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Vraies et fausses promesses des patchs

Avril 2010
Le Particulier Pratique n° 356, article complet.
Auteur : RISTE (Christine)

Utilisé depuis une vingtaine d’années en remplacement d’un traitement médicamenteux oral, le patch a gagné une image d’efficacité.

S’il est possible de traiter les troubles de la ménopause en appliquant un simple autocollant sur la peau, ne peut-on espérer des miracles, en cosmétique par exemple ? Rien n’est moins sûr, car les patchs médicaux franchissent la barrière cutanée ; pas les patchs de beauté. 
Contrairement aux patchs cosmétiques, les patchs médicaux reçoivent une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Ces patchs médicaux, qui dispensent un médicament par voie percutanée, sont généralement transdermiques. Ils doivent non seulement être efficaces – il faut que des études présentées à l’Afssaps le prouvent –, mais l’être autant que le même médicament administré sous un autre mode (sirop, gélules, etc.). Ainsi, un patch contraceptif est obligatoirement aussi fiable que la pilule.

Le patch transdermique diffuse le médicament dans le sang

Le patch médical présente des avantages par rapport aux autres voies d’administration. Il permet, notamment, de supprimer le barrage hépatique, inévitable en cas d’ingestion du médicament. En effet, en transitant par le foie, les molécules se dégradent et perdent de leur efficacité. Ce passage peut, par exemple, causer jusqu’à 80 % de la dégradation des hormones stéroïdiennes, tels l’œstradiol, utilisé dans le traitement substitutif de la ménopause, ou la testostérone, prescrite en cas d’insuffisance testiculaire chez l’homme. Le patch permet également de délivrer régulièrement une dose de médicament pendant plusieurs jours et de s’assurer ainsi que le patient suit correctement son traitement.
La peau étant une barrière lipophile (dont les composants se mélangent facilement aux lipides), pour que le médicament pénètre la première couche cutanée, puis rejoigne le sang, on lui rajoute, éventuellement, des dérivés d’acides gras. Cependant, tous les principes actifs ne peuvent être dispensés au moyen d’un patch. Ce dispositif nécessite des molécules actives à petite dose, de faible poids moléculaire et bien tolérées par la peau. Ce qui exclut, par exemple, l’insuline (dont le flux doit être régulé chez les personnes diabétiques), une grosse molécule très difficile à faire passer à travers la peau.

Ouvrir le passage aux grosses molécules

Les chercheurs explorent différentes pistes qui permettraient d’aider ces grosses molécules à traverser la peau. Les principales techniques envisageables sont : l’électroporation, qui consiste à créer provisoirement des pores aqueux dans les couches lipidiques de la peau par brèves décharges électriques ; la sonophorèse, qui utilise l’énergie ultrasonique à faible fréquence pour perturber les lipides de la couche cornée, lesquels créent des cavités ; la microeffraction, qui nécessite un timbre transdermique comportant une grille de titanium hérissée de micropiques recouverts de principes actifs qui vont perforer très légèrement la peau. Enfin, l’iontophorèse, qui, grâce à un faible courant électrique, facilite le transport d’ions de sels solubles à travers la peau, est également à l’étude.

Avec le patch cosmétique, une simple embellie

Les patchs de beauté sont obligatoirement dermiques : la substance délivrée doit rester dans la peau. En cas de contrôle de l’Afssaps, le fabricant est tenu de démontrer qu’elle ne passe pas dans le sang. “Dans le cadre des patchs antirides, la molécule peut elle-même faire gonfler la peau, comme le font les vitamines A et E, ou capter l’eau présente dans le corps, c’est le cas de l’acide hyaluronique. Dans les deux hypothèses, cela provoque un aspect gorgé, et les femmes ont l’impression que leurs rides disparaissent”, explique Stéphanie Briançon, professeur en pharmacie galénique à la faculté de pharmacie de Lyon I. Cette amélioration ne peut être que locale et temporaire. “La substance délivrée par un patch cosmétique ne peut pas traverser la peau ni montrer une activité systémique trop importante, précise Paolo Colombo, professeur de technologie pharmaceutique à l’université de Parme. Sinon, la substance risque de s’accumuler dans le sang, et le patch cosmétique sera requalifié en médicament.”
Le patch cosmétique ne serait donc pas plus efficace qu’une simple crème appliquée en se tapotant le visage pour forcer le passage des molécules. Il semble, pourtant, séduire les Françaises : en 2009, elles ont dépensé près de 7 millions d’euros dans les rayons de leurs grandes surfaces pour acheter ces petits timbres apparemment si prometteurs…

Christine Riste


Mots-clés :

COSMETIQUE , MEDICAMENT




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