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Hôpitaux et cliniques : tous les tarifs des chambres particulières

Hôpitaux et cliniques : tous les tarifs des chambres particulières
Mars 2010
Le Particulier n° 1047, article complet

Plus de 90 % des hôpitaux et cliniques facturent la chambre particulière 61 €, en moyenne : c’est ce qui ressort de notre enquête, menée auprès de 200 établissements français. Elle vous permettra de mieux évaluer le coût d’un séjour à l’hôpital.

Réputation du praticien, du service de chirurgie et de l’établissement, recommandation du médecin traitant, délai d’attente raisonnable : voilà les principaux critères de choix d’un établissement de santé, hôpital ou clinique, quand une opération doit être programmée. Le coût d’une chambre particulière et les prestations « hôtelières » offertes en accompagnement ne semblent pas discriminants aux yeux des patients. « En revanche, un reste à charge trop élevé lors d’une première hospitalisation dissuadera le patient d’y revenir », analyse Julien Samson, directeur général adjoint des Hospices civils de Lyon, la plus importante structure  hospitalière de France, derrière l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Et, en matière de reste à charge, les frais d’une chambre particulière (facturés uniquement si le patient a demandé cette prestation) sont loin d’être anodins : ils représentent l’un des deux postes de dépenses liés à une hospitalisation, aux côtés des dépassements d’honoraires éventuellement facturés par les praticiens (voir le n° 1043 du Particulier, p. 62, et sur www.leparticulier.fr, espace Abonnés).
Pour vous permettre de mieux évaluer le coût global d’un séjour à l’hôpital, nous vous dévoilons, dans les pages suivantes, les tarifs des chambres particulières dans les services de chirurgie des 200 principaux établissements français.

Des tarifs très variables selon le type d’établissement

Le prix moyen d’une chambre particulière, en France, s’élève à 61 €/jour, avec de fortes disparités selon le statut de l’établissement et sa localisation. Les établissements privés s’avèrent être les plus onéreux, une chambre particulière y étant facturée 67 €, en moyenne, et jusqu’à 109 € pour les cliniques situées en île-de-France. Plus surprenant, les trois quarts des hôpitaux publics facturent, eux aussi, cette prestation (43 €, en moyenne) si bien qu’il devient de plus en plus compliqué, pour un patient aux ressources modestes ou ne bénéficiant pas d’une complémentaire santé, d’échapper à ce surcoût.
Autre surprise : 10 % des 200 établissements de notre enquête ne proposent pas un, mais plusieurs tarifs de chambres individuelles, en fonction de leur confort et des prestations associées. C’est le cas, près de Rennes, du Centre hospitalier privé de Saint-Grégoire, la plus importante clinique chirurgicale française : les patients de la douzaine de chambres « grand confort » bénéficient d’un service sur mesure, avec gouvernante, linge de toilette, coin salon, menu amélioré, carte des vins, coffre-fort, fax et journaux. Du haut de gamme facturé 85 €/jour, contre 51 € pour les chambres standard. à la Clinique du Parc, à Lyon, les patients en chambres « confort » (155 €, au lieu de 94 €) disposent, notamment, de chambres spacieuses comprenant nécessaire de toilette, peignoir et télévision avec Canal +.
Cette stratégie de différencier les tarifs en fonction des prestations offertes est également courante parmi les cliniques appartenant à la Générale de santé, numéro 1 français de l’hospitalisation privée, comme la Clinique Saint-Amé et l’Hôpital privé La Louvière, dans le Nord, ou l’Hôpital privé de l’Ouest parisien et le Centre médico-chirurgical de Parly 2, en région parisienne. C’est, d’ailleurs, un établissement de ce groupe qui se trouve être le plus cher de notre étude : les chambres « prestige » de la Clinique Geoffroy-Saint-Hilaire, en face du Jardin des Plantes (Ve arrondissement de Paris), sont facturées 275 €/jour, contre 170 €, tout de même, pour les chambres classiques. Plus rarement, certains hôpitaux publics proposent, eux aussi, plusieurs tarifs, comme les Hospices civils de Lyon, où les chambres les plus récemment construites ou rénovées sont facturées 49 €/jour, contre 39 € pour les plus anciennes.

Les deux tiers des complémentaires santé remboursent moins de 50 €

Vu les tarifs appliqués, parfois prohibitifs, mieux vaut regarder de près les prestations offertes par votre complémentaire santé avant de demander une chambre particulière. En effet, de même que pour le forfait hospitalier (participation aux frais d’hébergement et de restauration), facturé – sauf exceptions –18 €/ jour depuis le 1er janvier 2010, la Sécurité sociale ne verse pas un centime aux patients désirant bénéficier d’une chambre particulière. Ces derniers ne peuvent donc compter que sur la prise en charge de leur complémentaire. Or, alors que le forfait hospitalier est intégralement pris en charge par la quasi-totalité des complémentaires santé, ce n’est plus du tout le cas pour les chambres particulières. Selon différentes études menées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), dépendant du ministère de la Santé, 9 contrats sur 10 prennent, certes, ces frais en charge, mais pour des montants très variables : les deux tiers d’entre eux prévoient un remboursement inférieur à 50 €/jour, et seuls 10 % couvrent au-delà de 70 €, le remboursement moyen étant de 43 €. Aussi, à moins de profiter de l’un des rares contrats assurant une prise en charge en frais réels, la facture finale risque d’être importante, surtout pour des hospitalisations liées à des tumeurs, à un accident vasculaire cérébral ou à une prothèse totale de hanche, dont les durées excèdent généralement 10 jours.

Les frais annexes sont rarement couverts

Certains contrats permettent, toutefois, d’alléger la facture. Les contrats collectifs – souscrits via son employeur – s’avèrent plus généreux (prise en charge moyenne de 47 €) que les contrats individuels (40 €). Il faut aussi savoir que les mutuelles d’assurance nouent souvent des partenariats avec des établissements, qui accordent alors des tarifs préférentiels aux adhérents. L’Hôpital privé Saint-Martin de Pessac, près de Bordeaux, facture ainsi 64 € la chambre individuelle, mais seulement 53,19 € aux adhérents de certaines mutuelles. Quant à la MGEN, principale mutuelle de santé française, elle fait profiter d’un reste à charge nul ou limité ses assurés qui se rendent dans un établissement conventionné, soit 94 % des hôpitaux publics et 38 % des cliniques privées.
Par ailleurs, il ne faut pas négliger la couverture des frais annexes à la chambre individuelle. Ainsi, la majorité des contrats participent aux frais d’hébergement des parents d’enfants hospitalisés, à condition que ceux-ci aient moins de 12, 14 ou 16 ans, selon les contrats. En revanche, rares sont les complémentaires (Groupama santé active, par exemple) qui couvrent les autres frais annexes, comme l’accès à la télévision, l’ouverture d’une ligne téléphonique, le repas d’un proche accompagnant un adulte, voire son hébergement (voir encadrés). Des postes de dépenses qui peuvent pourtant peser dans la facture finale.

Les nouveaux hôpitaux ont 80 % de chambres particulières

Subsiste un point épineux : comment être certain, si on le souhaite, de bénéficier d’une chambre particulière ? Ce n’est généralement pas possible, même dans le cadre d’opérations programmées à l’avance, les établissements répondant à la demande en fonction des disponibilités. Sachez, cependant, qu’il y a souvent davantage de places disponibles dans les établissements privilégiant les opérations ou traitements programmés et dépourvus de services d’urgence. Dans le secteur public, des directeurs d’hôpitaux admettent aussi – tout en le regrettant – que les patients traités dans le « secteur libéral » de l’établissement bénéficient parfois prioritairement d’une chambre individuelle. Certains chirurgiens du public sont, en effet, autorisés à consacrer 20 % de leur temps à des activités privées, dans les locaux de l’hôpital, avec tous ses équipements, et à facturer, de ce fait, des dépassements d’honoraires. En contrepartie, certains auraient tendance à privilégier leurs patients « privés » en leur accordant plus facilement une chambre individuelle.
Encore faut-il que l’établissement dispose de suffisamment de chambres particulières. Sous la pression des pouvoirs publics, des patients souhaitant davantage de confort, mais aussi pour attirer de nouveaux clients dans un secteur concurrentiel, les établissements français ont lancé, depuis une trentaine d’années, de grands chantiers de rénovation, pour passer progressivement des dortoirs d’antan à des chambres à deux, puis à un lit. La norme, aujourd’hui, pour les nouveaux bâtiments : proposer au moins 80 % de chambres particulières, contre 20 % de chambres à lit double. « Une proportion déjà respectée pour les bâtiments construits depuis une dizaine d’années dans le secteur privé », soutient Jean-Loup Durousset, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Même s’ils sont encore légèrement en retard, c’est cet objectif que ­doivent, désormais, atteindre les hôpitaux publics, bien aidés par les financements dégagés par les plans Hôpital 2007, puis Hôpital 2012. Selon le bilan officiel du plan Hôpital 2007, lancé par les pouvoirs publics en 2003, la proportion de chambres particulières est passée, en 5 ans, en moyenne nationale et tous établissements confondus, de 40 % à 60 %.

De fortes disparités, dans le privé comme dans le public

La proportion de chambres particulières varie considérablement d’un établissement à l’autre. Par exemple, sur près de 200 lits – et en attendant son agrandissement –, il n’existe que 12 chambres particulières à la Clinique (privée) de la Sauvegarde, à Lyon. Une situation inverse de celle de la Clinique Saint-Vincent, à Besançon, où sont aménagées 160 chambres individuelles, contre 37 chambres à lit double. à l’hôpital public de Marseille (AP-HM), tout dépend du site : les chambres individuelles ne représentent que 21 % des lits dans les hôpitaux Sud, les plus anciens, jusqu’à 40 % à la Timone et 42 % à l’hôpital Nord. Aux Hospices civils de Lyon, le taux est de presque 33 %, alors que tous les bâtiments lyonnais récents ou en cours de construction (pavillon médical de Lyon sud, bâtiment médico-chirurgical de la Croix-Rousse, hôpital femme-mère-enfant de Lyon- est…) proposent plus de 80 % de chambres particulières.

Les prestations hôtelières représentent jusqu’à 10 % des recettes des établissements

Cet aménagement continu de chambres particulières ne vise pas seulement à attirer de nouveaux patients. Si l’essentiel des ressources des établissements de santé provient des soins effectués, payés par la Sécurité sociale sur la base de tarifs établis par les pouvoirs publics, ils ont, en revanche, toute latitude pour fixer les prix de leurs chambres particulières, si bien que, dans le privé, ces prestations hôtelières peuvent constituer plus de 5 %, voire 10 % de leurs revenus. Rien d’étonnant, donc, que leur coût augmente régulièrement. De très nombreuses cliniques soutiennent, d’ailleurs, que, sans ces recettes, elles seraient déficitaires. Même si les chambres particulières représentent une part bien plus marginale de leurs revenus, les établissements publics portent, eux aussi, une grande attention à cette recette. Pour combler de lourds déficits, l’AP-HM a ainsi mis l’accent, l’an dernier, sur la nécessité de facturer systématiquement les chambres particulières aux patients, ce qui n’était pas le cas auparavant. En un an, les recettes ont ainsi été multipliées par 5 (à 1,35 million d’euros pour 2009), alors que le tarif de la chambre, lui, a été maintenu à 35 €.
Il faut, néanmoins, noter que, financièrement, le patient n’est pas forcément perdant. En effet, parallèlement à l’augmentation des tarifs des chambres particulières et à la systématisation de leur facturation, certaines opérations, comme la chirurgie de la cataracte, du canal carpien ou l’arthroscopie du genou, sont désormais majoritairement traitées en ambulatoire : les opérations sont effectuées dans la journée, les patients pouvant alors rentrer chez eux le soir et éviter d’être hospitalisés la nuit. De même, les progrès de la médecine et une meilleure organisation ont contribué à écourter sensiblement la durée des hospitalisations complètes (hors ambulatoire) : au cours des 15 dernières années, la durée d’hospitalisation en court séjour a été réduite de plus d’un tiers, passant de 9 à 6 jours en moyenne. Soit, autant de jours de moins à devoir payer une éventuelle chambre particulière.

Dossier réalisé par Aurélien Ferron


Outils pratiques :
Papiers à conserver

Mots-clés :

ASSURANCE MALADIE , ASSURANCE MALADIE COMPLEMENTAIRE , CLINIQUE , HOPITAL , MUTUELLE , PRIX



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