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Guide d'achat : appareils photo bridges, compacts experts ou reflex, à prix égal, quelle famille adopter ?

Février 2010
Le Particulier Pratique n° 354, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Les bridges, pour la puissance de leur zoom ; les compacts experts, champions des objectifs lumineux ; les reflex, qui peut le plus peut le moins.

La crise ? Pour le secteur de la photo numérique, c’est du passé. Après un début 2009 marqué par un recul des ventes, les chiffres d’affaires des fabricants sont repartis à la hausse au troisième trimestre. Les Français continuent de s’équiper. Pourtant, ils sont déjà 87 % à posséder un appareil (source Ipsos-API, 2009). Parmi eux, plus des trois quarts utilisent un compact, les autres se répartissent, à parts égales, entre bridges et reflex. Ces matériels, longtemps réservés aux photographes experts, sont de plus en plus appréciés par les débutants. Ils intègrent, désormais, des automatismes simplifiant leur manipulation et sont de moins en moins chers. Dans une fourchette de 400 à 600 €, on trouve maintenant, à côté de très bons reflex vendus accompagnés d’un objectif, des ­compacts experts et des bridges. Difficile de se décider lorsque des modèles aux caractéristiques aussi différentes coûtent le même prix.
Pour choisir un appareil, il faut d’abord s’interroger sur l’usage que l’on veut en faire. Si l’on souhaite s’en servir à tout moment, un compact sera idéal. Il tient dans une poche, restant à portée de main pour immortaliser des scènes du quotidien, voire, au vu des performances des compacts experts, s’essayer à la photo artistique. à l’opposé, les reflex, avec leurs objectifs interchangeables, impliquent d’emporter un sac, et sont nettement plus lourds et moins discrets. Si l’on cherche un équipement polyvalent, qui convienne aussi bien aux photos de famille qu’aux safaris, les bridges s’imposent.

Le zoom puissant, l’apanage du bridge

Les bridges sont les seuls appareils à intégrer des objectifs aux focales très longues (560 mm dans notre sélection sur les Canon PowerShot SX1 IS et Sony DSC-HX1), avec des facteurs de grossissement atteignant x24. De tels zooms existent, certes, pour les reflex, mais valent une fortune, plus de 7 000 € pour un 500 mm f/4 Nikon par exemple. La qualité des clichés n’est évidemment pas comparable, l’immense amplitude des objectifs des bridges se traduisant par une petite ouverture de diaphragme et, parfois, par de la distorsion, du vignetage (coins sombres) ou des aberrations chromatiques sur les images. Ces imperfections ne sont pas gênantes pour des tirages 10 x 15 cm, mais se remarquent lorsque la photo est recadrée ou tirée en format A4. Sur les compacts experts, les plages focales sont plus étriquées – on trouve même des focales fixes – et l’accent est mis sur la qualité optique. Si l’on vise l’excellence des clichés en toutes circonstances, notamment en basse lumière, les reflex constituent le meilleur choix. Les objectifs fournis dans les kits (souvent des 18-55 mm) conviennent pour de multiples situations et peuvent être complétés par des optiques de différentes focales.

Tous les grands-angles ne se valent pas

Utilisé par la plupart des fabricants pour vanter leurs produits, le terme “grand-angle” ne désigne pas la même longueur de focale d’un modèle à l’autre. Alors que la plage focale du Fujifilm FinePix S200EXR commence à 30,50 mm, celle du Panasonic Lumix DMC-LX3 débute à 24 mm, et permet donc de prendre des scènes bien plus larges. On peut considérer qu’à partir de 28 mm on a affaire à un vrai grand-angle. Les objectifs vendus dans le package avec les reflex offrent souvent une variation allant de 18 à 55 mm, laissant augurer une focale très courte, mais, du fait de la présence de capteurs APS-C, il faut multiplier ces valeurs par 1,5 ou 1,6 suivant les appareils pour obtenir les équivalents en 24 x 36. Ainsi, la plage 18-55 mm correspond, en réalité, à 27-82,50 mm.

Les objectifs lumineux, l’atout des compacts experts

L’ouverture maximale du diaphragme est à prendre en considération, car elle renseigne sur la quantité de lumière que laisse passer l’objectif vers le capteur. En ­compacts et en bridges, privilégier les appareils ouvrant à f/2,8 ou plus (f/2, f/1,8, etc.) en position grand-angle est une option raisonnable. C’est le cas pour tous les modèles de notre sélection, et plus particulièrement les Panasonic Lumix DMC-LX3 (f/2) et Ricoh GRD III (f/1,9). En ce qui concerne les objectifs fournis avec les reflex, l’ouverture débute à f/3,5, une valeur qui reste largement acceptable sur ce type de matériel. L’ouverture maximale en longue focale doit aussi être prise en compte ; elle est, généralement, moindre qu’en grand-angle. On peut estimer que, sauf sur les optiques pour reflex extrêmement coûteuses, plus le zoom est important, moins l’objectif est lumineux. Avec leur petite plage focale, ce sont par conséquent les compacts experts qui disposent des plus grandes ouvertures (f/4,5 pour le Canon PowerShot G11, f/2,8 pour le Panasonic Lumix DMC-LX3). à l’inverse, les immenses zooms des bridges restreignent, au mieux, l’ouverture à f/5,6.
Tous les bridges et compacts experts (à l’exception du Ricoh GRD III) disposent d’un stabilisateur optique atténuant les mouvements du photographe ; un dispositif utile, surtout pour les longues focales. Dans le monde des reflex, deux systèmes se côtoient : les stabilisateurs intégrés dans les boîtiers (Olympus, Pentax, Sony) et ceux prenant place dans les objectifs (Canon, Nikon). Ces derniers, plus efficaces, sont aussi plus chers.

De la taille du capteur dépend la qualité de l’image

Quel que soit l’usage auquel on destine son appareil, le choix du modèle ne doit surtout pas être dicté par le nombre de mégapixels. Même si les constructeurs mettent en avant cette caractéristique, elle aide peu à se faire une idée de la qualité des images. Un capteur de 10 mégapixels compte 10 millions de cellules photosensibles, les photosites, de minuscules éléments qui réagissent à la lumière en produisant des charges électriques. Elles vont ensuite être converties en valeurs ­numériques et former les pixels de l’image. à taille de capteur équivalente, plus il y a de photosites, plus ils sont petits. Or, un petit photosite étant moins sensible à la lumière qu’un grand, il engendre des parasites granuleux sur les zones sombres des photos : c’est le bruit numérique.

Plus la sensibilité ISO est élevée, plus le bruit numérique est important

Les bridges abritent de petits capteurs, donc de petits photosites. Par conséquent, il n’est pas surprenant qu’ils peinent à produire des clichés exempts de bruit au-delà de 800 ISO. Les logiciels intégrés dans les appareils comportent des outils d’atténuation du bruit, mais ils se montrent peu efficaces et tendent à abuser du lissage, transformant les photos en aquarelles. Pour ce qui est des reflex, la densité des photosites est bien moindre, car les capteurs sont très grands, ce qui autorise des montées en ISO importantes. à 1 600 ISO, le bruit est absent et la sensibilité assez élevée pour photographier sans flash en intérieur. Et pour finir, coup de chapeau à Canon, qui a choisi de faire passer la dernière génération de son compact expert à 10 mégapixels, contre 14 pour la version précédente. Comme la taille du capteur n’a pas changé, la gestion du bruit est bien plus performante en haute sensibilité. Du reste, tous les compacts experts que nous avons retenus produisent d’excellents résultats en haute sensibilité.

Une utilisation très aboutie, le grand intérêt des reflex

Les compacts experts et les reflex offrent des possibilités de réglages manuels destinés aux utilisateurs avertis. Tous intègrent des programmes à priorité vitesse-priorité ouverture, entièrement manuels (PSAM), indispensables pour s’essayer à des prises de vue créatives, et obtenir des photos différentes de celles produites par le mode automatique. En jouant sur la vitesse d’obturation et sur l’ouverture du diaphragme, on peut varier la profondeur de champ, créer des filés, réaliser des poses longues, etc. Les bridges et un compact expert (Panasonic Lumix DMC-LX3) ajoutent à ces fonctions de multiples modes scènes, des préréglages adaptés à des sujets particuliers : feu d’artifice, coucher de soleil, plage, etc. Ils sont également capables de détecter les visages pour y faire la mise au point, et même de se déclencher lorsqu’ils repèrent un sourire (Sony DSC-HX1, Samsung WB5000). Si ces fonctions dépannent bien les débutants, il ne faudrait cependant pas en conclure qu’utiliser un reflex est trop compliqué pour eux. Le mode automatique (souvent en vert sur la molette de sélection) viendra à bout de presque toutes les situations au moins aussi bien que n’importe quel bridge.
Pour mieux séduire le grand public, les fabricants de reflex cherchent à simplifier encore leur fonctionnement. Nikon, par exemple, a intégré, dans son D3000, un mode d’emploi consultable directement sur l’écran arrière. De manière générale, les reflex se sont alignés sur les compacts et les bridges, et offrent, désormais, la possibilité de cadrer les photos avec l’écran arrière. Notons, cependant, que si ce procédé, appelé Live View, est simple d’usage sur les petits appareils, il rend l’autofocus des reflex souvent peu réactif (sauf sur certains modèles comme le Sony Alpha 330). Heureusement, la mise au point manuelle est agréable à utiliser sur un objectif de reflex. Avec les compacts (même experts) et les bridges, la retouche manuelle du point doit s’effectuer en passant par les menus.

La quasi-totalité des appareils dispose de la vidéo

Une tendance que traduit bien notre sélection, où seul le Canon EOS 450D en est dépourvu. Si certains modèles se cantonnent encore au format VGA (640 x 480 pixels), la plupart autorisent la vidéo HD en 720p (1 280 x 720 pixels) ou en Full HD (1 920 x 1 080 pixels). Dans ces définitions, la qualité ne rivalise pas avec celle obtenue par les caméscopes, mais elle est suffisante pour des films de vacances ou de famille. Certains clips diffusés sur les sites de partage comme YouTube et Dailymotion indiquent l’appareil utilisé, permettant ainsi de se faire une idée de ses performances. Les reflex sont ceux qui donnent les meilleurs résultats : grâce à leur grand capteur et à leurs objectifs interchangeables, ils offrent des arrière-plans flous comme au cinéma et une exposition correcte, même par faible luminosité. En revanche, comme ils obligent à se servir de l’écran arrière pour viser, leur autofocus ne fonctionne pas. Là encore, c’est manuellement qu’il faut effectuer la mise au point, ce qui n’est pas une mince affaire.

Vincent Delfau


Mots-clés :

APPAREIL PHOTO , APPAREIL PHOTO REFLEX , MATERIEL AUDIOVISUEL , PHOTOGRAPHIE




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