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Petits travaux : trouver la perle rare

Petits travaux : trouver la perle rare
Avril 2010
Le Particulier Pratique n° 356, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Délaissé par nombre d’artisans, qui lui ont préféré les opérations de rénovation ou de construction, le marché des petits travaux, du bricolage, de l’homme à tout faire se transforme. Il était temps !

Nous avons tous dû faire, à un moment ou à un autre, des petits travaux, délicats mais pas nécessairement urgents : redresser une tringle à rideaux qui penche, changer des joints de robinet, installer une paroi de douche, monter des meubles, fixer des étagères, etc. Nous ne sommes pas toujours capables de les réaliser, faute d’expérience, de bon sens ou, plus simplement, parce que nous ne sommes pas outillés ou que nous manquons de temps. Commence, alors, une véritable chasse pour débusquer le “bon” bricoleur, dans les pages jaunes les divers annuaires locaux ou parmi les connaissances d’un voisin, du gardien d’immeuble, d’un ami…
Bref, trouver un bricoleur consciencieux, et à plus forte raison un professionnel qui accepte de se déplacer pour ce que beaucoup d’entre eux considèrent encore comme une broutille dès lors qu’il ne s’agit pas d’un dépannage d’urgence, n’est pas une mince affaire. Il faut de la patience (plusieurs semaines peuvent s’écouler entre le premier coup de fil et la réalisation des travaux) et être prêt à payer une facture souvent élevée au regard des améliorations à apporter : changer une seule prise électrique en centre-ville, à Paris ou à Lyon par exemple, peut grimper jusqu’à 120 €, compte tenu du coût de la main-d’œuvre (toute heure commencée est due), mais aussi, et surtout, des frais de déplacement et de stationnement (50 € au minimum). Lorsqu’on n’a pas le choix ou que l’on veut en finir avec des travaux qui traînent, il ne reste parfois plus que le travail au noir – sachant qu’alors il n’y a aucun recours possible en cas de mauvaise exécution. Face à cette pénurie de professionnels et, quand on a, enfin, réussi à mettre la main sur l’un d’eux, à la cherté des interventions, il existe, pourtant, différentes solutions, auxquelles on ne pense pas.

Le petit bricolage entre dans les services à la personne

Pour beaucoup d’entre nous, ces services se résument à des gardes d’enfants, du ménage ou des aides aux personnes dépendantes, les principales enseignes de ce secteur axant leur communication sur ce type de prestations. Du coup, on en oublierait presque le petit bricolage, proposé, tout de même, par 8 000 prestataires sur les 20 000 disposant de l’agrément services à la personne (SAP). Le point ­commun entre ces intervenants ? Un champ d’action théoriquement limité aux “tâches élémentaires et occasionnelles n’appelant pas de savoir-faire professionnel”, tel que décrit dans une circulaire du 15 mai 2007. En sont donc exclues la construction et la rénovation, c’est-à-dire les travaux de maçonnerie, de peinture et d’électricité. Un prestataire agréé peut changer un joint de robinet, voire le robinet lui-même si cela n’exige aucun raccord de plomberie, mais il ne peut pas installer ni remplacer un lavabo. “Toutes les activités autorisées sont celles pour lesquelles il est difficile de mobiliser un artisan du fait de la nature du travail demandé. Le créneau ne doit pas concurrencer l’artisanat classique”, souligne Marie-Pierre Le Breton, directrice du développement de l’offre et des partenariats de l’Agence nationale des services à la personne. Dans les faits, nous le verrons, les frontières ne sont pas étanches, et certaines agences acceptent de petites rénovations (voir l’encadré p. 42).
Comme avec un artisan, les prestations sont réalisées “outils en mains” : seuls les fournitures (joints, clous, ampoules…) et les déplacements éventuels pour acheter une pièce manquante sont facturés en plus. Ces modalités valent pour tous les acteurs : les plates-formes de services issues des grands noms de la banque, de l’assurance ou de la distribution (Caisse d’épargne, Allianz, Monoprix…), comme les organismes locaux (associations, etc.) et les auto-entrepreneurs, catégorie toute récente dans ce secteur, puisqu’apparue il y a un an à peine.

