Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Maison individuelle > Maison individuelle, nos conseils pour réduire vos dépenses d'eau

Maison individuelle, nos conseils pour réduire vos dépenses d'eau

Maison individuelle, nos conseils pour réduire vos dépenses d'eau
Novembre 2009
Le Particulier n° 1042, article complet.
Auteur : COULAUD (Nathalie)

Matière première précieuse, l’eau est un bien à économiser pour des raisons environnementales mais aussi parce que son prix a augmenté de 40 % en 10 ans. Voici des pistes pour réduire très sensiblement votre facture.

La consommation d’eau a fortement augmenté en France ces dernières années : de 109 litres par personne et par jour en 1980, on est passé à 150 litres aujourd’hui, en moyenne, soit 220 m3 par an pour une famille de 4 personnes. À la consommation des foyers, il faut ajouter celle, collective, des écoles ou des hôpitaux. Au total, on obtient environ 200 litres par jour et par personne. La France se situe dans la moyenne des pays occidentaux : les États-Unis ou le Canada utilisent le double et l’Allemagne ou la Belgique se limitent à 137 litres par personne et par jour. La boisson ne représente qu’une faible part de notre consommation quotidienne d’eau : 1 litre sur 100 seulement. Ce sont les bains et douches, les chasses d’eau, le lavage du linge et la vaisselle qui constituent l’essentiel de nos dépenses journalières (respectivement 39, 20,12 et 10 litres sur 100). Les 18 litres restants sont utilisés pour la préparation de la nourriture, le nettoyage des sols et l’arrosage. Bien entendu, ces chiffres correspondent à des moyennes, incluant aussi bien l’habitat collectif que les maisons individuelles. Les particuliers qui possèdent un jardin consomment, en plus, entre 50 et 250 m3 d’eau par an pour l’arrosage, selon la taille de leur propriété et sa situation géographique. Pour répondre à l’ensemble de ces besoins, la France prélève annuellement environ 32 milliards de m3 sur une quantité d’eau disponible dans l’Hexagone évaluée à environ 191 milliards de m3. Nous n’utilisons donc environ que 20 % de nos ressources. « Mais attention, même si cette proportion a l’air raisonnable, les ressources hydriques ne sont pas réparties de façon égale dans l’Hexagone, rappelle l’Institut français de l’environnement (Ifen) qui souligne que, depuis 2003, la pluviosité n’a pas été assez importante pour reconstituer les réserves des nappes phréatiques. » Ainsi, environ 30 départements de France métropolitaine ont été touchés par la sécheresse et soumis à des restrictions d’eau pendant l’été 2009. Dans ces départements, l’eau est devenue une ressource à préserver.

Une grande disparité des tarifs

En dehors de ces enjeux environnementaux, vous avez tout intérêt à ne pas gaspiller l’eau si vous voulez faire des économies. Une famille de 4 personnes qui consomme 150 litres par jour et par personne à 3 € le m3 dépense environ 660 € chaque année pour ses besoins en eau. Mais cette somme peut atteindre 876 € par an pour une famille moins économe qui consomme 200 litres d’eau par jour et par personne. La dépense sera également plus élevée si le ménage habite dans une région où l’eau est plus chère, comme en proche région parisienne ou dans le nord du pays. Le tarif de facturation de l’eau (en moyenne 3 € le m3) est, en effet, très disparate. Il va de moins de 2 € le m3 à plus de 5 € le m3 dans les zones où l’eau est difficile à acheminer (dans les plateaux d’altitude, par exemple). De surcroît, du fait de l’exigence croissante des normes européennes, les obligations de retraitement des eaux usées sont devenues très contraignantes ces dernières années, ce qui a renchéri d’autant le prix de l’eau potable. Il a augmenté de 40 % de 1991 à 2001. Dans la facture d’eau d’un particulier, l’assainissement représente désormais 47 %, contre 44 % pour la production et la distribution, le reliquat correspondant aux taxes et à la TVA. Si les prix augmentent moins fortement depuis 2002, ils progressent quand même de près de 4 % par an.

Traquer les fuites d’eau dans toute la maison

La première démarche à entamer pour économiser l’eau est de traquer les fuites, car elles peuvent atteindre 15 à 20 % des quantités d’eau consommées par un ménage. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un robinet défectueux laisse échapper, goutte à goutte, 4 litres à l’heure, soit 35 m3 par an ; un mince filet d’eau coulant en continu du même robinet gaspille 16 litres à l’heure, soit 140 m3 par an ; une chasse d’eau qui fuit laisse perdre 25 litres d’eau à l’heure, soit 220 m3 par an. La solution pour vérifier qu’il n’y a pas de fuites chez vous est simplissime : relevez votre compteur le soir, quand personne n’utilise d’eau et quand aucun appareil électro-ménager ne fonctionne, puis, comparez avec le relevé du lendemain matin, avant le réveil de la maisonnée. Faites réparer les éventuelles fuites constatées par un plombier et profitez-en pour lui demander de vérifier la pression du réseau. Si elle est trop forte, c’est-à-dire supérieure à 3 bars, cela augmente inutilement votre consommation d’eau. Ainsi, avec une pression de 6 bars, un robinet débite 24,5 litres d’eau par minute, soit 30 % de plus qu’avec une pression de 3 bars ! Mieux vaut donc faire installer un réducteur de pression en amont de l’installation (pour un coût de 80 €, main-d’œuvre comprise).
Vous pouvez encore réaliser d’importantes économies d’eau en modifiant votre comportement et en achetant certains équipements. Prenez des douches plutôt que des bains : les premières consomment de 20 à 60 litres, les seconds de 100 à 150 litres. Utilisez de préférence votre lave-vaisselle, si c’est un modèle récent : vous consommez de 25 à 40 litres par lavage avec cet appareil contre 50 litres environ à la main. Vous pouvez aussi réduire le volume de la chasse d’eau des W.-C. en plaçant une brique ou une bouteille d’eau remplie dans le réservoir. Si vous devez changer la chasse d’eau, installez-en une munie de deux poussoirs avec, au choix, 3 ou 6 litres de débit. N’attendez pas trop longtemps pour renouveler vos appareils électroménagers : les derniers modèles de lave-linge et de lave-vaisselle consomment entre 25 et 40 litres par lavage contre 70 à 120 litres pour les plus anciens. Vous pouvez aussi remplacer vos embouts de robinets et votre pomme de douche par des mousseurs, brise-jet ou aérateurs (environ 20 € pièce dans les surfaces de bricolage). En mélangeant l’eau à de l’air, ils permettent d’abaisser le débit de 17 à 12 litres/minutes. Grâce à tous ces équipements et à quelques changements de comportements, vous pouvez faire passer votre consommation d’eau de 150 à 110 litres par jour et par personne, avec, à la clef, une économie annuelle de 175 € pour une famille de 4 personnes.

Pour l’arrosage, puisez l’eau de votre sous-sol

Si vous habitez dans une maison individuelle, il existe un autre moyen de réduire votre consommation : puiser l’eau dans le sous-sol de votre jardin en faisant effectuer un forage. Si vous utilisez cette eau uniquement pour l’arrosage, ce qui est généralement recommandé pour des raisons sanitaires, vous économiserez entre 50 et 250 m3 par an (voir p. 51). Une solution d’autant plus facile à mettre en œuvre que vous n’avez pas d’autorisation à demander pour un forage domestique, une simple déclaration suffit. Depuis le 1er janvier 2009 (décret n° 2008-652 du 2.7.08), toute installation dont le prélèvement est inférieur à 1 000 m3 par an doit faire l’objet d’une déclaration à la mairie (tous les forages existants devant être déclarés avant fin 2009). Au-delà de 1 000 m3 (mais ce volume outrepasse très nettement les besoins en arrosage d’un particulier), les procédures sont beaucoup plus lourdes, avec l’intervention obligatoire d’un bureau d’études. En outre, un forage d’une profondeur supérieure à 10 mètres doit faire l’objet d’une déclaration à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire). De fait, dans certaines régions (Basse-Normandie, pays de la Loire, par exemple), il suffit de forer à moins de 10 mètres, alors que dans d’autres il faut aller chercher l’eau beaucoup plus profondément.
Pour faire réaliser le forage au meilleur endroit, il est conseillé de s’adresser à un sourcier qui vous facturera cette prestation autour de 100 €. Si vous consultez un hydrogéologue, il vous en coûtera entre 300 et 1 000 €. Vous pouvez aussi demander directement à la société de forage d’effectuer les recherches (comptez alors 100 € en plus des travaux). Mais Éric Garoustet, président du Syndicat national des entrepreneurs de puits et forages d’eau (Sfe) recommande, dans ce cas, de choisir une entreprise reconnue, suffisamment expérimentée pour forer au meilleur endroit, c’est-à-dire celui où la nappe phréatique est la plus accessible et le débit d’eau suffisant. « La profession est encore peu réglementée », prévient-il. Mieux vaut vérifier si la société choisie fait partie du Sfe et si elle utilise bien la norme NF X 10-999 pour forer. Le forage lui-même coûte généralement entre 100 et 150 € le mètre linéaire selon la nature du sous-sol. Ce tarif incluant le forage proprement dit, le tubage en PVC et la pose d’une crépine (sorte de filtre). Il faut ensuite installer une pompe (250 € environ) pour puiser l’eau et la raccorder au système d’arrosage. Au total, il faut compter environ 1 500 € pour un forage à 10 mètres. Si vous pompez 150 m3 d’eau par an pour arroser votre jardin, il vous faudra donc à peine plus de 3 ans pour amortir votre installation.

Récupérez l’eau tombée du ciel

Dernier moyen de réaliser des économies : récupérer les eaux pluviales pour arroser son potager ou pour d’autres usages. En vertu d’un arrêté du 21 août 2008, il est désormais possible d’utiliser l’eau de pluie, non seulement pour l’arrosage du jardin, mais aussi pour l’alimentation des chasses d’eau, le nettoyage des sols et, à titre expérimental, pour le lavage du linge. C’est une solution écologique appelée certainement à un fort développement en France du fait des incitations fiscales. Récupérer l’eau de pluie permet ainsi de diminuer la consommation provenant du réseau de plus de 50 %. Nos voisins allemands et belges prévoient désormais systématiquement ce type d’équipement dans toutes leurs constructions neuves. « Il est incroyable que les chasses d’eau des toilettes soient remplies d’eau parfaitement potable et donc traitée et filtrée à grands frais pour le consommateur et pour l’environnement », estime Valéry Jimonet, président du Syndicat national des acteurs de la récupération d’eau pluviale (Snarep). Le principe est simple : l’eau ruisselant sur le toit de la maison est captée par des gouttières puis acheminée vers une cuve, après avoir été préfiltrée (un autre filtre, plus fin, est placé à la sortie de la cuve, après la pompe). La cuve, généralement de 10 m3, est enterrée afin de prendre moins de place. Elle doit être située le plus près possible de la maison pour limiter, à la fois le coût des travaux de raccordement et les risques de fuites (d’autant plus importants, sur le long terme, que les canalisations sont longues). La cuve doit, en outre, être accessible, afin de pouvoir être entièrement vidée et nettoyée une fois par an, à la main ou avec un camion pompe. Les filtres doivent également être nettoyés chaque année. Un contrat d’entretien de la cuve et des filtres peut être souscrit auprès de l’installateur pour environ 15 € par mois. Quand la cuve est vide, l’eau du réseau de la ville prend automatiquement le relais.

Installez un réseau d’eau non potable dans la maison

Si l’eau de pluie doit être utilisée dans la maison (pour alimenter une chasse d’eau et une machine à laver), il faut installer un double réseau de canalisations, afin que l’eau potable ne soit pas contaminée par l’eau récupérée. Sachez que la récupération de l’eau de pluie est vue d’un mauvais œil par les distributeurs d’eau potable, car, pour eux, cela représente une perte de chiffre d’affaires et un manque à gagner en terme de recettes d’assainissement. Une installation classique possède, en effet, un seul compteur, posé sur la canalisation d’arrivée d’eau puisque quasiment tout le volume est reversé (sauf la part consacrée à l’arrosage) dans les égouts pour être ensuite traité dans une station d’épuration. Dans ce cas, le volume d’eau facturé par la compagnie de distribution correspond bien au volume qui est assaini. Mais lorsqu’un particulier s’équipe pour pouvoir récupérer l’eau de pluie et l’utiliser à l’intérieur de sa maison (chasses d’eau, lave-linge…), aucun compteur supplémentaire n’est installé. Or, une partie de l’eau qu’il rejette dans les égouts n’est pas comptabilisée puisqu’elle provient de la pluie. Le coût de son assainissement ne peut donc être facturé par la compagnie de distribution d’eau. Pour l’instant, les compagnies ne peuvent s’apercevoir qu’une famille est équipée d’un système de récupération d’eau de pluie que lorsque sa consommation chute fortement. Elles tentent alors de négocier, au cas par cas, avec les particuliers concernés le montant des frais d’assainissement. Si la récupération des eaux de pluie se généralise, il y a fort à parier que les pouvoirs publics rendront obligatoire la pose de compteurs, non seulement à l’arrivée d’eau mais aussi à la sortie, comme c’est déjà le cas en Allemagne.

Utilisez le crédit d’impôt et les aides de votre ville

L’installation d’un équipement pour récupérer l’eau de pluie bénéficie d’un crédit d’impôt de 25 % à condition de respecter les règles, notamment sanitaires, posées par l’arrêté du 3 octobre 2008 (voir notre Guide des travaux d’économie d’énergie, de mars 2009, p. 84). Il est également possible d’obtenir une aide de la part de la municipalité. Avantage fiscal inclus, une installation complète de récupération d’eau de pluie dotée d’une cuve de 10 m3 revient de 3 000 € à 4 000 € et, sur la base de 110 m3 d’eau potable économisés par an, s’amortit entre 10 à 12 ans. L’enjeu est donc ici plus clairement écologique qu’économique. À l’avenir, on peut imaginer que l’eau de pluie pourra être utilisée pour la totalité des besoins des logements, ce qui permettra de les rendre autonomes en eau. Certains particuliers ont d’ailleurs sauté le pas, comme Damien P., en Alsace, qui a installé un système pour potabiliser l’eau de pluie. « Nous buvons de l’eau de pluie depuis près de 10 ans et nous nous en portons très bien », témoigne-t-il. Après la maison à énergie positive, qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, la maison de demain sera peut-être « à eau positive » !

Nathalie Coulaud


Mots-clés :

ARROSAGE , CREDIT D'IMPOT , EAU , FACTURE , JARDINAGE , PRIX




Outils pratiques :
Papiers à conserver

Bannière Choix patrimoniaux

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier