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La montagne attire-t-elle toujours les investisseurs ? (Interview)

Février 2010
Le Particulier Immo n° 261, article complet.
Auteur : ROY (Laurence)

Alors que l’investissement dans le logement neuf en plaine tire son épingle du jeu grâce au dispositif Scellier, qu’en est-il des résidences de tourisme en montagne ? Continuent-elles à attirer les investisseurs, malgré les abus dont ont été victimes certains acheteurs ? Réponses de Gérard Brémond, président du groupe Pierre & Vacances - Center-Parcs.

Président du Groupe Pierre & vacances-center parcs.

1967 : création de la station de montagne d’Avoriaz.
2003 : acquisition de Center-Parcs.

Comment se présente la saison 2009-2010 en montagne, en termes de remplissage des résidences ?

GB Après deux saisons exceptionnelles en 2009 et 2008, nous assistons à un phénomène qui se confirme et s’amplifie même : celui des réservations tardives. Nous avons vu, cette année, des familles retenir dans nos ­résidences, un séjour d’une semaine pour le nouvel an… quelques heures seulement avant le départ ! Et cela sans réduction des prix des séjours. Résultat : toutes nos ­résidences étaient complètes à cette période. La semaine de Noël a enregistré une affluence proche de celle de l’hiver dernier. Nous assistons également à une baisse de
fréquentation des étrangers, et notamment des Britanniques, compensée toutefois par la progression de la clientèle française et en provenance de l’Europe de l’Est. Le désir des Français de profiter de la montagne en hiver est toujours très marqué. Pour résumer, un début de saison très semblable à celui de l’hiver précédent.

Comment les investisseurs ont-ils réagi à la suppression du statut du loueur en meublé professionnel (LMP) en 2009 ?

GB Dès le début de l’année 2009, la mise en place du Scellier dans le logement neuf d’habitation principale, combinée à la réforme du statut du LMP, a eu pour conséquence de stopper les ventes dans les ­résidences de tourisme. Pendant quatre mois, le secteur a subi une véritable distorsion de concurrence : d’un côté l’investissement locatif d’habitation principale avec 25 % de réduction d’impôt, de l’autre les résidences de tourisme avec un crédit d’impôt de 5 % seulement*. Cette différence a été corrigée par un ­amendement du député Michel Bouvard qui a étendu le dispositif Scellier aux
résidences avec services. Aussitôt, les ventes ont redémarré à l’annonce de ce changement. Et depuis la rentrée, le marché est très dynamique. Ainsi, à Avoriaz, sur nos 475 appartements ­commercialisés, 330 sont partis en douze mois. À la Tania, à proximité de Courchevel, la ­commercialisation engagée il y a quelques semaines est presque terminée, soit une centaine d’appartements vendus. Le dispositif Scellier-Bouvard a été un coup de fouet et demeure très stimulant ; mais il n’est pas suffisant en tant que tel, car les ­investisseurs restent sensibles à la localisation, à la qualité de l’opération et à la sécurité de l’exploitant touristique.

Quelle est la stratégie de développement du groupe Pierre & vacances sur le marché de la montagne en 2010 ?

GB La clientèle d’investisseurs en montagne reste très sélective. Le tourisme de montagne est essentiellement d’hiver, pour la pratique du ski, ce qui implique un bon enneigement. C’est la raison pour laquelle nous demeurons, en montagne, axés sur les stations d’altitude. Mais compte tenu de nos exigences, le manque de disponibilités foncières nous contraint à être moins actifs, pour l’instant, sur ce marché et à orienter notre développement vers la rénovation d’appartements. Ainsi, dans les prochaines semaines, nous projetons d’ouvrir la commercialisation de résidences à rénover… Elles bénéficieront bien sûr du dispositif Scellier-Bouvard.

La loi « Tourisme » du 22 juillet 2009 est-elle suffisante pour rassurer les investisseurs face aux risques liés à l’exploitation de leur résidence, notamment quand celle-ci est située en zone de revitalisation rurale (ZRR) ?

GB En effet, cette loi va vers plus de transparence en renforçant l’information qui doit être communiquée en amont, dès la commercialisation, aux acquéreurs éventuels Mais le plus important est la potentialité commerciale et financière de la résidence, liée principalement à la qualité de l’emplacement et surtout à la ­compétence et à l’expérience de ­l’opérateur touristique. La qualité de l’opérateur est donc primordiale dans la décision d’achat.

Propos recueillis par Laurence Roy

* La loi de finances pour 2009 avait instauré, pour le régime de la location meublée non professionnelle (LMNP), une réduction d’impôt de 5 %, pour un investissement dans ces résidences, limité à 500 000 euros.


Mots-clés :

INVESTISSEMENT LOCATIF , LOCATION MEUBLEE , MARCHE IMMOBILIER , MONTAGNE , RESIDENCE DE TOURISME , SCELLIER , SCELLIER-BOUVARD




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