou à la fin de l’été, jusqu’aux premières gelées. Une fois fauchés, ces végétaux serviront de paillis organique. Entre autres engrais verts, citons de nombreuses légumineuses (pois, haricot, fève, lentille, lupin), la luzerne, le trèfle – blanc pour les sols légers et calcaires, violet pour les sols lourds ou acides –, l’épinard, la moutarde blanche, la vesce d’hiver, le radis fourrager, la phacélie, le sarrasin, le seigle.
• Les plantes tapissantes constituent un autre couvre-sol intéressant. Esthétiques, durables, capables de s’adapter à tous les reliefs, même pentus, elles n’exigent guère d’entretien. Elles stimulent l’activité biologique du sol, le protègent de l’érosion, nourrissent la terre sans se décomposer et procurent une humidité qui attire une faune auxiliaire bien utile. Il en existe de multiples variétés. La plupart fleurissent en plein soleil : œillet, pourpier et géranium vivaces, rue, de nombreux saxifrages et sedums, divers rosiers tapissants… Plus rares sont celles qui se plaisent à l’ombre : muguet, Pachysandra terminalis, Saxifraga umbrosa, bugle, épimède, lamier tacheté… D’autres se moquent de l’exposition : pervenche, campanule, millepertuis, ibéris…

Nourrir si besoin et sans excès

Vous trouverez dans le commerce de nombreux fertilisants organiques : du tourteau de ricin ou du sang séché, riches en azote ; de la poudre d’os, riche en azote et en phosphore ; de la poudre de roches volcaniques, riche en potassium, en calcium et en phosphore ; des farines d’algues, riches en oligoéléments ; du guano du Pérou, riche en azote, en phosphore et en potassium… Bien que naturels, ils doivent être utilisés avec discernement, car la surfertilisation fragilise les végétaux. Ceux-ci deviennent plus sensibles aux maladies et aux parasites, peinent à absorber l’eau, mais aussi certains éléments vitaux dissous dans le sol à cause de ceux fournis en excès, et finissent par dépérir.
• Un apport de compost deux fois par an peut suffire. En France, peu de terres naturelles présentent de vraies carences. Si vous optez pour des espèces végétales adaptées à votre sol, le seul fertilisant utile sera du compost mûr, acheté ou fait maison (voir LPP n° 322). “Profitez du premier binage de l’année, en février-mars, pour fertiliser votre jardin d’ornement avec cet engrais, recommande Brigitte Lapouge-Déjean. Étalez-le sur 3 cm d’épaisseur, puis griffez le sol pour l’incorporer légèrement. Le jardin est nourri. En juin, apportez un complément, en procédant de la même façon, pour les annuelles et les vivaces qui fleurissent en automne. En tout cas, stoppez l’apport d’engrais après le mois d’août pour ne pas stimuler inutilement la végétation avant l’hiver.” Cette fertilisation est inutile, et même contre-indiquée, pour les espèces de climat méditerranéen. “Comme elles sont particulièrement frugales, les ajouts de compost les fragilisent”, explique Olivier Filippi. D’où l’intérêt, encore une fois, de bien se renseigner sur les réels besoins des espèces végétales que vous choisirez.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

JARDINAGE , PESTICIDE , PRODUIT BIOLOGIQUE




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier