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Les rentes viagères : le retour en grâce

Juillet-Août 2010
Le Particulier n° 1051, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Souvent décriées, les rentes viagères retrouvent des attraits. À partir d’un capital donné, elles permettent de recevoir des revenus plus élevés que les seuls intérêts d’un placement financier. Leur logique est, bien sûr, différente puisque le choix de la rente impose de perdre tout droit sur le capital apporté à l’assureur. Mais c’est une option qui mérite d’être envisagée, car elle procure une sécurité exceptionnelle : la rente est versée aussi longtemps que vous êtes en vie, sans aucune limite. Son montant dépend du capital apporté, de l’âge du rentier lors de la transformation du capital, de son sexe et de l’existence, ou non, de garanties ou mécanismes d’anticipation des gains futurs (voir p. 31). Une personne de 60 ans qui aliène 100 000 € recevra entre 4 000 et 5 000 € de rente annuelle ; ce montant atteignant 5 000 à 5 500 € si le capital est transformé à 65 ans, et 5 500 à 7 000 € à 70 ans. En outre, les rentes ne sont pas figées, car elles bénéficient chaque année d’une revalorisation accordée par l’assureur, en fonction des bénéfices financiers et techniques réalisés. Cette revalorisation est, en général, proche ou légèrement inférieure à celle d’un fonds en euros d’assurance vie. Toutefois, si l’assureur a intégré dès l’origine une partie des gains à venir dans le calcul du montant de la rente initiale (ce que l’on appelle le « taux technique »), les revalorisations annuelles en seront amputées d’autant et la progression de la rente sera peu élevée. Les bénéfices donnés dès l’origine sont, en effet, déduits chaque année de la revalorisation accordée aux rentiers. Ainsi, une rente qui escompte des profits de 2 % par an est plus élevée au départ, mais elle progresse ensuite plus lentement. Si l’ensemble des rentes d’un portefeuille se voit créditer d’un gain de 3,5 %, la pension n’augmentera que de 1,5 % environ (3,5 % – 2 %).
Le recours aux rentes viagères permet de profiter d’une fiscalité plus clémente sur les revenus, voire de ne payer aucun impôt (impossible, en revanche, d’échapper aux prélèvements sociaux). C’est le cas si l’on transforme en rente un capital issu d’un Plan d’épargne en actions ou d’un ancien Plan d’épargne populaire, qui prévoient tous deux une exonération totale. La transformation d’un capital placé en assurance vie doit également être envisagée, car, dans ce cas, seule une fraction des rentes est imposable (voir p. 31). En revanche, les rentes issues d’un Plan d’épargne retraite populaire, du régime Préfon ou d’un contrat Madelin (qui bénéficient d’une déduction fiscale à l’entrée) sont imposables comme toutes les pensions, après un abattement de 10 %, et supportent les cotisations sociales. La rente présente quelques inconvénients. D’abord, sa rentabilité dépend de la durée de vie du rentier puisque le capital est perdu pour les héritiers en cas de décès précoce. Il existe des garanties qui limitent ces risques, comme la réversion au profit du conjoint (il perçoit tout ou partie de la rente jusqu’à son propre décès), mais elle se traduit par une diminution du montant versé. Les annuités garanties, proposées aujourd’hui par une majorité d’établissements, offrent un filet de secours pour un faible prix : l’assureur s’engage à verser les rentes pendant un minimum de 10 ou 15 ans. Si le rentier disparaît avant, l’argent n’est pas totalement perdu puisque le bénéficiaire désigné le recevra pendant encore plusieurs années. Le coût de cette garantie est marginal pour les jeunes retraités, mais il augmente au fur et à mesure que passent les années. Les futurs rentiers doivent ensuite mesurer le risque d’une reprise de l’inflation. Les rentes sont pénalisées en cas de hausse des prix, car leur revalorisation peut être inférieure à l’envolée du coût de la vie. À notre connaissance, seule l’association Agipi propose une rente indexée sur l’inflation (aujourd’hui très peu rentable, de ce fait).


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , OPCVM , PEA , PEP , PERP , PLACEMENT FINANCIER , PLAN D'EPARGNE EN ACTIONS




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