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Emprunts d’États : la sécurité au prix fort

Juillet-Août 2009
Le Particulier n° 1039, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Sécurité du capital Sécurité des revenus Performance globale Horizon d’investissement : 5 ans

Les États, qui dépensent souvent plus que leurs recettes, sont les principaux émetteurs d’obligations. Ces titres sont réputés pour leur sécurité, car les pays ne présentent quasiment aucun risque de faillite, peuvent obtenir des aides financières de la communauté internationale (prêts du Fond monétaire international…) et ont le pouvoir de générer de nouvelles ressources en augmentant les impôts. En contrepartie de cette sécurité de remboursement (variable selon les pays), les États les plus solides (comme l’Allemagne ou la France) peuvent se permettre d’offrir des rendements obligataires relativement bas. Actuellement, l’obligation assimilable du Trésor (OAT) émise par l’État français rapporte ainsi 3,8 % sur 10 ans, contre 4,5 % au printemps 2008, car la crise a poussé de nombreux investisseurs à se tourner vers les placements les plus sûrs, ce qui a conduit à cette baisse des taux (les taux à long terme étant déterminés par le jeu de l’offre et de la demande).

Vendez vos anciennes obligations d’État

Les rémunérations à attendre de ces emprunts d’États, et des OPCVM qui y investissent, sont donc assez faibles. De surcroît, de nombreux spécialistes évoquent un risque de remontée des taux d’intérêts obligataires dans les prochains mois, en raison de l’afflux d’émissions obligataires lancées dans le cadre des plans de soutien à l’économie, engagés de par le monde. Si elles surviennent, ces augmentations des taux d’intérêt seront défavorables aux détenteurs d’obligations anciennes, car celles-ci, devenues moins rémunératrices que les titres plus récents, perdront, de ce fait, une partie de leur valeur sur les marchés boursiers. D’où le conseil actuellement donné par certains professionnels de vendre ces titres (qui se sont d’ailleurs valorisés depuis l’an dernier du fait de la baisse, selon eux, passagère, des taux obligataires) et de se tenir à l’écart de ce marché pendant quelque temps.
Reste que la sécurité offerte par cette famille obligataire est inégalée : à la condition expresse que ces titres soient conservés en portefeuille jusqu’à leur échéance, leurs détenteurs sont certains de récupérer 100 % de leur mise, en plus des intérêts annuels. Si vous recherchez avant tout la sécurité, vous avez intérêt à privilégier les OPCVM investis en obligations d’État d’échéance moyenne, de 10 à 15 ans, par exemple. En effet, les performances de ces obligations sont à peine inférieures à celles de durée plus longue et, si elles sont revendues avant leur échéance, la volatilité de leur cours est plus faible que celle des emprunts d’État à 20, 30 ou 50 ans, d’où un moindre risque de moins-value.

Les OAT de certains États de la zone euro, offrent de meilleures rentabilités

Pour obtenir une rentabilité sensiblement supérieure tout en conservant un niveau de sécurité correct, il est possible de se tourner vers des OPCVM qui investissent dans des obligations d’États de la zone euro offrant de meilleurs taux que l’État français. Chaque pays, en fonction de sa situation économique, cherche, en effet, à attirer les investisseurs par des taux d’intérêt plus ou moins élevés et, en Italie ou en Grèce, par exemple, les rémunérations des obligations d’État sont supérieures de 0,5 à 1 % à celles de l’État français ou allemand. Ce dernier, champion de la sécurité, se permet le luxe d’offrir un moindre rendement que les autres États.

Les OAT indexées sur l’inflation profiteront de la reprise économique

Les emprunts d’États disposent d’un autre atout : les OAT indexées à l’inflation (OATi). Grâce à elles, les épargnants qui craignent un retour de la hausse des prix dans les années à venir peuvent s’en prémunir efficacement. Avec la baisse du prix des matières premières l’an dernier, l’inflation a atteint un point bas (soit 0,1 % l’an, en avril sur les 12 derniers mois) et du fait du désintérêt momentané des marchés pour ces obligations, leur valeur a beaucoup baissé. Mais si les prix devaient repartir à la hausse – notamment en cas de reprise économique puissante –, elles en profiteraient et s’apprécieraient très nettement.
Toutes ces obligations – à l’exception de celles émises par d’autres États que la France – peuvent être acquises en direct auprès de votre intermédiaire financier habituel. Attention néanmoins aux frais prélevés et à la fiscalité lourde des OAT servant des revenus annuels : 18 % de prélèvement forfaitaire libératoire et 12,1 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez aussi accéder à ces placements obligataires via des OPCVM, investis en partie seulement en titres d’États. Dans tous les cas, mieux vaut opter pour des fonds de « capitalisation » qui réinvestissent les intérêts au fur et à mesure et permettent d’échapper à l’impôt et aux prélèvements sociaux pour peu que vous cédiez moins de 25 730 € de valeurs mobilières dans l’année.
Notez bien que, comme les obligations détenues en direct et cotées en Bourse, les OPCVM répercutent en permanence le prix de marché des titres qu’ils détiennent en portefeuille. En cas de remontée des taux, ils seront donc susceptibles de perdre momentanément de la valeur, avant de profiter des effets bénéfiques des rendements plus élevés des obligations nouvellement émises.


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , EMPRUNT D'ETAT , FISCALITE , OBLIGATION , OPCVM , PLACEMENT FINANCIER




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