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Crèmes antirides, comment ça marche ?

Juin 2010
Le Particulier Pratique n° 358, article complet.
Auteur : RISTE (Christine)

Si personne n’est dupe des promesses, souvent excessives, des marques antiâge, beaucoup s’interrogent sur l’action, même modérée, de ces crèmes. Quels actifs choisir pour une efficacité optimale ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre que le vieillissement naturel de la peau résulte d’une désorganisation des cellules du derme et de l’épiderme.

Avec l’âge, le derme et l’épiderme s’affaiblissent

Au fur et à mesure que la peau vieillit, le renouvellement des cellules de l’épiderme ralentit. Les plus anciennes peuvent alors s’accumuler et donner l’impression de teint brouillé et de peau épaissie. La fonction de barrière de l’épiderme s’altère peu à peu. De ce fait, la perte en eau s’accélère, ce qui entraîne une sécheresse cutanée. De plus, les fibroblastes du derme, tissu de soutien de la peau, s’épuisent et synthétisent moins d’élastine et de collagène : les fibres de collagène, qui constituent la majorité des fibres de la peau, s’aplatissent ; les fibres élastiques se fragmentent. Le derme s’amincit, et les rides apparaissent. Tout l’enjeu des crèmes antirides est donc de “travailler”, selon l’âge de la personne, sur l’une ou l’autre des ces strates de la peau, voire sur les deux.
Vitamines C et A, les armes traditionnelles. Les premières sont des antioxydants capables de neutraliser les radicaux libres, ces molécules produites par l’oxygénation des cellules, et de freiner la détérioration des fibres de collagène et d’élastine. En plus de protéger les cellules, la vitamine C stabilisée augmente la synthèse de collagène dans le derme. Appelée aussi acide rétinoïque, la vitamine A acide, par une légère irritation de l’épiderme, entraîne le réépaississement de ce dernier et déclenche des signaux qui, eux aussi, augmentent la synthèse de collagène dans le derme. Elle ne peut pas être utilisée en l’état dans les produits cosmétiques. Dans les crèmes vendues en libre-service, on ne trouve que des précurseurs de la vitamine A acide, sous le nom de palmitate de rétinol, acétate de rétinol ou rétinaldéhyde. Leur concentration étant réduite, ils sont moins efficaces.
Quant aux acides de fruits (AHA), ils facilitent le détachement des cellules mortes en surface. La couche cornée retrouve alors sa cohésion. Pour être vraiment efficaces, les crèmes à base d’AHA doivent être suffisamment concentrées. Cette concentration atteint 70 % lors d’un peeling chez le dermatologue ; elle peut monter à 20 % dans les crèmes vendues en libre-service. Ce que la couche cornée ressent comme une mini-agression a pour conséquence de redynamiser le renouvellement cellulaire plus profondément. Toutefois, l’action des AHA sur le vieillissement n’est en aucune façon semblable à celle de la vitamine A acide : ils n’ont pas d’effet prouvé sur la synthèse de l’élastine. Sans compter que,“à l’exception de la vitamide A acide, les molécules vendues par l’industrie cosmétique n’ont fait leurs preuves que dans des tubes à essai”, rappelle Fabien Guibal, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.

Les GAG intéressent les scientifiques…

Jusque-là, les travaux des scientifiques avaient pour objectif la synthèse de l’élastine ou du collagène. Désormais, ils portent également sur les glycosaminoglycanes (GAG). Ces macromolécules présentes dans le derme, formées de sucres, de peptides et de sels minéraux, sont les principaux composants de la matrice extracellulaire dermique, le gel dans lequel baignent les cellules du derme. L’acide hyaluronique représente 70 % des GAG. Pas étonnant que les dermatologues l’utilisent comme produit de comblement des rides ! Injectée dans le derme, cette molécule assure mécaniquement la turgescence du derme en soutien de l’épiderme. En surface, la ride est moins visible, voire disparaît, d’autant que l’acide hyaluronique a la propriété d’absorber et de fixer l’eau (jusqu’à 1 000 fois son poids) pour former un gel aqueux, qui donne à la peau son aspect rebondi. “L’acide hyaluronique injecté est réticulé, ce qui en fait une sorte de boule assez grosse pour résister à l’attaque des enzymes chargées de s’en débarrasser”, explique la dermatologue Marie-Estelle Roux.

… et séduisent l’industrie cosmétique

L’efficacité, dans une crème, de l’acide hyaluronique est plus discutable, car il est incapable de traverser la peau en l’état. Pour y remédier, les fabricants le fragmentent, mais il est alors plus fragile. On peut donc se demander si les fragments introduits dans l’épiderme ne sont pas très rapidement dévorés par les enzymes chargées de débarrasser la peau des intrus. Restent alors les propriétés hydratantes de la molécule. Les fragments qui pénètrent l’épiderme se gorgent d’eau, produisant un effet “volumateur” sur la partie traitée. Celui-ci étant de courte durée, il faut régulièrement s’enduire le visage de crème pour maintenir l’effet hydratant escompté. Parallèlement, l’industrie cosmétique cherche à stimuler la production de GAG, plutôt que de tenter de les faire pénétrer. C’est ce que promet L’Oréal avec son Pro-Xylane, un actif extrait du bois de hêtre qui, selon l’industriel, reproduit les mécanismes biologiques naturels de la peau pour stimuler ses fonctions.

L’expression des gènes, une autre approche de la cosmétologie

Une nouvelle vague de produits, arrivés sur le marché en 2009, s’appuie sur le décodage du génome humain. Leurs formules reposent sur l’“expression des gènes”. Les scientifiques commencent à comprendre quels gènes entrent en action dans la réparation de l’épiderme après une agression. Cette réponse est rapide si le sujet est jeune, retardée s’il est âgé. Il s’agit donc de trouver les substances qui, en activant tel ou tel gène bien identifié, vont redonner aux peaux âgées les capacités de défense des peaux jeunes.
Cette approche de la cosmétologie fondée sur la science des gènes en est à ses débuts, et cette nouvelle voie offre des possibilités de découverte pour les 20 ans qui viennent. “Le marketing des maisons cosmétiques est en avance sur la réalité scientifique, confirme un professeur de dermatologie. On commence tout juste à comprendre le mécanisme de réaction de la peau aux agressions. Le contrôle complet de ces phénomènes ne sera possible que dans une vingtaine d’années. La nouveauté, c’est que, avec cette approche, la cosmétologie sort de l’empirique pour aller vers la biologie cellulaire bien sûr, mais déjà vers la biologie moléculaire.”

Christine Riste


Mots-clés :

ANTIRIDES , COSMETIQUE , HYGIENE CORPORELLE




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