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Pompes à chaleur : les consommateurs en froid avec leur installation

Pompes à chaleur : les consommateurs en froid avec leur installation
Juillet-Août 2010
Le Particulier Pratique n° 359, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Opter pour une pompe à chaleur permet de faire des économies de chauffage… à condition que l’installation soit parfaitement adaptée à votre logement.

En période d’augmentation du coût des énergies, le principe de la pompe à chaleur (PAC) est séduisant : récupérer des calories dans l’air ou le sol pour les réinjecter dans le réseau de chauffage. Boostée par le crédit d’impôt, la demande n’a cessé de croître, suscitant de nombreuses vocations parmi les prescripteurs. Mais voilà, l’installation de ce type de matériel est pointue et ne tolère pas l’amateurisme. Elle nécessite de considérer l’habitat dans sa globalité pour trouver la PAC qui va répondre aux besoins des occupants, sous peine de connaître de grandes désillusions, comme en témoigne l’un de nos lecteurs, après la pose d’une pompe à chaleur air-eau (voir LPP n° 357, p. 6). Appareils qui ne tiennent pas leurs promesses, clients victimes de la faillite du distributeur, erreurs d’exécution sur les chantiers (soudures qui fuient, tuyaux percés par le chapiste, capteurs extérieurs horizontaux trop petits ou qui dépassent chez le voisin…), procédures engagées par le voisinage à cause du bruit : la mauvaise presse dont souffrent actuellement les pompes à chaleur ne donne pas envie de se lancer. Dommage, car une installation réussie engendre des économies substantielles !
“Pour réaliser une bonne installation, il faut un bon produit et un bon installateur. Avant de préconiser un appareil, il est indispensable de faire une étude de l’habitat et d’évaluer les déperditions thermiques pour déterminer la puissance nécessaire. Dans certains cas, une PAC ne sera pas la solution”, explique Frédéric Henry, responsable technique à l’Agence qualité construction (AQC). De nombreux litiges sont, en effet, dus à un manque d’étude du bâti. Il arrive que des entreprises opportunistes vendeuses de crédit d’impôt sous-estiment les déperditions thermiques de la maison.

Il faut calculer au plus juste le dimensionnement de la pompe

On ne peut pas la surdimensionner, sinon des dysfonctionnements apparaissent. Par exemple, la PAC démarre et s’arrête trop souvent dans la journée, ce qui réduit son rendement et sa durée de vie. Si les études thermiques ont omis de prendre en compte un défaut d’isolation, l’installation de production d’énergie devient sous-dimensionnée par rapport à la réalité. Trop sollicitée, elle peut créer des surconsommations d’énergie dues au besoin d’un appoint, voire tomber en panne. Les réclamations portent alors sur la PAC ; or, le problème provient, en fait, de l’isolation.
“Nous rencontrons également des pathologies sur les installations mixtes, qui comportent, pour partie, des systèmes d’émission de chaleur au rez-de-chaussée et, pour partie, un chauffage électrique à l’étage, dans une chambre qui ne sert que de temps en temps. Les usagers, mal informés sur la manière dont ils doivent utiliser leur installation, ne mettent pas en route leurs convecteurs. Résultat : la pompe à chaleur doit chauffer des volumes nettement supérieurs à ceux pour lesquels elle a été dimensionnée à l’origine. Il s’agit, à nouveau, d’un problème de sous-­dimensionnement de l’installation”, explique Olivier Moynot, directeur technique de Saretec, une société d’expertise.

Une étude de faisabilité est indispensable

Un dimensionnement correct ne suffit pas. Dans l’existant, l’installation doit être précédée d’une étude très poussée de faisabilité et d’adéquation au réseau électrique en place (la norme NF-C 15-100 interdit de polluer le réseau). En effet, un moteur qui démarre fréquemment peut générer des chutes de tension et endommager les autres composants de la maison et du voisinage, qui serait en droit de porter plainte. “L’installateur doit prendre toutes les précautions avant d’installer une PAC. Il doit mesurer les tensions, qui peuvent être très bonnes en été, quand la consommation est faible, et mauvaises en hiver. En cas de doute, il doit demander à électricité réseau distribution France (ERDF) si le réseau pourra supporter la puissance de la pompe”, précise Emmanuel Laurentin, vice-président de l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac).
Pour ne pas rencontrer ces problèmes, il est préférable d’opter pour un appareil équipé d’un système de démarrage progressif ou à technologie Inverter. Cette dernière offre, notamment, l’avantage d’éviter le risque de court-cycle, grâce à un fonctionnement régulier, alors que, en intersaison, une pompe à chaleur qui n’est pas dotée de cette technologie s’arrête plus souvent (une PAC ne doit pas démarrer plus de 12 fois par heure), ce qui cause une usure prématurée. La compatibilité des PAC avec le réseau est primordiale, car elles ont besoin de puissance électrique pour fonctionner. Aussi, dans les régions soumises à de fréquentes coupures, elles présenteront des dysfonctionnements partiels.

La pompe doit être bien adaptée à l’installation existante

L’étude de faisabilité vise aussi à déterminer le type de PAC le mieux approprié à l’installation existante. “De nombreux commerciaux veulent faire de la substitution totale, mais ils ont tendance à oublier qu’une PAC, comme une chaudière, peut tomber en panne. Opter pour la biénergie sécurise l’utilisateur. Même si sa chaudière est ancienne, la conserver est avantageux”, analyse Emmanuel Laurentin. Se pose, toutefois, le problème des radiateurs. Ceux à basse température, qui fonctionnent avec les chaudières modernes, conviennent mieux que les modèles traditionnels, à haute température. Ces derniers, plus petits, ne seront jamais aussi chauds qu’avec une chaudière classique. Il faudra donc prévoir un appoint, même avec une PAC à haute température (déjà moins rentable), et cela n’est possible que dans une maison parfaitement isolée. En revanche, avec des radiateurs à basse température (plus grands), garder la chaudière est une excellente solution pour les périodes de grand froid.

Vérifiez la performance et l’étendue de la garantie

Il faut choisir une pompe à chaleur dont le coefficient de performance (COP) est le plus haut possible et opter, de préférence, pour un produit labellisé NF PAC, dont les performances sont certifiées, ou pour une marque reconnue. Les matériels certifiés NF PAC (vous en trouverez la liste sur certita.org) garantissent l’obtention du crédit d’impôt. Sachez, cependant, que les COP déclarés ne correspondent pas toujours à la réalité et que le COP de l’appareil n’est pas celui de l’installation. De nombreux facteurs influent sur les performances d’une pompe à chaleur. “Lors des hivers très rigoureux, quand la température chute, les PAC aérothermiques s’arrêtent. La vapeur d’eau contenue dans l’air givre et peut entraîner la formation de glace sur l’évaporateur du groupe extérieur. Les cycles de dégivrage s’enchaînent et la PAC provoque un refroidissement du circuit de chauffage pendant ces dégivrages”, souligne Emmanuel Laurentin.
Contrôlez également la garantie du produit, assurez-vous que le fabricant donne accès à une hot-line ou à un service après-vente local et adressez-vous, de préférence, à une entreprise multiénergie – méfiez-vous des discours survendeurs de démarcheurs qui n’ont qu’une solution à proposer. Sachez que les seules qualifications obligatoires concernent la manipulation des fluides frigorigènes pour appareil split system – les entreprises doivent justifier d’une attestation de capacité – et la mise en service de PAC de plus de 2 kg de charge frigorigène (décret du 7.5.07).

Privilégiez les entreprises agréées Qualipac ou Qualiforage

Mieux vaut confier l’installation de votre pompe à chaleur à un professionnel titulaire de l’appellation Qualipac, décernée à ceux qui se sont formés aux bonnes pratiques (technique, réglementation, devoir de conseil…). Ceux-ci sont audités tous les ans afin d’attester de leurs compétences (il s’agit d’une démarche volontaire). Vous en trouverez la liste sur le site qualit-enr.org. à défaut, choisissez une entreprise locale ayant, si possible, une expérience reconnue depuis plusieurs années dans le domaine des pompes à chaleur.
De la même manière, il existe une démarche d’engagement qualité pour les foreurs de sondes géothermiques, Qualiforage, développée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), EDF et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), établissement public spécialiste du sous-sol. La bonne mise en œuvre de la sonde géothermique conditionne la performance de l’ensemble de l’installation de chauffage. La liste des adhérents est consultable sur geothermie-perspectives.fr (rubrique “je chauffe ma maison/à qui s’adresser ?”).
L’idéal est de trouver une entreprise qui assure l’intégralité de la prestation : préconisation, installation, mise en route, maintenance et suivi d’usine. Il est conseillé de prendre le maximum de renseignements afin de pouvoir discuter avec le vendeur ; pour cela, vous pouvez télécharger les plaquettes “développement durable” sur le site de l’AQC (qualiteconstruction.com).

Isabelle Coune


Mots-clés :

CHAUFFAGE , ECONOMIE D'ENERGIE , ISOLATION THERMIQUE , LITIGE , PAC , POMPE A CHALEUR




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