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Services à la personne : les banques vendent la facilité

Services à la personne : les banques vendent la facilité
Janvier 2010
Le Particulier n° 1044, article complet.
Auteur : SCHMIDIGER (Frédérique)

La plupart des banques disposent d’une offre de services à la personne. Vous êtes nombreux aujourd’hui à pouvoir vous adresser à votre conseiller bancaire pour trouver une femme de ménage, faire entretenir votre jardin ou installer votre connexion internet. Comment accéder à cette offre et combien coûtent ces services ?

Tous les grands réseaux bancaires, à l’exception des Banques populaires et de HSBC, ont mis à disposition de leurs clients une offre de services à la personne. La Banque postale n’a, pour le moment, pas d’offres spécifiques réservées à sa clientèle, mais celle-ci peut accéder aux services du groupe La Poste, proposés dans les bureaux de poste depuis 2007. Les banques prennent ainsi une part active dans le Plan de développement des services à la personne (voir la liste et la définition de ces services p. 72) lancé en 2006 par Jean-Louis Borloo, alors ministre du Travail. Elles espèrent trouver dans cette activité un instrument de fidélisation de leurs clients et une nouvelle source de revenus, déconnectée du marché des services bancaires.

Un intermédiaire entre vous et des prestataires référencés par votre banque

Votre banque se charge de tout : par l’intermédiaire d’une plateforme téléphonique et de son site internet, elle vous informe sur les avantages fiscaux auxquels vous avez droit (voir p. 71), vous aide à définir vos besoins et vous met en contact avec un prestataire sélectionné par ses soins, qui enverra un de ses salariés à votre domicile, après vous avoir adressé un devis détaillé. En général, le prestataire se rend au préalable à votre domicile pour caler l’intervention et vous présenter le salarié qui réalisera la prestation. Avantage de la formule : étant client de votre banque (ou du prestataire avec lequel elle vous a mis en relation), vous n’employez pas l’intervenant qui vient chez vous. Vous êtes donc déchargé de toutes les obligations juridiques d’un employeur. Vous n’avez à établir ni contrat de travail ni déclaration de salaires ; vous n’avez pas besoin de connaître la procédure de licenciement à observer si vous souhaitez mettre fin à ces services. Vous pouvez cesser de les utiliser, sans motiver votre décision, en respectant, toutefois, un délai de préavis, fixé, en général, à un mois au maximum. Vous pouvez également reporter l’intervention pendant vos vacances et êtes assuré, si l’intervenant qui vient habituellement à votre domicile est malade, que le prestataire vous enverra un remplaçant.

Un service le plus souvent payant et un budget prestations plus élevé

Cette simplicité d’utilisation a un prix. à l’exception du Crédit mutuel et du CIC, toutes les banques facturent l’accès à ces services, sous forme d’abonnement ou de frais d’adhésion dont le montant varie de 15 à 96 € par an. Quant aux tarifs pratiqués par les prestataires, les banques exigent, pour les référencer, qu’ils soient conformes aux prix pratiqués localement. Une heure de ménage peut ainsi varier de 17 à 21 €, selon votre zone géographique et, éventuellement, vos exigences particulières (pièces fragiles, utilisation de produits spéciaux). Sachez, toutefois, que votre banque prend généralement une marge sur le tarif pratiqué par le prestataire, qui lui verse, par ailleurs, une commission sur le chiffre d’affaires qu’elle lui apporte. Le surcoût n’est cependant pas nécessairement très important, le prestataire pouvant réduire ses prix pour tenir compte du volume d’activités réalisé et rester ainsi concurrentiel. C’est surtout vrai pour le ménage. Pour le jardinage ou le bricolage, les prix peuvent s’avérer nettement plus élevés que ceux obtenus directement auprès des prestataires (32 à 46 €, contre 25 à 30 €). En tout état de cause, vous paierez plus cher en recourant aux services d’un prestataire qu’en employant vous-même un salarié à domicile (voir ci-dessous). C’est d’ailleurs pourquoi les banques ne rencontrent pas grand succès sur le marché de la garde d’enfants de moins de 3 ans ou de l’assistance à des personnes dépendantes ou handicapées, qui nécessitent, en général, de nombreuses heures de présence. Le budget des familles ne leur permet pas de recourir à des prestataires de services. Plus globalement, l’activité des prestataires ne représente que 20 % des services à la personne, l’emploi direct (80 %) restant prépondérant.

Une offre qui peine à s’imposer

Les banques tâtonnent pour trouver un modèle économique efficace. Le marché des services à la personne ne s’est pas développé comme elles l’escomptaient. Aujourd’hui, elles ne gagnent pas d’argent avec cette nouvelle activité. Le groupe La Poste, qui a 1 à 2 ans d’expérience de plus que les banques, et compte 70 000 clients, dont 80 % n’avaient jamais eu recours auparavant aux services à la personne, n’espère atteindre l’équilibre que l’an prochain. En juin dernier, La Poste a repositionné son offre en développant des packs de quelques heures, accessibles en libre service et utilisables au coup par coup. « Chaque pack donne lieu à l’envoi d’une attestation fiscale, à l’adresse donnée par l’acheteur lorsqu’il l’active pour commander la prestation », explique Pierre Henri Zoller, directeur de l’activité des services à la personne de La Poste. Un pack vacances de 6 heures de ménage et de garde des enfants (149 €) est proposé pour répondre aux besoins spécifiques dans les résidences secondaires. Une offre qui pourrait aussi bien séduire les parents soucieux de soulager les grands-parents lorsqu’ils accueillent leurs petits-enfants. Avec une question en suspend : qui, des parents qui achètent le pack ou des grands-parents qui l’utilisent, peut alors prétendre à l’avantage fiscal ?

Une formule concurrencée par l’offre d’enseignes non bancaires

L’offre des banques a d’autant plus de mal à s’imposer que des services concurrents d’intermédiation sont proposés par d’autres enseignes, comme Fourmi verte (créée par Groupama, Familles rurales et MSA ; 0 811 88 66 44, www.fourmiverte.fr), qui fournit le même type de prestation avec 20 € par an de frais d’adhésion. Les pouvoirs publics ont même mis en place une plateforme téléphonique (le 32 11, prix d’un appel local) permettant de trouver un prestataire agréé près de chez soi. Pour les banques, ce service n’est pas comparable. Elles mettent leur image en jeu et se doivent d’offrir à leurs clients un service irréprochable. « Les prestataires référencés s’engagent à rappeler nos clients dans les 48 heures. Après trois réclamations majeures, comme une intervention non réalisée sans que le client ait été au préalable averti, nous ne recourons plus aux services du prestataire », avertit M. Thierry Truttmann, responsable des services à la personne de la Société générale. Même son de cloche à Viavita, filiale de Pacifica (Compagnie d’assurances dommages de Crédit agricole assurances), qui gère l’offre de services à la personne de la banque verte et de LCL. « Nous avons mis 16 mois pour mettre en place notre réseau de 650 prestataires. Nous rappellerons tous les 3 mois nos clients pour nous assurer qu’ils sont satisfaits des interventions », affirme Olivier Néel, directeur de Viavita.

Les avantages fiscaux peuvent réduire de moitié le coût des prestations payées

Si le marché des services à la personne en prestations de services peine à se développer, ce n’est pas faute d’être soutenu par les pouvoirs publics. Les aides fiscales accordées peuvent réduire de moitié le coût de ces services (l’emploi direct bénéficie des mêmes avantages fiscaux). Vous pouvez déduire de vos impôts, sous forme de réduction ou de crédit d’impôt, jusqu’à 50 % du montant total des factures payées dans l’année aux prestataires ou à votre banque, y compris les frais d’abonnement ou d’adhésion. Mais cet allégement fait sentir ses effets sur votre budget avec un an de décalage. Vous déduirez la moitié des dépenses payées en 2010 du montant de votre impôt sur le revenu réglé en 2011. Attention toutefois, le plafond de dépenses ouvrant droit à cet avantage fiscal est fixé à 12 000 € pour un couple ou un célibataire (sous réserve de plafonds spécifiques à certains services, voir p. 72). Il est augmenté de 1 500 € par enfant à charge ou par personne de plus de 65 ans (ou par parent de plus de 65 ans bénéficiaire de l’allocation personnalisée d’autonomie – APA – pour les enfants payant des prestations au domicile d’un parent bénéficiant de l’APA), sans pouvoir dépasser 15 000 € (c’est-à-dire environ 14 heures de prestations par semaine à 20 € de l’heure). Soit un avantage fiscal maximal de 7 500 €, qui permet d’effacer totalement l’impôt dû par un couple de plus de 65 ans disposant d’un revenu imposable de 61 000 € ou celui d’un couple ayant deux enfants et dont le revenu imposable s’élève à 76 000 €. Un coup de pouce supplémentaire est accordé aux personnes invalides et à celles ayant à charge une personne  invalide ou un enfant handicapé. Ceux-ci bénéficient d’un plafond de 20 000 €. Enfin, les services doivent être réalisés à votre domicile (dans votre résidence principale ou secondaire, que vous en soyez propriétaire ou locataire). Une seule exception est admise pour les enfants payant des prestations au domicile d’un parent âgé bénéficiaire de l’APA.

Réduction ou crédit d’impôt, quelles différences ?

L’importance de l’aide fiscale obtenue dépend de sa forme. Avec le crédit d’impôt, si l’aide fiscale est supérieure à votre impôt, le Trésor public vous rembourse la différence. Vous bénéficiez donc de l’avantage fiscal même si vous n’êtes pas ou peu imposable. Avec la réduction d’impôt, l’excédent n’est ni remboursé ni reporté. L’avantage fiscal est donc limité au montant de votre impôt. Ce qui défavorise les contribuables disposant de faibles revenus. Seuls les actifs peuvent prétendre au crédit d’impôt : l’année de paiement des services, il faut avoir exercé une activité professionnelle ou avoir été inscrit comme demandeur d’emploi pendant au moins 3 mois. Les deux membres du couple doivent être en activité (un des deux époux pouvant avoir suivi une formation professionnelle ou des études supérieures). Les contribuables inactifs, par exemple les retraités, les couples dont l’un des membres ne travaille pas et les personnes payant des services au domicile de parents âgés ne peuvent prétendre qu’à la réduction d’impôt. Au grand dam des banques et des acteurs des services à la personne : les retraités sont, en effet, les premiers consommateurs de leurs prestations de ménage, de jardinage et d’assistance informatique. Les lobbies ne manquent donc pas pour réclamer que le crédit d’impôt s’applique aux retraités. Le gouvernement semble, par ailleurs, avoir abandonné l’idée avancée par Nicolas Sarkozy de verser l’aide fiscale l’année même du paiement des dépenses. Deux mesures qui auraient pu convaincre plus de Français de se faire aider chez eux.

Frédérique Schmidiger


Mots-clés :

BANQUE , EMPLOYE DE MAISON , GARDE D'ENFANT , JARDINIER , SERVICE A LA CLIENTELE , SERVICES BANCAIRES , SOUTIEN SCOLAIRE




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