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Sur un sol porteur tout les décors sont permis

Juin 2009
Le Particulier pratique n° 347, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Un lit de sable pour préserver l’avenir D’épaisses dalles de pierre bien jointoyées Du bois imputrescible et pas trop glissant

Un sol stable et bien tassé, la configuration la plus courante, autorise tous les aménagements. Avant tout, on s’assurera de la capacité du terrain à évacuer l’eau de pluie, et l’on intégrera le drainage au projet dès le départ. Si ce n’est pas le cas, il faudra éliminer la terre végétale jusqu’au bon sol. La pose des matériaux sur une assise souple est une solution de plus en plus préconisée. Elle permet d’intervenir postérieurement sans tout détruire, pour ajouter un éclairage ou réparer une conduite d’eau. Vous trouverez sur le marché un large choix de dalles en béton ou en pierre reconstituée qui s’installent sur un lit de sable de 3 à 4 cm d’épaisseur, dès lors qu’elles présentent une résistance suffisante (généralement, elles doivent avoir plus de 3,50 cm d’épaisseur). Des pavés de 4,50 cm d’épaisseur conviennent également. Il existe une multitude de modèles de toutes les formes et de tous les aspects : vieillis (pavés martelés de Carré d’arc), mono ou multiformats (Bel Arte de Stradal, monoformat multiple au design aléatoire permettant d’obtenir un aspect pierre naturelle), réversibles pour varier les effets de matière (Reverso de Stradal, avec une face lisse et une autre bosselée). Sans oublier les pavés autobloquants, pas très décoratifs, mais les plus simples à mettre en œuvre car ils s’encastrent.
Choisie pour l’esthétique, car elle se marie bien avec les traditions architecturales d’un lieu, la pierre naturelle, souvent d’origine locale, ne se révèle pas particulièrement économique. Elle peut présenter diverses nuances. Il est conseillé d’approvisionner en une seule fois le chantier et de panacher les produits de différentes palettes au moment de la pose.
Le joint remplit une fonction mécanique. S’il est mal fait, les dalles risquent de bouger. Le mortier ne convient pas sur un lit de sable. Il faut du joint en sable polymère, d’aspect naturel. Si vous souhaitez le réaliser vous-même, sachez qu’il en existe de plusieurs types, dont la formulation varie, pour sol drainant et non drainant. La quantité à déposer au mètre carré dépend de la taille des pavés ou des dalles et de la largeur des joints. Les produits Techniseal sont une référence : joints polymère RG et HP pour le jointoiement de dalles et de pavés sur lit drainant, joint ND pour pose sur lit non drainant. Les fabricants de revêtements proposent leur propre gamme de joints.
Si la terrasse est accessible aux véhicules, il faut prévoir 5 à 15 cm d’épaisseur de tout-venant compac­té (ensemble d’agrégats plus ou moins gros qui s’imbriquent les uns dans les autres sous l’effet d’un tassement) sur le sol de fondation, plus un lit de sable de 3 à 4 cm d’épaisseur. Les pavés (de plus de 6 cm d’épaisseur) constituent le matériau idéal pour les voies de circulation, à choisir de préférence de couleur foncée pour dissimuler les taches. Les dalles et les pierres naturelles ne sont pas adaptées à cet usage (moindre résistance mécanique et risque de taches). Les dalles de gravillons sont autorisées en voie carrossable, sauf si des poids lourds doivent y passer, pour des livraisons par exemple.
Pour les gens qui ne parviennent pas à choisir entre pavés et bois, une nouvelle gamme de pavés en bois, Querex de Canjaere, est maintenant disponible. Il s’agit de pavés en chêne huilé à placer sur un lit de sable. Le modèle est disponible en 6 cm d’épaisseur pour les surfaces piétonnes et en 8 cm pour les voies carrossables.
Il existe aussi une gamme de bétons décoratifs (Lafarge), qui offrent l’aspect d’autres matériaux (bois, dalle, pavé, pierre naturelle, marbre), sans en avoir les contraintes : résistants à l’usure, sans entretien, antidérapants, peu sensibles aux cycles gel-dégel, accessibles aux véhicules… Le béton prêt à l’emploi est fourni dans une toupie et peut être pompé pour les endroits difficiles d’accès. Après avoir coulé le béton, le poseur y applique des moules, qu’il retire quelques jours plus tard, pour obtenir la forme recherchée (Artevia Empreinte). Le béton peut ­également être mêlé à des granulats d’origine locale pour donner un aspect de sol gravillonné (Artevia Relief) ou être abrasé pour un effet pierre naturelle taillée (Artevia Roche). Il faut passer par un applicateur agréé et demander un devis.
Vous pouvez également opter pour une terrasse en bois. Pour obtenir une durabilité correcte, le bois doit être au moins de classe d’emploi 4 (contact avec le sol ou de l’eau douce). Si la terrasse est abritée des intempéries, une classe 3 peut suffire, mais le bois vieillira moins bien. Parmi les essences les plus utilisées, le pin est le plus économique. En classe 4, il doit avoir reçu un ­traitement en autoclave, qui permet une imprégnation à cœur et lui ôte une partie de son humidité. Il est alors jaune verdâtre.
Certaines essences exotiques sont naturellement imputrescibles, résistent aux insectes et ne nécessitent pas de traitement spécifique pour obtenir la classe 5. Elles sont donc à privilégier dans les régions à termites. L’ipé est la plus connue et la plus résistante, mais elle se raréfie, d’où son coût élevé. Le bangkiraï a des propriétés similaires. Le cumaru et le maçaranduba présentent une résistance à l’usure semblable à celle de l’ipé, mais légèrement moindre à l’humidité. Les lames risquent donc de travailler un peu. Ces essences restent, malgré tout, des valeurs sûres, très appréciées pour leur couleur brun rougeâtre.
Ces revêtements en bois ne se posent pas sur un lit de sable ; ce sont des lames fixées sur des lambourdes, lesquelles reposent soit sur des plots en béton ancrés dans le sol, soit sur des plots en PVC réglables en hauteur. Elles doivent être espacées de 40 cm, moins si vous prévoyez d’installer des objets lourds sur votre terrasse (gros bacs à fleurs, par exemple). Il faut s’assurer que le sol évacue correctement les eaux de pluie, sinon il faudra envisager l’élimination de la terre végétale et la mise en place de matériaux drainants (gravillons), sans oublier de laisser une pente. L’ajout d’un géotextile sur le sol évite la repousse des mauvaises herbes. Vous pouvez placer une bande bitumineuse ou en plastique entre les lambourdes et les lames afin de protéger votre structure et d’empêcher les grincements. On trouve aussi des cadres de terrasses en kits, qui se montent par emboîtement, dans les magasins Lapeyre, Castorama ou Point.P.
Enfin, il existe depuis quelques années des produits composites : farine de bois et PVC (Océwood de Lapeyre), fibres d’érable et polyéthylène haute densité pour les lames Fiberon Tropics (Fiberdeck), pin recyclé et polypropylène pour les modèles Géolam de Géobois, pin et PVC pour Twinson de Deceuninck. Ces produits, garantis de 15 à 25 ans, sont imputrescibles, insensibles aux rayons ultraviolets, ne grisaillent pas et résistent aux insectes. Ils présentent une grande stabilité dimensionnelle et autorisent un large choix de teintes, du gris au brun clair, en passant par le rouge. Ces matériaux se travaillent comme du bois traditionnel (coupe, vissage…). Ils sont amovibles et peuvent se fixer par clips sur les lambourdes. Bien qu’ils soient imputrescibles, il faut tout de même assurer la circulation de l’air sous la terrasse si elle est posée directement sur le sol, en aménageant un vide sanitaire.


Mots-clés :

REVETEMENT DE SOL , TERRASSE , TRAVAUX




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