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Un chantier en plusieurs étapes... qui dépendent du type de mur

Février 2010
Le Particulier Pratique n° 354, article complet.
Auteur : MARTIN (Claire)

Le nécessaire sondage ; un étayage progressif ; le cas de l’ouverture en arc de cercle.

Il faut, tout d’abord, sonder les murs pour voir de quoi ils sont faits, puis ouvrir un peu pour les renforcer, étayer et terminer l’ouverture. Dans un pavillon, il est assez facile de connaître la composition des murs, ne serait-ce que par le style de l’habitation, son époque, en se renseignant auprès de voisins possédant le même genre de maison.
Un sondage est, toutefois, nécessaire pour compléter ces premières informations. Plusieurs méthodes existent selon le type de bâtiment. Couramment utilisé dans les constructions en pierre, en brique et en parpaings, le sondage destructif, effectué à l’aide d’un petit marteau-piqueur, permet de piocher légèrement un peu partout ; ce qui évite de détruire les armatures métalliques. Il suffit ensuite de boucher les trous par un ragréage. C’est la technique employée par les maçons traditionnels ou les bricoleurs (très) chevronnés.
Dans un immeuble collectif, pour repérer ces ferraillages, on effectue un sondage par carottage, qui consiste à prélever un morceau de mur à l’aide d’une carotteuse. Ce procédé n’est pas sans risque : si le mur contient des aciers, on peut en couper des parties, et ainsi commencer à fragiliser la structure. Or, ces éléments ne doivent pas être cisaillés sans l’avis du bureau de contrôle, qui, comme nous l’avons vu, engage sa responsabilité. Ce type d’intervention ne peut être réalisé que par une entreprise spécialisée.
Certains entrepreneurs pratiquent le sondage par scanner : ils passent un appareil de mesure sur la surface des murs afin d’en visualiser la structure et de localiser les fers d’armature (système Ferroscan de Hilti).
Pour l’étayage, il existe également plusieurs technologies. Soit on étaie au préalable du sol au plafond (photo en haut à droite p. 58), soit on réalise des saignées verticales dans lesquelles prendront place des bastaings (photo de gauche p. 56). Dans le premier cas, il s’agit, généralement, d’étais métalliques ou de chandelles réglables en hauteur. Selon la législation, ils doivent porter tout ce qui se trouve au-dessus de l’ouverture, sachant que la charge peut atteindre plusieurs tonnes. Si vous disposez d’un sous-sol et si vous souhaitez ouvrir un mur porteur au rez-de-chaussée, il faut que l’étaiement s’effectue à partir du sous-sol.
Dans un mur en pierre, très épais, le maçon casse, à l’emplacement du futur linteau, une première moitié du mur avec un pied-de-biche manié à l’horizontale. Dans cette fente horizontale, il réalise, par coffrage, une poutre en béton, soutenue par des étais pendant le séchage, puis il procède de la même façon sur l’autre partie du mur. Il peut aussi construire ces éléments de structure à l’aide de linteaux ou de poutres préfabriquées en acier ou en béton armé. Dans un cas comme dans l’autre, la composition des divers matériaux assurant la solidité (ferraillage, béton, mise en œuvre) est primordiale.
En général, dans un mur en brique ou en parpaings, le matériau n’est pas en lui-même l’élément porteur. Le parpaing est utilisé en remplissage ; ce sont les poteaux en béton situés aux angles du mur et les chaînages horizontaux qui jouent le rôle de porteur. Même principe pour la brique. Il faut donc retrouver le chaînage de l’habitation, c’est-à-dire le coffrage en béton qui a été coulé autour de la construction, renforcé par des aciers, fermant ainsi la maison tout en la maintenant.
Lorsque le mur est en béton, il est préférable de ne pas l’attaquer au marteau-piqueur, afin de ne pas créer de microfissures. Ces fissurations génèrent des désordres dans la structure, des voies d’eau éventuelles. Vérifiez que, pour la découpe, le maçon utilise bien une scie diamantée – il faut un groupe électrogène pour la faire fonctionner – , qui assure une coupe sans vibrations ni poussière. Même s’il existe des loueurs de scies murales, il est impératif de confier ce travail à une entreprise spécialisée, car le maniement de cet outil est dangereux.
Dans le cas d’une grande ouverture, si le renforcement au moyen de poutres en acier et de poteaux n’est pas suffisant, le professionnel applique à la colle époxy des renforts en plat carbone (fibre de carbone) de 1 à 2 mm d’épaisseur. Ce produit, certes coûteux, réduit les frais de main-d’œuvre et est réservé aux entrepreneurs (Diam Groupe).
Cas particulier, l’ouverture en forme d’arc, ce dernier pouvant être en plein cintre, surbaissé ou en anse de panier. Suivant la courbe, le transfert et les descentes de charges ne seront pas systématiquement tangentiels à celle-ci : les efforts peuvent s’exercer vers l’intérieur de l’arc ou, au contraire, vers l’extérieur ; un délicat calcul qui relève absolument du bureau de structure.
Un arc travaillant principalement en compression, la pose d’aciers ne sera pas forcément obligatoire (l’intérêt des aciers est, entre autres choses, de bien résister à la traction). Attention, toutefois, l’arc présente un gros inconvénient : s’il se rompt, rien ne le laissera présager, et il cédera d’un seul coup. Mieux vaut donc, surtout s’il reprend des charges importantes, faire appel à une entreprise spécialisée (plutôt qu’à un simple maçon), qui fera les calculs nécessaires à une mise en œuvre en toute sécurité.
L’arc en plein cintre (en demi-cercle) a besoin, notamment, de forces extérieures pour le contenir ; sinon, il “poussera” vers les extérieurs. C’est ainsi que, dans les églises, ces arcs sont confortés par des descentes de charges latérales importantes, voire par des contreforts ou des arcs-boutants. On préférera un arc en chaînette ou vélaire (en forme de V inversé arrondi), dont les efforts suivront la tangente de la courbe.
Cette ouverture en arc, séduisante sur le plan esthétique, revient souvent plus cher qu’une ouverture rectangulaire. Dans la pierre, il faut tenir compte de la forme de chaque bloc et de son rôle de soutien. Dans les constructions en brique ou en parpaings, soit on utilise un système de carottage – on fait des prélèvements les uns à côté des autres –, puis on égalise l’arrondi, soit on découpe le mur avec un câble diamanté fonctionnant sur le principe du compas.

Claire Martin


Mots-clés :

GROS OEUVRE , MAISON INDIVIDUELLE , TRAVAUX




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