Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Travaux > Trouver la solution adaptée contre les remontées capillaires

Trouver la solution adaptée contre les remontées capillaires

Avril 2010
Le Particulier Pratique n° 356, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Des injections de résine. L’effet pile de l’électro-osmose. Contrer le champ magnétique.

 Un mur de 20 cm d’épaisseur en pierres calcaires très poreuses peut contenir jusqu’à 50 l d’eau par mètre carré. De nombreuses solutions permettent de venir à bout des remontées capillaires. Dans tous les cas, il faut décroûter les enduits contaminés, puis les refaire après avoir contrôlé l’assèchement. L’hygrométrie résiduelle du mur varie en fonction de sa nature. Promettre un taux unique de 5 ou 6 %, comme le font certaines entreprises, ne signifie rien.

Des injections de résine par un professionnel

Pour créer une barrière chimique bloquant le passage de l’humidité, une méthode consiste à injecter des produits hydrophobes dans les murs maçonnés : il s’agit d’en saturer les parties basses de résine. La société Murprotec s’est spécialisée dans ces interventions. Le succès de l’opération dépend de la qualité de la mise en œuvre. Le dosage est donc réalisé sur mesure afin que la composition et la quantité de produits actifs soient parfaitement adaptées à chaque cas, en tenant compte, en particulier, du type de matériaux et du degré d’humidité des murs. Les produits sont diffusés massivement dans ces derniers, sous pression de 5 kg/m2, avec un rayon d’action de 10 cm par rapport au point d’injection. Les silanes et les siloxanes utilisés, dont les particules ont une taille d’environ 40 nanomètres, pénètrent au cœur des maçonneries et durcissent au contact de l’eau présente dans le mur pour en obstruer les pores. Le chantier dure entre 1 et 3 jours et s’achève par le rebouchage des forages au plâtre ou au ciment. Une visite de contrôle est effectuée un an après la fin des travaux. Les enduits et les peintures ne seront refaits qu’une fois les murs secs.

Une solution complète pour le bâti ancien

Produit hydrofuge composé de sels organométalliques, le 232 Parinjection de Parexlanko contient des agents fongicides et anticryptogamiques. Injecté au bas du mur après décroûtage des enduits existants, il coupe la capillarité à la base des remontées. Il faut ensuite attendre l’assèchement du mur, qui peut prendre plusieurs mois, et brosser les sels résiduels. Il est alors possible d’appliquer – à au moins 1 m au-dessus de la limite de la zone humide – l’enduit Parlumière STH, qui présente une très forte perméabilité à la vapeur d’eau. Une finition respirante vient compléter le tout (Parlumière, Parexal).

Des applicateurs destinés aux particuliers

Les grandes surfaces de bricolage commercialisent maintenant des produits et du matériel à l’intention des particuliers qui souhaitent faire eux-mêmes les travaux. Plutôt que de s’équiper d’une pompe et de procéder comme un professionnel, il est possible d’agir plus simplement. Le traitement Stop infiltrations de Rubson s’applique grâce à un kit de vases et d’injecteurs vendus par six. Les vases s’emboîtent sur les injecteurs vissés dans les trous et font office d’entonnoirs. Le nouveau Traitement remontées d’eau par capillarité de Dip étanch se dilue dans l’eau pour obtenir 10 l de produit prêt à l’emploi. Celui-ci s’applique avec n’importe quel pulvérisateur de jardin. Le traitement par injections reste, cependant, difficile à réaliser. Il faut être muni d’une bonne perceuse à percussion et savoir où et comment percer (inclinaison de 15° vers le bas, dans les deux tiers de l’épaisseur du mur…).
De manière générale, l’injection de résine a ses limites. Les maçonneries anciennes hétérogènes qui renferment des cavités ou les murs en briques creuses ne peuvent pas être traités ainsi, car remplir les cavités nécessiterait une quantité très importante de résine. Mieux vaut donc envisager d’autres solutions. De plus, l’injection de résine ne supprime pas la cause des remontées capillaires ; elle leur fait seulement barrage.

L’effet pile de l’électro-osmose

Le phénomène de capillarité peut également être contré en utilisant un champ électrique. Dans la nature, il existe un champ électrique (jusqu’à 1 V) entre le sol et un mur humide. Le sol fonctionne comme un pôle positif, tandis que le mur est chargé négativement. L’eau se déplace du plus (+) vers le moins (–) à travers le réseau de capillaires présent dans la maçonnerie. Plus ceux-ci sont fins, plus l’eau monte (loi de Jurin). L’électro-osmose passive consiste à créer une pile inverse pour neutraliser le champ naturel, en implantant des électrodes en cuivre (chargées positivement) dans le mur et en les reliant à des électrodes en fer (négatives) dans le sol. Cette méthode n’est plus utilisée seule, car, au fil du temps, la corrosion du métal annule l’effet de la pile, et l’humidité revient. Les problèmes de corrosion subsistent – notamment lorsque le courant est trop fort – avec l’électro osmose active, c’est-à-dire la mise sous tension (courant continu) du réseau ­d’électrodes. En outre, cette technique ­nécessite un entretien permanent de l’installation.