Un secteur boosté par la réduction d’impôt

Les coordonnées des enseignes de services à la personne se trouvent facilement sur le Net. Deux types d’intervenants coexistent : les généralistes, de loin les plus nombreux, qui proposent, en plus des prestations “homme toutes mains”, de la garde d’enfants ou du ménage, notamment ; et les spécialistes, qui ne se chargent que du bricolage et, éventuellement, du jardinage. Les premiers, dont l’activité bricolage représente de 5 % (Adecco à domicile) à 15 % (Fourmi verte, de Groupama) des prestations réalisées, ont généralement l’avantage de pouvoir intervenir dans toute la France. En revanche, l’offre des spécialistes est, pour le moment, cantonnée aux grandes villes : Paris et sa petite couronne pour avilia-bricolage.fr (0811.620.030), papabricole.com (01.48.077.077) ou bienservibrico.com (0811.099.099), par exemple.
Que les travaux soient effectués par les salariés des prestataires auxquels les généralistes font appel ou par ceux des enseignes spécialisées, il n’y a pas de différence dans la qualité de l’intervention ni dans la pertinence des éventuels conseils que ces “hommes de main” sont censés dispenser. Seule l’approche commerciale varie : les spécialistes s’avèrent plus offensifs lors de la prise de contact téléphonique (numéro non surtaxé) et n’hésitent pas à relancer leur client une fois la demande de devis faite en ligne (à condition d’avoir laissé son numéro de téléphone).
En matière de facturation, il existe trois tendances. Les spécialistes comptent leurs interventions à l’heure passée (en moyenne, de 40 à 60 €, tous frais inclus, la première heure). Les généralistes imposent à leurs clients de souscrire un abonnement mensuel (8 €/ mois + 31 €/h pour Groom services de LCL, par exemple) ou de prépayer un pack de 2 h (79 € tous frais compris, pour Genius de La Banque postale), quelle que soit, dans ce laps de temps, la durée réelle de l’intervention. Quant aux organismes agréés SAP, ils permettent à leur clientèle de bénéficier d’une TVA à 5,50 % et, surtout, d’une réduction d’impôt (ou d’un crédit d’impôt si l’on n’est pas imposable) de 50 % des dépenses dans la limite de 500 € par an, soit 250 € annuels, ce qui amoindrit la dépense finale. Toutefois, cet avantage ne s’applique que si la durée des travaux n’excède pas 2 h consécutives ; pour les heures effectuées au-delà, le prestataire est tenu de ne pas délivrer d’attestation fiscale.

Les artisans envoyés par les sociétés d’assurances ont des prix tenus

On ne le sait pas toujours, mais la plupart des compagnies et des mutuelles d’assurances travaillent avec des réseaux d’artisans et de professionnels du bâtiment : 3 500 artisans, tous corps de métiers confondus, pour la Macif et 1 200 pour Axa, par exemple. Ceux-ci interviennent au domicile des particuliers sinistrés à la suite d’un incendie, d’un dégât des eaux, etc. : c’est ce que l’on appelle la réparation en nature. Aussi certaines sociétés ont-elles eu l’idée d’exploiter ce gisement en mettant en relation les assurés qui en expriment le besoin avec ces professionnels.
En ce qui concerne la vérification du prix du devis, l’engagement sur les délais d’intervention ou les recours possibles en cas de mauvaise exécution des travaux, tout dépend du degré d’implication de chaque assureur. Par exemple, Axa limite ce service à une simple mise en relation, tandis que Pacifica (Crédit agricole) contacte les souscripteurs d’une multirisque habitation dans les 24 h et les fait bénéficier de tarifs négociés. Les particuliers qui passent par Groupama, le Gan ou la Macif sont mieux accompagnés, puisque les devis (gratuits dans les deux premières sociétés ; facturés 50 €, déductibles des travaux, à la Macif) sont vérifiés et que les travaux sont contrôlés a posteriori en cas de problème. “Nous n’avons pas de seuil minimal d’intervention, même s’il est vrai qu’actuellement les travaux pour lesquels nous sommes sollicités sont d’un montant moyen de 5 000 €. Pour changer un seul robinet, nous orienterons notre assuré vers notre filiale de services à la personne ; pour remplacer tous les robinets d’une salle de bains, nous le mettrons en relation avec un de nos plombiers partenaires”, explique Christophe Rougon, responsable marketing du service travaux de la Macif. “Il est plus facile de mobiliser un artisan lorsque le robinet n’est pas fourni”, précise Jean-François Girard, directeur des opérations de France maintenance bâtiment, filiale travaux de Groupama.

