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Choisir d'investir socialement responsable, c'est rentable !

Choisir d'investir socialement responsable, c'est rentable !
Décembre 2009
Le Particulier n° 1043, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Les investissements socialement responsables (ISR) favorisent les produits financiers émis par des organismes respectant l’environnement, leurs salariés, leurs partenaires et la société dans son ensemble. Ils n’en sont pas moins rentables pour autant, et font maintenant l’objet de plusieurs labels.

Vous préféreriez épargner en sachant que votre argent servira à financer des entreprises ou organismes aux comportements respectueux et responsables vis-à-vis de leurs salariés, de la société ou de l’environnement ? Eh bien, c’est possible, avec l’investissement socialement responsable (ISR). Ces fonds d’investissement particuliers ne se contentent pas d’investir en fonction de seuls critères financiers. Ils prennent aussi en compte les critères éthiques, de politique sociale, de respect de l’environnement, de bonne gouvernance d’entreprise (de transparence des informations fournies aux actionnaires, par exemple), voire d’engagement sociétal ou de qualité des relations avec les fournisseurs (voir p. 26). À l’arrivée, les valeurs sélectionnées par les gérants ISR – des actions ou obligations, en général ­– sont donc passées par un double filtre, financier et extra-financier.

Une alternative rentable à l’investissement classique

Sur le plan financier, les fonds ISR sont assez proches des fonds faisant l’objet d’une gestion plus traditionnelle. Ceux investis en actions, par exemple, ont un comportement quasiment identique aux fonds non-ISR : leur valeur augmente quand la Bourse monte ; elle diminue quand les indices sont dans le rouge. Pendant longtemps, les avocats de l’investissement socialement responsable ont affirmé que les performances à long terme des fonds ISR seraient supérieures à celles des fonds gérés de façon purement financière, car les entreprises dans lesquelles ils sont investis sont engagées dans une démarche de développement durable, garante de leur pérennité et de leur prospérité à long terme. Force est de constater que ces prédictions ne se réalisent pas et que les indices boursiers spécifiques aux entreprises respectueuses n’ont pas évolué de façon plus favorable que les autres (voir ci-dessous). Toutefois, les fonds ISR n’ont pas, non plus, affiché des performances inférieures aux autres : ils constituent donc une alternative crédible et solide pour investir dans des fonds en actions et obligations, tout en évitant les débordements d’un capitalisme outrancier.
En France, quelque 250 fonds d’investissement collectifs (Sicav, Fonds communs de placement, Fonds d’épargne salariale) se revendiquent de l’ISR. Pour constituer leurs portefeuilles, les gérants s’appuient sur les analyses extra-financières réalisées par des agences spécialisées. La plus importante est Vigeo, créée par Nicole Notat (ex-secrétaire générale de la CFDT), mais il en existe d’autres, comme Eiris ou Ethifinance. Ces agences passent en revue l’ensemble des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) d’une entreprise, et lui attribuent des notes. Vigeo, par exemple, explore six domaines dans son référentiel : environnement, droits de l’homme, ressources humaines, gouvernance d’entreprise, relations clients/fournisseurs et engagement sociétal. Chaque domaine se décompose en sous-catégories. Au total, près de 40 critères sont examinés et 300 indicateurs renseignés.

Différents degrés d’implication dans la démarche ISR

Armés de ces notes, les gérants de fonds ISR peuvent choisir leurs investissements à la lumière du respect, ou non, des critères qu’ils jugent essentiels. Dans la majeure partie des fonds, cela se traduit par une politique de sous-pondération ou de surpondération de certaines valeurs, en fonction de leur notation ESG. À qualités financières égales, les mieux notées sur les critères ESG occuperont une place plus importante que les autres. Résultat, on peut très bien trouver dans certains fonds ISR une petite dose d’actions de sociétés peu respectueuses de l’environnement ou des droits de l’homme… mais rentables !
Cependant, certains gérants de fonds ISR vont plus loin et n’investissent que dans les entreprises qui présentent le meilleur bilan « sociétal ». Ils se fondent alors sur un fonctionnement proche des fonds « éthiques » (voir le n° 980 du Particulier, p. 28) mis au point par des congrégations religieuses ou des organisations humanitaires, qui se refusent à investir dans des activités liées au jeu, au tabac ou à l’armement, voire dans des pays ne respectant pas les droits de l’homme ou les droits sociaux élémentaires (comme la Birmanie). Dans ces fonds ISR, seules les entreprises, pays et organismes irréprochables ont droit de cité.
Par ailleurs, à l’intérieur des fonds ISR, tous les gérants n’ont pas les mêmes priorités. Certains peuvent choisir de privilégier un ou plusieurs critères qui leur semblent essentiels – respect de l’environnement, bonne gouvernance d’entreprise, engagement sociétal – et ne pas s’intéresser à d’autres.

Un label pour aider l’investisseur à s’y retrouver

À l’arrivée, tout cela est devenu assez confus pour les épargnants, d’où le faible engouement du grand public pour les fonds ISR. C’est ce qui a poussé Novethic, centre de recherche sur les responsabilités sociale et environnementale des entreprises, et filiale de la Caisse des dépôts et consignations, à mettre au point un label améliorant notablement la transparence de ces fonds. La première labellisation a eu lieu en septembre, et 92 fonds sur les 124 candidats ont décroché cette distinction (voir ci-dessous et pages suivantes). Pourtant très engagé dans l’ISR, le Crédit Agricole n’a, pour sa part, pas souhaité soumettre ses fonds au cahier des charges de ce label.
Pour le décerner, Novethic vérifie d’abord que le candidat prend en compte, à la fois, les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance, et que les titres répondant à ces critères représentent au moins 90 % du portefeuille du fonds. Le processus de sélection des investissements doit également être transparent et le gérant se doit d’expliquer en quoi consistent concrètement les caractéristiques extra-financières de son fonds. Les documents d’information des épargnants doivent contenir des informations sur les éléments ESG ayant conduit aux récents investissements et désinvestissements, et rappeler les caractéristiques ESG du fonds. Enfin, le gérant doit publier, au moins une fois par semestre, le détail de la composition de la totalité de son portefeuille – une pratique rarissime dans la gestion collective, où seules les principales lignes font, globalement, l’objet d’une communication –, afin que les investisseurs connaissent l’ensemble des positions qu’il occupe.
Novethic, qui doit délivrer son label chaque année en fin d’automne, a, par ailleurs, décidé de distinguer certains des fonds labellisés par des mentions « Indicateurs ESG » et « Engagement ». La première mention est attribuée aux gérants de fonds ISR qui s’engagent à mesurer l’évolution de la « valeur ajoutée » extra-financière des entreprises qu’ils ont sélectionnées (par exemple, la réduction des émissions de CO2, la constance des effectifs employés, etc.). La mention « Engagement » sera, quant à elle, délivrée aux fonds ISR qui mènent une politique clairement définie pour conduire les entreprises dans lesquelles ils investissent à de meilleures pratiques (par exemple, en pesant sur des laboratoires pharmaceutiques pour qu’ils acceptent la distribution d’un médicament générique dans un pays pauvre). « Il s’agit de pratiques assez répandues dans les pays anglo-saxons, mais encore peu présentes en France. Nos mentions ont vocation à les promouvoir », relève Anne Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic. En septembre 2008, quatre fonds ISR seulement ont obtenu la mention « Indicateurs ESG » (BNP Paribas Etheis, Horizon Industries of the future, Macif Croissance durable Europe et Parvest Europe Sustainable Development). Et aucun n’a eu droit à la mention « Engagement ».

Une réponse aux besoins de diversification de l’investissement

Les fonds ISR, labellisés Novethic ou non, couvrent un champ d’investissements assez large, quoique moindre que celui des Sicav ou FCP classiques. Les fonds investis en actions sont les plus nombreux (60) et représentent les deux tiers de ceux labellisés par Novethic. La plupart limitent leurs investissements dans l’Union européenne et jouent, en général, la carte des moyennes ou grandes valeurs, car ce sont les plus faciles à noter sur des critères extra-financiers. Les fonds investis en obligations et autres titres de dettes sont également accessibles, bien que moins nombreux (22 labellisés par Novethic) : ils sont destinés à des investisseurs qui privilégient la sécurité à moyen et long terme. Il existe également cinq fonds monétaires (pour placer de la trésorerie à court terme) et cinq fonds diversifiés, investissant à la fois en actions et en obligations. Ces fonds peuvent être soit généralistes – valeurs choisies sur l’ensemble des critères ISR –, soit plus centrés sur certains axes ESG spécifiques, comme l’environnement. Au final, l’éventail des fonds ISR est relativement large, ce qui permet de répondre aux besoins de diversification de la plupart des épargnants.

Des fonds faciles à acquérir

Les fonds ISR sont des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). Ils sont donc aussi faciles à acheter et à vendre qu’une Sicav ou un FCP non ISR, grâce à leur code Isin. Si votre banque propose de tels fonds, vous pouvez en acheter des parts moyennant des frais d’entrée de 2 à 3 % en moyenne, et les loger dans votre compte-titres, voire dans un Plan d’épargne en actions si le fonds est éligible. En revanche, souscrire auprès de votre banque des fonds ISR promus par un autre établissement entraîne, en général, des frais supplémentaires. Mieux vaut donc vous renseigner avant et, si les tarifs sont trop élevés, rechercher d’autres solutions. Comme celle des courtiers en ligne spécialistes de la vente de Sicav à frais réduits (Boursorama, Fortunéo, Placement Direct), qui intègrent tous une palette plus ou moins large de ces fonds ISR. Les conditions consenties sont très attractives, car vous ne paierez aucuns frais – ou des frais réduits à 1 % à l’entrée –, aucuns droits de garde, ni de revente, dans la plupart des cas.
Autre possibilité : l’assurance vie. De nombreux contrats multisupports offrant une large palette de fonds intègrent quelques fonds ISR. Toutefois, deux produits se distinguent par le choix de fonds exclusivement ISR ou centrés sur les critères de développement durable, et sans aucuns frais d’entrée : ISR Vie (groupe April, www.jepargne-utile.com), et Solid’R Vie (Asac, www.solid-r-vie.fr), qui disposent, en outre, d’un fonds en euros de bonne qualité, mais qui n’est pas géré en fonction des critères de l’investissement socialement responsable.
Enfin, les salariés disposant d’un Plan d’épargne entreprise (PEE) se voient, de plus en plus souvent, proposer un fonds ISR parmi les supports d’investissement. Il s’agit de produits qui ont été labellisés par le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES), en fonction, notamment, des choix « responsables » effectués dans la composition du portefeuille et de la représentation des salariés dans les structures de gouvernance des fonds. Ces critères sont très différents de ceux retenus par Novethic pour les fonds ouverts à tous. Étudiez-les donc de près avant de souscrire.

Eric Leroux


Mots-clés :

INVESTISSEMENT , PLACEMENT ETHIQUE




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