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Diminuer le montant des retraites

Juin 2010
Le Particulier n° 1050, article complet.
Auteurs : SCHMIDIGER (Frédérique), PELLEFIGUE (Marie)

Le montant moyen des retraites progresse. En 2008, il était égal à 1 122 € par mois (1 426 € pour les hommes et 825 € pour les femmes). Mais cette hausse résulte essentiellement de l’arrivée de retraités ayant des carrières plus favorables que celles de leurs aînés. Cette tendance devrait s’inverser (voir encadré p. 31). Reste à savoir dans quelle mesure la réforme de 2010 amplifierait la baisse déjà programmée des retraites des quadragénaires et des trentenaires.

Diminution sensible des retraites de base et complémentaires

En théorie, un assuré avec une carrière complète ayant perçu pendant 25 ans un salaire au moins égal au plafond de la Sécurité sociale devrait toucher une retraite égale à 50 % du plafond de la Sécurité sociale (1 442,50 € par mois en 2010). S’il part aujourd’hui à la retraite, il ne peut obtenir plus de 43 % de ce montant (1 240,55 €). Cette baisse est principalement due aux effets pernicieux de la réforme Balladur de 1993. À la suite de cette réforme, les salaires retenus dans le calcul de la retraite de base sont minorés depuis que les coefficients appliqués pour les revaloriser sont indexés sur les prix et non plus sur les salaires. Les effets de cette indexation sont d’autant plus pénalisants qu’ils portent sur 25 années.
Les retraites complémentaires Agirc et Arrco ont été affectées de la même manière par les décisions prises par les partenaires sociaux qui les gèrent. En 2003, la valeur de service des points Agirc et Arrco (celle sur laquelle est calculé le montant des retraites) est restée indexée sur les prix, tandis que la valeur d’acquisition (le prix d’achat d’un point) a été indexée sur l’évolution des salaires. Le coût d’achat d’un point augmente ainsi chaque année plus vite que le montant de la retraite auquel il ouvre droit. Entre 2002 et 2010, le taux de rendement d’un point Arrco a ainsi chuté de 7,20 % à 6,60 %, et celui d’un point Agirc de 7,08 % à 6,71 %. En 1994, les partenaires sociaux avaient déjà joué sur les taux d’appel des cotisations, portés à 125 %, pour rééquilibrer les régimes complémentaires des salariés. Ainsi, 25 % des cotisations payées ne leur donnent droit à aucun point de retraite.

Le gouvernement s’engage à ce que la réforme ne diminue pas le montant des retraites

Avant d’entamer le débat sur les retraites, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il n’était pas question que la réforme passe par une baisse des retraites. Éric Woerth s’est quant à lui dit réservé sur de nouvelles décotes, notamment celles qui pourraient s’appliquer sur l’âge légal de 60 ans, puisque ces mécanismes conduisent à une baisse des pensions. Le ministre du Travail et de la Fonction publique s’est montré tout aussi prudent quant à la remise en question du mode de calcul des retraites des fonctionnaires, même s’il admet n’écarter aucune piste. Les fonctionnaires, dont les retraites sont calculées sur 75 % de leurs 6 derniers mois de traitement, ne se verront donc pas nécessairement appliquer les mêmes règles que les salariés du privé (50 % des 25 meilleures années de salaire pour la retraite de base). Selon l’Insee, cet alignement aurait pu réduire de 10 à 25 % le montant de leurs pensions.
Selon Danièle Karniewicz, présidente du conseil d’administration de la Cnav (par ailleurs chargée du dossier retraite au syndicat CFE-CGC), l’enjeu de la réforme de 2010 est de regagner la confiance, en particulier celle des jeunes générations : « Le niveau des pensions a atteint un seuil critique, en dessous duquel il ne faut pas aller pour que le système de retraite reste crédible. » Elle plaide donc pour des « efforts partagés » à propos des cotisations des salariés et des employeurs, mais aussi sur l’âge de départ à la retraite afin que les jeunes générations ne supportent pas tout le poids de la réforme.

Les ajustements nécessaires pour résorber les déficits

Si l’on comptait principalement sur le niveau des retraites, il faudrait réduire le rapport entre la pension moyenne (net) et le dernier revenu moyen d’activité (net) de 22 % à l’horizon 2020, de 30 % en 2030 et de 36 % en 2050, tout en relevant l’âge de départ effectif à la retraite. En agissant aussi sur les sources de financement, ces baisses pourraient être limitées à 6,2 % en 2020, à 13,9 % en 2030 et à 23 % en 2050.


Mots-clés :

ASSURANCE VIEILLESSE , PENSION DE VIEILLESSE , RETRAITE , RETRAITE COMPLEMENTAIRE




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