La nouvelle offensive des coopératives d’artisans

Certains professionnels le reconnaissent franchement, d’autres pas ; il n’empêche : depuis quelques mois, ils sont de plus en plus nombreux à réagir face à la concurrence des prestataires de services à la personne et des auto-entrepreneurs récemment arrivés sur le marché du petit bricolage. En effet, leurs carnets de commandes étant moins remplis que par le passé, ils envisagent, désormais, la “bricole” sous un autre angle, comme un tremplin vers des chantiers plus rémunérateurs. Gabriel Desgrouas, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de l’Eure, ne s’en cache pas : “L’artisan qui se déplace pour effectuer de menus travaux a une idée derrière la tête : décrocher, plus tard, chez le même client ou une de ses connaissances, des travaux plus importants.” Aussi, plusieurs de ces professionnels ont décidé de se regrouper au sein de coopératives (moyennant une cotisation de 8 à 10 % environ du chiffre d’affaires réalisé dans le cadre de cette structure) ayant sollicité l’agrément services à la personne. Les particuliers qui font appel à eux peuvent ainsi bénéficier de la même réduction d’impôt que celle accordée aux prestataires SAP traditionnels. Autre avantage : les travaux sont réalisés par des professionnels inscrits au répertoire des métiers. De plus, les tarifs (40 €/h environ, frais de déplacement inclus) sont, à peu de chose près, identiques à ceux des grandes enseignes de services à la personne. Actuellement, il n’existe que quelques coopératives (en Gironde, dans la Vienne, l’Eure et le Jura, notamment), dont les coordonnées et les coûts d’intervention sont en ligne sur le site artisansadomicile.coop, mais Alain Bonamy, secrétaire général de la Fédération française des coopératives et groupements d’artisans (FFCGA), assure que le mouvement est en marche et que “les artisans ont désormais conscience qu’ils doivent s’organiser”. Pour savoir s’il y a une coopérative dans votre département, renseignez-vous auprès de la chambre régionale ou départementale de métiers et de l’artisanat (artisanat.fr).

Grandes surfaces de bricolage : après l’achat, la pose

Sauf s’ils envisagent des travaux d’une certaine ampleur, les particuliers sollicitent peu les services installation des grandes surfaces spécialisées. Cela s’explique par le fait que si la plupart de ces enseignes ont un service de pose, peu d’entre elles le font savoir ; le cas échéant, les publicités sont axées sur la rénovation d’une pièce ou d’un ensemble, et non sur de simples réparations ou besoins ponctuels en bricolage.
Pourtant, cette piste est intéressante, à double titre. Tout d’abord pour la facilité de la démarche : de l’achat du matériel au rendez-vous pour la pose (qui a lieu, généralement, dans les 7 jours qui suivent), tout se passe en magasin et, en principe, chaque produit acheté peut être installé à domicile, même s’il s’agit d’une simple applique murale, d’une étagère ou de quelques façades de prises électriques. En revanche, les reprises de travaux entamés ou mal effectués, les raccords et les dépannages d’urgence ne sont pas pris en charge. D’autre part, cette solution est avantageuse financièrement, car en couplant achat et pose, si le logement a plus de 2 ans, la TVA applicable est de 5,50 %, sur la pose comme sur le matériel.

Des partenariats noués avec des réseaux locaux d’artisans

Toutes les enseignes qui disposent d’un service d’installation ont conclu des accords avec des professionnels locaux : ceux-ci interviennent en tant que mandataires ; ils ne sont donc pas payés directement par le client. Pour les travaux les plus simples, certaines ont mis en place des forfaits tout compris : 199 € TTC pour la pose d’une paroi de douche par Leroy Merlin ; 25 % de la valeur des meubles à monter, avec un minimum de 139 €, à Ikea, par exemple. Il est dommage que ces forfaits ne soient pas toujours proposés par l’ensemble des magasins ou qu’ils ne s’appliquent qu’à des interventions géographiquement peu éloignées. D’autres enseignes privilégient une facturation au temps passé : 99 € la première heure d’intervention, déplacement inclus, au BHV (plus 49 € l’heure supplémentaire). D’autres, enfin (Bricorama, Lapeyre…), préfèrent, de façon classique, établir un devis, souvent facturé (45 € en moyenne) mais déductible à la commande.
Une fois son travail terminé, l’artisan remet au distributeur un procès-verbal de réception des travaux : c’est un plus pour le consommateur, qui dispose, à partir de cette date, d’une garantie de pose d’un an (BHV) ou de 2 ans (Leroy Merlin) et, en cas de malfaçons, d’un recours.

La mise en relation avec un professionnel via Internet, la loterie !

Lorsqu’on fait une recherche sur le Net, le premier réflexe est, souvent, de se diriger vers les sites de courtiers. Il faut savoir que, en général, les “petits” travaux – dont le montant ne dépasse pas 1 500 € – ne les intéressent guère. Et pour cause ! Avec une rétrocession de 5 à 15 % en moyenne sur le chiffre d’affaires généré, le ratio temps/travaux est peu rentable. Mieux vaut se tourner vers les sites d’intermédiation (on les compte par dizaines : e-travaux.com, devispresto.com, 123devis.com…). Ceux-ci proposent soit de vous fournir gratuitement un devis, soit de vous mettre gracieusement en relation avec des artisans proches de chez vous. Tous fonctionnent de la même façon : les artisans paient tantôt un abonnement (250 €/an environ sur devispresto.com, par exemple), tantôt un forfait ponctuel (22 € par contact sur batirenover.com) pour avoir accès aux coordonnées des particuliers intéressés. Lorsque la liste des entreprises partenaires est suffisamment importante pour que le site puisse répondre, partout en France, à toutes sortes de demandes, ce système présente l’avantage de vous mettre assez rapidement (3 jours au maximum) en relation avec des professionnels motivés, qui ont envie de rentabiliser leur investissement – vous devez, bien sûr, avoir laissé vos coordonnées téléphoniques et exposé clairement votre projet. Toute médaille a son revers : en dépit d’une charte d’engagement (sur les délais de réponse aux prospects, etc.), aucune sélection qualitative des intervenants n’est effectuée (puisque le fichier clients est accessible à tous ceux qui produisent un extrait Kbis et ont leurs assurances professionnelles à jour) ; par ailleurs, vous n’êtes pas assuré de bénéficier d’un juste prix ni d’une garantie complémentaire à la responsabilité professionnelle de l’artisan lui-même.

Roselyne Poznanski


Mots-clés :

AIDE A DOMICILE , AMELIORATION DE L'HABITAT , BRICOLAGE , EMPLOYE DE MAISON , ENTREPRISE DE SERVICES , REDUCTION D'IMPOT , TRAVAUX




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