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Les appareils de musculation passive : des électrodes actives sur les muscles ?

Janvier 2010
Le Particulier Pratique n° 353, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Un travail des muscles sans contribution volontaire

Pour les professionnels de santé, toute technique faisant travailler les muscles sans contribution du système nerveux central est considérée comme de la musculation passive.

Des contractions réflexes sous l’action de microdécharges

Via des électrodes posées sur des points moteurs du corps, des microdécharges électriques sont transmises à des nerfs, qui les répercutent aux muscles auxquels ils sont reliés. Ceux-ci se contractent alors par réflexes. Ces contractions répétées produisent la musculation.

Des effets reconnus dans l’entraînement des athlètes

L’électrostimulation est employée depuis plus de 20 ans par les thérapeutes et les athlètes notamment, pour (re)muscler, accroître l’endurance, développer la force et la masse musculaire, accélérer la récupération après un effort intense. Elle ne permet en aucun cas de maigrir.

Pour tonifier sangle abdominale, bras, cuisses, fessiers sans effort et en un temps record, il suffirait, à en croire la presse féminine et les émissions de téléachat, d’investir dans un équipement d’électrostimulation et de l’utiliser, confortablement installé chez soi, en séances hebdomadaires. L’engouement pour ce genre de matériel ne cesse de croître depuis une dizaine d’années, le marché français du bien-être et de la remise en forme se montrant peu sensible à la crise économique. Cet enthousiasme est-il justifié ? Autrement dit, l’efficacité de ces appareils est-elle prouvée ?

En quoi consiste l’électrostimulation ?

Un appareil alimenté par piles ou batterie génère des microdécharges électriques destinées à exciter des fibres nerveuses motrices précises (ou motoneurones) et, à travers elles, les fibres musculaires qui leur sont reliées. Celles-ci envoient une réponse mécanique élémentaire, c’est-à-dire une contraction réflexe. L’effet produit (antalgique, musclant, relaxant, régénérant…) dépend de l’intensité, de la fréquence et de la durée des microdécharges, mais aussi de la taille, de l’emplacement et de l’écartement des électrodes.

Avons-nous des preuves d’efficacité ?

Diverses études ont été menées, par des chercheurs en médecine du sport notamment, pour tenter de déterminer avec précision les effets produits par ces microdécharges répétées. Les conclusions sont difficiles à généraliser, car elles dépendent beaucoup des conditions d’expérimentations mises en place. “La réaction à un type de stimulation électrique donné est très variable suivant la morphologie des utilisateurs ainsi que leur condition physique au moment de la stimulation”, explique Chantal Mathieu, chercheuse au laboratoire de biomécanique et de physiologie de l’Institut national du sport et de l’éducation physique (Insep). “Les modalités optimales d’application de cette technique (choix des intensités, fréquence et durée des impulsions électriques, temps de travail et de repos…) sont encore mal maîtrisées et semblent relever bien souvent de l’empirisme”, ajoute Sébastien Maître, doctorant en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps). Un avis confirmé par Marc Pujo, kinésithérapeute au service médical de l’Insep : “L’utilisation de l’électrostimulation musculaire ne peut être faite que par un spécialiste. Elle exige de la rigueur, tant pour la détermination du programme original, qui est conçu pour chaque athlète, que dans les modalités d’application de ce traitement, qui dépendent du matériel d’électrostimulation et de l’installation sur le sportif lui-même.”

Chez le kiné pour traiter la douleur ?

L’électrostimulation antalgique est employée depuis plus de 20 ans par les thérapeutes, dans le cadre de rééducations postopératoires ou dans le traitement de certaines pathologies (traumatismes musculaires, osseux ou articulaires, douleurs dorsales, etc.). Sous contrôle médical, elle donne de bons résultats, de l’avis des médecins et des patients. Hors contrôle médical, les bénéfices sont plus aléatoires, car ils dépendent des conditions d’utilisation : placement des électrodes, choix des réglages. Certains modèles grand public disposent de programmes “traitement de la douleur”. Toutefois, il est conseillé de prendre un avis médical avant de commencer une électrothérapie antalgique à domicile, certaines affections ou rééducations pouvant exiger des précautions particulières.

Un remède à la fonte musculaire ?

Plusieurs études attestent que “les stimulations répétées des fibres musculaires entraînent des adaptations, notamment une augmentation du volume musculaire”. C’est la raison pour laquelle les thérapeutes emploient cette technique dans le cadre de rééducations après immobilisation prolongée pour remédier à une fonte musculaire. Cela dit, l’électrostimulation ne peut remplacer un effort physique volontaire. En effet, elle ne génère pas de travail musculaire global et coordonné ni de travail connexe (cardiovasculaire, pulmonaire, articulaire, tendineux).

Un moteur pour l’endurance et la force ?

Les études scientifiques portant sur la pratique de l’électrostimulation chez les individus sains attestent qu’elle peut être intéressante dans le cadre d’un entraînement sportif. Toutes s’accordent sur le fait que “l’entraînement par électrostimulation augmente la force maximale volontaire, dans des proportions très variables” (“Entraînement par électrostimulation : une revue”, L. Bosquet, in Science et motricité, n° 29-30). Ce procédé permettrait “d’améliorer les capacités oxydatives des fibres musculaires (développement des mitochondries et augmentation des enzymes oxydatives) et, par conséquent, l’intensité de l’effort moyen susceptible d’être fourni sur une longue durée”. La littérature spécialisée tend à montrer que les meilleurs résultats sont obtenus en complément, et non en substitution, d’une activité physique : “Il semble qu’elle puisse provoquer des gains de force similaires, mais rarement supérieurs, à ceux induits par l’entraînement volontaire isométrique [sans mouvement]. En revanche, l’entraînement combinant l’électrostimulation au mouvement volontaire provoque des gains de force supérieurs à chacune de ces techniques utilisées séparément. L’électrostimulation peut être utilisée avantageusement comme complément aux méthodes classiques d’entraînement de la force”.

En méthode de récupération ?

Certains programmes d’électrostimulation sont réputés augmenter la circulation sanguine et accélérer la régénération musculaire après un effort intense (en drainant les toxines, notamment).

Et pour favoriser l’amaigrissement ?

L’électrostimulation n’aide, en aucun cas, à maigrir (seul un travail cardiovasculaire associé à un contrôle de l’alimentation le permet). Pis, la graisse ayant un pouvoir isolant, plus la couche adipeuse est importante, moins les stimulations électriques sont perceptibles. Il faut alors augmenter l’intensité du courant, avec un risque d’inconfort accru (fourmillements) pour obtenir l’effet – antalgique, musclant, relaxant… – recherché.

Existe-t-il des contre-indications ?

L’électrostimulation est proscrite pour les personnes épileptiques ou portant un dispositif électronique (pompe implantée, stimulateur cardiaque…), présentant une hernie, une éventration ou un trouble de la sensibilité, mais aussi pour les femmes enceintes. Par ailleurs, elle est déconseillée aux enfants et aux adolescents, dont les tissus et les os sont encore en formation. Il ne faut jamais placer les électrodes de part et d’autre du cœur, du cou ou de la tête (sauf programme spécifique) ni sur une plaie ou un bouton. La durée des séances doit être limitée (moins de 80 min).

Ne risque-t-on pas une déchirure musculaire ?

Une erreur d’utilisation (démarrage à pleine puissance) peut provoquer une tétanisation des muscles et, surtout, une détérioration des fibres musculaires à froid : déchirure ou rupture du tendon, de la jonction myotendineuse, des enveloppes conjonctives… “Les articulations mises en cause par la contraction sont aussi susceptibles d’être altérées par des contractions violentes”, révèle une expertise de Daniel Vaast, directeur de l’école de kinésithérapie de Lille, dans un avis rendu par la Commission de la sécurité des consommateurs en juin 1998. Les experts ont rappelé, à cette occasion, qu’un “traitement électrique excitomoteur mal effectué peut déterminer des microlésions musculaires ou tendineuses, constituant des zones de moindre résistance, facteur éventuel de ruptures parcellaires. Un contrôle médical rigoureux, des mesures de la fatigabilité, une connaissance de l’électrologie de la part du médecin sont des conditions indispensables de l’électromusculation”.

Tous les appareils se valent-ils ?

Certains matériels sont réservés aux thérapeutes. Ils portent alors la mention “utilisation professionnelle” et ne doivent pas être employés hors contrôle médical car ils délivrent, en cas de mauvaises manipulations, des courants pouvant engendrer des brûlures. Les modèles destinés au grand public sont théoriquement moins puissants. Les prix oscillent entre 150 et 900 €, selon le nombre de canaux de sortie et de programmes préenregistrés, le type d’alimentation (les versions à batterie coûtent plus cher mais sont plus économiques à l’usage que celles à piles)… Les marques Slendertone et Sport-Elec sont les plus connues, mais les commentaires sur les forums de discussion spécialisés témoignent que les consommateurs apprécient davantage les appareils CefarCompex et Globus, qui équipent également les cabinets de kinésithérapie.

Comment faut-il régler l’appareil ?

Pour un renforcement musculaire, plus l’intensité est élevée, plus le pourcentage de fibres musculaires stimulées est important, et meilleur est le résultat. Il est conseillé d’augmenter progressivement la puissance, jusqu’à atteindre le maximum supportable par le muscle, en gardant à l’esprit que plus un muscle est stimulé, plus il est réceptif à la stimulation. Ainsi, à intensité équivalente, le travail effectué sera plus efficace après plusieurs utilisations qu’après la première séance.
Pour la relaxation et la récupération, l’intensité doit être réglée de manière à obtenir des secousses musculaires vigoureuses visibles. Pour le traitement de la douleur, il suffit de percevoir nettement un fourmillement sous les électrodes. Dans tous les cas, une période d’adaptation à faible puissance de 3 à 7 jours est vivement recommandée pour s’habituer à la sensation que procure l’électrostimulation et apprendre à connaître les réactions de ses muscles.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

APPAREIL DE MUSCULATION




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