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Les appareils de luminothérapie - La lumière, arme contre la dépression ?

Les appareils de luminothérapie - La lumière, arme contre la dépression ?
Novembre 2009
Le Particulier pratique n° 351, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Le raccourcissement des jours influe sur notre horloge interne, et donc sur nos sécrétions hormonales et notre rythme cardiaque. D’où l’hypothèse d’une baisse de tonus, voire d’un risque de dépression.

L’exposition à des éclairages intensifs avec des lampes spécifiques atteignant 10 000 lux peut compenser la diminution de luminosité naturelle observée en hiver. Celle-ci passe, en effet, de 50 000 lux au printemps à 25 000 en automne, et beaucoup moins en hiver.

Le rôle de la lumière sur le sommeil est reconnu. Plusieurs centres hospitaliers ont recours à la photothérapie pour lutter contre certains troubles.

Se soigner par la lumière, c’est ce que proposent les fabricants de simulateurs d’aube, de lampes de bureau stimulantes ou de visières censés vous redonner du peps quand les jours raccourcissent. Philips et d’autres constructeurs se sont lancés sur ce créneau depuis 2 ou 3 ans. Auparavant, des ouvrages de vulgarisation avaient déjà vanté auprès du grand public les bienfaits d’une exposition à la lumière artificielle : compensant le faible éclairement des jours d’hiver, celle-ci remédierait à la dépression supposée en découler.

Quid de la dépression hivernale ?

Baptisée SAD (seasonal affective disorder), cette affection apparaît dans le langage médical au cours des années 1980, après qu’un psychiatre américain, Norman E. Rosen­thal, en trace le profil. Selon ce spécialiste, cette dépression saisonnière mineure, qui se caractérise par des réveils difficiles, une absence de tonus et une prise de poids liée à un abus de douceurs, affecterait une grande partie des Européens du Nord et des Nord-Américains. Il met au point un questionnaire destiné à évaluer la sensibilité des individus aux variations saisonnières.
Cependant, entre le lamento que chacun peut entonner sur le froid ou la tristesse des jours d’hiver et le diagnostic d’une véritable affection, le fossé est important. Surtout que, en 50 ans, les Français ont perdu 1 h 30 de sommeil par 24 h, d’où peut-être le besoin d’hiberner de certains… Une étude (revue Environmental Health du 28.07.09), réalisée par l’université d’Alabama, montre un effet possible du manque de lumière, mais sur les seuls déprimés. En outre, l’afflux sanguin serait modulé par le flux lumineux, ce qui pourrait faire varier aussi les fonctions cognitives.

Des lampes qui influenceraient l’humeur ?

Le pionnier américain préconisait de pallier l’insuffisance d’éclairement par une exposition quotidienne sous des lampes ad hoc, reproduisant le soleil d’été. Un raisonnement de bon sens puisqu’on sait que la lumière influe sur notre horloge biologique, cet instrument de précision. Elle détermine nos sécrétions hormonales et gastriques, notre température, notre rythme cardiaque, pas moins de 200 fonctions biologiques en tout. Tant et si bien que les expériences menées au fond de grottes obscures montrent un déséquilibre complet qui doit être recalé par des stimulus extérieurs, simulateur d’éclairage, activités quotidiennes…

Avons-nous des preuves d’efficacité ?

Pour l’instant, les preuves scientifiques des bénéfices de la luminothérapie manquent. Une méta-analyse réalisée en 2005 ne laisse paraître qu’un effet minime et ne tranche pas entre efficacité et inutilité de cette technique. Surtout, les études parues présentent de graves lacunes. Soit l’échantillon a été biaisé au départ (le test de Rosenthal offrait un traitement gratuit à des sujets volontaires), soit la cohorte des patients a été suivie trop brièvement pour fonder un bienfait durable dans le temps. Plus troublant encore, un laboratoire de recherche de l’université de Tromso, dans le nord de la Norvège, où règne l’hiver une nuit presque continuelle, n’a pas trouvé de pic de déprime parallèle au défaut d’éclairement.

Comment fonctionne la perception de la lumière ?

La nuit, les yeux fermés, notre corps sécrète de la mélatonine, qui nous tient endormis. Le taux de ce neurotransmetteur chute avant le réveil, avec la venue de la lumière ambiante, pour laisser place au cortisol (hormone qui libère de l’énergie). Chez certaines personnes, la rétine se révèle moins sensible à la lumière, phénomène jusqu’à présent mal connu. Cependant, ces mécanismes sont peu à peu élucidés grâce aux recherches. Un nouveau composant de notre vision, la mélanopsine, a été découvert il y a 10 ans dans la couche interne de la rétine. Une étude récemment publiée dans la revue scientifique PLoS ONE par un laboratoire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), celui de l’U846 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Bron (Rhône), montre que si les cônes (vision de jour) et les bâtonnets (vision de nuit) s’occupent de la perception visuelle, ce pigment spécifique régule la synchronisation des rythmes biologiques par la lumière. Comprenez qu’il analyse le niveau d’intensité lumineuse de l’environnement. On commence tout juste à comprendre son fonctionnement.

Pourquoi utiliser la photothérapie dans les hôpitaux ?

L’exposition à la lumière artificielle est intéressante pour traiter les troubles du sommeil. Le corps médical parle alors plutôt de photothérapie, laquelle est d’ailleurs utilisée dans certains services hospitaliers et dans des centres du sommeil (aux laboratoires du sommeil de l’Hôtel-Dieu et d’Antoine-Béclère pour la région parisienne), mais seulement sur des patients dont les rythmes sont profondément décalés : ceux qui s’endorment à 17 h et se réveillent à 4 h du matin, ou qui ne peuvent dormir qu’à partir de 2 h et ne parviennent pas à se lever avant midi. Ces troubles sont d’abord scrupuleusement diagnostiqués pour vérifier s’ils ne masquent pas d’autres maladies, hypothyroïdie et dépression grave par exemple, qui jouent aussi sur le sommeil.

Quelles sont les contre-indications ?

Glaucome, dégénérescence maculaire, rétinopathie, cataracte comme diabète incitent à ne pas utiliser de lampes de luminothérapie, qui pourraient avoir des effets négatifs sur l’acuité visuelle. De même, les patients maniacodépressifs, dits aussi bipolaires, doivent éviter de s’en servir durant leur phase d’excitation pour ne pas risquer de l’amplifier.

Comment choisir sa lampe ?

Les lampes de luminothérapie coûtent de 100 à 400 € (les produits Day-Light vendus sur kiria.com, la gamme d’éclairage Carpe Diem de Philips, fabricant qui propose aussi un simulateur d’aube éveil lumière et un écran de PC luminothérapeutique appelé  LightFrame diffusant une lumière bleue). Une précaution importante : les modèles doivent avoir reçu la certification CE médical, attestant qu’ils ne provoquent pas de rayonnements lumineux dangereux (ultraviolets et infrarouges). Simulateurs d’aube et lampes de luminothérapie sont censés être complémentaires.

Combien de lux exiger ?

L’éclairement naturel, au printemps et en été, est compris entre 50 000 et 100 000 lux. à l’automne, par temps gris, il passe à 25 000 lux, pour chuter à 400 quand vous êtes douillettement installé au coin de la cheminée un jour d’hiver. Les lampes de luminothérapie diffusent, en général, 10 000 lux.

Edwige Barron


Mots-clés :

EQUIPEMENT DOMESTIQUE , LAMPE




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