Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Economies d'énergie > Rentabilisez plus vite vos travaux d'économie d'énergie

Rentabilisez plus vite vos travaux d'économie d'énergie

Rentabilisez plus vite vos travaux d'économie d'énergie
Mars 2010
Le Particulier n° 1047, article complet.
Auteur : COULAUD (Nathalie)

Les travaux d’isolation permettent, à la fois, de réaliser de substantielles économies d’énergie, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer le confort de sa maison. Voici comment s’y prendre pour obtenir le meilleur retour sur investissement possible.

Les professionnels du bâtiment et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) sont formels : les travaux d’isolation, s’ils sont bien réalisés et s’ils s’attaquent aux sources de déperditions thermiques les plus importantes d’une maison, permettent de diviser ses consommations d’énergie d’un tiers, parfois même de moitié. « Ils valorisent votre bien, car une fois l’enveloppe de votre logement rénovée, ses performances thermiques se rapprochent de celles des logements neufs, et aussi parce qu’il est plus confortable. » Une maison individuelle correctement isolée vaudrait ainsi 10 % plus cher qu’une habitation aux déperditions thermiques importantes, selon la Fondation bâtiment énergie, groupement d’industriels du secteur. De plus, il est désormais possible, en faisant appel à des entrepreneurs certifiés (voir contacts p. 51), d’obtenir des garanties sur les performances obtenues à l’issue des travaux.
Les travaux d’isolation permettent également de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s’inscrire dans la logique de la loi Grenelle 1, qui impose une réduction drastique des consommations énergétiques des bâtiments existants (loi n° 2009-967 du 3.8.09, JO du 5). La loi Grenelle 2, qui devrait être adoptée par le Parlement d’ici l’été 2010, doit préciser comment les objectifs fixés par le Grenelle 1 devront être atteints, notamment dans les bâtiments existants. Ceux-ci sont, en effet, responsables de 23 % des émissions de gaz à effet de serre et ponctionnent la moitié de l’énergie totale consommée en France. Les objectifs fixés par les lois Grenelle 1 et 2 sont les suivants : les bâtiments existants, dont 17,3 millions de maisons individuelles, devront consommer, en moyenne, 12 % d’énergie en moins en 2012, 38 % en moins en 2020 et 80 % en moins en 2050. Pour donner un ordre de grandeur, la consommation des maisons individuelles existantes est actuellement comprise entre 260 kWh/m2/an et 400 kWh/m2/an selon leur date et leur qualité de construction. En 2012, il faudra être descendu à 220 kWh/m2/an, en 2020 à 160 kWh/m2/an, et en 2050 à 50 kWh/m2/an !

Profitez des avantages fiscaux avant qu’ils ne soient revus à la baisse

Les objectifs à atteindre sont donc ambitieux. Aussi est-il indispensable de réfléchir dès à présent aux travaux d’économie d’énergie à réaliser dans votre maison, ce qui vous permettra, de surcroît, de profiter de façon optimale du crédit d’impôt développement durable et/ou de l’éco-prêt à taux zéro. D’autant que ces dispositifs fiscaux pourraient disparaître à terme ou, du moins, être révisés à la baisse, compte tenu de leur coût élevé pour l’État. Le crédit d’impôt développement durable permet de se faire rembourser de 15 à 50 % du coût des équipements, des matériaux et de certains travaux destinés à améliorer les économies d’énergie dans l’habitation principale. Les dépenses sont plafonnées à 8 000 € pour un célibataire et à 16 000 € pour un couple.

Vous pouvez réduire sensiblement vos dépenses de travaux

L’objectif de cet avantage fiscal est d’encourager les particuliers à acheter les matériaux et équipements les plus performants en gommant leur surcoût par rapport aux autres produits du marché. Pour la plupart, le pourcentage (voir tableau page ci-contre) est appliqué sur leur coût hors frais de main-d’œuvre. Toutefois, les travaux d’isolation des parois opaques (la toiture ou les murs) bénéficient du crédit d’impôt, pose comprise, depuis 2009. Cette mesure d’assouplissement fiscal a été prise pour encourager ce type de travaux, particulièrement efficaces sur le plan thermique. Les matériaux isolants étant très peu chers au regard de leur pose par un professionnel, le fait que le crédit d’impôt ne soit calculé que sur leur seul coût les rendait, en effet, fiscalement peu attractifs. Le nouveau dispositif permet à un couple qui fait isoler les murs de sa maison pour un montant de 16 000 €, pose comprise, de bénéficier d’un crédit d’impôt de 4 000 € (25 % de 16 000 €). Alors que jusqu’en 2008, ces mêmes travaux n’auraient ouvert droit qu’à un avantage fiscal de 1 500 € (25 % de 6 000 €, le prix des matériaux isolants, sans la pose).

