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Meubles anciens : restaurer un panneau de marqueterie

Meubles anciens : restaurer un panneau de marqueterie
Janvier 2010
Le Particulier Pratique n° 353, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Placage abîmé d’une commode xviiie estampillée, décoloration par le soleil d’un bonheur-du-jour, décollement d’un motif floral sur une travailleuse… autant de blessures que l’ébéniste d’art sait panser. Paradoxa­lement, les plus impressionnantes ne sont pas toujours les plus graves. Supposant, à juste titre, que la facture sera plus lourde que pour le mobilier en bois massif, le consommateur recule souvent devant les réparations nécessaires, jusqu’à parfois compromettre une restauration future. Voici quelques clés, pour dialoguer avec le spécialiste.

La dégradation survient, en général, l’hiver, dans une pièce surchauffée. Une fleur de marqueterie éclate en morceaux épars de bois de rose, de palissandre ou de citronnier, symptôme d’un mal généralement plus profond, dans la structure même du meuble. Le mobilier de marqueterie comporte, en effet, une âme en bois massif, composée de chêne ou de sapin, ce dernier étant utilisé pour les fonds, même au xviiie siècle. Vous l’aurez compris, un minuscule éclat peut être le signal qu’il est temps de confier commode ou secrétaire à l’homme de l’art pour une révision de fond en comble. Inversement, un placage arraché sur un guéridon Empire, souvent spectaculaire, peut ne réclamer que quelques heures de réparation.

Tout démonter quand la menuiserie est abîmée

“Si le bâti est déformé, le bois se fend et emporte la marqueterie”, explique Michel Germond, un des grands de l’ébénisterie d’art, expert au niveau international, pour Sotheby’s notamment. Il faut alors tout déplaquer, car c’est un peu comme si “la tapisserie tenait les murs”, souligne joliment Jean-Yves Le Bot, exerçant à Redon et dont la maison possède le label Entreprises du patrimoine vivant. Dans ce cas, l’artisan démonte le meuble pour reprendre la menuiserie elle-même. Il va recoller une fente, aléser les panneaux rétrécis, c’est-à-dire ajouter une pièce, presque comme en couture. Le placage dans son entier est ensuite recollé. L’intervention est longue mais durable, à la condition expresse d’installer un humidificateur d’air dans les pièces surchauffées l’hiver (l’hygrométrie idéale pour un meuble ancien est de 50 à 60 %).
Plusieurs méthodes sont utilisées pour la dépose du placage. Certaines, extrêmement élaborées et brevetées en leur temps, comme celle de l’atelier Germond, impliquent de le retirer et de le placer sur un textile pour que les pièces restent assemblées. Il faut aussi épaissir par en dessous les parties usées afin d’éviter d’avoir à poncer les éléments plus hauts que d’autres, et donc de perdre de la matière, d’“être à la perce”, comme le précise Yannick Bourhis, formé à la prestigieuse école Boulle, qui officie tout près de Rouen. C’est important, car la valeur du meuble de marqueterie tient, entre autre chose, à l’épaisseur de celle-ci. Aussi, interrogez l’artisan ; s’il vous parle de poncer, méfiance, vous n’êtes pas tombé sur le bon ! Pour ôter la colle ancienne, à base d’os, il faut qu’elle s’amollisse, explique Luc Vaganay, ébéniste à Lyon. Certains ont recours à des techniques élaborées ; d’autres à de plus rustiques. L’important est d’effectuer la restauration avec une colle animale ou protéique. Employer une colle blanche actuelle, par exemple, rendrait le placage irréparable par la suite. On ne pourrait plus le décoller.

Juste revernir si la marqueterie n’est pas altérée

Lorsque les meubles ont été bien traités, qu’ils ne sont pas desséchés, une reprise du vernis peut suffire. Cette opération impose tout de même de déposer les bronzes (ils gêneraient le travail), de les nettoyer, de vérifier les coulisseaux des tiroirs, de soigner les cuirs (sans les changer s’il s’agit d’un mobilier de valeur, mais en les préservant). Il est également nécessaire d’alléger le vernis car celui qui est utilisé depuis le xviiie siècle, le vernis gomme laque, jaunit avec le temps. L’artisan va en retirer une mince pellicule, mais sans le décaper, pour conserver la patine. Ensuite, il en passera une nouvelle couche. Il optera, éventuellement, pour un vernis Roubo – du nom de l’ébéniste auteur du fameux traité L’Art du menuisier (1769) –, si vous ne souhaitez pas que votre meuble prenne une brillance trop clinquante.

Edwige Barron


Mots-clés :

ARTISAN , BOIS , DEVIS , EQUIPEMENT DOMESTIQUE , MEUBLE




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