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Déodorants, comment échapper à l'aluminium

Déodorants, comment échapper à l'aluminium
Février 2010
Le Particulier Pratique n° 354, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Les déodorants contenant de l’aluminium sont suspectés d’augmenter le risque de cancer. Le cancer du sein, en particulier, des scientifiques faisant le lien entre sa multiplication dans le quadrant supérieur externe de la poitrine et l’usage de déodorant à l’immédiate proximité. Ce produit d’hygiène corporelle pourrait aussi accroître les troubles neurologiques et osseux.

Difficile, pourtant, de s’en passer ! Bardés de nos… 2 millions de glandes sudoripares, nous éliminons jusqu’à un demi-litre de transpiration chaque jour. Atténuer les désagréments, notamment pour notre odorat, de cette sudation naturelle est donc le souci de nombre d’entre nous.

Huiles essentielles et talc pour masquer les odeurs

Ces dernières proviennent de la dégradation de la sueur par l’oxydation. Trois solutions peuvent être envisagées pour contrer ce processus : parfumer les aisselles pour couvrir l’odeur, l’atténuer par absorption à l’aide de talc ou empêcher radicalement l’excrétion de la sueur. Les deux premières sont, généralement, proposées par les lignes de cosmétiques biologiques (Florame, Phyt’s, Sanoflore, Hauschka, Lavera, Weleda…), qui élaborent des cocktails à base d’huiles essentielles dotées de propriétés bactéricides, comme le lavandin, la sauge, l’orange amère, la menthe poivrée ou le thym. Souvent agréablement parfumés, ces produits sont d’une efficacité limitée par temps de canicule, et éventuellement allergisants. Sans compter que les talcs ne sont pas pratiques et qu’ils peuvent contenir de l’aluminium, présent à l’origine dans le gisement.

Les antitranspirants, l’arme radicale

À base des sels d’aluminium suspectés (les chlorhydrates d’aluminium), les antitranspirants bouchent les pores, empêchant ainsi la sueur de s’évacuer. Sur les peaux ­sensibles, ils peuvent provoquer une inflammation, de l’eczéma. Souvent, seul le mot “déodorant” figure sur l’étiquette (la mention antitranspirant n’apparaissant que sur la face arrière, et en petits caractères), alors que ces produits combinent attaque des bactéries responsables de l’odeur et effet astringent sur les pores. En plus des sels d’aluminium, ils peuvent contenir de l’alcool et du triclosan, un redoutable désinfectant (antifongique et antibactérien) qui ne devrait être réservé qu’aux salles d’opération, car à force de décaper il déséquilibre la flore microbienne.
On a beaucoup vanté la pierre d’alun comme substitutif aux sels d’aluminium. En fait, la question est plus complexe. L’alun peut être de synthèse ; c’est le cas de l’ammonium d’alun puisqu’il s’agit d’un déchet de la pétrochimie, issu de la fabrication du nylon. Liquéfié et moulé, il est d’une production peu coûteuse et facile, mais d’une faible efficacité, car il contient très peu d’aluminium. Donc ni dangereux ni efficace.

L’alun naturel, peu suspect mais pas totalement efficace

La vraie pierre d’alun est le potassium d’alun (de l’alunite, double sulfate associant sulfate de potassium et sulfate d’aluminium), une roche extraite de gisements. Débarrassé de ses impuretés, ce minéral, qui contient 40 % d’eau, est dissous dans l’eau chaude, laissé à cristalliser pendant une semaine, puis taillé. C’est l’alun des barbiers d’antan, à la fois légèrement astringent et bactéricide. Il ne stoppe pas l’évacuation de la transpiration, mais la régule (Pierre Alun, Allo’ Nature). étant de structure moléculaire inerte, il y a peu de risque qu’il soit absorbé par la peau, et donc peu de danger qu’il libère des particules d’aluminium. Les produits utilisant cette forme d’alun peuvent, d’ailleurs, être labellisés Cosmebio (cosmebio.org). Les puristes parleront de produits bio-like (“d’inspiration bio”), mais, pour le moment, c’est le seul compromis entre efficacité et toxicité potentielle réduite puisque la teneur en aluminium est inférieure au seuil autorisé dans l’alimentation.
Cependant, le recours à la pierre d’alun n’est pas une garantie, car il existe du potassium d’alun obtenu par cristallisation rapide (par l’effet d’un ion négatif qui sert à agglomérer les cristaux d’alun sans attendre les 8 jours). Réalisé en Asie, ce procédé passe inaperçu, les produits étant ensuite envoyés dans un pays de l’Est pour leur packaging final, et donc étiquetés EU (pour Europe). Ils se trouvent alors hors de la compétence de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), qui surveille seulement les productions nationales. Pour reconnaître ces déodorants, observez l’alun : le bloc translucide contient des cristaux en forme de grain de riz (Physio-Concept, Boutique Nature…).

À bille plutôt qu’en spray

En l’absence d’études suffisantes (voir ci-contre), et devant l’amoncellement de celles suspectant une absorption, toujours inquiétante, des cosmétiques par la peau, optez pour un déodorant à bille ou en bâton, car les particules présentes dans les sprays sont plus fines, et donc plus susceptibles de pénétrer dans les pores. D’autant que les parfums de synthèse, eux aussi, sont souvent potentiellement allergisants (Lyral).

Edwige Barron


Mots-clés :

ALLERGIE , ETIQUETAGE , HYGIENE CORPORELLE , PRODUIT BIOLOGIQUE , PRODUIT TOXIQUE




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