Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Economies d'énergie > Bilan : nos chauffages électriques parfois alimentés au fioul

Bilan : nos chauffages électriques parfois alimentés au fioul

Février 2010
Le Particulier Pratique n° 354, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

En cas de pic important de consommation, nos besoins électriques sont assurés par le gaz, le charbon, puis, en dernier recours, par le fioul. Une solution très coûteuse.

Deux jours de neige successifs, et voilà des régions entières menacées d’être privées d’électricité. La France ne serait-elle plus capable d’assurer son indépendance énergétique ? Cette situation résulte des politiques du “tout nucléaire” et du “tout électrique”. Les spécialistes la nomment la “maladie de la pointe”, c’est-à-dire une surconsommation hivernale liée au développement du chauffage électrique.
Ce pic de consommation nécessite de mobiliser des moyens de production d’électricité supplémentaires pour y répondre. En période normale, la production est assurée par les sources les moins chères, dans l’ordre l’hydraulique, l’éolien, puis le nucléaire (utilisées en “base”, dans le jargon des électriciens). Au fur et à mesure de l’augmentation des besoins, les centrales plus coûteuses sont mises en service (la “puissance appelée”) : centrales à gaz ou au charbon, plus adaptées à des variations de production, et enfin celles dites de pointe, fonctionnant au fioul.
La France possède un parc nucléaire de 63 200 MW installés, qui couvre largement les besoins de la base et représente plus de la moitié de la capacité de production électrique totale. Paradoxalement, le parc français n’est pas capable de répondre aux variations : il se caractérise par une capacité de production excédentaire en base et une demande excédentaire en pointe. Au moment d’un pic de consommation, les importations se substituent aux exportations, comme le 7 janvier 2009, où la puissance appelée a atteint 92 400 MW. Un record ! Le réseau français est, en effet, interconnecté à ceux des pays voisins, l’ensemble formant un réseau unique : la plaque européenne. En période de pointe, l’ordre d’allumage des centrales est déterminé par la disponibilité des moyens de production en Europe.
Du fait de sa forte part de “tout électrique”, la France présente des besoins électriques nettement supérieurs à ceux de ses voisins européens en cas de chute des températures. Ainsi, tout le monde est perdant : les collectivités, qui financent le surdimensionnement des installations ; les consommateurs, à cause des recours onéreux au fioul qui font monter le prix de l’électricité ; les contribuables, qui supportent le coût social de la précarité énergétique (de plus en plus de foyers modestes bénéficient du tarif de première nécessité). Le nombre de logements chauffés à l’électricité n’a cessé de grimper depuis 1996. à cette époque, une baisse de température de 1 °C correspondait à un apport de 1 000 MW supplémentaires ; actuellement, il est de 2 100 MW, soit la puissance appelée de la ville de Paris. Les besoins électriques pour répondre à une pointe (qui ne dure que quelques jours, voire quelques semaines, par an) augmentent de 1 600 MW/an, soit l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire de type EPR.
L’association NégaWatt, un réseau de 400 experts prônant la sobriété énergétique, tire la sonnette d’alarme, car la situation est de plus en plus tendue. C’est aux pouvoirs publics d’agir en mettant en œuvre des mesures tarifaires, réglementaires et fiscales pour gommer ces coûteuses pointes. Un avant-projet de loi envisage, d’ailleurs, une nouvelle tarification pour inciter les foyers à consommer moins durant ces pics.

Isabelle Coune


Mots-clés :

CHAUFFAGE , CHAUFFAGE INDIVIDUEL , ECONOMIE D'ENERGIE , ELECTRICITE , FIOUL DOMESTIQUE , NUCLEAIRE




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier