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Champs électromagnétiques : se protéger contre le rayonnement des appareils

Champs électromagnétiques : se protéger contre le rayonnement des appareils
Novembre 2009
Le Particulier pratique n° 351, article complet.
Auteur : LABEY (Pierre)

Nous vivons naturellement dans un bain d’ondes électromagnétiques… Sauf que le phénomène s’est considérablement accentué au cours du siècle passé, et surtout ces vingt dernières années. Au point d’être alarmant, sinon dangereux. Des solutions existent heureusement pour s’en prémunir, en partie.

Sans électricité, la vie n’existerait pas. Le corps humain en est parcouru et des microchamps électromagnétiques s’y créent. N’en déplaise à René Barjavel, qui imagine ce scénario dans son ouvrage Ravage, si l’électricité disparaissait, ce n’est pas seulement la société industrielle qui s’effondrerait, mais toute la vie sur terre qui serait anéantie. Durant des siècles, l’homme a su vivre avec ce phénomène naturel ; il faisait attention à la foudre, etc. De même, l’expérience l’a prouvé, l’utilisation de l’électricité, du magnétisme et de l’électromagnétisme présente peu de danger, qu’il s’agisse du réseau électrique de la maison, s’il est en conformité avec la réglementation, des moteurs de petite puissance intégrés dans nos appareils électroménagers… Dans les usines, on recommande (ou on le devrait) aux ouvriers de ne pas s’approcher des gros électroaimants.

Câblages de courant à haute tension ou à très haute tension, attention danger !

La jurisprudence est là, après la condamnation du Réseau de transport d’électricité (RTE), filiale d’EDF, pour avoir décimé l’élevage bovin d’une famille corrézienne, les Marcouyoux, en faisant passer au-dessus du bétail un courant de 225 000 à 400 000 V dans des câbles à très haute tension. Les agriculteurs racontent que le champ électromagnétique était si intense qu’il pouvait ­allumer un tube fluorescent tenu à bout de bras. Pourtant, RTE nie toujours que des effets des lignes à très haute tension sur la santé puissent être mis en évidence, s’appuyant sur un rapport d’experts commandé par le ministère de la Santé en 2004, qui se veut rassurant : “Dans l’état actuel des connaissances, aucun mécanisme biophysique établi ne peut rendre compte d’effets biologiques des champs électromagnétiques extrêmement basse fréquence, inférieurs à 50 ou 100 µT*.” Comme on relève environ 30 µT sous les lignes à très haute tension, et que la valeur s’atténue rapidement dès que l’on s’en éloigne, l’opérateur est tranquille.

Le principe de précaution de plus en plus invoqué

Une étude menée par Gerald Draper et parue dans le British Medical Journal montre que le nombre de cancers et de leucémies infantiles croît avec la proximité des lignes à haute tension. Une autre, réalisée en Suisse et publiée dans l’American Journal of Epidemiology, révèle que la proportion de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer augmente de 24 % chez celles qui résident à moins de 50 m d’une ligne à haute tension par rapport à celles vivant à plus de 600 m. Du coup, les associations de défense de l’environnement et de la santé demandent l’application du principe de précaution en recommandant que toute habitation soit éloignée d’au moins 400 m des lignes à très haute tension, ce qui, en France, concerne, tout de même 1,80 % de la population.
Il en est de même pour les autres ondes électromagnétiques, auxquelles nous sommes de plus en plus exposés depuis une vingtaine d’années, durée trop courte pour avoir des chiffres probants. Chaque fois, on retrouve des expertises commandées par ceux qui pourraient être accusés de nuire à notre santé (les industriels, les opérateurs des réseaux, etc.) et des recherches peu ou mal financées par des citoyens inquiets. Avec, au final, en l’absence d’objectivité scientifique, un principe de précaution qui émane souvent d’une autorité sanitaire (ministère, Organisation mondiale de la santé), ce qui finit par nous persuader qu’il faut vraiment faire attention.