La combinaison de l’électro-osmose et de l’électrophorèse

L’électrophorèse est le mouvement de particules en suspension dans un liquide sous l’action d’un champ électrique, du pôle plus vers le pôle moins. Elle permet d’obturer les capillaires, et donc d’assurer la pérennité du séchage. Sofrelop utilise une technique qui associe électro-osmose et électrophorèse. Les puits d’électrodes percés à la jonction mur-sol sont rebouchés avec du mortier de phorèse, qui va enrober les électrodes en cuivre. Les particules de mortier, sous l’action de l’électro-osmose passive, suivent, à l’intérieur des capillaires, le chemin descendant, l’inverse de celui pris par l’eau pour monter. Elles viennent ainsi boucher les capillaires, rendant, à terme, les électrodes inutiles.

Traiter les sels résiduels

Une fois le problème de la remontée capillaire réglé, il reste celui des sels présents dans la maçonnerie et en surface d’enduit. En effet, les remontées capillaires drainent les sels minéraux contenus dans le sol. Si le mur est recouvert d’un enduit qui bloque le passage des sels, ceux-ci vont provoquer un cloquage. Inversement, si l’enduit les laisse passer, des efflorescences vont apparaître. Même si le mur sèche, ces sels hydrophiles captent l’humidité ambiante de l’air et dégradent les revêtements muraux. Donc, “pas d’assèchement sans assainir le support”, insiste Daniel Paterna de Sofrelop. Il faut obligatoirement décroûter les enduits contaminés pour permettre au mur de sécher (il faut entre 12 et 24 mois pour qu’un mur sèche, en fonction de son épaisseur et de la nature des matériaux). Les sels résiduels sont ensuite fixés avec des produits spécifiques. Ce traitement évite que les nouveaux enduits ne soient contaminés.

Un dispositif de contrôle

Une des particularités de la technique employée par Sofrelop est la présence de boîtiers de contrôle. Ceux-ci permettent à l’enseigne de vérifier le bon fonctionnement de ses installations sans avoir à forer : elle suit les évolutions des différences de potentiel et des résistances électriques. Des mesures de contrôle sont effectuées 3 ou 4 mois après l’installation. Depuis 1986, l’entreprise a mis en place une procédure qualité, avec la supervision du bureau de contrôle Socotec. Avant le début des travaux, un diagnostic ­complet répertorie toutes les causes d’humidification. Comptez entre 180 et 200 € par mètre linéaire pour tout le traitement.
Par ailleurs, avantage non négligeable, Sofrelop a souscrit auprès d’Axa une garantie de résultat de 10 ans pour couvrir ses prestations, la garantie décennale ne s’appliquant pas à ce type de travaux.

Contrer le champ magnétique

Une autre méthode consiste à agir sur les champs magnétiques (il en existe une multitude autour de la Terre). Les veines d’eau et les sources souterraines créent des perturbations et génèrent des champs électromagnétiques qui chargent les murs électroniquement. L’installation d’un petit appareil, Mur-Tronic, permet de créer un contrechamp qui annule le premier. Il fonctionne sans alimentation électrique, comme les postes à galène, et sans électrode, donc sans qu’il soit nécessaire de faire une saignée dans la maçonnerie. L’appareil reste définitivement en place, et un technicien effectue une visite de contrôle au bout de 10 à 12 mois.
Une fois l’assèchement terminé, les zones dégradées ou chargées en sels minéraux sont piquées et l’enduit refait avec un mortier dans lequel aura été ajouté l’adjuvant Hydroment, qui va donner à l’enduit la capacité de bloquer les sels minéraux dans la maçonnerie, tout en conservant un très grand pouvoir d’évaporation. Il faut compter entre 4 000 et 6 000 € pour une maison individuelle. Le procédé est certifié par Qualiconsult et une garantie de 10 ans couvre les dommages en cas de défaillance de l’appareil.

Un professionnel injectera de la résine à l’aide d’une pompe pour faire barrage aux remontées capillaires…

… ou posera un réseau d’électrodes murales pour contrer le champ électrique induisant la capillarité.

Isabelle Coune


Mots-clés :

HUMIDITE , ISOLATION THERMIQUE , MATERIAU ISOLANT , TRAVAUX




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier