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Le tri sélectif : nos poubelles en mal d'aiguillage

Juin 2009
Le Particulier pratique n° 347, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Les déchets ménagers sont valorisables

En dehors des 15 % de déchets fermentescibles pouvant être compostés (épluchures, restes de repas…), on compte, dans nos poubelles, 65 % de déchets susceptibles d’être recyclés : papier et carton (25 %), verre (7 %), plastique (26 %), métal (4 %) et textile (3 %).

Mais le tri sélectif n’est pas optimisé

Si la collecte sélective est pratiquée presque partout en France, dans les faits, moins de 6 % des déchets fermentescibles sont compostés et à peine 13 % des autres déchets (verre, plastique, métal…) sont réinjectés dans les chaînes de production en tant que matières premières secondaires. Le reste est enfoui en décharge (38 %) ou incinéré (43 %), malgré la loi du 13 juillet 1992, qui, depuis 2002, réserve ces deux modes d’élimination aux déchets actuellement non valorisables.

En France, pendant longtemps, la mise en décharge et l’incinération ont été les seules solutions auxquelles ont eu recours les collectivités locales pour traiter les déchets ménagers. Depuis 2002, celles-ci sont tenues par une directive européenne de les valoriser. L’enfouissement et l’incinération doivent désormais être réservés aux déchets ultimes, autrement dit non valorisables actuellement pour des raisons techniques ou économiques. En pratique, on est loin du compte : sur les 28 millions de tonnes de déchets ménagers collectés chaque année, 22 millions pourraient aujourd’hui être valorisés, mais à peine 4 millions le sont effectivement*, soit 18 %. à titre de comparaison, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, et même en Italie et en Espagne, ce taux atteint 50 à 70 %, voire 80 %. Comment améliorer ce score décevant ?

Peut-on améliorer le tri ?

Dans la plupart des communes de France, les ménages sont invités à jeter les journaux, cartons, prospectus, emballages en plastique et en métal, mais pas toujours en verre, dans des caissettes spécifiques. Le camion de ramassage est alors également compartimenté, les agents sélectionnant le contenu des caissettes ou des containers au moment de la collecte. à l’arrivée au centre de traitement, ces déchets déjà triés sont mis en balles et réacheminés jusqu’à des entreprises spécialisées dans la valorisation.
Ce type de ramassage, très coûteux en personnel et en manutention, explique largement la forte hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom) enregistrée ces 10 dernières années : la contribution financière moyenne de chacun des ­35 millions de foyers fiscaux français est passée de 75 €/an à 140 €.
Certains centres, dont celui de la communauté urbaine de Lille, ont opté pour la collecte du recyclable en mélange : le contenu des containers est ramassé sans être trié par les agents. à l’arrivée au centre de traitement (Triselec, pour Lille, le plus grand de France et le plus moderne d’Europe), les déchets sont déversés sur des tapis roulants équipés de cribles, tamis, détecteurs laser et infrarouges, séparateurs magnétiques, machines à courants de Foucault… Ce tri presque entièrement automatisé présente l’avantage de simplifier les consignes de tri données aux ménages, de réduire le taux d’erreurs et le nombre de poubelles. à Lille, on valorise ainsi deux fois plus de déchets qu’ailleurs, ce qui permet un autofinancement du centre. Conséquence directe, la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (Reom) n’a cessé de diminuer depuis 1994, jusqu’à devenir nulle en 2003. Avec pour effet d’inciter les ménages à poursuivre leurs efforts de tri…

Faut-il incriminer les erreurs de tri à la source ?

De nombreux ménages jettent encore des déchets valorisables dans la poubelle classique. Ceux-ci échappent alors à la collecte sélective, et finissent enfouis ou incinérés. Inversement, certains mettent dans les caissettes ou les containers collectés via le porte-à-porte des détritus non valorisables ou demandant à être rapportés en magasin pour être recyclés. Ces inattentions, si elles sont trop nombreuses, peuvent disqualifier tout un chargement et entraîner son refus par le centre de tri. Il faut alors l’acheminer, à grands frais pour la commune (et le contribuable), jusqu’à un incinérateur ou un centre d’enfouissement. Le taux d’erreurs est sensiblement le même partout : on compte autant de bons et de mauvais trieurs dans les quartiers aisés que dans ceux socialement défavorisés.

Comment inciter les foyers à mieux trier ?

Certaines collectivités locales embauchent des “ambassadeurs” qui se déplacent au domicile des ménages pour leur expliquer les règles de tri. D’autres adoptent une fiscalité incitative (abandon de la taxe forfaitaire au profit d’une redevance proportionnelle au poids ou au volume de déchets ultimes collectés).
La consigne des bouteilles et des flacons ainsi que le tri sur le lieu d’achat (et non plus le lieu de consommation) sont également des moyens d’améliorer le taux de déchets effectivement valorisés. En Allemagne, des containers situés à la sortie des supermarchés permettent de récupérer les suremballages en carton et en plastique.

Pourquoi certains plastiques sont-ils finalement brûlés ?

Beaucoup d’usines d’incinération construites ces 15 dernières années sont surdimensionnées. La quantité de déchets ultimes qu’elles traitent ne suffisant pas toujours à maintenir les fours à 850 °C, il leur faut récupérer dans des centres de tri des balles de plastiques plats et d’autres déchets en attente de valorisation, au grand dam des associations de défense de l’environnement (Cercle national  du recyclage, Cniid, Agir pour l’environnement, Les Amis de la Terre…) et de certains élus locaux (Dany Dietmann, maire de Manspach, en Alsace), qui dénoncent ces “hold-up” environnementaux. Les grands groupes industriels, qui gèrent ce secteur, exploitent aussi bien des centres de tri et de valorisation que des usines d’incinération et des centres d’enfouissement. La confusion d’intérêts est totale.

Quel est le rôle d’éco-Emballages ?

La mission de cet organisme consiste,   d’une part, à aider les collectivités locales à organiser et à financer la collecte des déchets valorisables, et, d’autre part, à inciter le grand public à trier plus et mieux (et à réduire sa production de déchets). Les industriels lui versent une somme pour chaque emballage produit, en fonction de son poids, de sa facilité de recyclage…

Sylvie Francisco

*Hors incinération avec récupération de chaleur, considérée, de manière impropre, comme un mode de valorisation.


Mots-clés :

DECHET , ORDURE MENAGERE , RECYCLAGE DES DECHETS , TRAITEMENT DES DECHETS




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