Fréquences, intensité magnétique et champ électrique

Les fréquences auxquelles nous sommes soumis varient de 1 Hz à plus de 3 500 MHz (ce sont les micro-ondes), passant des basses fréquences aux hyperfréquences. Parmi les plus basses, les sons, qui vont de 16 Hz à 20 kHz. Au-delà de 140 dB, selon la fréquence, le tympan est abîmé et une écoute régulière à niveau élevé (baladeur, concert) provoque également la surdité. Autres types de fréquences, plus hautes, les émissions de radio et de télévision (80 à 800 MHz). Elles couvrent la planète depuis avant les années 1950 et n’ont entraîné aucun trouble notable. Pourtant, leurs émetteurs sont puissants : peu après l’installation de celui de la tour Eiffel, des petits malins du quartier s’éclairaient en tapissant les plafonds de leur appartement d’antennes de réception ! Concernant les hyperfréquences de 1 000 MHz et plus, nous n’avons qu’un recul d’une vingtaine ­d’années ­puisqu’il s’agit des micro-ondes utilisées dans les réseaux sans fil de téléphonie.
La fréquence n’est pas le seul critère de l’émission. à chaque fréquence correspond une longueur d’onde, qui a aussi son intensité magnétique (en µT) et son champ électrique (en V/m). L’intensité magnétique est la plus dangereuse dans les basses fréquences, alors que dans les hautes il faut plutôt prendre en compte le champ électrique. Le niveau de précaution pour les densités de flux magnétique est fixé en Europe à 100 µT à une fréquence (basse) de 50 Hz (celle du courant alternatif en 230 V, et donc des lignes à très haute tension). Des études épidémiologiques américaines ont révélé qu’une exposition constante des enfants en bas âge à plus de 0,40 µT à 60 Hz faisait considérablement augmenter le nombre de cancers et de leucémies. Aussi le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a-t-il classé cette exposition comme possiblement cancérigène : les lignes à très haute tension sont donc à fuir absolument. Dans les hautes fréquences, un champ électrique maximal est établi pour chaque gamme de fréquences. L’ennui, c’est que ce seuil diffère suivant les pays européens. Hautes ou basses fréquences, voici les sources auxquelles nous sommes exposés au quotidien.

Petit électroménager, il n’y a pas péril en la demeure

C’est en constatant, durant la Seconde Guerre mondiale, que les militaires américains qui nettoyaient les antennes radar en fonctionnement étaient brûlés en profondeur que l’idée du micro-ondes est née. De là, l’invention du magnétron intégré dans les fours micro-ondes (2,45 GHz). Les modèles fabriqués par les marques d’électroménager européennes, japonaises et sud-coréennes – contrairement à ceux provenant de Chine vendus à bas prix dans les hypermarchés – sont contrôlés en laboratoire et ne présentent aucune fuite d’ondes. à l’usage, mieux vaut, cependant, ne pas coller ses yeux contre la porte et vérifier de temps à autre que le joint de fermeture n’est pas endommagé.
Autre appareil de cuisine dont on s’approche, la plaque de cuisson à induction rayonne à 50 Hz, et autour de 30 kHz. Le champ est limité à chaque foyer dès lors qu’il est recouvert entièrement par un récipient ferromagnétique. Comme l’exposition ne dure qu’une heure ou deux par jour chez les particuliers, elle est peu importante. Néanmoins, la notice des fabricants informe les porteurs de pacemaker du danger éventuel. Quant au réfrigérateur-congélateur, qui fonctionne presque en continu, il rayonne assez peu. Toutefois, il est préférable de ne pas le placer contre une cloison derrière laquelle est installé le berceau d’un bébé ou même un lit d’adulte.
Parmi les appareils de petit électroménager les plus émetteurs, l’aspirateur arrive en tête. C’est aussi lui qui a le moteur le plus puissant. Mais si l’on se rapporte à la distance d’utilisation de 3 cm, les sèche-cheveux, les rasoirs, les tondeuses à barbe, les épilateurs électriques présentent un champ électromagnétique plus important (1 500 à 2 000 µT).

Les lampes fluocompactes font polémique

Depuis quelques mois, une vidéo circule sur Internet (GUT alerte éclairage). Elle est due à une journaliste scientifique, Annie Lobé, qui, s’inspirant des recherches réalisées en 2007 par le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) sur les lampes fluocompactes essaie, à son tour, d’en démontrer la nocivité. Lorsqu’elle passe sa sonde sur une ampoule classique, aucun champ magnétique n’est détecté. Normal. Quand elle la passe sur la lampe fluocompacte, l’aiguille de l’appareil grimpe à 25 mG (milligauss) à 50 Hz, soit 25 µT en unités modernes. En rayonnement électromagnétique, la vidéo montre un relevé jusqu’à 200 V/m, alors que la limite en vigueur, à 30 cm, est de 28 V/m pour les fréquences de 10 à 400 MHz et de 87 V/m pour les fréquences de 3 kHz à 1 MHz. Annie Lobé en déduit que les ampoules “à économie d’énergie” sont cancérigènes et non réglementaires.
Les relevés du Criirem sont un peu plus bas. L’organisme a réalisé ses mesures sur le ballast (non blindé) des fluocompactes. à 5 cm, une ampoule de 20 W émettait 180 V/m, mais cette forte valeur tombait rapidement à 3,80 V/m à 30 cm (ce qui s’avère encore trop, et ennuyeux si l’on en équipe une lampe de chevet ou de bureau), et à 0,32 V/m à 1 m. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) met en doute la véracité des mesures effectuées à 5 cm, car elles sont faussées, l’antenne et la source se perturbant, note le Centre scientifique et technique du bâtiment. Que penser alors de celles faites à bout portant ? L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) devrait publier, à l’avenir, les relevés des champs électromagnétiques des ampoules fluocompactes. Seul vrai danger à retenir pour l’instant : la sensibilité des pacemakers à l’allumage de ces lampes à décharge, et le mercure qu’elle contienne.

Le téléphone portable, oui mais à petites doses

En coupant le cordon, le téléphone n’a pas résolu tous les problèmes. Au contraire. Le téléphone de maison sans fil, format DECT, de même que l’interphone de bébé font peur : on hésite à poser l’un sur la table de nuit et l’autre à côté du berceau. Signalons que ces deux appareils utilisent une puissance d’émission et de réception maximale de 0,10 W, contre 2 W pour les GSM 900 MHz ou 1 W  pour les DCS 1 800 MHz, et que les rayonnements électromagnétiques décroissent avec la distance : ainsi, il est mieux de placer l’interphone à 3 m du lit plutôt qu’aux pieds du bébé.
Quant au téléphone portable, rien ne prouve, comme il en est accusé, qu’il favorise les tumeurs du cerveau, encore que l’OMS préconise d’appliquer le principe de précaution : “On ne peut pas affirmer de façon certaine que le téléphone portable risque de causer des cancers ; cependant, mieux vaut, par précaution, utiliser une oreillette.” Il est vrai que, devenu souvent smartphone et faisant maintenant office d’agenda, de répertoire, d’émetteur récepteur d’e-mails, de GPS, de baladeur, etc., il est utilisé longtemps. Le rapport de l’Afsset de 2003, qui concluait à l’innocuité des portables, ainsi que des antennes-relais, a été désavoué par l’Inspection générale des affaires sociales – l’un des auteurs était membre du conseil d’administration de Bouygues. De plus, les membres de cette commission, dont l’épidémiologiste Martine Hours, avaient refusé d’auditionner Pierre Aubineau, chercheur au CNRS, qui a démontré que les champs électromagnétiques des portables rendent perméable la barrière hémato-encéphalique du cerveau, qui, normalement, le protège des toxines circulant dans le sang. Dans le doute, mieux vaut donc choisir un appareil ayant un DAS (voir encadré p. 43) le plus faible possible, et l’utiliser avec parcimonie. Reste le problème de la “consommation passive” : lorsque quelqu’un téléphone à côté de vous, à plus forte raison dans les transports (le TGV particulièrement), vous recevez une partie du champ électromagnétique. D’ailleurs, les autorités sanitaires ont interdit les portables (et les réseaux wi-fi) dans les écoles maternelles, le cerveau d’un enfant étant plus fragile. La publicité pour des modèles dédiés aux enfants et aux adolescents est également proscrite.

Les antennes-relais, toujours sur la sellette

Si l’on peut décider de se passer de portable, on n’a guère le choix quand une antenne-relais est implantée à quelques mètres de son habitation. Il en existe plus de 50 000 en France, avec des valeurs de champ autorisées de 41 V/m pour le GSM 900, 58 V/m pour le DCS 1 800 et 61 V/m pour l’UMTS (3G). Ces valeurs ont été ­considérablement abaissées par bon nombre de pays européens (voir encadré p. 44). Quoi qu’il en soit, les plaintes des riverains se multiplient et des maladies inexpliquées seraient apparues. Ces installations ont souvent été réalisées avec l’accord des politiques locaux, qui ne disposent d’aucun engagement écrit des opérateurs téléphoniques sur la non-nocivité de leurs antennes. Ils ne sont d’ailleurs même pas couverts par les compagnies d’assurances (les réassureurs refusant ce risque) en cas de surexposition des riverains. Ces derniers en viennent parfois à se protéger avec des tôles en acier apposées sur les parois et les plafonds des pièces ou en enfermant leur pavillon dans une cage de Faraday (un treillis en acier à mailles fines). Et se mobilisent au sein des associations Robin des toits ou Priartem.

Les riverains exigent des antennes moins émissives

Depuis le début de l’année, plusieurs décisions judiciaires ont obligé certains opérateurs de téléphonie mobile à démonter des antennes, et il devient presque impossible d’en implanter à proximité d’une crèche ou d’une école. Chaque fois, la justice a tranché en faveur du principe de précaution. Les associations de défense et un groupe de députés UMP réclament l’abaissement de l’émission des antennes à 0,60 V/m, mais cela impliquerait une multiplication phénoménale de leur nombre. Or, l’Afsset vient de rendre un rapport déconseillant cette multiplication et soulignant qu’elle augmenterait l’exposition des sujets via leur mobile. Les experts notent ainsi que l’exposition aux radiofréquences occasionnée par les antennes-relais est plus faible que celle liée à l’usage des portables.

Le Bluetooth mieux que le wi-fi, mais moins sûr que le filaire

Les box ADSL qui autorisent une connexion Internet, le téléphone illimité et la réception TV sont souvent wi-fi. Elles se connectent sans fil aux ordinateurs intégrant une carte wi-fi ou sur lesquels on a ajouté une clé USB wi-fi. Leur puissance d’émission est assez restreinte puisqu’elle ne dépasse pas 100 m de portée en champ libre. L’ennui, c’est que le wi-fi fonctionne dans la fréquence des 2,40 GHz, soit à peu près celle des ondes émises à l’intérieur d’un four micro-ondes. Il concerne peu les voisins, car les murs en béton armé affaiblissent considérablement le rayonnement. En revanche, les habitants du logement ont droit à leur dose, surtout si des réémetteurs wi-fi sont placés dans d’autres pièces. Là encore, on ne sait rien de la nocivité de cette technologie, si ce n’est que des personnes surexposées (dans des bibliothèques publiques, par exemple) souffrent de maux de tête. On peut toujours débrancher sa box après chaque usage, même si c’est peu pratique car elle met du temps à se reconfigurer. En revanche, dans les restaurants (McDonald’s, notamment), bars, halls de gares ou d’aéroports offrant des points wi-fi gratuits, tout le monde profite des ondes.
Autre réseau local, le Bluetooth utilise le même niveau de fréquence pour des émissions bien plus faibles (10 m de portée au maximum en champ libre). Il permet aux ordinateurs, claviers et souris, appareils photo, téléphones portables, casques, oreillettes de ­communiquer sans fil. Par précaution, mieux vaut employer des liaisons filaires, mais une oreillette Bluetooth est moins dangereuse qu’un portable collé à l’oreille.

Nouvelles technologies, nouveaux risques

Dernier réseau en date, le Wimax permet à un village épars comme à une ville d’être raccordés à Internet haut débit sans liaison filaire ni fibre optique. Là encore, on est dans les fréquences proches de celles des micro-ondes, 35 GHz, avec une émission maximale de 3 V/m. Le rayonnement électromagnétique pour tous, que vous vouliez d’Internet ou non. Après un certain engouement, les maires en sont revenus, et préfèrent attendre la solution filaire… Principe de précaution !
Pierre Labeÿ


Mots-clés :

ANTENNE-RELAIS , FOUR A MICRO ONDE , SECURITE DES PRODUITS , TELEPHONE MOBILE




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