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Décryptage : pourquoi les nanotechnologies inquiètent

Décryptage : pourquoi les nanotechnologies inquiètent
Mars 2010
Le Particulier Pratique n° 355, article complet.
Auteur : RISTE (Christine)

Les nanotechnologies, qui permettent de manipuler la matière au 1 milliardième de mètre, se développent. En quoi sont-elles prometteuses et/ou dangereuses ?

Conformément à l’engagement pris par les pouvoirs publics lors du Grenelle de l’environnement, les nanotechnologies viennent de faire l’objet d’un débat public. D’octobre à fin février, citoyens et acteurs du développement des nanotechnologies étaient invités par la Commission nationale du débat public à exprimer leurs préoccupations (debatpublic-nano.org). L’objectif : aider le gouvernement à mettre en place un encadrement adapté à ce domaine nouveau et encore peu exploré. Il était temps, car les premières applications des nanotechnologies sont déjà là ! (voir l’encadré ci-dessous).
Jusque-là, la matière était travaillée à l’échelle du micromètre. Aujourd’hui, les avancées scientifiques permettent de l’appréhender à la taille du nanomètre (1 000 fois plus petit que le micromètre). Un objet de 1 nanomètre est de 30 000 à 100 000 fois moins épais qu’un cheveu, 100 fois plus petit qu’une molécule d’ADN. Les nanoparticules autorisent donc d’utiliser moins de matière, et avec de meilleures performances, car, à cette échelle, elle possède souvent des propriétés physiques et chimiques spécifiques. Ainsi, un nano-objet est généralement plus réactif sur le plan chimique que son homologue courant microstructuré. Par ailleurs, il peut aussi présenter une résistance mécanique, une conductivité thermique ou électrique supérieures.
Les promesses des nanomatériaux sont donc bien réelles : batteries de plus grande autonomie, photovoltaïque de meilleur rendement, imagerie médicale plus précise… Cependant, ils suscitent des craintes pour l’environnement et la santé. Il semble, en effet, admis que les nanoparticules pénètrent dans les organes vitaux. Mais comment ? Par inhalation ? Par ingestion ? Par voie percutanée ? Et ensuite, ­comment se comportent-elles dans le corps ? Ce dernier sait-il les éliminer ? Et quelles sont leurs incidences sur l’environnement ? La communauté scientifique est divisée dans ses réponses.
Les études réalisées sur la toxicité des nanoparticules posent des problèmes de fiabilité, car il n’existe pas de méthode permettant de mesurer et de suivre le devenir des nanoparticules manufacturées dans des matrices complexes (environnement, aliments, organisme, etc.). C’est du moins l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui recommande, dans un avis publié en avril 2009, la prudence à l’égard de leur utilisation en alimentation humaine et animale. En mai 2008, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), saisie pour évaluer les risques au travail liés à l’exposition aux nanomatériaux facturés recommandait, elle aussi, la mise en œuvre du principe de précaution. Quant au Haut-Conseil de la santé publique, il s’est prononcé, dans un avis de janvier 2009, pour que la production des nanotubes de carbone soit effectuée dans des conditions de confinement strict…
Dangereuses ou pas, ces nanoparticules ne figurent pas sur les emballages des produits. L’étiquetage n’est, en effet, pas obligatoire, sauf en ce qui concerne les additifs alimentaires, depuis janvier 2010. L’indication de la présence de nano-ingrédients sera également exigée, en 2012, pour les cosmétiques, comme le prévoit le règlement du 20 novembre 2009. Dans la liste des ingrédients, les substances concernées seront suivies de la mention “nano” entre parenthèses – par exemple, titanium dioxyde (nano). Dans le secteur de l’alimentation, les industriels déclarent ne pas employer les nanotechnologies, sauf des nanoparticules de silice, utilisées depuis 30 ans, notamment pour capter l’humidité. Cela dit, ils s’en servent dans les emballages (nanoparticules d’argent pour augmenter la durabilité des denrées). Et comme personne ne sait si ces nanoparticules migrent ou pas dans les aliments…

Christine Riste


Mots-clés :

ETIQUETAGE , PRODUIT DANGEREUX , SECURITE DES PRODUITS




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