Attention, les incitations fiscales ont été remaniées

Par ailleurs, le gouvernement vient de modifier, dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2009, les taux du crédit d’impôt et de revoir le champ d’application du dispositif (art. 58 de la loi n° 2009-1674 du 30.12.09, JO du 31, codifié à l’article 200 quater du code général des impôts). De nouvelles règles sont donc en vigueur pour les travaux réalisés entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2012. La pose de l’échangeur souterrain d’une pompe à chaleur géothermique (qui récupère les calories du sol) ouvre droit désormais à un crédit d’impôt de 40 %, afin d’alléger son coût, qui est très élevé (environ 10 000 €). Les pompes à chaleur thermodynamiques produisant exclusivement de l’eau chaude sanitaire deviennent aussi éligibles à l’avantage. Enfin, les portes d’entrées isolantes, jusqu’à présent non concernées, ouvrent droit au crédit d’impôt au taux de 15 %.
En revanche, certains équipements sont moins favorisés par le dispositif. C’est le cas des fenêtres isolantes, qui passent de 25 à de 15 %. Le gouvernement a effectivement estimé qu’il n’était plus nécessaire d’encourager autant leur amélioration qualitative et qu’il était temps de reporter une partie des incitations fiscales sur d’autres matériaux ou équipements. « Il est vrai que toutes les fenêtres du marché sont désormais très performantes. En outre, les changer améliore le confort certes, mais les économies d’énergie générées sont moindres qu’avec des travaux d’isolation des murs ou du toit », reconnaît Roland Fauconnier de la Fédération française du bâtiment (FFB). Autre modification : le taux du crédit d’impôt pour les chaudières à condensation passe de 25 à 15 %. Une baisse que la FFB juge prématurée, dans la mesure où le marché des chaudières à condensation n’a pas encore vraiment décollé du fait de leur prix élevé (de 8 000 à 9 000 €, contre 4 000 à 6 000 € pour les chaudières basse consommation). De fait, les particuliers s’équipent plutôt actuellement de chaudières basse consommation, pourtant moins performantes. Pour les chaudières et équipements de chauffage ou de production d’eau chaude fonctionnant au bois ou aux autres biomasses, le crédit d’impôt au taux de 40 % est dorénavant limité au coût du remplacement d’un appareil équivalent plus ancien. En cas de nouvelle installation, il n’est que de 25 %. Par ailleurs, le crédit d’impôt de 40 % applicable à de nombreux travaux d’économie d’énergie dès lors qu’ils sont effectués au plus tard 2 ans après l’acquisition d’un logement construit avant 1977 est supprimé. « C’est dommage, estime Roland Fauconnier, car c’est au moment de l’acquisition d’une maison que des travaux d’envergure peuvent être effectués et que les gens ont besoin d’un coup de pouce financier. » Un arrêté et une instruction fiscale devraient venir préciser, dans les prochaines semaines, les modalités du crédit d’impôt ainsi réformé.
Même si les taux et le champ d’application du crédit d’impôt sont progressivement réduits, il n’en demeure pas moins une aide fiscale très appréciable, puisqu’il raccourcit d’environ 3 ans le temps de retour sur investissement de la plupart des travaux d’économie d’énergie. Par exemple, dans une maison des années 1970, des travaux d’isolation de la toiture d’un montant de 15 000 € seront amortis en seulement 7 ans et demi grâce au crédit d’impôt, contre 11 ans sinon.

L’éco-prêt à taux zéro peut encore être cumulé avec le crédit d’impôt

Les particuliers ont aussi la possibilité de bénéficier d’un éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), qui est subordonné à la réalisation de bouquets de travaux d’économie d’énergie ou à l’amélioration globale des performances de l’habitation (voir le n° 1038 du Particulier, p. 52). Ce prêt peut être souscrit auprès de tous les grands réseaux bancaires et peut atteindre un maximum de 30 000 €, remboursés sur 10 ans. Si votre revenu fiscal de référence (indiqué sur votre avis d’imposition) est inférieur à 45 000 €, vous avez intérêt à souscrire un éco-PTZ sans tarder car, en 2010, il est encore cumulable avec le crédit d’impôt développement durable. Mais cette possibilité devrait prendre fin pour les offres de prêt émises après le 1er janvier 2011. Comme le crédit d’impôt, l’éco-PTZ permet d’accélérer le retour sur investissement des travaux d’économie d’énergie. Ainsi, pour un bouquet comprenant l’isolation de la toiture, le changement des fenêtres et la pose d’une ventilation double-flux (26 000 € de travaux en tout), le retour sur investissement est de 17 ans et demi en cumulant l’éco-PTZ et le crédit d’impôt. Il serait de 20 ans et demi sans éco-PTZ.

Attaquez-vous d’abord aux plus importantes sources de déperditions thermiques

Une fois acquis à l’idée de réaliser des travaux d’économie d’énergie, les particuliers ne savent pas toujours par lesquels commencer. Pour Laurent Beaugiraud de l’entreprise Rénovert, il faut d’abord travailler sur l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire, le toit, les murs, le plancher et les ouvertures (portes et fenêtres) avant d’examiner le chauffage. Une fois les travaux d’isolation réalisés, les besoins en chauffage seront alors plus faibles et l’équipement nécessaire moins onéreux. De son côté, l’Ademe conseille d’isoler, en priorité, la toiture, qui est à l’origine de 30 % des pertes de chaleur. Viennent ensuite, selon l’importance des déperditions thermiques, les murs (de 20 à 25 %), les fenêtres (de 10 à 15 %), les planchers bas (de 7 à 10 %), puis les ponts thermiques, c’est-à-dire les endroits de la maison souffrant d’une rupture de l’isolation thermique (de 5 à 10 %). Sans oublier les zones de renouvellement de l’air (cheminées, bouches d’aération et ventilation mécanique contrôlée, VMC) qui peuvent être à l’origine de 20 à 25 % des pertes de chaleur. Il est particulièrement intéressant d’installer une VMC double-flux, qui récupère les calories de l’air sortant pour chauffer l’air froid entrant. On peut ainsi diminuer les déperditions énergétiques liées au renouvellement de l’air de 90 % ! Équiper une maison de 100 m2 d’une VMC double-flux revient à environ 2 000 € (sur une VMC classique déjà existante) et à 6 000 € s’il faut la créer ex-nihilo et installer des gaines dans la maison. À l’heure actuelle, la VMC double-flux n’est pas éligible au crédit d’impôt. Nos simulations montrent que l’isolation de la toiture couplée à l’installation d’une ventilation double-flux se rentabilise en 12 à 20 ans.

Envisagez des stratégies différentes selon l’époque de construction de la maison

Le temps de retour sur investissement dépend également de la date de construction de votre habitation. Les 10 millions de maisons bâties entre 1945 et 1975, époque où l’idée même d’isolation était inexistante, sont les plus fortes consommatrices d’énergie. Si aucuns travaux d’amélioration n’ont été effectués depuis leur construction, on y trouve des fenêtres à simples vitrages, les combles ne sont pas isolés et la chaudière, ancienne, offre des rendements médiocres. Dans ce type d’habitation, les travaux d’isolation sont très vite amortis. Il est plus judicieux de commencer par isoler la toiture, puis les murs, par l’extérieur, (pour éviter les ponts thermiques). Le retour sur investissement est de 14 à 18 ans.
Dans des maisons plus anciennes, construites avant le xxe siècle, il est, paradoxalement, plus difficile d’améliorer significativement les performances thermiques. Ces constructions sont, en général, mieux conçues (en terme d’exposition, de taille des fenêtres, d’épaisseur des murs…) que les maisons modernes. Une étude récente, menée notamment par le ministère de l’Équipement et Maisons paysannes de France (association de sauvegarde du patrimoine rural bâti, voir contacts ci-contre), montre que leur consommation énergétique se situe entre 230 et 150 kWh/m2/an, des valeurs proches des objectifs fixés par les lois Grenelle 1 et 2 pour 2012 et 2020 ! Si leur isolation peut encore être renforcée, il faut alors veiller à respecter les caractéristiques du bâti. « Il est important de proscrire toute solution standard et de prendre en compte le fait que les matériaux avec lesquels sont construites les maisons anciennes (pierre, bois, terre crue…) sont perméables et donc sensibles à l’humidité », prévient Claudia Gaspari de Maisons paysannes de France. L’isolation doit être faite avec des matériaux respirant pour permettre l’évacuation de l’humidité et conserver les qualités initiales du bâtiment. Sinon, elle risque de provoquer des dégâts contraires au but recherché. En outre, si vous devez changer les fenêtres, il est important, dans ce type de maisons, qu’elles soient équipées de bouches d’aération ou, mieux, d’une VMC double-flux, pour permettre aux pièces d’évacuer l’humidité. En raison de toutes ces contraintes et du fait que les dimensions sont rarement standardisées, le coût des travaux est plus élevé dans une maison ancienne et le retour sur investissement est donc plus long. Il peut atteindre 21 ans.
Enfin, dans les maisons récentes (moins de 20 ans) et déjà partiellement isolées, Christophe Bonnavent, directeur général de Cequami, organisme qui certifie les entreprises de rénovation énergétique, préconise de remplacer prioritairement la chaudière et d’installer des capteurs solaires en toiture afin de chauffer l’eau : ces travaux pourront être rentabilisés en 13 à 14 ans, avec, à la clef, une facture d’énergie réduite de 20 à 30 % !

Nathalie Coulaud


Mots-clés :

CHAUFFAGE , ECO-PTZ , ECONOMIE D'ENERGIE , ISOLATION THERMIQUE , MAISON INDIVIDUELLE , PAC , POMPE A CHALEUR




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier